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30/09/2007

Mon journal...

Mon journal du mois…

 

Au mois d’août, je m’abritais d’un soleil de plomb, me réfugiant dans mon bureau pour décider d’écrire : « Mon journal de la semaine ». Louable intention de m’imposer cette obligation hebdomadaire. Comme, je suis de nature indisciplinée… j’ai tenu quatre semaines, un record, puis plus une ligne depuis le 9 septembre ! Honnêtement, je n’ai pas d’excuses, bien que je me sois trouvé des prétextes futiles et éprouvé un certain déplaisir à battre en retraite alors que je le suis « en retraite » !

Ce qui me donne le temps de « blogger » chez les autres, plutôt deux fois qu’une. Par exemple sur le site de Hubert Nyssen, le fondateur d’Actes Sud. Quelle constance, quelle régularité, pas un jour où il ne nous  gratifie pas de sa chronique familiale, de son savoir et de ses réflexions.

 

Ce qui me donne aussi le temps de découvrir les critiques des livres de la rentrée, à défaut de trouver le temps de les lire.  François Weyergans, lauréat du Goncourt 2005 avec : « Trois Jours chez ma mère »  n’est pas au rendez-vous de septembre.

 

Qu’à cela ne tienne, j’ai passé un jour avec ma mère. Je le fais régulièrement à l’automne de sa vie. A 90 ans, elle vit un perpétuel été indien. Cela commence avec un verre de petit blanc, puis le menu plantureux du dimanche midi et un dessert à la crème double de Gruyère. Un caractère affirmé, une fierté coutumière dissimulent chez elle les douleurs chroniques de l’âge. Tout juste fait-elle allusion au corps médical qui, à ses yeux, est incapable de lui restituer sa jeunesse. Bien que je me sois souvent conduit comme un fils ingrat, elle n’éprouve aucune acrimonie à mon égard. Je demeure, malgré mon âge et le sien, son fils chéri.

 

Ce n’est pas le cas de Daniel  Pennac qui dans son dernier livre autobiographique : « Chagrin d’école », Gallimard, avoue avoir été un cancre notoire, subissant dans sa jeunesse la réprobation de ses maîtres et de sa mère centenaire ! Ah ! si seulement j’avais été un cancre… peut-être aurais-je décroché un prix littéraire ?

 

Dans le « Nouvel Obs » du 20 septembre, une interview de Pierre Michon, l’auteur des « Vies minuscules » qui nous livre après un si long silence : « Le roi vient quand il veut », Albin Michel. L’obsession de Michon est d’écrire la phrase parfaite et quand elle ne vient pas, qu’elle ne teinte pas juste comme une bonne pièce de monnaie sur le comptoir, il s’abstient de la coucher sur le papier. Contrairement à Flaubert ou à Proust, il ne « travaille » pas ses phrases comme on a tendance à le faire avec un traitement de texte ! Il suppute même qu’avec un ordinateur, Proust aurait doublé, voire triplé les sept volumes de la « Recherche du temps perdu »…

 

Le titre du dernier livre de Michon est prémonitoire,  en phase avec l’actualité : « Le roi vient quand il veut »… tous les jours et même plus dans l’ensemble des médias, aux ordres du pouvoir ! A nous gaver de politique à toutes les sauces plus écœurantes les unes que les autres. A nous bourrer le crâne de sornettes comme dans un Etat totalitaire. La phrase est un peu forte, nous sommes heureusement à mille lieux de la Birmanie. Méfions-nous cependant des discours, des programmes, des idées jusqu’au-boutistes  qui précèdent toujours les actes. Les immigrés, les sans-papiers en savent quelque-chose. Jusqu’à se jeter par la fenêtre lorsque des casquettes frappent à la porte. Cela ne nous rappelle-t-il pas une époque toute proche ?

 

France 2 s’en ait fait l’écho dimanche passé en programmant « Le Chemin de l’espérance » un documentaire sur la vie de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, la nièce de qui vous savez. Déportée au camp de Ravensbrück en 1944, cette résistante de la première heure assiste à « la destruction progressive de ce qui constitue un être humain : sa dignité ». Elle consacrera sa vie à défendre les injustices, la misère les opprimées et présidera ATD Quart Monde.

 

Dans le magazine : « Les Mercredis de l’histoire », Arte programme « La Croix-Rouge sous le IIIème Reich : histoire d’un échec »  qui démontre qu’elle s’est rendue complice du génocide organisé par les nazis. Depuis 1942, les dirigeants suisses du CICR étaient au courant de l’existence des camps d’extermination. De concert avec les autorités helvétiques, il ne fallait pas compromettre la « neutralité », les intérêts économiques et industriels de la Suisse avec l’Allemagne hitlérienne. Comme Churchill, Roosevelt et Pie XII, ces salauds n’ont rien entrepris pour sauver des millions de vies. A me donner la nausée d’être Suisse.

 

Pauvre mois de septembre, pauvres Français, pauvres vies minuscules. Pauvre France à une exception près : le rugby, elle vient d’écraser la Géorgie par un score de 64 à 7 ! De quoi nous changer les idées moroses.   

Dimanche 30 septembre 2007

20:15 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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