alpilles13 ALPILLES13

19/11/2007

C'est Elle...

De retour au bureau d’un voyage à l’étranger, on présenta à John une nouvelle collaboratrice qui avait pris du service en son absence. Déboussolé, abasourdi par cette rencontre, il bredouilla quelques mots maladroits de bienvenue et ce dit en lui-même : c’est Elle !

Avait-t-elle remarqué son embarras, l’avait-t-elle pris pour un distrait, un timide ou un ours mal léché ? Il se posa la question durant la journée et se reprocha de n’avoir pas été à la hauteur de son rang de patron. Il pensa un instant consulter son dossier,  se renseigner discrètement sur cette femme qui l’avait subjugué au premier contact. Il ne fit rien, puisque « c’était Elle ».

Il prendrait le temps de l’approcher, de la découvrir, de la connaître et, il n’en doutait pas un instant, de la séduire. Il pressentit que ce ne serait pas chose facile et qu’il devrait faire preuve d’une patience infinie pour qu’elle se dévoile à lui. Si tant est qu’elle veuille bien le faire. Après tout, il était un homme comme un autre et quel intérêt aurait-elle à lui prêter attention plutôt qu’à un autre. Elle avait postulé un emploi dans l’entreprise de John parce qu’il correspondait à ses aptitudes et engagée en rapport avec le profil recherché. Et rien d’autre.

De toute façon, ses collègues, attentionnées et jalouses des nouvelles venues, l’avaient certainement informée des penchants du patron pour la bagatelle et les jolies femmes. Rien à espérer de sérieux avec ce Don Juan. Elle avait certainement répondu, d’un ton péremptoire, que cette éventualité ne lui était pas venue un seul instant à l’esprit, n’ayant pas fait acte de candidature à une agence matrimoniale !

C’est peu dire que John se faisait tout un cinéma. Mais la réalité était là, tous les jours. Et tous les jours, il trouvait moult prétextes pour l’entrevoir, de loin ou de près, selon les circonstances. Plus il la voyait, plus il était convaincu que c’était Elle, la femme de sa vie. Plus il pensait à cette femme, plus il l’aimait. Et plus il aimait, plus il doutait qu’elle soit amoureuse à son tour. Il vivait presque en état de psychose, incapable d’avoir un comportement normal puisque tout tournait autour d’Elle. Jamais, il n’avait ressenti des sentiments aussi forts, doutant que cela puisse exister.

Il ne pouvait demeurer transi comme un amoureux, il lui fallait faire quelque chose, secouer sa léthargie bienfaisante, sortir du rêve, passer à l’action. Comment s’y prendre avec une femme qu’il devinait intelligente, perspicace, sensible, sans courir le risque de la brusquer et de tout gâcher. Il savait qu’à sa première tentative, Elle aurait tout compris, sans laisser rien paraître. Même s’il y mettait des convenances, Elle le verrait arriver avec ses gros sabots !

Et zut ! ça passe ou ça casse, se dit-il. Elle accepta une première invitation à déjeuner avec une collègue, puis deux, puis trois. Toujours avec son chaperon, une garde du corps ou du cœur, se demanda-t-il ?  Qu’importe, l’essentiel fut qu’elle soit là, face à lui. Au cours de ces rencontres conventionnelles, Elle fut tout à tour enjouée, souriante, vive, attachante, parfois lointaine, rarement renfermée et triste. Il n’apprit rien de cette femme discrète alors qu’il éprouvait le sentiment de vivre en osmose avec Elle, d’être en Elle, de penser comme Elle, alors qu’il ne la connaissait pas. Le miracle de l’amour, se disait-il, à sens unique !

John lui fit la cour, sans lui faire la cour. Il n’osa pas lui dire, de but en blanc, qu’il l’aimait, que c’était Elle l’élue de son cœur, que c’était Elle qu’il attendait depuis toujours. Mais il était sûr qu’elle le savait, restant impassible, de marbre face à son attitude sans équivoque. Elle demeurait dans le vague absolu, ce qui forcément le titillait. Jamais, Elle lui dit qu’elle ne l’aimait pas, jamais Elle lui dit : soyons bons amis. C’eut été plus simple. Il aurait compris qu’il faisait fausse route, qu’il devait peu à peu battre en retraite, s’entrainer à l’oublier.

 

De son côté, Elle vivait une étape cruciale de sa vie intime. Elle s’était trompée en épousant très jeune un homme avec lequel tout était remis en question. Bel homme, sympa, charmeur, baiseur et pas sentimental pour un sou. Bien après l’avoir quitté, Elle eut connaissance des ses infidélités. Ce n’est donc pas pour cette raison qu’elle envisageait la rupture. Le couple n’avait sans doute plus rien à se dire, plus rien à partager, rien à construire, en un mot : l’encéphalogramme plat. On ne change pas pour changer, d’où la période d’expectative dans laquelle Elle se trouvait.

 

Les mois passèrent. Il faut parfois ajouter du temps au temps pour y voir clair, pour que les événements s’affinent, se décantent. Les sentiments de John n’avaient pas changé d’un iota. Il attendait fébrilement un signe qui ne venait pas. A se désespérer. Pourquoi c’était Elle et pas une autre ? Il réfléchit. Etait-ce vraiment Elle ou le désir, le prétexte de quitter le foyer conjugal qui le poussait vers cette femme ? N’avait-il pas envisagé de redevenir célibataire, de vivre seul pour un temps ? Une période qui lui  permettrait de s’affranchir, de se libérer de toute attache. Le temps d’être libre, de fuir le mensonge et la double vie, de ne rendre des comptes ni à Dieu, ni à diable.

11:49 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

11/11/2007

Dimanche...

 9. Mon journal de la semaine

Toute la semaine coupé du Monde ! Comme sur une ile déserte… Eh oui ! je ne plaisante pas, je suis coupé de tout contact avec l’extérieur, isolé au milieu d’une mer d’oliviers battus, torturés dans tous les sens par un froid mistral d’automne. Les cyprès craquent, plient, se balancent comme des roseaux mais résistent à la pression du vent. J’aperçois à quelques lieux la citadelle des Baux de Provence qui me domine, qui me nargue de toute sa hauteur. Le feu crépite dans la cheminée, distille une chaleur bienfaisante. Les chats, Tic et Tac, font la sieste sur le canapé. Un temps à ne pas mettre un poil dehors.

Coupé du Monde de l’Internet, vous dis-je. Depuis cinq jours le contact est rompu, la technique fait grève ou les techniciens… que sais-je. Lors de chaque appel au « service assistance » de Free, on me pose chaque fois les mêmes questions, on me raconte les mêmes salades. Tantôt c’est la ligne, tantôt c’est le Freebox ou leur serveur. « Patientez me disent-ils, on a détecté la panne. Débranchez, rebranchez, faites-le cinq fois de suite ».  Je détecte chez mon interlocuteur un accent qui n’est pas tout à fait de chez nous. Je n’ose lui demander s’il m’écoute de Tombouctou ou d’Ouagadougou… Mais toujours rien de rien, je suis sinistré, coupé de l’extérieur.

Au bout de deux jours de nervosité, je me calme, je m’habitue, je prends mon isolement en patience. Je me dis que je suis stupide d’être accroc au Net. Quel temps gagné pour faire autre chose. Je reprends l’écriture de mon prochain livre, un roman qui se passe dans les années cinquante. A cette époque, on vivait bien, sans cette technologie démentielle, mais sans traitement de texte aussi… On avait devant soi des pages blanches, une plume « Waterman », de l’encre « bleu des mers du sud » et des idées de jeunesse plein la tête.

Aujourd’hui dimanche, la météo s’est trompée, le mistral à rendu l’âme. Je tente une sortie, l’air est doux, le soleil voilé, j’enfourche mon gros cube, je me retrouve au Café de la Fontaine à l’heure de l’apéro. J’allume mon PC portable, il se branche sur le WIFI, mon blog apparaît,  je suis sauvé, je peux communiquer avec vous, vous adresser mon papier !

 

Dimanche, 11 novembre 2007

 

 

 

 

 

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05/11/2007

Dans un souk africain...

Le marché humanitaire:

“Pour ce prix-là, je vous mets trois reporters et trois hôtesses pour

les accompagner à bon port, transport à votre charge. Pour le

reste… vous êtes mon Débyteur”.

09:53 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

02/11/2007

Midi...

Les platanes qu’on n’abat pas

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Midi, l’heure d’une pizza et d’un verre de rosé avalés sur le pousse chez Colette et Bruno à Maussane-les-Alpilles. Le postier apporte le courrier, Colette s’empresse d’ouvrir une enveloppe brune… Elle provient du Conseil général et annonce noir sur blanc qu’il sursoit à l’abattage du PLATANE ! Ouf ! le platane est sauvé, en sursis…

Voilà six mois que mes amis se battent becs et ongles pour sauver cet arbre majestueux et multi-centenaire qui a commis l’erreur de se planter sur le goudron, dans un carrefour, à l’entrée d’une impasse bordée de villas et de limousines 4×4 rutilantes.

Que diable, il faut abattre ce gêneur, cet empêcheur de braquer en rond sur les chapeaux de roues. Colette et Bruno alertent les autorités, lancent une pétition signée par des milliers de citoyens et de touristes. Jean-Pierre Pernault envoie ses caméras pour le 13 heures. La presse locale fait sa une.

Comme de coutume, les édiles se renvoient la balle et font des auto-goals comme l’OM! D’experts en experts, il s’avère que finalement ce géant n’est pas si malade que ça, Conseil général dixit!

Grâce à la détermination des pizzaiolos, l’arbre est sauvé et beaucoup d’autres, semble-t-il, sur la route de Paradou.

Fred, vendredi 2 novembre 2007

22:08 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

01/11/2007

Enfin le Paradis...

Voici la maquette de couverture de mon prochain livre.

Encore quelques jours de patience et vous pourrez l’obtenir.

 Réservez-le dès aujourd’hui par courriel:

aeo-editeur@club.lemonde.fr

 

 

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12:30 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)