alpilles13 ALPILLES13

22/12/2007

Mon journal...

Mon journal, après le silence…

 

Voici plus de six semaines sans mot dire, ou presque. Dans la nuit du 6 novembre, le mistral m’a coupé la parole et l’écrit. J’étais sûr que c’était lui, le fauteur de trouble, le rupteur d’une ligne archaïque qui longe le chemin de Compostelle pour parvenir jusqu’au pylône de béton, le dernier d’une longue lignée qui défigure la campagne. Privé du téléphone et du Net à cause de ce revanchard jaloux de ces ondes, celles du portable et de la télé, qui le transpercent de part en part sans qu’il ne perçoive aucune royaltie.

 

La technologie a fait des pas de géant au cours de ses dernières années alors que, simultanément, l’assistance technique laisse de plus en plus à désirer, à patienter. Il a fallut plus d’un mois pour qu’un camion à nacelle parcoure 150 kilomètres, cherche son chemin et déboule enfin aux abords de ce pylône maudit. Deux hommes en bleu, deux hurluberlus grimpent comme des singes et, en moins de deux minutes, rétablissent le contact avec la Terre, avec le Monde. Sauvé !

 

Pendant ce temps, mes chats, Tic et Tac, ont squatté mon fauteuil, couchés en croix l’un sur l’autre, comme le signal qui figurait sur ma ligne ADSL ! Eux, ils savaient que la technologie des hommes est sujette à caution. Pour ne point les déranger, j’ai émigré à la cuisine, me suis assis sur un tabouret pour lire ce que d’autres écrivent.

 

La presse quotidienne par exemple. Je ne me lasse pas d’être en admiration devant cette performance sans cesse renouvelée. Chaque jour, trente à quarante pages vous sont livrées au petit matin, avec des titres, des photos, de la couleur, des textes savamment ordonnés. On y trouve de tout, du pire et du meilleur. Mais il faut le faire ! Comptez le papier, l’encre, la rotative, l’adressage, l’expédition, le transport et la distribution ; tout cela pour un €uro symbolique. Que reste-t-il aux journalistes pour vivre? La pub, l’assistance de mécènes et la menace d’être licenciés comme une épée de Damoclès suspendue sur leurs têtes, hier à Libé, aujourd’hui au Monde. Heureux chats qui n’ont pas conscience de ces périls !

 

 

Samedi, 22 décembre 2007

16:26 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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