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30/12/2007

Mon journal des Alpilles

Mon journal des Alpilles

 

Lundi 24 décembre 2008

 

A Maussane, la messe de minuit est célébrée à 18h30, puis ensuite à 21h30 à Mouries et la dernière, la vraie, celle de 24h00, je ne sais où ! Un curé pour trois églises, à cause de la crise des vocations. Pas étonnant avec un pape rétrograde qui va célébrer la sienne de messe, en latin. Qu’attend-t-il pour former les demandeurs d’emploi, ou les femmes en officiant laïque ?

Je ne résiste pas à vous relater la messe de minuit aux Baux de Provence, à l’époque où Victor, le héros de mon dernier livre, www.paradis-ciel.info interprétait le rôle du petit Jésus dans la crèche :

 

Victor se remémorait les veillées de Noël, aux Baux-de-Provence, où l’on reconstituait la nuit de la Nativité, en grandeur nature, avec de vrais personnages en chair et en os. Les bergers des Alpilles pénétraient à l’intérieur de la vieille église de pierre avec en tête le bélier, puis les brebis et les agneaux enroulés comme une écharpe sur le dos de ces hommes rusti­ques et fiers. Le tambou­rinaire martelait la cadence des joueurs de ga­loubet. Suivaient le meunier, le boulanger, le charcutier qui faisaient la révérence à l’enfant Dieu et dépo­saient leurs offrandes. Marie, la plus belle fille du pays, remerciait en dodeli­nant de la tête. Un vieux barbu hirsute et renfrogné, que l’on nommait Jo, dit « Petit jaune », en­fournait, pareil à un avare, les présents dans un sac de jute. Le nou­veau-né criait à tue-tête, couvrant le beuglement du bœuf et les cla­quements de sabots du bourricot.

 

Mardi, 25 décembre 2007

 

Pour la neige en Provence, c’est râpé… comme le sont parfois les pistes en montagne aux alentours de Pâques. Un doux soleil est au rendez-vous et nous fait douter de la saison. C’est le jour de la grande bouffe en famille, de l’apéritif en terrasse. Trois générations attaquent les huitres, le foie gras et les chapons. A Noël prochain, il se pourrait bien que la quatrième soit de la fête, dans la crèche!  Après les treize desserts, une avalanche de cadeaux, il ne reste plus de place pour la nourriture spirituelle. Noël a tout d’une célébration matérielle et païenne !

 

Mercredi, 26 décembre 2007

 

Bord de mer, Carry-le-Rouet, brrr… un vent frisquet vous pique le visage, vous transperce les os, le soleil joue à cache-cache. Quelques touristes emmitouflés tentent une promenade sur le port, puis s’engouffrent, vite fait, dans l’une des rares brasseries qui n’ait pas mis la clef sous le paillasson.

Carry-le-Rouet, ville morte en hiver, triste à mourir comme les gens qui se pressent au Casino, ces accrocs au bandit manchot qui espèrent décrocher la lune en dilapidant leur RMI ou leur maigre retraite.

J’adore la Côte Bleue, mais je déteste ces centaines de maisons aux volets clos d’octobre à Pâques, ces centaines de bateaux fantômes abandonnés durant l’hivernage. Quel gâchis d’argent, de luxe, de béton, d’appartements vides alors que des milliers de SDF croupissent dans des foyers miséreux, si ce n’est à la belle étoile qui n’est, hélas, pas celle de Noël

 

Jeudi, 27 décembre 2007

 

La librairie d’Eygalières, l’un des plus pittoresques villages des Alpilles, accueille le fils d’adoption du pays, Michel Drucker qui signe son autobiographie vers les seize heures, à l’heure du thé. Toutes les grand-mères de la région piétinent dans la rue depuis plus d’une heure, dans l’attente de l’arrivée de celui qu’elles considèrent comme un gendre idéal. Une page dans le journal La Provence a sonné le rappel des groupies de l’inamovible animateur de la télé. Plus de 500 personnes auront le plaisir d’aborder leur idole. C’est « Vivement jeudi dans les Alpilles » avec la présence de son ami et voisin de Maussane, Jacques Ballutin, et un direct avec France 3, lors du journal régional.

 

Vendredi, 28 décembre 2007

 

Par la presse, la radio, la télé, nous sommes informés de ce qui se passe en France et ailleurs. Mais vous ignorez quasiment tout des potins de la Provence et des Alpilles, sauf en période de vacances, quand nous avons le plaisir de vous accueillir. Bien modestement, je vais tenter de vous tenir informé dans mon journal des Alpilles. Malgré la sécheresse, le mistral, cette région, grâce aux 300 jours de soleil annuel, est un « Jardin d’Eden » qui produit des fruits, des légumes, des fleurs, du vin et sa célèbre huile d’olive. La récolte de cet automne vient de se terminer. En remontant par la route du Destet qui sillonne dans les collines, je suis allé au moulin de Vaudoret, chez mon ami Henri le moulinier, chercher mon huile nouvelle. Fraîchement pressée, encore trouble, fruitée, légèrement poivrée, elle flatte les papilles des mille saveurs du jardin. Cette année, c’est la cuvée du paradis. Avis aux amateurs !

 

Samedi, 29 décembre 2007

 

Drôle de samedi. Au lever, nous avons eu droit à un paysage inhabituel. La campagne, les vergers étaient recouverts de givre. Tout était presque blanc et scintillant sous un soleil palot, ébloui lui aussi par tant de beauté. Il se faisait attendre, sans doute pour ne point dissiper trop vite la nappe de brume qui enveloppait la nature. Puis, il se fit doux, chaud, un temps à remiser les jaquettes.

J’en ai profité pour faire du bois. Scier, fendre les grosses buches de chêne vert pour alimenter la gloutonne cheminée. Adieu le chauffage central, nous sommes devenus écolos. C’est un plaisir sans cesse renouvelé que d’entretenir les feux, même si parfois il faut se lever au petit matin pour ranimer la flamme.

 

Dimanche, 30 décembre 2007

 

C’est le jour du seigneur des lieux… le jour de repos par excellence. Le prétentieux respecte la tradition, pas de travail, ni aux champs, ni à l’atelier. D’ailleurs, mon vieux tracteur est en hibernation, comme la panoplie de machines qui servent à débroussailler, à sulfater, à griffonner et à torturer la terre qui, elle aussi, est au repos jusqu’au printemps.

Pas d’occupation manuelle donc. Je fais seulement travailler mes méninges. En fait, penser ne requiert aucun effort bien que l’on dit que ça brûle tout de même des calories. D’ici à ce qu’il suffirait de penser pour maigrir… Il y a un hic tout de même. En mettant mes cellules grises à contribution, celles-ci me génèrent des idées et il me faut bien les mettre sur le papier, à l’aide de mon clavier manuel ! A l’instant, je viens de me servir des mes mains pour mettre une bûche au feu. Et je profite du calme dominical pour m’occuper de la promotion de mon dernier livre et corriger le manuscrit du prochain. Tout cela n’est pas du travail, c’est de l’occupation, pour ne pas vieillir idiot !

En résumé, ce fut une semaine toute calme en Provence, conforme à la trêve des confiseurs. Ce qui n’est, hélas, pas le cas dans d’autres parties du monde…

 

Post-scriptum :

 

Je ne suis ni devin, ni madame soleil et je ne saurais donc vous dire, ce soir, ce qui se passera demain, 31 décembre. En revanche, l’almanach Vermot m’informe que, selon le calendrier grégorien, ce sera le dernier jour de l’an 2007… A tous ceux qui ont eu le courage de lire mes balivernes (vous êtes plus de dix mille), je souhaite un

 

REVEILLON GASTRONOMIQUE

ET UNE HEUREUSE ANNEE 2008 !

21:27 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

22/12/2007

Mon journal...

Mon journal, après le silence…

 

Voici plus de six semaines sans mot dire, ou presque. Dans la nuit du 6 novembre, le mistral m’a coupé la parole et l’écrit. J’étais sûr que c’était lui, le fauteur de trouble, le rupteur d’une ligne archaïque qui longe le chemin de Compostelle pour parvenir jusqu’au pylône de béton, le dernier d’une longue lignée qui défigure la campagne. Privé du téléphone et du Net à cause de ce revanchard jaloux de ces ondes, celles du portable et de la télé, qui le transpercent de part en part sans qu’il ne perçoive aucune royaltie.

 

La technologie a fait des pas de géant au cours de ses dernières années alors que, simultanément, l’assistance technique laisse de plus en plus à désirer, à patienter. Il a fallut plus d’un mois pour qu’un camion à nacelle parcoure 150 kilomètres, cherche son chemin et déboule enfin aux abords de ce pylône maudit. Deux hommes en bleu, deux hurluberlus grimpent comme des singes et, en moins de deux minutes, rétablissent le contact avec la Terre, avec le Monde. Sauvé !

 

Pendant ce temps, mes chats, Tic et Tac, ont squatté mon fauteuil, couchés en croix l’un sur l’autre, comme le signal qui figurait sur ma ligne ADSL ! Eux, ils savaient que la technologie des hommes est sujette à caution. Pour ne point les déranger, j’ai émigré à la cuisine, me suis assis sur un tabouret pour lire ce que d’autres écrivent.

 

La presse quotidienne par exemple. Je ne me lasse pas d’être en admiration devant cette performance sans cesse renouvelée. Chaque jour, trente à quarante pages vous sont livrées au petit matin, avec des titres, des photos, de la couleur, des textes savamment ordonnés. On y trouve de tout, du pire et du meilleur. Mais il faut le faire ! Comptez le papier, l’encre, la rotative, l’adressage, l’expédition, le transport et la distribution ; tout cela pour un €uro symbolique. Que reste-t-il aux journalistes pour vivre? La pub, l’assistance de mécènes et la menace d’être licenciés comme une épée de Damoclès suspendue sur leurs têtes, hier à Libé, aujourd’hui au Monde. Heureux chats qui n’ont pas conscience de ces périls !

 

 

Samedi, 22 décembre 2007

16:26 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

15/12/2007

www.paradis-ciel.info

Le ciel m’est tombé sur la tête, enfin les 260 pages du bouquin

livré ce jour du Paradis par Fredex…

Découvrez-le sur le site:

http://www.paradis-ciel.info

 

 

Alors si vous souhaitez passer une nuit sans dormir, lisez-le d’un

coup… mais il peut aussi faire office de somnifère dès les

premières pages ! Les aspirines sont incluses.

Pour tenter cette expérience hors du commun, il vous faut l’avoir

entre les mains (350 grammes) et le réserver de suite par

courriel avant qu’il ne soit épuisé.

Dépêchez-vous… car le prochain est presque terminé.

16:30 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0)