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  • Mon journal de Genève

    Le Jet d'eau

    C'est en 1886 qu'une société du bout du lac pompait et distribuait de l'eau sous pression pour les machines des artisans d'autrefois. Le soir venu, la demande baissait et afin de diminuer la pression dans les canalisations, un orifice était situé à l'extrêmité de cette usine de pompage de la Coulouvrenière. Un jet d'eau jaillissait verticalement de quelques mètres.

    En 1891, la Ville de Genève décidait d'installer le Jet d'eau dans la Rade, accompagné d'un éclairage électrique. mais ce n'est qu'à partir de 1930 qu'il fut régulièrement éclairé.

    Projeter un demi-mètre cube d'eau par seconde à 140 mètres de hauteur nécessite deux puissants groupes de motopompes d'un poids global de plus de 16 tonnes et d'une puissance totale de près de 1000 kilowatts, alimentés à une tension de 2400 volts. L'eau, aspirée dans un puisard circulaire, est conduite vers la tuyère de sortie où sa vitesse atteint 200 km/h.



  • Mon journal de Genève

    Mercredi, 30 janvier 2008

     

     

    C’est tout drôle de se retrouver « touriste » dans la Cité de Calvin après y avoir séjourné 45 ans. On ne perçoit pas la ville de la même manière. Lundi j’ai aperçu le mythique Jet d’Eau entre deux rangées d’immeubles. Pointé comme une sagaie vers le ciel, il devait bien atteindre la hauteur de 120 à 130 mètres. Il retombait du côté nord, à peine poussé par un souffle de vent. Hier mardi, il était tout aussi majestueux mais versait ses tonnes d’eau côté sud. En revanche aujourd’hui il n’a pas montré le bout de son nez.

     

    Je fais des visites à mes amis. Nicolas le Castillan est tenté de traduire mon bouquin en espagnol. Imaginez le nombre de lecteurs potentiels ! Et ils y croient au Paradis les latinos. Encore que "l’Alchimiste" Paulo Coelho en vend certainement plus en français. J’ai fait un détour par La Nouvelle librairie Descombes qui, malgré son enseigne, est la plus ancienne de Genève (1797). Mon livre est bien là, sur la table principale, et côtoie des écrivains célèbres. A vous donner des complexes !

     

    Je monte la vieille-ville, je passe devant la maison natale de Jean-Jacques… et me retrouve à l’entrée du Palais de Justice. Un ami passe en Cours d’assises, oui en COURS D’ASSISES pour une histoire abracadabrante dont j’attendrai le verdict de clémence pour vous en parler. Impossible de pénétrer à la tribune du public… pour cause de « huis clos ». Connaissant le Palais comme ma poche, j’accède à l’endroit d'où l’on aperçoit l’intérieur de la salle par ses immenses fenêtres. A Genève, on n’est pas à Palerme… car depuis mon poste d’observation j’ai tout le monde dans ma mire, à 35 mètres ! J’assiste donc à un film muet : la cours, les jurés, l’accusé, le défilé des témoins et même les effets de manche d’un ténor du barreau. Lors de l’interruption de séance, je rencontre mon ami, je grille une clope avec lui et l’assure de mon soutien indéfectible. C’était la journée d’un touriste ordinaire !

     

  • Mon journal de Genève

    Dimanche, 27 janvier 2008

     

    Durant quelques jours mon billet s’intitulera : « Mon journal de Genève ». Cela me rappelle l’époque du célèbre « Journal de Genève », le quotidien des banquiers, qui, pour cause d’infortune… a été absorbé par le « TEMPS » il y a plus d’une décennie. De grandes plumes avaient fait sa réputation bien au-delà des frontières helvétiques. Sans être du même bord, la qualité et la rigueur de ses articles s’apparentaient à son grand frère « Le Monde ». Ce qui n’a pas empêché les « libéraux protestants» de jeter l’éponge, comme ont failli le faire les actionnaires du journal de référence français. Aux dernières nouvelles « Le Monde » serait sauvé. Pour combien de temps et avec quel investisseur? Un banquier sans doute !

     

    Depuis trois jours, je suis donc dans la cité du bout du lac Léman où Victor et Steve ont accompli des « miracles ». Ceux qui ont déjà lu : www.paradis-ciel.info, (ils sont nombreux), connaissent par le détail les péripéties genevoises des deux héros de ce bouquin aux mille rebondissements. Suivant la recommandation de L’Express qui fait son numéro sur Genève, je me suis rendu au restaurant du Père Glozu dans lequel mes deux lurons ont fait bombance avant de s’en retourner au Paradis. Résultat : une bouffe à l’œil à l’Hôtel de Ville contre un bouquin. Encore un bouquin contre un carton de pinot de Louis Serex, le vigneron-député. Demain, je tente ma chance à l’Hôtel de la Paix, un cinq étoiles où j’avais réservé une suite pour Jésus de Nazareth.

     

    En attendant, je vous envoie la photo divine prise du quatrième étage de l’hôtel lors du repérage !

     

     

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  • Mon journal de Genève

    Samedi, 26 janvier 2008

     

    J’ai quitté momentanément les Alpilles pour Genève. Même temps, grand soleil, sauf un peu plus froid qu’au sud, surtout la nuit. Ce matin, après que la brume ait daigné se lever, j’aperçois le Mont-Blanc de la fenêtre de ma chambre. Je l’avais oublié ce monstre de neige et de glace, mais il est toujours là quand il veut bien se montrer. Au pays des banquiers, il me fait penser au graphique du Cac 40 ou du Nasdaq alors que la tempête boursière semble se calmer !

     

    Hier vendredi, je déambulais dans la célèbre rue du Rhône où les devantures des bijoutiers et des couturiers rivalisent de luxe avec les immeubles de verre et d’acier des banques. D’habitude en janvier, on assiste au va et vient de messieurs en manteau d’alpaga qui s’en vont d’un établissement à l’autre quérir les dividendes de l’année écoulée. La mine réjouie, on les retrouve chez Davidoff, Cartier, Patek ou Rolex, l’horloger de qui vous savez. Eh bien non, c’est le calme plat. Pas l’ombre d’un quidam au ventre rebondi.

     

    Je croise un gérant de fortune, la mine déconfite. Le temps d’avaler un petit noir, il m’informe qu’un trader parisien à fait péter la Société Générale de 5 milliards. L’équivalent d’un million de Rolex, modèle de base en acier. Coïncidence, il y a une semaine, je narrais un événement similaire dans mon prochain livre… Avec un pareil flair prémonitoire, je devrais me lancer dans la bourse !

     

  • Mon dernier livre...

     

    Article paru ce jour dans le journal La Provence

     

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  • 20. Mon journal des Alpilles

     

    Ce n’est plus la saison…

    mais elles vont revenir!

     

     

     

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    La vie des Cigales

     

    Vous trouverez dans cette page, non pas tout ce que vous voulez savoir sur les cigales, mais un début d'explication et quelques photos.

    La cigale ne vit que 3 à 5 semaines dans les airs mais entre 2 et 5 ans sous terre.

    Il existe de par le monde 1500 espèces de cigales, 12 espèces seulement dans le midi de la France.
    Les principales sont :

    - Lyristes plebejus, longue de 35 mm, noire sur le dessus, beige dessous.
    On la trouve dans les pins et les platanes.
    On la retrouve jusqu'à Vienne en Autriche.

    - Cicada orni, appelée aussi le cacan de Provence, longue de 28 mm, brune avec des reflets jaune-vert, avec 11 points bruns sur les ailes antérieures.
    On la trouve aussi dans le frêne et l'olivier.

    - Cicadatra atra, le cigaloun, longue de 19 mm, de couleur noire.

    - Tibicina quadrisignata, longue de 28 mm, noire, brillante, avec une ligne et 4 lunules rouges sur le thorax.
    On la trouve dans le massif des Maures.

    - Tettigetta pygmea, longue 14 mm, noire tachée de jaune.

    - Cicadetta montana, longue de 18 mm, noire avec ceintures abdominales et la base des ailes rouges.
    Petite cigale montagnarde.
    Il faut savoir que l'on peut la trouver en Grande Bretagne.

     

     

    Comment se développe une cigale.

    Cinq phases :

     

    1. Les larves pourvues de pattes antérieures dentées et épineuses creusent des galeries dans le sol. Elles y restent de 2 à 5 ans et grandissent par mues successives pendant lesquelles leurs ailes, collées au corps se développent progressivement. La larve, à son dernier stade attend des conditions favorables pour sortir de terre.

    2. La larve retrouve alors l'usage de ses griffes, elle grimpe dès sa sortie de terre au sommet d'un support. Par une fente qui s'ouvre au milieu du dos (voir photos 4 et 5), l'adulte, formé va s'extraire en environ 15 minutes, 3 heures seront nécessaires pour qu'il devienne la cigale que nous connaissons et qu'elle puisse prendre son envol.

    3. Les cigales se nourrissent de sève. Leur appendice buccal est adapté au régime alimentaire liquide.

    4. Contrairement aux idées reçues, seuls les mâles chantent, ou plutôt émettent des signaux sonores à l'aide d'un organe complexe situé au début de l'abdomen. Ce sont les vibrations ainsi créées qui constituent le message d'appel aux femelles.

    5- Après la fécondation, la femelle dépose ses œufs dans la moelle des tiges qu'elle atteint à l'aide d'une tarière. Plusieurs centaines d'œufs donneront après incubation des petites larves qui en atteignant le sol commenceront alors un nouveau cycle de vie souterraine.

  • 18. Mon journal des Alpilles

    Je trouve ce texte dix-vins,

    adressé par ma nièce Anne,

    et je vous incite

    à le consommer sans modération,

    même s’il manque les rosés de Provence !



    Il m’est arrivé une histoire dont il faut que je vous donne, si je
    puis dire, la primeur.

    C’était il y a quelque temps, au bal de la Nuits Saint Georges que
    j’ai rencontré la petite Juliénas, une fille drôlement Gigondas, un
    sacré beau Meursault, bien charpentée, et sous sa robe vermillon un
    grand cru classé, avec des arômes de cassis et de fraises des bois.

    On a dansé Anjou contre Anjou sur un Sylvaner à la mode et plus tard
    lorsque je lui ai proposé de l’emmener dans mon château neuf-du-Pape,
    elle est devenue toute Croze-Hermitage !!!

    Le temps d’aller chercher un Chablis au vestiaire, de mettre un petit
    Corton dans ses cheveux, on est montés dans ma Banyuls et on a roulé
    jusqu’au matin.

    Ah quelle belle journée ! On s’est baladé Entre-deux-mers, il faisait
    beau, on a Vacqueyras sur la plage, les pieds dans l’eau Clairette,
    on s’est Pouilly-Fuissé dans les dunes et puis comme le Mercurey
    montait sérieusement et qu’on commençait à avoir les Côtes-Rôties on
    a décidé de rentrer.

    Mais voilà, en partant nous nous sommes retrouvé coincés dans les
    embouteillages, enfin les bouchons, quoi ! Je commençais à Minervois
    sérieusement et là, Julienas et moi, nous avons commencé à nous
    crêper le Chinon.

    D’un seul coup elle a claqué la Corbière de la Banyuls et elle est
    partie !


    Je me suis retrouvé comme Macon. Quoi, me suis-je dit, elle s’est
    déjà Sauvignon avant même que j’aie le temps de la Sauternes ! Mais
    je vous Jurançon, je l’avais dans la Pouillac, en effet, j’étais
    tellement Tokay que j’ai couru après elle dans Lalande et les
    Chardonnay pour la rattraper.

    Quand on s’est retrouvés, et que je l’ai vue devant moi en Gros-
    plant, je lui ai dit “Ne fais pas ta Pomerol, et ne t’en va plus
    Gamay !”

    En pleurant, elle est tombée dans mes bras en Madiran:

    - “Ne m’en veux pas, je voulais juste être sûre que ton Saint-Amour
    était vraiment Sancerre”.
    __,_._,___

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  • 17. Mon journal des Alpilles

    Jeudi, 17 janvier 2007

    Depuis quelques jours, je vis en reclus. Je tente à peine une sortie pour chercher du bois au bûcher. Le feu crépite, la cheminée s’en donne à cœur joie. S’il ne pleut pas, le ciel est couvert menaçant à chaque instant de nous inonder de son trop plein. Parfois un rayon de soleil se faufile entre les nuages, fait une timide apparition, juste le temps de dissiper l’humidité ambiante. Les champs regorgent de cette eau bienfaisante qui nous a tant manqué durant le printemps et l’été.

     

    C’est mon premier hiver en Provence. Je suis scotché sur mon fauteuil, les yeux plantés sur l’écran de mon portable. D’une oreille, j’écoute France Inter. En ce moment, Daniel Mermet nous parle de « là-bas si j’y suis ». J’aime ce baroudeur, cet empêcheur de vivre en rond, sa manière de secouer le cocotier.

     

    Je profite de ce temps maussade pour terminer mon prochain bouquin dont le thème est totalement différent ce celui qui vient d’être publié à fin décembre. Fini la fiction du paradis, le futur est plus terre à terre. Je me suis exercé à mettre à nu un certain nombre de personnages dans une histoire intimiste. J’hésite sur la fin que je viens d’écrire qui laisse la porte ouverte à une suite et le lecteur sur sa faim… Et de vous abandonner pour Frédéric Lodéon et la troisième symphonie de Franz Schubert !

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    Franz Schubert, 1797-1828

  • Salut Carlos

    PARIS (AFP) - "Carlos est décédé ce matin à 09h45 à l'hôpital Beaujon", à Clichy (Hauts-de-Seine), a-t-elle précisé à l'AFP.

    "Il a été très courageux", a souligné sa soeur. Mme Dolto-Tolitch a indiqué que les obsèques de Carlos auraient lieu "sans doute mardi", sans autre précision. Né Jean-Chrysostome Dolto le 20 février 1943, il était le fils de Françoise Dolto, la célèbre pédopsychiatre. Barbe fleurie, silhouette de bon vivant enveloppée dans des chemises à fleurs et des salopettes amples, il a enchaîné les tubes populaires et drôles dans les années 70/80, parmi lesquels "Tout nu, tout bronzé" (1973), "Rosalie" (1978), "Papayou" (1983), "T'as l'bonjour d'Albert" (1985) ou "Le tirelipimpon" (1989).

    Carlos était une figure de la chanson française, qu'il a égayée avec son style rigolo et son apparence débonnaire. Barbe fleurie, silhouette de bon vivant enveloppée dans des chemises à fleurs et des salopettes amples, il a enchaîné les tubes populaires et rigolos dans les années 70/80, parmi lesquels "Tout nu, tout bronzé" (1973), "Rosalie" (1978), "Papayou" (1983), "T'as l'bonjour d'Albert" (1985) ou "Le tirelipimpon" (1989).

    Né Jean-Chrysostome Dolto le 20 février 1943, de Françoise Dolto, la célèbre pédopsychiatre, et d'un père russe, Boris Dolto, il anime à l'adolescence les soirées de l'Ambiance dans le quartier de Notre-Dame où il rencontre les frères Drucker, Michel et Jean, en 1957. Deux ans plus tard, sa route croise au Caveau de la Montagne celle du couple Hallyday et Vartan qu'il accompagnera partout entre 1962 et 1972.

    Diplômé de l'école de kinésithérapie fondée par son père, il opte définitivement pour le show-biz en 1962, en remplaçant au pied levé Lucien Morisse à Europe 1. Au début de la décennie 70, il troque les chemises et polos stricts des années "mods" pour des liquettes bariolées d'éternel campeur. Infatigable chanteur, il multiplie les galas-camping --pour ses débuts, pas moins de 95 avec la caravane du tour de France en 1972-- et pendant 18 étés, de 1988 à 2005, 580 podiums pour la radio de ses débuts, Europe 1. Il enchaîne aussi les disques d'or: "Y a des Indiens partout" en 1970, "La cantine" en 1972 et "Senor Météo" en 1975. Après le succès du "Big Bisou" (composé par son ami Joe Dassin) en 1977, sa carrière de chanteur s'essouffle.

    Deux ans plus tard, longue parenthèse alimentaire --11 ans-- avec les tournages d'une série de spots publicitaires pour une boisson. Il se marie en 1978 mais il n'aura pas d'enfant. En 1988, la psychanalyse est en deuil: Carlos dit adieu à sa mère. Il parraine par ailleurs un parc d'attraction, Mirapolis, où il se produit pendant quatre mois. Sous toutes les latitudes, il se met aussi à la pêche au gros et au documentaire.

    A la fin des années 80, il profite de l'explosion du paysage audiovisuel français pour y imposer sur les chaines câblées Odyssée et Voyage ses films tournés à Madagascar, Tahiti ou Saint-Martin. "Plus de la moitié est consacrée à la pêche proprement dite, le reste à la fête et au plaisir, qu'il s'agisse de la bouffe, de la musique ou de la danse", expliquait-il à l'AFP en 1999.

    Ce gros garçon jovial et bon vivant a publié une autobiographie, "Je m'appelle Carlos" (1996), et deux recueils d'histoires drôles (1997). Carlos faisait partie des artistes qui avaient soutenu Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle.

    Copyright © 2008, Agence France-Presse

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  • 15. Mon journal des Alpilles

    Mardi, 15 janvier 2007

     

     

    La fuite inexorable du temps m’exaspère, j’aimerais l’arrêter, le mettre en hibernation tout l’hiver. De quoi gagner un bon quart de vie en plus. Je viens de recevoir l’invitation d’un parent à fêter son anniversaire. Il s’y prend à l’avance, c’est pour juillet. Ainsi, il va vivre six mois dans cette perspective, se préparant à faire son cinéma, le thème de la fiesta. Il a d’ailleurs réservé un théâtre exprès pour ça. On va rire comme des fous, retrouver la famille, les amis qui auront tous une année de plus. Cela me rappelle que j’en ai pris une de mieux, moi aussi, il y a deux semaines, sans m’en apercevoir. Un neuf à la place du huit en une nuit, ça me fait tout drôle. Pour simplifier le calcul mental, j’ai toujours un an de plus que le calendrier.

     

    On est vraiment stupide de fêter le vieillissement, les vingt ans de ceci ou de celui-ci, les trente ans de cela ou de celle-là, la retraite à soixante ans, (profitons-en, c’est le dernier moment !) les noces d’or ou de diams avec photo sur le journal !

     

    Il me semble qu’ici, au sud, en Provence, le temps passe plus vite. Qu’en pensez-vous les gens du nord ? D’ailleurs plus on est vieux, plus ça va vite, beaucoup trop vite. Au contraire de l’enfance où l’on aimerait faire un saut de puce pour être tout de suite adulte. J’ai la nostalgie des pendules d’antan qui s’arrêtaient quand on ne les remontait pas. Sans le savoir, les horlogers avaient inventé les machines à remonter le temps… Impossible d’en faire autant avec l’électronique ou les piles atomiques !

     

    Je ne saurais disserter sur le temps tellement cette notion est abstraite, multiple et complexe. Chacun en fait ce qu’il veut, et l’interprète à sa manière. Je trouve intéressante la citation du physicien John Wheeler : « Le temps est le moyen qu’à trouvé la Nature pour que tout ne se passe pas au même moment ». Et celle du peintre Balthus nous concerne directement : « Il faut prendre son temps, sinon c’est le temps qui vous prend ».

     

     

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    La dernière oeuvre de Balthus qu’il n’a pas eu le temps terminer!

  • 14. Mon journal des Alpilles

    Pagnol n’avait pas prévu ça!

    Près d’Avignon, ils vivent dans les

    tranchées de l’avenue de Verdun

    Publié le lundi 14 janvier 2008 à 05H53 dans la Provence

     

    Les travaux du rond-point ont commencé autour d’un bâtiment

     

     

    On dirait en effet une sorte de village gaulois version XXIe siècle assiégé non pas par les Romains mais par les voitures et autres engins de chantier !

     

    On dirait en effet une sorte de village gaulois version XXIe siècle assiégé non pas par les Romains mais par les voitures et autres engins de chantier !

    ©Ange Esposito


    Situation insolite : alors que les travaux du giratoire de Bellevue sont plus que jamais engagés, un bâtiment prend des airs de village gaulois résistant à l’envahisseur. En attendant que la situation se dénoue, une famille vit ici et deux commerces continueront pendant encore plus d’un an à exercer leur activité sur ce qui, d’ici la mi-mars, sera un rond-point fraîchement inauguré.

     

    Pour l’instant, les voitures passent et roulent à 360° autour de l’îlot de vie. “Pour nous, c’est la galère, explique Dominique Stehesin, marchande de fruits et légumes chez crudi-vert. C’est tournez-manège! Avec tous ces engins, ce n’est pas facile d’accéder au lieu.” Contrairement à ce que l’on pourrait croire à priori, elle est bien la seule a penser cela.

     

    “C’est bien mieux qu’avant, estime en revanche Vanessa Groult, du magasin Pin’ups. Depuis qu’ils ont fait le parking, les gens s’arrêtent plus facilement ici. C’est une bonne chose pour les petits commerçants”. Mais, tôt ou tard, ce bâtiment est voué à disparaître. Et le seul locataire le prend avec philosophie et s’adapte à toutes les situations. “J’en ai rien à foutre du bruit, lance-t-il. Le bruit, c’est la vie. Il y a les voitures qui passent, c’est bien. Il habite ici depuis 10 ans et se prépare à être relogé, à 80 ans. “Elle a 100 ans, cette baraque. On ne peut pas s’opposer au relogement, on ne peut pas se défendre”.

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  • 12. Mon journal des Alpilles

    Au chenil ! les chiennes.

     

    Seraient-elles devenues pudiques ces chiennes baveuses ? En tous les cas mal inspirées de réagir comme elle le font à propos de la photo du postérieur de Simone de Beauvoir parue dans le Nouvel Obs.Son œuvre s’étant inspirée de la sexualité sous tous les angles, le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre, c’est de la montrer sous celui de la nudité. On regrette même qu’elle n’ait pas écrit « Le troisième sexe », nous livrant ainsi ses expériences.

     

    Les chiennes ne sont pas les seules à réagir comme des vierges effarouchées. Des mecs aussi : ont mis leur pif dans les fesses de Beauvoir. Daniel Schneidermann fustige le coup de pub de l’Obs dans Libé de vendredi. Dans celui d’aujourd’hui, Karl Laske dresse l’inventaire, avec le photographe Philippe De Jonckheere, des vergetures et des taches de rousseur qui ont passé à la trappe. Le seul reproche que l’on pourrait faire à l’Obs, c’est d’avoir traficoté la prise de vue, en dissimulant l’un ou l’autre bourrelet disgracieux ! Mais sans doute pas de nous avoir fait découvrir le vrai visage de la « scandaleuse » en nous montrant son cul !

     

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    Simone de Beauvoir, Sartre, le Che, Cuba 1960

  • 10. Mon journal des Alpilles

    Jeudi, 10 janvier 2008

     

    -         Allo, allo, allo allo…

    -         C’est Nico, tu m’entends ?

    -         Oui, ça grésille, mais je t’écoute. Qui es-tu ?

    -         Tu ne reconnais pas ma voix, m’as-tu écouté l’autre jour ?

    -         Oui, ça me revient, mais je suis un peu sourdingue.

    -         Es-tu sur écoute ?

    -         Pas à ma connaissance, mais tu es mieux placé que moi pour le savoir…

    -         Attends, je contrôle vite fait. Bip, bip, bip. C’est bon, on peut se parler.

    -         T’as entendu les bips, tu me surveilles big brothers !

    -         Fred, je regarde ton blog sur le Monde depuis le 6 mai. T’as un peu déblogué sur moi, mais depuis fin juin, pas un mot, ni en bien, ni en mal. T’es pas un peu Suisse, neutre sur les bords ?

    -         Oui, mais je me tiens à carreau, pour ne pas créer un incident diplomatique et être reconduit à la frontière. Quel bon vent t’amène, le mistral ?

    -         Ecoute, puis-je compter sur ta discrétion helvétique, oui ou non ?

    -         Pas de problème Nico, je me suis juré de ne plus parler de politique. Les médias n’ont que ça à la une et le font mieux que moi.

    -         Ce n’est pas un problème politique, mon vieux, mais d’ordre conjugal. Je  suis un type comme tout le monde et j’y ai bien droit que je ne sache.

    -         C’est aussi mon avis, quoique t’en fais un peu trop.

    -         L’autre jour, j’ai dit à ces fouille-merdes qu’ils l’apprendraient peut-être qu’après. Car ils seraient capables de débouler dans la chambre nuptiale. Mais ça presse, il me faut conclure, avant qu’elle s’en trouve un ixième !

    -         J’en déduis que tu l’épouses ton italienne et qu’à part elle, je suis le premier à le savoir…Quelle confiance mon cher !

    -         Tu sais que j’aime les types de gauche comme toi, mais aussi les Alpilles, la Camargue, mes copains, alors je te demande de m’organiser un truc en catimini. Prends contact avec le maire de Maussane-les-Alpilles, Jacques Sautel, et dis-lui d’être disponible, un samedi de préférence, pour le mariage d’un de tes potes.

    -         Mais, mais, les papiers… la publication des bans et tout le tralala ?

    -         T’inquiètes, je m’en occupe, j’apporterai tout ce qu’il faut. J’allais l’oublier, appelle Jean-Louis au Bistrot du Paradou pour le déjeuner, vingt couverts au maximum, et réserves-moi une suite chez Milani au Hameau des Beaux. Je compte sur ta discrétion.

    -         OK, Nico, je t’ai reçu cinq sur cinq, mais confirmes-moi la date dès que tu l’as fixée !

  • 9. Mon journal des Alpilles

    Mercredi, 9 janvier 2008

     

    J’ai toujours beaucoup de plaisir à rencontrer Robert Cantet, tailleur de pierre de son état. La première fois que nous nous sommes vus, nous avons à peine eu le temps de faire connaissance, pressé qu’il était par son travail. Nous avions cependant compris, l’un et l’autre, que nous avions des tas de choses à nous dire. Depuis que Robert a pris sa retraite, nous avons le temps de blaguer sur la terrasse du café de Provence, à Mouries. Et de lui poser mille questions sur son métier.

    Ici, dans la vallée des Baux de Provence, la pierre calcaire est à l’honneur. Depuis des siècles, on a extrait ces pierres blanches de carrières situées dans le Val d’Enfer. L’une d’elles est toujours en activité ainsi que celle de Fontvieille, le célèbre village d’Alphonse Daudet. Toutes les demeures de la région sont en partie construites avec ces moellons. On les utilise surtout pour l’encadrement des portes et des fenêtres ainsi que pour les angles des façades. Cette pierre tendre se façonne facilement à l’aide d’une simple scie. Il n’empêche que j’ai attrapé des mains calleuses lors de la restauration du vieux mas « Bernadette » dans lequel j’ai la chance de séjourner.

    Robert, lui, préférait la pierre froide, des pierres nobles, celle de Rognes, celle du Gard, le granit, le marbre, avec lesquelles il confectionnait des vasques, des bassins, des bandeaux de cheminées et des objets de décoration. L’une de ses dernières œuvres fut la copie de la borne romaine découverte sur la via Aurelia, à Maussane, que la mairie a placé à l’entrée de la salle Agora. Le musée de Marseille qui la possède n’a jamais voulu nous la rendre !

    J’ai connu et aimé un autre tailleur de pierre, Hermann Matty, mon beau père. Ses aïeux, venus de la vallée du Simmenthal, dans le canton de Berne, en Suisse, avaient émigré dans le pays de Gex, à Thoiry. Dans le champ qu’ils achetèrent pour faire paître leur maigre troupeau, ils découvrirent une carrière à ciel ouvert de pierres dures du Jura. Ce n’était ni une mine d’or, ni de diamants mais ils l’exploitèrent durant plus d’un siècle pour faire vivre leur famille. En 1881, lorsqu’il fallut reconstruire le pont des Bergues, à Genève, les carriers de Thoiry livrèrent des blocs de pierre sur des chars tirés par leurs bœufs de labour. Lorsqu’il n’eût plus un quelconque caillou à extraire, Hermann, mécréant comme son beau-fils, travailla pratiquement toute sa vie dans les églises. Par dérogation spéciale, il y a de fortes chances qu’il soit chez Saint-Pierre… au Paradis !

     

     

     

     

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    Le pont des Bergues traverse le Rhône

     

     

    avec en son milieu l’île Jean-Jacques Rousseau.

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     “Un journaliste au Paradis”

     

     

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  • 7. Mon journal des Alpilles

    Lundi, 7 janvier 2008

     

    Sept, nous sommes le 7, sept évident. Sept un jour à ne pas manquer car sept le premier d’une série de sept. Sept écrit sur le calendrier des postes. Sept année est pourtant une année en huit… Que sept compliqué les chiffres, je préfère les lettres, par exemple la septième, celle de l’index, que l’on compte sur l’une ou les deux mains Ca me rappelle le G7. A la septième heure, le réveil pointe son index : sept le moment de « sex »-traire du lit. Tiens ! que vient faire le 6 un 7 ? Sept encore le coup d’un vieux réveil de septuagénaire. Le jour n’est pas encore septentrional dans les Alpilles. Sept peut-être l’occasion d’aller à Sète ou à Septèmes-les-Vallons, dans la banlieue de Marseille, puis de remonter la nationale sept pour rejoindre Septème, en Isère. Sept l’heure, lève-toi, travaille, rajoute comme chaque semaine un zéro au 7 pour faire 70, divise-le par deux pour faire 35, sept la loi. Ouf, sept plus le dix-septième siècle !