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16/02/2008

Mon journal des Alpilles

Des billes de polystyrène polluent un

peu plus le Rhône

 

 

Légères comme l'air, les billes de polystyrène s'accumulent sur les berges du Rhône et jusqu'à l'estuaire. Il faut environ mille ans pour qu'elles disparaissent. Cette pollution a alarmé l'association Nacicca (ici l'un de ses membres, Christophe Giraud).

 

Légères comme l’air, les billes de polystyrène s’accumulent sur les berges du Rhône et jusqu’à l’estuaire. Il faut environ mille ans pour qu’elles disparaissent. Cette pollution a alarmé l’association Nacicca (ici l’un de ses membres, Christophe Giraud).

 

© FREDERIC SPEICH “La Provence”

 

Les amoureux des balades au bord du Rhône l’ont constatédepuis longtemps : dans les creux de berges ou sur les bois flottés, on trouve des centaines de petites billes blanches échouées ou flottantes. Et depuis des années, “on a appris à vivre avec” constate Alain Floutié, directeur du Bac de Barcarin. Pour autant, ces billes de polystyrène, ont gêné le bac au point que la direction a été “obligée de modifier le système de refroidissement des moteurs: ces billes bouchaient les grilles et nous devions arrêter le bac“.

 

Habitués certes, mais déterminés à en savoir plus, certains ont remonté le fil du fleuve. Pour découvrir que ces billes viennent des Papeteries Etienne, l’entreprise basée à Arles. Résultat: l’association Nacicca (Nature et citoyenneté Crau-Camargue) vient de porter plainte contre X, pour pollution, auprès de la gendarmerie de Salin. L’enquête est en cours.

 

Mais on sait déjà que ces billes proviennent des balles de vieux papiers que traitent les Papeteries: les blocs de polystyrène qui servent à l’emballage se brisent en milliers de billes qui, légères comme l’air (elles en contiennent plus de 50%), ne peuvent être retenues suffisamment par les systèmes de l’entreprise.

 

Mille ans de durée de vie

 

D’une part, elles ont mille ans de vie, ce qui est considérable, mais en outre, les oiseaux les confondent avec des oeufs de poissons, quand ce ne sont pas les poissons eux-mêmes qui les mangent” explique Christophe Giraud, de l’association Nacicca. Et boulotter du plastique syrénique n’est conseillé ni pour les animaux, ni pour les hommes. Christophe Le Biavant, directeur des Papeteries, ne nie pas: s’il précise dans un communiqué que les “rejets du site pourraient véhiculer des billes de polystyrène“, il dit aussi que depuis un an, avec la direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire), il travaille à supprimer la nuisance.

 

Mieux, l’entreprise (Groupe international Paper), a investi déjà 220 000 €, pour trouver des solutions durables, toujours sous couvert de la Drire. “Nous sommes une entreprise citoyenne, qui recycle 180 000 tonnes de vieux papiers, majoritairement issus de la région. Et en travaillant dans la proximité, nous diminuons aussi les transports (..)“.

 

Plus loin, M. Le Biavant évoque aussi “les nombreux investissements mis en place pour se conformer à la réglementation“. Une station d’épuration a été aménagée et une co-génération, installée (un système qui fabrique de la vapeur à partir du gaz). À Nacicca, on ne nie pas ces efforts, qui permettent aussi à 120 salariés et à peu près autant d’emplois induits, de travailler à Arles.

 

Mais, “on trouve un peu fort de café, d’avoir négligé à ce point cette réelle pollution. Chaque année, des millions d’oiseaux meurent pour avoir ingéré du plastique. C’est assez léger comme attitude“. Léger, comme des billes de polystyrène…

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