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21/02/2008

Revue de Presse

Jean Sarkozy : «Mon père
m'a dit de rester moi-même»

Propos recueillis par Bruno Jeudy
20/02/2008 | Mise à jour : 23:05 |
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Jean Sarkozy : «Je n'ai jamais trahi personne. Je regrette sincèrement l'incompréhension qui s'est installée.»
Jean Sarkozy : «Je n'ai jamais trahi personne. Je regrette sincèrement l'incompréhension qui s'est installée.» Crédits photo : Le Figaro

À 21 ans, le fils cadet du président de la République est candidat dans le canton sud de Neuilly. Entretien exclusif.

Avec les mêmes intonations de voix, une ressemblance de traits prononcée mais les cheveux blonds mi-longs et une tête de plus que son père, Jean Sarkozy entame à 21 ans une carrière politique. Un an plus tôt que son père, qui fut élu conseiller municipal de Neuilly à 22 ans. Candidat dans le canton de Neuilly-Sud, il veut «se battre », dit-il, pour sa ville. Il ne redoute pas le «combat politique» et assume les «risques». Y compris médiatiques. Pour Le Figaro, il explique les raisons de son choix.

LE FIGARO. Pourquoi vous présenter aux cantonales dans le canton de Neuilly-Sud ?
Jean SARKOZY. Je suis candidat parce que j'ai le sentiment que, pour moi, le moment est venu de m'engager au service d'une ville que je connais par cœur et que j'aime. J'ai envie d'être utile à cette ville pour laquelle j'ai un attachement profond, sincère. J'avais envie de me battre et notamment pour les autres. J'ai des choses à prouver.

N'avez-vous pas peur de gêner le président de la République ?
Non. C'est une élection locale. Le président de la République est, par nature, une personnalité d'envergure nationale. Ma démarche est une démarche humble et tout à fait locale. Je n'ai pas l'intention de m'arroger le droit d'investir le champ de la politique nationale.

Ne redoutez-vous pas de conforter ceux qui dénoncent une «monarchie élective» ?
Monarchie élective ? C'est quelque chose que je ne comprends pas. La démocratie se porte bien en France, il ne faut pas raconter n'importe quoi. Cette critique est particulièrement de mauvaise foi. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a du suspense, que les élections ne sont pas jouées d'avance à Neuilly.

Avez-vous l'investiture de l'UMP ?

Je suis le seul candidat de la majorité présidentielle. J'ai sollicité l'investiture UMP auprès du secrétaire départemental Jacques Gautier, et le soutien du Nouveau Centre auprès d'Hervé Marseille.

Qu'en pense Arnaud Teullé qui avait été initialement investi par l'UMP dans ce canton ?

Bien sûr, c'est une décision prise en accord avec Arnaud. Il a fait le choix de se présenter aux élections municipales et veut y consacrer toute son énergie.

Qui allez-vous soutenir entre Arnaud Teullé et Jean-Christophe Fromantin, le candidat investi par l'UMP ?
Je vais respecter la plus grande neutralité. Je ne souhaite pas intervenir dans le débat des municipales. Je réserverai à l'isoloir le secret de mon vote.

Vous faisiez équipe avec David Martinon et Arnaud Teullé. N'avez-vous pas l'impression d'avoir trahi l'un puis l'autre ?
Je n'ai jamais trahi personne. Je regrette sincèrement l'incompréhension qui s'est installée. J'ai apporté à la campagne ma contribution franche et loyale. J'ai averti très régulièrement le candidat des problèmes que nous rencontrions. Je l'ai fait de la façon la plus franche qui soit.

Que vous inspirent les accusations dont vous êtes l'objet ?
On fait des raccourcis. C'est le débat politique qui veut ça. Je ne m'en offusque pas. Je m'engage dans une campagne, je sais quelles en sont les règles et je les respecte. Mais je ne me considère pas comme une personnalité, encore moins comme une personnalité médiatique. Je sais que la campagne sera exigeante.

Avec cette candidature, allez-vous abandonner le théâtre et le droit ?

Je suis passionné par l'art dramatique, c'est vrai, comme je le suis par plein de choses. Je souhaite poursuivre ma formation de juriste. Mais aujourd'hui, je m'investis pour ma ville et je me mets au service des Neuilléens du canton sud. Je serai un conseiller général pleinement disponible. Je suis un bosseur, j'aime le travail bien fait.

Quels conseils vous a donnés votre père, le président de la République ?

Le président ? Il ne m'a donné aucun conseil. Mon père ? Il m'a dit de rester moi-même et de prendre mes responsabilités. Je suis un militant UMP, je suis très conscient des enjeux. C'est un combat particulièrement noble, même si je sais qu'il y aura des difficultés.

Qu'avez-vous répondu à Patrick Devedjian, qui vous avait conseillé de «vous mettre au vert» ?
Je n'ai pas eu de contact avec le secrétaire général de l'UMP. Ce n'est pas parce que mon père s'est investi en politique que ça m'interdit de m'investir pour ma ville. Ce n'est pas une nomination, c'est une candidature. C'est un risque à prendre, c'est un risque assumé.

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