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27/02/2008

Liechtenstein

Le scandale de fraude fiscale en Allemagne prend un tour international
LE MONDE | 26.02.08 | 14h40  •  Mis à jour le 26.02.08 | 18h51
BERLIN, CORRESPONDANCE
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France, Etats-Unis, Italie et Australie examinent de possibles cas

La Direction générale des impôts examine une liste comportant des centaines de noms d'auteurs potentiels d'évasion fiscale vers le Liechtenstein, a déclaré mardi 26 février le ministre du budget, Eric Woerth. "Nous avons récupéré une liste de personnes qui sont concernées par des passages de capitaux au Liechtenstein", a-t-il déclaré sur Public Sénat. "Tout cela doit être regardé très sérieusement, et nous lancerons les contrôles", a-t-il affirmé, précisant que la liste avait été donnée par les autorités britanniques dans le cadre des échanges d'informations entre services fiscaux.

D'autres pays ont ouvert des enquêtes sur des concitoyens qui auraient participé à cette fraude fiscale massive. Il y a un "nombre considérable" d'Italiens sur la liste que Rome a reçue concernant l'enquête sur la fraude fiscale, a annoncé mardi le vice-ministre de l'économie, Vincenzo Visco, à l'agence de presse ANSA. Les autorités américaines ont également indiqué enquêter sur plus de cent contribuables soupçonnés de fraude fiscale via le Liechtenstein, alors que l'Australie faisait état de vingt cas. – (AFP, Reuters.)


Le scandale de fraude fiscale en Allemagne prend une dimension internationale. Outre les centaines d'Allemands suspectés d'avoir fraudé le fisc via des fondations au Liechtenstein, les enquêteurs se trouvent en possession de données concernant des étrangers. Le ministère des finances a fait savoir, lundi 25 février, que les informations seraient transmises aux Etats concernés avec lesquels elle a conclu des accords d'entraide judiciaire.

Les pays scandinaves - Norvège, Suède, Finlande - en ont déjà fait la demande, selon le quotidien Handelsblatt de lundi. Par ailleurs, en France, le ministère du budget aurait obtenu de l'Allemagne certains renseignements il y a maintenant quelques semaines, d'après l'AFP. Toutes ces données bancaires figuraient sur le DVD acheté entre 4 et 5 millions d'euros par les services secrets extérieurs allemands (BND) à un informateur.

Le Royaume-Uni a également payé pour obtenir des informations, comme l'a confirmé aux agences de presse une source de l'administration fiscale. Le Financial Times de lundi croit savoir que Londres aurait acheté cette liste 100 000 livres (133 000 euros) auprès du même informateur.

Dimanche soir, le groupe LGT, la banque de la famille princière au Liechtenstein, a levé le voile sur l'identité de ce "monsieur X". Il s'agit bien du ressortissant de la principauté Heinrich Kieber, dont le nom circule depuis plusieurs jours dans les médias sans avoir été confirmé par le BND. Employé entre avril 2001 et novembre 2002 par la LGT Treuhand, une filiale du groupe spécialisée dans la création de fondations, M. Kieber était chargé de contrôler des documents numérisés destinés aux archives de la banque.

1 400 CLIENTS

La LGT l'accuse d'avoir "transmis illégalement au BND" des données qu'il aurait volées en 2002. En outre, "le matériel volé aurait été illégalement révélé à d'autres autorités". La banque précise que ces informations portent sur 1 400 clients, dont environ 600 résidents en Allemagne.

Mais la LGT ne serait pas seule visée dans cette affaire. Le parquet financier de Bochum (ouest de l'Allemagne) a confirmé que l'enquête portait également sur les clients d'une autre banque de la principauté. Pour la Süddeutsche Zeitung du mardi 27 février, il s'agirait d'une filiale de la banque privée suisse Vontobel, la Vontobel Treuhand AG. En revanche, le flou continue d'entourer l'identité des suspects. Seuls deux noms ont pour l'instant été révélés : le patron de la Deutsche Post, Klaus Zumwinkel, et son frère Hartwig.

Des perquisitions ont été menées chez une centaine de suspects. D'après Der Spiegel, presque tous auraient reconnu les faits. Outre les villes de Francfort, Stuttgart, Hambourg et Ulm, le gros des opérations s'est déroulé à Munich avec une quarantaine de procédures. Un premier bilan des investigations devait être dévoilé, mardi, par les magistrats. Des précisions devaient être apportées notamment sur le montant des sommes dissimulées au fisc.

Marie de Vergès
Article paru dans l'édition du 27.02.08
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Commentaires

Laozi aurait dit que citer l'opinion du Monde sur un sujet d'actualité ne permet pas d'allumer une vive lumière dans l'obscurité.

Écrit par : Rabbit | 27/02/2008

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