alpilles13 ALPILLES13

27/02/2008

Mon journal des Alpilles

27 février 2008

J’ai assisté ce soir, à Lançon de

Provence, à la conférence de mon ami Raymond

Mallerin sur la vie et le destin de

Olympe de Gouges, pionnière du féminisme.

Je vous transmets un article de Wikipédia au sujet de cette femme extraordinaire:

Portrait d’Olympe de Gouges
Portrait d’Olympe de Gouges
Nom : Marie Gouze
Surnom : Marie-Olympe de Gouges
Naissance : 7 mai 1748
Montauban, France
Décès : 3 novembre 1793 (à 45 ans)
Paris, France
Nationalité : France France
Profession : femme de lettres et femme politique
Famille : Père biologique : Jean-Jacques Lefranc de Pompignan
Mère : Anne-Olympe Mouisset
Père officiel : Pierre Gouze

Marie Gouze, dite Marie-Olympe de Gouges, née à Montauban le 7 mai 1748 et morte guillotinée à Paris le 3 novembre 1793, est une femme de lettres française, devenue femme politique et polémiste.

Auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle a laissé de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l’abolition de l’esclavage des Noirs.

Elle est devenue emblématique des mouvements pour la libération des femmes, pour l’humanisme en général, et l’importance du rôle qu’elle a joué dans l’histoire des idées a été considérablement réévaluée à la hausse dans les milieux universitaires du monde entier.

 

Biographie

Montauban

Née le 7 mai 1748 à Montauban, Marie Gouze est déclarée fille de Pierre Gouze, qui ne signe pas au baptême, et d’Anne-Olympe Mouisset, mariés en 1737, mais elle apprend bien vite, par sa mère, qu’elle est la fille naturelle du poète Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, le célèbre antagoniste de Voltaire. Sa mère elle même était la filleule de Jean-Jacques Le Franc, marquis de Pompignan et d’Olympe Colomb de La Pomarède et tout Montauban, écrit le député Poncet-Delpech et d’autres, savait que cette jolie femme avait été aimée par le marquis son parrain de cinq ans plus âgé qu’elle.

En 1765, la jeune Marie Gouze, âgée de dix-sept ans, épouse un traiteur parisien, Louis-Yves Aubry, et devient mère d’un petit garçon, Pierre, et presque aussitôt veuve. Déçue par son expérience conjugale, elle refusa de se remarier par la suite, disant du mariage qu’il était le tombeau de la confiance et de l’amour. Elle porta couramment les prénoms de « Marie-Olympe » (signant plusieurs textes ainsi) ou, plus couramment, d’« Olympe », et elle ajoute une particule à son patronyme officiel « Gouze » ou parfois écrit « Gouges », une graphie adoptée par certains membres de sa famille dont sa sœur aînée Mme Reynard, née Jeanne Gouges. Désirant rejoindre cette sœur épouse de médecin à Paris, Olympe de Gouges quitta Montauban au début des années 1770, emmenant avec elle son fils Pierre, futur général des armées de la République à qui elle fit donner une éducation soignée.

Paris et le théâtre

 

Portrait d’Olympe de Gouges

 


Portrait d’Olympe de Gouges

À Paris, elle s’éprit d’un haut fonctionnaire de la marine, Jacques Biétrix de Rozières qui était aussi directeur d’une puissante compagnie de transports militaires en contrat avec l’État. Il la demanda en mariage, qu’elle refusa, mais leur liaison a duré jusqu’à la Révolution. Il est donc faux d’affirmer avec ceux qui méconnaissent le contexte que Marie-Olympe de Gouges était une « courtisane ». Elle eut quelques passades, des coups de cœur, ainsi qu’elle le dit elle-même, mais sans commune mesure avec le libertinage pratiqué à Versailles et dans les milieux de la haute bourgeoisie parisienne. Grâce à Jacques Biétrix de Rozières, qui la considérait un peu comme sa femme, elle eut une certaine aisance financière, ce qui lui a permis de mener un train de vie bourgeois (elle figure dès 1774 dans l’Almanach de Paris ou annuaire des personnes de condition) et lui offrit dès 1778 de pouvoir s’essayer à écrire des pièces de théâtre, la passion de toute sa vie. Indépendamment de son théâtre politique qui a été joué à Paris et en province sous la Révolution, la pièce qui la rendit célèbre en son temps est l’Esclavage des Noirs publié sous ce titre en 1792, inscrite au répertoire de la Comédie-Française le 30 juin 1785 sous le titre de Zamore et Mirza, ou l’heureux naufrage. Cette pièce et une autre intitulée le Marché des Noirs (1790), ainsi que ses Réflexions sur les hommes nègres (1788) lui ont permis de rejoindre la Société des amis des Noirs - le lobby ou groupe de pression des abolitionnistes - créé en 1788 par Brissot, le député girondin, qui parle d’ailleurs d’elle dans ses lettres inédites. Au titre d’abolitionniste, elle est également citée par l’abbé Grégoire, dans la « Liste des Hommes courageux qui ont plaidé la cause des malheureux Noirs » (1808).

De Gouges et la Révolution française

En 1788, elle se fait remarquer en publiant deux brochures politiques qui ont été très remarquées et discutées en leur temps, notamment dans le « Journal général de France » ainsi que dans d’autres journaux. Elle développe alors un projet d’impôt patriotique dans sa célèbre Lettre au Peuple et a proposé un vaste programme de réformes sociales et sociétales dans ses Remarques patriotiques. Ces écrits sont suivis de nouvelles brochures qu’elle adresse sans discontinuer aux représentants des trois premières législatures de la Révolution, aux Clubs patriotiques et à diverses personnalités dont Mirabeau, La Fayette et Necker qu’elle admirait particulièrement. Ses positions sont toujours très proches de celles des hôtes de Mme Helvétius, qui tenait salon à Auteuil, et où l’on défendait le principe d’une monarchie constitutionnelle. En relation avec le marquis de Condorcet et son épouse née Sophie de Grouchy, elle rejoint les Girondins en 1792. Elle fréquente les Talma, le marquis de Villette et son épouse, également Louis-Sébastien Mercier et Michel de Cubières, secrétaire général de la Commune après le 10 août, qui vivait maritalement avec la comtesse de Beauharnais, auteur dramatique et femme d’esprit. Avec eux, elle devient républicaine comme d’ailleurs beaucoup de membres de la société d’Auteuil qui pratiquement tous s’opposèrent à la mort de Louis XVI. Le 16 décembre 1792, Mme de Gouges s’offre pour assister Malesherbes dans la défense du roi devant la Convention, mais sa demande est rejetée avec mépris. Elle considérait que les femmes étaient capables d’assumer des tâches traditionnellement confiées aux hommes et régulièrement, pratiquement dans tous ses écrits, elle demandait que les femmes soient associées aux débats politiques et aux débats de société. Ainsi, elle écrit : « La femme a le droit de monter à l’échafaud ; elle devrait aussi avoir le droit de monter à la tribune. » La première, elle obtient que les femmes soient admises dans une cérémonie à caractère national, « la fête de la loi » du 3 juin 1792 puis à la commémoration de la prise de la Bastille le 14 juillet 1792.

Olympe de Gouges défend avec ardeur les droits des femmes. S’étant adressée à Marie-Antoinette pour protéger « son sexe » qu’elle disait malheureux, elle rédige la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, calquée sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, dans laquelle elle affirme l’égalité des droits civils et politiques des deux sexes, insistant pour qu’on rende à la femme des droits naturels que la force du préjugé lui avait retiré. À cette époque, le suffrage est censitaire car il faut payer trois journées de travail pour voter. Seuls les privilégiés peuvent voter : la majorité du peuple français, dont les hommes, ne vote donc pas. Elle demande la suppression du mariage et l’instauration du divorce qui est adopté quelques mois plus tard. Elle émet à la place l’idée d’un contrat signé entre concubins et milite pour la libre recherche de la paternité et la reconnaissance des enfants nés hors mariage.

Elle est aussi une des premières à théoriser, dans ses grandes lignes, le système de protection maternelle et infantile que nous connaissons aujourd’hui par la création de maternités. De plus, elle recommande la création d’ateliers nationaux pour les chômeurs et de foyers pour mendiants qui se rapprochent des foyers d’hébergements actuel.

 

Olympe de Gouges à l’échafaud

 

Olympe de Gouges à l’échafaud

La fin

En 1793, elle s’en prend vivement à ceux qu’elle tenait pour responsables des atrocités des 2 et 3 septembre 1792 (« le sang, même des coupables, souille éternellement les Révolutions », disait-elle), désignant particulièrement Marat. Soupçonnant Robespierre d’aspirer à la dictature, elle l’interpelle dans plusieurs écrits ce qui lui vaut une dénonciation de Bourdon de l’Oise au club des Jacobins. Après la mise en accusation du parti girondin tout entier à la convention, le 2 juin 1793, elle adresse une lettre pleine d’énergie et de courage, s’indignant de cette mesure attentatoire aux principes démocratiques (9 juin 1793). Ce courrier est censuré en cours de lecture. S’étant mise en contravention avec la loi de mars 1793 sur la répression des écrits remettant en cause le principe républicain (elle avait rédigé une affiche à caractère fédéraliste ou girondin sous le titre « Les Trois urnes ou le Salut de la patrie, par un voyageur aérien »), elle est arrêtée et déférée au tribunal révolutionnaire le 6 août 1793 qui l’inculpe.

Malade à la prison de l’abbaye de Saint-Germain-des-Près, réclamant des soins, elle est envoyée à l’infirmerie de la petite Force, rue Pavée dans le Marais, partageant la cellule d’une condamnée à mort, Madame de Kolly, qui se prétendait enceinte. En octobre suivant, elle obtient son transfert dans la pension de Marie-Catherine Mahay‎, sorte de prison pour riches où le régime était plus libéral et où elle eut semble-t-il une liaison avec un des prisonniers. Il lui aurait alors été facile de s’évader mais, désirant se justifier des accusations pesant contre elle, elle réclame publiquement son jugement dans deux affiches très courageuses qu’elle réussit à faire sortir clandestinement de prison et imprimer pour qu’elles soient largement diffusées (« Olympe de Gouges au Tribunal révolutionnaire » et « Une patriote persécutée », son dernier texte, très émouvant). Traduite au Tribunal au matin du 2 novembre, soit quarante-huit heures après l’exécution de ses amis Girondins, elle est condamnée à la peine de mort pour avoir tenté de rétablir un gouvernement autre que un et indivisible. D’après un inspecteur de police en civil, le citoyen Prévost présent à l’exécution, et d’après le Journal de Perlet ainsi que d’autres témoignages, elle est montée sur l’échafaud avec infiniment de courage et de dignité contrairement à ce que raconte au XIXe siècle l’auteur des mémoires apocryphes de Sanson et quelques historiens dont Jules Michelet.

Sa dernière lettre est pour son fils, l’adjudant général Aubry de Gouges, qui, par crainte d’être inquiété, la renia dans une « profession de foi civique »[1]. Dans sa Déclaration des Droits de la Femme, elle avait écrit de façon prémonitoire « la femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ». Le procureur de la Commune de Paris, l’homosexuel misogyne Pierre-Gaspard Chaumette, s’est ouvertement réjoui de ce meurtre légal, fustigeant, dans un discours aux républicaines, la mémoire et applaudissant à l’exécution de « l’impudente Olympe de Gouges qui abandonna les soins de son ménage pour se mêler de la République, et dont la tête est tombée sous les fers vengeurs des lois. Est-ce aux femmes à faire des motions? Est-ce aux femmes de se mettre à la tête de nos armées ? ».

Les commentaires sont fermés.