alpilles13 ALPILLES13

02/03/2008

Mon journal des Alpilles

Dimanche, 2 mars 2008

 

En Provence comme en France, nous sommes en pleine campagne pour les élections municipales de dimanche prochain. Et c’est grâce ou à cause… des municipales de 1989, l’année du bicentenaire de la Révolution, que me voici définitivement à Maussane, dix-neuf ans après ! Voici ce que j’écrivais à l’époque :

 

« Dimanche 18 heures. Les jeux sont faits. Rien ne va plus. Ou plutôt, tout ira beaucoup mieux. C’est en tout cas l’espoir de millions de Français qui ont élu leurs maires pour six ans. Six années… disons douze, vingt-quatre parfois d’un pouvoir considérable entre les mains d’un seul homme et de son équipe, tant il est difficile de déboulonner un maire en place. Et pour cause ! Au fil du temps, toutes sortes de relations se tissent entre un maire et ses administrés, des bonnes et des moins avouables. Ces complicités multiples qui vont d’un coup de pouce à un poste de travail, d’une vague promesse à l’obtention d’une HLM, d’une poignée de main à un dessous de table, de l’adjudication de travaux aux affaires immobilières, pèsent de tout leur poids dans la balance électorale. Quel citoyen n’a-t-il pas bénéficié, un jour ou l’autre, de cette amitié particulière avec le pouvoir municipal ? Une fois, tous les six ans, c’est l’occasion de renvoyer l’ascenseur !

 

Pour un observateur suisse, habitué à la démocratie directe, le système électoral qui préside aux Municipales françaises n’est pas satisfaisant. On attribue à la liste gagnante plus des trois-quarts des sièges. Les perdants, même avec 49,99% ont droit aux miettes. Ils représentent pourtant l’autre moitié de la cité. Durant six ans, ils auront peu à dire, peu à faire, si ce n’est crier dans le désert. Durant six ans, l’équipe en place fera ce qu’elle veut sans risque d’être sanctionnée par le référendum ou l’initiative populaire. Les électeurs ont donné un chèque en blanc aux maires élus. Bon nombre d’entre eux ne sont pas dignes de cette confiance.

 

Je viens d’assister sur le terrain, en Provence, dans une ville de six mille habitants, au dépouillement du scrutin. Les enjeux sont serrés. Des centaines de citoyens attendent les résultats sur la place du Champ-de-Mars. Le maire sortant cumule vingt-quatre de mairie. Ce vieux facho est en bout de course, sur le déclin. Mais depuis le temps, il connait tout le registre des combines et des magouilles et une bonne partie de son électorat est « mouillé » avec lui. Il les tient et il tiendra jusqu’au bout. A 20h30, il annonce son élection avec 125 voix d’avance sur son adversaire de gauche, 125 voix dont une bonne partie ont été glanées par procuration jusque dans les asiles de fous ! Son adversaire veut prendre la parole. D’un geste autoritaire, il le lui interdit et entonne une « Marseillaise » hystérique avec sa bande fiers-à-bras. Il a bassement gagné une bataille, mais perdra la guerre, six ans plus tard.

 

Près de vingt ans plus tard, ce texte est toujours d’actualité dans la plupart des communes de la Région Paca. Par exemple à Aix-en-Provence, la campagne est illustrée par le site remarquable d’un citoyen anonyme qui a eu les honneurs du Nouvel Obs de cette semaine. Jugez plutôt sur :

 

www.aixmunicipales2008.com

 

 

 

Munic

 

 

 

 

Les commentaires sont fermés.