alpilles13 ALPILLES13

20/03/2008

Fou d'écrire...

Les centaines de publications exposées à la devanture des kiosques ne vous donnent-elles pas le vertige ? Alors que les tirages de la presse quotidienne régressent, les nouveaux magazines foisonnent. C’est l’orgie des couvertures aguichantes. Tout est bon pour racoler le pigeon. Ca marche le temps d’une saison, puis ça disparaît et ça renaît comme l’acné juvénile. Sommes-nous devenus une nouvelle race de papivores ou d’accrocs à la presse « people » ?

 

Passe encore que le journal du matin s’attarde avec délectation sur la catastrophe de la veille vue et revue sur  toutes les chaînes, filmée sous tous les angles par une caméra morbide. Il a l’excuse du petit-crème. Mais à quoi peuvent bien servir les millions de télé-choses, de télé-machins qui nous présentent sous toutes les coutures les vedettes du petit et du grand écran. Les séries où tout le monde il est fort, tout le monde il est riche, tout le monde il est malade, tout le monde il est con.

 

Il en faut pour tous les goûts, me direz-vous, bien qu’ils se ressassent les mêmes fadaises. Pour le complexé boutonneux ou bedonnant qui fornique à la vue des culs glacés. Pour la midinette qui rêve chaque semaine du beau ténébreux qu’elle n’aura jamais dans lit. Pour la mère-mère du rez-de-chaussée qui tient la gazette des ragots, entre deux mille-feuilles jaunasses. Pour le sportif de salon qui bande comme un arc à chaque but de l’OM. Pour le shooté de la BD ou les sniffeurs de crados.

 

Quel papelard gaspillé, des forêts entières chaque semaine, pour montrer les mêmes conneries mises sous notre pif par les carnassiers de la presse-purée. Une race  de voyeurs, voilà ce que nous sommes devenus. Les sociolos expliqueront que nous sommes dans l’ère de la communication. Je dis non, c’est faux. Nous sommes en pleine crise d’incommunicabilité. On ne se connaît plus, on ne se salue plus, on ne se parle plus. On vit le nez dans son journal, les yeux braqués sur l’internet, la télé ou le Nintendo. Je suis complètement bébête  d’écrire ce papier, seul. Je ferais mieux d’aller au bistrot de quartier boire un canon avec les copains et jacter avec des inconnus.

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