alpilles13 ALPILLES13

30/03/2008

Ecrire...

  

Table à écrire (F. Bury)

Table à écrire (F. Bury)
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Ferdinand Bury (1740-1795)
Estampille F BURY et poinçon de jurande JME
Vers 1775-1780
Bâti en chêne, placage de bois de rose, prunier, bois teinté en vert (érable-sycomore ?), houx teinté en noir, bronzes dorés.
H. 0,695 m ; L. 0,535 m ; P. 0,364 m
Inv. J 382


Cette petite table aux formes droites et à la marqueterie géométrique est caractéristique de l'époque Louis XVI et de la production de l'ébéniste Ferdinand Bury. Le plateau est supporté par quatre pieds en gaine et la galerie qui le ceinture s'interrompt sur le devant, permettant d'écrire confortablement. Dans la ceinture s'ouvre un tiroir recouvert d'un abattant gainé de cuir et pourvu de trois casiers destinés à l'encre, la poudre et l'éponge. On trouve un grand nombre de tables similaires portant l'estampille d'autres ébénistes, notamment celle de Riesener qui collabora avec Bury ainsi que l'attestent leurs deux estampilles apposées sur une commode du Louvre. D'autres modèles proches sont estampillés Aldebert Vovis, François Bayer et Nicolas Petit. Ce modèle en vogue fut peut-être divulgué par l'intermédiaire d'un ou de plusieurs marchands.

   

 

Je me questionne souvent sur  la raison qui incite un auteur à écrire tout ce qui a déjà été écrit par de grands écrivains, un peintre à barbouiller sur la toile tout ce que d’autres on déjà fait avec talent depuis les grottes de Lascaux, un compositeur qui s’imagine déjà rivaliser avec Mozart ou les Beatles. Ne sachant ni peindre ni composer, je ne saurais me confondre, encore moins chercher à connaître les motivations des artistes du pinceau ou des virtuoses de la baguette.

       Celui qui m’intéresse, c’est l’écrivain puisque je fais modestement partie de la corporation des scribouilleurs. Pourquoi passe-t-il des heures, parfois des nuits, puis de longs mois à jongler avec les mots et les phrases, à se battre avec l’orthographe et les synonymes, à se torturer l’esprit pour que son histoire prenne corps, sorte peut-être de l’ordinaire ? Les causes sont sans doute multiples, mais il me semble que l’écrivain en général se classerait dans la catégorie des introvertis qui utilise l’écriture pour faire connaître son monde intérieur. C’est un  timide qui se soigne en se livrant aux autres. Même si son récit ou son roman n’est pas autobiographique – encore que ça devient à la mode – il se dévoile, il se met à nu par sa manière d’aborder les problèmes de société, de rapporter les faits, par sa façon d’évoquer les sentiments et les penchants de ses personnages. A travers son style et le choix de son sujet, il apparaît tel qu’il est. A travers l’écriture, il exorcise sa timidité, il crée, il imagine ou il narre simplement des choses vécues en y apportant sa touche personnelle. L’écrivain est un inventeur d’histoires. Plus rarement, il triche, il dissimule sa vraie personnalité, il met en scène son contraire. Fuir le naturel sur deux à trois cent pages n’est pas évident car il revient au galop sans prévenir.

11:53 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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