alpilles13 ALPILLES13

05/04/2008

La taille des oliviers

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Voilà six jours que je vous rabâche les oreilles avec mes propos sur la « rage d’écrire » alors, pour changer de chapitre,  je vais vous narrer une histoire toute simple. C’est la vingtième année que je procède à la taille des oliviers entre mars et avril. C’est d’ailleurs en partie pour eux que je me suis installé progressivement en Provence. Mais c’est la première année que je me retrouve seul à la tâche.

Mon maître, mon ami Jacquot, a décidé, il y a quelques mois, de prendre sa retraite définitive,  peu après  ses quatre vingt ans. Il repose dans sa terre, celle des Alpilles qui l’a vue naître, celle qu’il a binée, sarclée, grattée, désherbée, morcelée pour y planter la marjolaine, des fleurs des champs, des fruits, des légumes de toutes les saveurs.

Puis il y eut Ahmed qui, lui aussi, a pris congé du Midi pour s’en retourner rejoindre sa famille dans son pays natal, le Maroc, après des années de dur labeur. Avec lui, nous avons procédé à une taille massive pour redonner de la vigueur à ces arbres centenaires.

La taille des oliviers est une science… dont je ne maîtrise pas encore toutes les subtilités. Il y a une certaine similitude avec l’écriture. Quelle branche, quel rameau vais-je sacrifier ? A chaque fois, c’est un dilemme entre celle qui donne du bois et celle qui donne du fruit ! Quelle phrase, quel mot vais-je choisir ? En écriture, ce n’est pas irrémédiable… puisque la rature existe !

Sécateur en main, je trouve parfois le temps long. Je déplace le chevalet, je monte, je descends, je tourne autour de l’arbre, je prends du recul, comme un sculpteur, pour en définir les proportions.

Il me vient parfois des idées d’écriture, en une heure j’écris un roman… Souvent, l’après-midi, je me colle un écouteur à l’oreille, j’écoute France-Inter. Je me prends la « Tête au carré », je ne sais si je suis « Là-bas » ou ici et je termine en beauté à la Salle Pleyel avec « Lodéon » !

Aujourd’hui, de retour du verger, j’avais tout simplement envie de vous écrire.

17:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

....joli message ! MERCI BEAUCOUP !
Si seulement les politiciens d'aujourd'hui (de tous bords confondus)prenaient le même temps et la même patience que pour la taille de ces oliviers afin d'en faire profiter la société.....ce serait merveilleux !
Amitiés....
Ivan

Écrit par : coucou | 05/04/2008

Merci de votre message. Les politiciens ajoutent parfois du temps au temps pour ne pas faire grand chose!
Cordialement vôtre
Fred

Écrit par : Fred Oberson | 09/04/2008

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