alpilles13 ALPILLES13

12/04/2008

Revue de paresse...

"Je ne peux rester sans rien faire. Je vais faire la sieste"

Yvan Audouard

 

En écoutant d’une oreille l’émission de Nicolas Stoufflet sur France-Inter à l’heure du laitier, j’apprenais de Paris qu’il pleuvait en Provence. Inutile donc  de mettre le nez à la fenêtre pour décider de faire grasse matinée, d’autant qu’un puissant coup de tonnerre d’avril m’a confirmé l’info. Nicolas, le lève-tôt, présentait, le dernier guide de Hachette sur le pays de Giono et de Mistral.  Dans mon demi sommeil, j’ai donc fait une promenade d’Avignon jusqu’au Ventoux, puis je suis redescendu par Sault jusqu’à Rustrel, le pays du Colorado provençal. J’ai contourné la vallée du Lubéron pour me retrouver aux abords d’Aix et de la Sainte Victoire immortalisée par Cézanne. J’ai rouvert un œil en Camargue dans l’attente des flamands roses qui s’en reviennent d’Afrique pour nidifier par milliers sur un ilot protégé des touristes rapaces.

La pluie du matin, ici, fait mentir les statistiques qui certifient que la région bénéficie de 300 jours de soleil et de 100 jours de mistral ! Pauvres gens du nord qui s’en vont ce matin au turbin dans la grisaille, la mouille et la neige fondue.

Il y avait du beau monde sur les ondes ce matin. L’écrivain-ambassadeur Rufin et l’écrivain-sociologue Jean Ziegler m’ont coupé l’appétit du petit déjeuner en dénonçant les milliers de morts quotidiens dus à la malnutrition. Mon voisin, le fondateur d’Actes Sud, Hubert Nyssen qui fête ses 83 ans, accueillait Vincent Josse  dans son vieux moulin pour nous parler de ses lectures favorites.

On a ses habitudes dont il est difficile d’en changer. Je lis au lit, le soir au coucher, ce qui a pour effet de me fermer les paupières… et le matin, avant le lever, de les ouvrir ! Le papivore que je suis, pareil à un goinfre, entasse une pile de victuailles journalistiques et livresques qu’il n’a pas le loisir de tout lire. Donc, je picore de ci, de là, je fourre au garde-manger tel ou tel article que je déglutirai demain, après-demain ou à la Saint glin-glin. Et bien souvent le menu n’est plus de première fraicheur. Tout juste un ramassis de vieilles salades à jeter à la poubelle, des nouvelles à vous donner la sinistrose lorsque l’on ouvre un journal, la télé ou la radio à l’heure des infos. Pour la plupart, ce ne sont que des événements tragiques, violents, injustes, malfaisants, tant au plan politique, économique, social et de société.

Même la littérature fait dans le morbide cette semaine. Trois écrivains américains, dont Don DeLillo en tête, racontent leurs 11 septembre, Littel rempile avec le nazisme et Nourissier sombre dans l’alcoolisme de son épouse. Et ce n’est pas les 640 pages du bestseller de Anna Gavalda, La Consolante, éditions Le Dilettante, qui va nous remonter le moral !

Tout cela m’incite à remiser ma paresse matinale et à sauter du lit pour courir dans le verger, loin de ce monde en folie, au moment où un soleil timide sèche les dernières gouttes de pluie.

18:21 Publié dans Culture | Tags : paresse, journal, france | Lien permanent | Commentaires (0)

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