alpilles13 ALPILLES13

23/04/2008

Après la taille des oliviers

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Les tâches de l’oléiculteur en herbe ne s’arrêtent pas à la taille. Fini  cette activité ludique où l’on joue à chat perché avec les branches, les rameaux, les feuilles et le mistral. Un autre boulot purement physique consiste à râteler les fanes, à les broyer ou bien à les brûler par petits tas car, bien que vertes, elles s’embrasent comme un feu de paille. Il s’agit ensuite de déposer tout autour de l’arbre du fumier de chèvre, de mouton ou plus facilement un engrais naturel que l’on enterre à l’aide d’une pioche ou d’un motoculteur. Les anciens prenaient le temps de dresser un monticule de terre, appelé conque, autour du pied afin de maintenir l’humidité de la pluie et de la rosée. Pour l’avoir tenté… je puis vous dire que c’est un travail harassant qui met le dos et les bras à rude épreuve !

Inutile de vous dire que la taille torture l’olivier. Sans se plaindre, il est assailli de part en part de multiples coupures, de mutilations maladroites et des morsures de l’hiver qui se cicatrisent lentement. Le moment est donc venu de blesser ses plaies avec le sulfatage d’une bouillie que l’on appelle « bordelaise ». L’origine de cette appellation « contrôlée »  doit provenir du sulfate de cuivre avec lequel on traitait la vigne du côté de chez Juppé et que l’on utilise pour la plupart des arbres fruitiers, y compris en culture bio. Cette opération se renouvelle trois à quatre fois l’an car elle a également pour but de combattre les attaques sauvages d’insectes aux doux noms latins : Dacus, Tinea, Psylla et un champignon appelé fumagine qui vous colore l’arbre et les feuilles en noir de fumée !

Boille (français helvétique) de vingt litres dans le dos, je vous donne rendez-vous pour cette promenade de santé d’arbre en arbre. Comptez trois jours pleins pour faire le tour du verger, nourri, logé et fourbu ! Exception pour les détenteurs de permis. Je me suis récemment modernisé… en acquérant un vétuste tracteur Renault - modèle 1958, moteur Perkins diesel  3 cylindres pour les connaisseurs - qui me soulage du sulfatage, du débroussaillage et du griffonnage.

Et c’est l’attente jusqu’au moment de la floraison, vers la mi-mai. Des milliers de minuscules fleurs blanches daignent éclore ou pas. Patience encore jusqu’à la nouaison pour déceler si la fleur s’est transformée en embryon de fruit après fécondation « in ventilo ». On compte en principe une à cinq olives pour cent fleurs !

Un vieux proverbe populaire provençal: « Pour l’olivier, il faut un fou à sa tête et un sage à ses pieds. »  Verdict à l’automne !

17:31 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Très intéressant, c'est toujours un plaisir de lire tes articles

Écrit par : betclic.fr | 08/08/2010

Excellent site, merci pour les informations.

Écrit par : bwin.fr | 29/10/2010

Les commentaires sont fermés.