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30/04/2008

Un jour avec ma mère...

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Peinture de William Bouguereau, XIXe siècle 

 

Je ne vais pas voler le titre ni le contenu de : « Trois jours chez ma mère » de François Weyergans, prix Goncourt 2005, Grasset. Il lui a bien fallu quelque cinq ans pour venir à bout de son bouquin et retrouver sporadiquement sa chère mère nonagénaire.

 

La mienne de maman, elle aussi, a franchi le cap des quatre-vingt-dix ans. Depuis deux ans, j’insistais pour qu’elle vienne séjourner en Provence. Tous les prétextes étaient bons pour reporter sa venue. En été, elle craignait la chaleur, en automne le mistral, au printemps les giboulées. Son chat ne supporterait pas le voyage cloîtré dans une cage, il se querellerait avec les nôtres, il serait une victime innocente des chasseurs en mal de lapins. Et les anniversaires des petits enfants, des arrières petits enfants, de la voisine du dessus, de celle d’en bas.

 

Et les douleurs, pardi, le dos, les poignets, le bras gauche, la hanche droite, et cette foutue cheville bardée de ferraille depuis le jour où elle avait fait un tout droit avec sa chère Citroën. Le seul accident d’une conductrice émérite à plus de quatre-vingt ans. Ce gros camion jaune qui lui collait aux fesses l’avait certainement poussée dans le fossé. Après moult palabres, nous avions réussi à la convaincre de rendre son permis. Elle reçu une lettre élogieuse des autorités la félicitant de son renoncement. Mais ça lui restait en travers de la gorge, ça lui manquait de ne plus être indépendante, de ne plus véhiculer ses copines par monts et par vaux.

 

Dans la descente vers le sud, par l’autoroute du soleil, il s’en est fallu de peu que je lui cède le volant, tant elle trépignait à l’idée que je puisse le faire ! Arrivée à bon port, elle prit possession de « sa chambre », rangea méticuleusement ses bagages, se fit une beauté pour paraître rayonnante au repas du soir. Dès le lendemain, on l’a retrouva debout avant l’heure, toute fière d’avoir parcouru le verger jusqu’au chêne vert.

 

Ainsi, chaque jour, elle fit ses promenades, pliée parfois en deux contre le mistral, ramassa des brindilles de bois mort pour la cheminée, récolta des herbettes sur la colline. Elle a bien dû lire sans lunettes un à deux bouquins la semaine, battre neuf fois sur dix sa belle-fille au scrabble et écrire d’une main assurée lettres et cartes postales par dizaine.

 

On fit même bombance en sa compagnie et son appétit ne fut jamais pris en défaut de l’entrée jusqu’au dessert. Et parfois, elle avait la dent dure, la critique acerbe, le jugement sans appel envers ceux qu’elle ne portait pas dans son cœur pour des raisons que la raison ignore. En tous cas, la nôtre…   Quelle santé ! Durant un mois, nous avons vécu avec une mère, une belle-mère, une grand-mère et une arrière-grand-mère en or massif.

 

 

Les auteurs ont-ils des comptes à rendre avec leur mère et vice-versa ?

 

Lucie Ceccaldi, mère de Michel Houellebecq, vide ses « particules élémentaires… » sur son fils dans un livre à paraître la semaine prochaine : « L’Innocente » chez Scali.

 

Extraits :

 «Mon fils qu'il aille se faire foutre par qui il veut avec qui il veut, j'en ai rien à cirer. Mais si, par malheur, il remet mon nom sur un truc, il va se prendre un coup de canne dans la tronche, ça lui coupera toutes les dents, ça, c'est sûr !»,

«Je n'ai pas cette fibre-là de dire, mon fils, c'est le plus beau du monde. Non, mon fils, c'est un petit con.»

29/04/2008

12. Ecrire... (suite et fin)

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Né à la Chaux-de-Fonds - Suisse - le 1er septembre 1887, d'une mère écossaise et d'un père Suisse de son véritable nom Frédéric Sauser, Blaise Cendrars (1887-1961) fut le poète de la Fête et de l'Aventure.

 

Après quelques essais d’ordre politique, j’ai renoncé à ce genre d’exercice. Pour la bonne ou la mauvaise raison que cela suppose un travail de recherche considérable. A chacun son métier, j’abandonne cette besogne ingrate au documentaliste ou au spécialiste de telle ou telle discipline. Je privilégie l’emploi du temps imparti à la fiction et à l’écriture, d’autant plus que mille idées me sautent à l’esprit. Ce qui n’empêche pas l’auteur de bâtir une histoire à partir d’un événement politique, d’actualité ou de société. La réalité des faits divers dépassent de plus en plus la fiction car l’information multimédia, son immédiateté, a pris en otage la curiosité de l’individu. C’est une mine sans fond pour ceux qui sont à court d’idées. Je considère cependant que le récit romancé doit être porteur d’un message, d’un enseignement et susciter la réflexion du lecteur. Je dirais même qu’il est parfois un vecteur plus puissant qu’un ouvrage spécifique.

Il est tentant mais difficile pour un auteur de s’essayer à toutes les disciplines, de passer de l’une à l’autre. Il m’a fallu du temps pour sortir du « Non-dit du conflit israélo-arabe » et entreprendre le récit : « Je crois en Dieu, moi non plus… ». Une fois lancé, je me suis attaqué avec facilité à un ouvrage utopique et futuriste : www.paradis-ciel.info. Actuellement, je mène de front un roman classique, intimiste et une série d’histoires courtes, des nouvelles. Pourquoi des nouvelles ? Parce que je suis pressé, j’ai la rage… et je n’ai pas toujours la matière pour écrire 250 pages ! Et c’est reposant, passionnant les nouvelles, vous passez de l’une à l’autre, vous faites vivre simultanément de nombreux personnages qui ne se rencontreront jamais.

 

(Enfin les blogs... qui permettent de s'exprimer régulièrement par de petits billets d'actualité, d'humeur ou de réflexion. Et d'être lu tout de suite, en temps réel, et de susciter parfois des réactions ou des commentaires. Mais c'est une accoutumance qui prend du temps... au détriment du bouquin que je suis en train d'écrire.)

Humour de fesses!

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28/04/2008

Le tour du monde à moto

Deux potes de Sénas, Alain et Michel, sont partis faire le tour du monde avec leurs épouses à bord

de deux side-cars Ducati préparés spécialement pour ce périple.

Pour permettre aux motards de suivre leur épopée et de les encourager vous trouverez leur site sur le lien à droite de la page.
 
 
 
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19:48 Publié dans Sports | Tags : moto, side, monde, périple | Lien permanent | Commentaires (0)

Dessin de presse

Le dessin du jour paru dans "Le Monde"  du 28 avril 2008

 

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10:52 Publié dans Images | Tags : le monde, dessin, presse | Lien permanent | Commentaires (0)

26/04/2008

11. Ecrire... (suite)

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Des années plus tard, j’ai repris l’écriture en dilettante pour des raisons politiques. Il me fallait bien discourir, ordonner mes idées, préparer mes interventions. Mais de là à commettre un livre… Des dizaines de brouillons sans intérêts sont à jamais couchés sur des cahiers d’écolier, au tréfonds de mes archives.

Puis, j’ai pris le mord aux dents, avec l’ambition d’écrire des essais politiques pour exprimer mon objection, ma critique, ma révolte face aux événements mondiaux. J’avais pour maître, mon ami Jean Ziegler, un auteur prolifique, qui n’avait de cesse de dénoncer, de fustiger à travers ses livres : « La Suisse lave plus blanc », « Une Suisse au-dessus de tout soupçon »,  le laxisme du pouvoir et des banquiers helvétiques qu’il surnomma les « monstres froids ».   

Dans  « Vive le Pouvoir ! ou les Délices de la Raison d’Etat », Seuil 1985,  le sociologue et député socialiste se montra très critique envers la présidence de celui qu’il avait admiré : François Mitterrand.

A son contact, j’ai eu la confirmation que « la rage d’écrire » de Jean n’avait pas d’autres buts que d’apporter sa contribution au changement des mentalités, faute de changer le monde tout court ! C’est la démarche essentielle de l’essayiste, bien qu’il ne soit pas dupe qu’il s’agit d’un travail de longue haleine dont les résultats sont aléatoires.

Ses pamphlets ont été l’objet de multiples réactions et controverses au sein de l’establishment bancaire et politique, preuve que ses écrits n’ont pas été inutiles. Il s’en est suivit des plaintes et des procès qui lui ont coûté une fortune en frais de procédure. Mais il continue… prenant quelques précautions de langage !

Sa fonction de délégué de l’ONU pour le droit à l’alimentation lui permet d’engranger une multitude d’informations et de présenter le résultat de ses investigations à la tribune des Nations unies. Sa bibliographie comporte plus de vingt ouvrages traduits en plusieurs langues. Il est l’auteur suisse contemporain le plus lu dans le Monde, en particulier dans le tiers-monde.

18:40 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

25/04/2008

BLOG-NOTES

Sark0 pointé…

C’est la faute à toutes les erreurs que je n’ai pas commises !

17:45 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

23/04/2008

Après la taille des oliviers

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Les tâches de l’oléiculteur en herbe ne s’arrêtent pas à la taille. Fini  cette activité ludique où l’on joue à chat perché avec les branches, les rameaux, les feuilles et le mistral. Un autre boulot purement physique consiste à râteler les fanes, à les broyer ou bien à les brûler par petits tas car, bien que vertes, elles s’embrasent comme un feu de paille. Il s’agit ensuite de déposer tout autour de l’arbre du fumier de chèvre, de mouton ou plus facilement un engrais naturel que l’on enterre à l’aide d’une pioche ou d’un motoculteur. Les anciens prenaient le temps de dresser un monticule de terre, appelé conque, autour du pied afin de maintenir l’humidité de la pluie et de la rosée. Pour l’avoir tenté… je puis vous dire que c’est un travail harassant qui met le dos et les bras à rude épreuve !

Inutile de vous dire que la taille torture l’olivier. Sans se plaindre, il est assailli de part en part de multiples coupures, de mutilations maladroites et des morsures de l’hiver qui se cicatrisent lentement. Le moment est donc venu de blesser ses plaies avec le sulfatage d’une bouillie que l’on appelle « bordelaise ». L’origine de cette appellation « contrôlée »  doit provenir du sulfate de cuivre avec lequel on traitait la vigne du côté de chez Juppé et que l’on utilise pour la plupart des arbres fruitiers, y compris en culture bio. Cette opération se renouvelle trois à quatre fois l’an car elle a également pour but de combattre les attaques sauvages d’insectes aux doux noms latins : Dacus, Tinea, Psylla et un champignon appelé fumagine qui vous colore l’arbre et les feuilles en noir de fumée !

Boille (français helvétique) de vingt litres dans le dos, je vous donne rendez-vous pour cette promenade de santé d’arbre en arbre. Comptez trois jours pleins pour faire le tour du verger, nourri, logé et fourbu ! Exception pour les détenteurs de permis. Je me suis récemment modernisé… en acquérant un vétuste tracteur Renault - modèle 1958, moteur Perkins diesel  3 cylindres pour les connaisseurs - qui me soulage du sulfatage, du débroussaillage et du griffonnage.

Et c’est l’attente jusqu’au moment de la floraison, vers la mi-mai. Des milliers de minuscules fleurs blanches daignent éclore ou pas. Patience encore jusqu’à la nouaison pour déceler si la fleur s’est transformée en embryon de fruit après fécondation « in ventilo ». On compte en principe une à cinq olives pour cent fleurs !

Un vieux proverbe populaire provençal: « Pour l’olivier, il faut un fou à sa tête et un sage à ses pieds. »  Verdict à l’automne !

17:31 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

21/04/2008

La racaille...

Le mot racaille est un terme péjoratif servant à désigner une personne ou une catégorie de personnes, souvent la frange considérée comme méprisable d'un groupe.

Mon petit-neveu de dix-sept-ans séjourne à la maison pour préparer l’épreuve de son bac de français. Il alterne sa révision avec des balades dans la campagne. C’est un bon garçon, sage, studieux, poli qui ne touche ni clope ni alcool. Il n’est pas suspendu à longueur de journée à son portable avec sa copine encore que les mails sont d’une discrétion absolue... Ce n’est pas son genre à courber le lycée pour défiler dans la rue mais il n’en pense pas moins.

Au repas du soir, je profite de le questionner sur ses études, sur les profs, sur l’ambiance au lycée et il se doute bien, à mes propos, que le « vieux » n’est plus dans le coup. Je m’étonne qu’ils sont vingt-huit en classe et comment un prof peut-il « suivre » ses élèves et les cas difficiles. « Il n’y a pas de contact personnel, il débite son cours et s’en va » me dit-il. Suive qui peut ! Peu après je lis dans Libé qu’une lycéenne qui a besoin de comprendre se voit répondre par l’enseignant : « J’ai pas le temps, J’ai un programme à finir. » Et pendant ce temps-là, Darcos met scandaleusement en place son programme de suppressions de postes.

Mon petit-neveu me dit encore que dans son lycée du Midi tout se passe relativement bien contrairement à celui où il habitait auparavant en Haute-Savoie. A cause de la « racaille, des arabes », me dit-il. Je prends un coup de sang, je monte les tours, je pique une colère monstre, je l’invective pour avoir prononcé le mot racaille en parlant des arabes. « Toi aussi, tu es fils et petit-fils d’origine étrangère comme le furent les Italiens, les Espagnols, les Portugais, il y a quelques décennies, Va-t-on pour autant te traiter de ritals, d’espingouins ou de portos ? Apprends l’histoire, non de Dieu, au lieu de te baguenauder sur les conneries d’Internet. »

Mon épouse cherche à me calmer, le grand gosse ne dit mot et, tout penaud, il s’en va dans sa chambre. L’incident est clos. Sûr que j’ai poussé le bouchon trop loin. Il y avait une autre manière de lui expliquer calmement le pourquoi et le comment des choses. En fait, ma fureur, ma hargne s’adressait à qui vous savez, un certain nain de banlieue,  dont les propos font école jusque dans les lycées, faute d’un encadrement et d’un enseignement digne de ce nom, digne de la France. Sarko lave bien les cerveaux !

22:46 Publié dans Culture | Tags : lycée, jeune, racisme | Lien permanent | Commentaires (13)

20/04/2008

En hommage à Aimé Césaire

200643614.jpgFort-de-France, novembre 2001photo © 2001, Susan Wilcox -

 

En hommage au poète, à l'écrivain, à sa vie toute entière consacrée à l'affirmation et à la défense de la négritude, je vous transmets un extrait de ce que j'écrivais à propos de l'Afrique et le la colonisation dans mon livre: "Je crois en Dieu, moi non plus", L'Harmattan 2006

- Bien sûr, Alex, tout ne s’est pas fait en un jour. Pour ne citer que l’Afrique, la France avait installé des comptoirs marchands, au 17ème et 18ème siècle, sur la route des Indes, celle des épices, au Sénégal, à Madagascar, à la Réunion, à Maurice. Dans ces régions, la France avait déjà posé ses grands pieds. Mais les autochtones ne nous avaient pas attendus pour faire fonctionner leur économie locale. Les souks, ça existait bien avant nous. Bien sûr que des milliers de Français, d’Italiens, d’Espagnols, de Maltais de toute condition et de toute profession se sont rués vers ces nouveaux Eldorados. En Afrique du Nord, on les appelait “les pieds noirs”.

La première des colonisations indignes de ce nom, c’est la prise d’Alger en 1830 par la Grande muette, celle qui fait parler la poudre, suivie d’une guerre contre Abd-el-Kader durant quinze ans pour asservir l’Algérie tout entière jusqu’à Tamanrasset.

Bernard nous colporta une information que nous ignorions mais qui nous concernait directement : “La Société des Missionnaires d’Afrique, les Pères Blancs, à été fondée à Alger en 1868.” Et il ajouta :

- C’est en partie grâce aux nombreuses congrégations de missionnaires, présente dans les colonies, que la vie des peuples colonisés a été adoucie. Nous sommes là pour reprendre la relève dans quelques années !

- Tu as raison, lui répondis-je, il fallait bien donner le change aux colons, ces grands propriétaires terriens qui se sont installés pour le franc symbolique sur des superficies immenses où ils ont fait fructifier leurs comptes en banque, les agrumes, la vigne et les céréales qu’ils envoyaient au continent par bateau entier. La main-d’œuvre locale était corvéable à merci et payée au lance-pierre.

Et Maurice, de continuer :

- D’autres territoires, qui n’étaient pas encore des pays, sont tombés comme des mouches, sans qu’on ait tiré un coup de fusil. Il y eut des annexions comme la Nouvelle-Calédonie, des protectorats pour la Tunisie et le Maroc. Regardez la carte d’Afrique, dans sa partie supérieure, d’ouest en est: ces lignes toutes droites, les frontières, ont été tracées avec une règle d’écolier, sans tenir compte des tribus et des ethnies. A part la Chine et le Japon, il n’y a quasiment aucun pays du tiers ou du quart monde, auquel s’ajoute l’Amérique du Nord et du Sud, qui n’ait été envahi par les Européens.

Guy, le petit Suisse qui ne connaissait pas grand-chose de l’histoire de France et encore moins des colonies puisque son pays était resté cloîtré dans ses montagnes, voulait en savoir plus sur la jungle impénétrable et les aventuriers de tout poil qui écumaient ces territoires vierges.

- Alain, depuis ton embarquement virtuel à Marseille, tu as déjà dû rejoindre les côtes d’Afrique noire ! Ne remontes-tu pas maintenant le fleuve Congo à bord d’une pirogue ?

-Ne plaisantez pas, les gars. Je peux vous dire que pour les baroudeurs, les chercheurs de tout et de presque rien, les orpailleurs de la course aux pépites, c’était l’Aventure avec un grand A, mille occasions d’avoir la boule à zéro dans la forêt extra vierge bourrée de serpents à sornettes et le bol de se trouver pif contre pif avec le roi de la jungle le bigleux. Mais le top des tops, le must des musts, le rubis sur la galette de manioc, moyennant une topette de whisky de contrebande au pisteur, c’était l’invitation au célèbre tournoi de pétanque africaine -ça se joue avec des noix de coco- organisé en pleine brousse par laDépêche de Yaoundé avec la célèbre star américaine Johnny Weissmuller, plus connu sous le nom de Tarzan. En option, moyennant supplément payé en monnaie de singe, quinine et potion magique, le Grand sorcier pouvait vous prescrire le grand frisson du palu, un sommeil nickel dans les bras de la mouche tsé-tsé et, en prime bonux, une kyrielle de maladies honteusement colportées par les gamines pubères de la tribu des Matuvu.

Bernard le matheux avait rougi comme une fille qui a maculé son plastron. N’appréciant guère les divagations d’Alain, il lança:

- En tous cas, ne comptez pas sur moi pour justifier et défendre la mainmise de la France sur les trois-quarts du continent africain. Hélas, on ne peut refaire l’histoire, comme on ne peut difficilement imaginer que la colonisation française n’ait pas eu lieu... car nos voisins, les Belges, les Anglais et les autres se seraient empressés de prendre notre place. Ce qui est pris n’est plus à prendre.

A mon tour, je tentai de mettre Maurice au pied du mur car on percevait dans ses propos une tendance à défendre la colonisation.

- N’oublie pas que les colons ont interrompu l’évolution naturelle des peuples et des ethnies de tout un continent. Ils ont fait leurs choux gras de leurs ressources naturelles.

- Mais Alex, nous leur avons apporté les moyens financiers et techniques pour les découvrir et les exploiter, rétorqua Maurice.

- Nous leur avons refilé nos maladies occidentales.

- Ne sais-tu pas, Alex, que nos dispensaires ont soigné, même si c’est au compte-gouttes, leurs maux endémiques ? Nous leur avons apporté notre savoir, nos écoles, une langue de communication à la place du tam-tam et, en échange, ils nous ont offert leurs rythmes, leurs danses, la frénésie de la fête, leurs filles et leurs fils d’ébène et, un peu partout dans l’hexagone des petits enfants mélangés avec leur café et notre lait.

- Crois-tu qu’ils sont heureux en France, les immigrés africains, à mille lieues de leur tribu, à subir les frimas de l’hiver et les quolibets de ceux qui les traitent de sales négros ? On leur refile des boulots de merde, le balayage, les poubelles, les trois-huit en usine et j’en passe. Eux qui adoraient la lune, le soleil et la pluie, nous leur avons apporté notre bon Dieu et notre catéchisme pour en faire des croyants, des abbés, des évêques, des cardinaux et, pourquoi pas, demain, un pape à Rome. Là, je crois que vous n’allez pas me contredire, on est tous d’accord sur le principe puisqu’on va sans doute y aller un jour.

Bernard l’intello s’enhardit à ouvrir sa lippe de cul pincé :

- Nous avons enrôlé leurs fils pour la guerre, en première ligne de chair à canon, les initiant au maniement des armes, à la technologie de la guerre, de la carrière militaire et de la guérilla. Nous leur avons appris à tuer des hommes avec des armes sophistiquées alors qu’ils ne connaissaient que la chasse, les sagaies et les flèches.En revanche, le coup de boumerang, onest en train de le prendre en pleine poire avec les événements d’Algérie.

Et de surenchérir :

- Comme nous, les Blancs, sommes de vicieux récidivistes, on leur vend des armes à tire-larigot pour qu’ils s’entretuent entre ethnies et, le génocide passé, on envoie nos mercenaires en guise de bonne conscience, pour mettre de l’ordre et de la chaux vive dans les charniers. On n’a rien trouvé de plus efficace, à part la lèpre et la tuberculose, pour limiter de manière drastique la démographie galopante qui sévit en Afrique.

18:48 Publié dans Culture | Tags : césaire, livre, extrait, culture | Lien permanent | Commentaires (0)

18/04/2008

Ici comme ailleurs?

 

1468805737.jpgPas tout à fait ! Je ne vous parlerai pas de l’actualité politique et sociale, des prix qui ne cessent de grimper, des salaires qui stagnent, de la corvée des caissières, des étudiants dans la rue, des radars sophistiqués qui sillonnent les routes, des bagnoles qui s’écrasent contre les platanes, du Pape qui se confesse à New York et patati et patata… de toutes ces nouvelles qui font la une des gazettes de l’hexagone.

Je ne dirai mot du décès de Aimé Césaire, ce nègre hors du commun car d’autres le feront bien mieux que moi.

En revanche, j’ai envie de vous annoncer le programme de cette fin de semaine en Provence mais jene vous conseille pas d’y séjourner car la météo n’annonce rien de bon. Pour une fois, je vais me mettre tout le monde à dos : la SNCF, les pétroliers, les sociétés de péage, les hôteliers, les offices de tourisme et tutti quanti ! Restez chez vous, faîtes un feu de cheminée, recevez des voisins de quartier, lisez un bon bouquin – le mien par exemple -, visitez les malades et les mouroirs du 3ème âge et, pour ceux qui sont en âge… faites des enfants !

Je n’aurai donc pas le plaisir de vous emmener à la Cathédrale d’Images des Baux, une ancienne carrière souterraine d’où l’on extrayait les pierres calcaires pour construire les mas de la vallée. Sur les murs géants de cette caverne, l’exposition présente, à l’aide de diapos, les œuvres de Vincent van Gogh.

Vous ne découvrirez pas les floralies de Châteaurenard où une cinquantaine d’artisans d’art présentent leurs chefs d’œuvres éphémères.

Vous ne participerez pas à l’élection de la 20ème  Reine d’Arles et de ses Demoiselles d'Honneur en vous consolant d’apercevoir leurs costumes et leurs rubans flamboyants lors des fêtes et des courses camarguaises de l’été. A ne pas confondre les « miss » avec les filles du pays d’Arles qui ne vous font grâce que de leur visage poudré d’un rose délicat.

Bien d’autres loisirs vous donneront l’eau à la bouche : le « Festival de toutes les musiques » pour les mélomanes à Marseille, la dernière étape du « Tour de France Auto » pour les mordus du bitume ou des balades sur les traces de Jean Giono pour les amoureux de la nature. Ici, la Provence vit intensément toute l’année, sans doute pas tout à fait comme ailleurs !

19:10 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

17/04/2008

"Le Monde" à l'envers...

Depuis quelques mois, nous assistons à la décrépitude du journal qui se voulait et était de référence : « Le Monde ».

 

Des « affairistes » en avaient pris le pouvoir et, durant une décennie, ils ont souhaité en faire une sorte de « conglomérat » de l’édition tous azimuts, prétextant que pour survivre il fallait être multiple. Ces « messieurs », Alain Minc et Jean-Marie Colombani se sont offerts des danseuses à crédit. Ils se sont pris pour des financiers de haute voltige avides de pouvoirs. Tout expert et conseiller en finances qu’il se prêtant être, Alain Minc, « une sorte de diable » en affaires de tout genre, traîne quelques ardoises à ses bottes qui se chiffrent par centaine de millions. Colombani a sauté à pieds joints dans son jeu de quilles mais ni l’un, ni l’autre ne les ramasse !

 

Sincèrement, était-il normal que le « Groupe Le Monde », qui se voulait laïc par excellence,  s’entiche d’un journal catholique : « La Vie » et ses librairies « La Procure » ? Etait-il réaliste qu’il acquiert une feuille de chou télévisuelle : « Télérama ». Et même des journaux gadgets pour enfants ? Passe encore pour « Le Midi libre », à condition qu’il élève le niveau rédactionnel de cette presse populaire de province.

 

Ces aventuriers de pacotille se sont pris pour des Lagardère, des Dassault, des Bolloré, des Bouygues et autres Arnault. Eux, quand ils investissent des millions, voire des milliards dans des OPA, ils le font sur les profits accumulés par leurs affaires juteuses. Ce qui n’était pas le cas du Monde qui a acheté toutes ces participations à crédit avec l’approbation de la « Société des Rédacteurs du Monde », majoritaires en voix lors des assemblées.

 

Aujourd’hui, c’est la faute à pas de chance, au prix du papier, au manque de publicité, à la concurrence de l’Internet, à la pléthore de personnel. C’est surtout la faute à des dirigeants irresponsables qui ont manipulé et embobiné des « rédacteurs », des béni-oui-oui  pas très clairvoyants, ceux-là même qui font « Le Monde » d’aujourd’hui et qui vont payer cher les pots cassés, ne leur en déplaise !   

17:13 Publié dans Culture | Tags : journal, presse, faillite | Lien permanent | Commentaires (0)

15/04/2008

10. Ecrire.... (suite)

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 Molière dans le rôle de César dans La Mort de Pompée, peint par Nicolas Mignard (1658).
Collection Comédie-Française.

 

Pourquoi me suis-je mis un jour à écrire ? Comme tout un chacun, j’ai commencé à l’école primaire. Quelle corvée, ces dictées, ces rédactions et autres narrations bardées de rouge par l’instit. Quel supplice cette grammaire irrationnelle que l’on imaginait conçue par des sadiques. Nul en math, il a bien fallu que je me rabatte sur les auteurs classiques, histoire de moyenne ! Et, de fil en aiguille, j’ai aimé la langue de Molière. Je l’ai tellement aimé que toutes les autres me sont devenues rébarbatives.

A dix-huit ans, j’ai suivi des cours d’écriture par correspondance, m’imaginant déjà devenir un écrivain célèbre. Chaque semaine, le prof, un auteur connu, m’adressait le corrigé de mes élucubrations. Ces critiques sans concession m’ont fait perdre très vite mes illusions. Je me suis consolé en lisant les autres, ceux qui avaient du talent à revendre au propre comme au figuré. Plus je lisais, plus j’attrapais des complexes, plus je me disais que j’avais eu raison de ne pas poursuivre.  Jamais je n’aurais l’imagination de concevoir une histoire, la volonté et la patience de coucher 200 pages sur le papier.

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14/04/2008

9. Ecrire... (suite)

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Malgré le cinéma, la télévision, l’Internet, l’écrit ne perd pas de terrain, au contraire. Il est son complément indispensable. Au risque de pléonasme, il faut bien « écrire le script » et les dialogues. Sans l’écrit, la communication via le Net et le texto n’existerait pas. Et que dire de la pléthore d’hebdos de tout poil qui ont vu le jour à la devanture des kiosques. Des tonnes de papier couché que l’on imprime en quadrichromie pour raconter les mêmes faits « people ».

 

En revanche, le livre, lui, va perdre sûrement sa place au profit du téléchargement et de l’encre électronique. Sa fabrication, sa distribution et sa commercialisation coûtent de plus en plus cher pour devenir inabordables au commun des lecteurs. Les éditeurs font leur beurre sur quelques titres par an et sont dans les chiffres rouges pour les autres. Nous allons assister à la même révolution que pour l’audio. Google a déjà pris les devants, d’autres vont suivre. L’auteur inconnu s’épanche sur son blog. Ce que j’ai fait d’ailleurs, un an après la parution de mon  dernier livre. C’est mon livre de poche à moi ! Des milliers de curieux… ont découvert mon récit, sans débourser un kopek. C’est motivant, non ?

22:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

12/04/2008

Revue de paresse...

"Je ne peux rester sans rien faire. Je vais faire la sieste"

Yvan Audouard

 

En écoutant d’une oreille l’émission de Nicolas Stoufflet sur France-Inter à l’heure du laitier, j’apprenais de Paris qu’il pleuvait en Provence. Inutile donc  de mettre le nez à la fenêtre pour décider de faire grasse matinée, d’autant qu’un puissant coup de tonnerre d’avril m’a confirmé l’info. Nicolas, le lève-tôt, présentait, le dernier guide de Hachette sur le pays de Giono et de Mistral.  Dans mon demi sommeil, j’ai donc fait une promenade d’Avignon jusqu’au Ventoux, puis je suis redescendu par Sault jusqu’à Rustrel, le pays du Colorado provençal. J’ai contourné la vallée du Lubéron pour me retrouver aux abords d’Aix et de la Sainte Victoire immortalisée par Cézanne. J’ai rouvert un œil en Camargue dans l’attente des flamands roses qui s’en reviennent d’Afrique pour nidifier par milliers sur un ilot protégé des touristes rapaces.

La pluie du matin, ici, fait mentir les statistiques qui certifient que la région bénéficie de 300 jours de soleil et de 100 jours de mistral ! Pauvres gens du nord qui s’en vont ce matin au turbin dans la grisaille, la mouille et la neige fondue.

Il y avait du beau monde sur les ondes ce matin. L’écrivain-ambassadeur Rufin et l’écrivain-sociologue Jean Ziegler m’ont coupé l’appétit du petit déjeuner en dénonçant les milliers de morts quotidiens dus à la malnutrition. Mon voisin, le fondateur d’Actes Sud, Hubert Nyssen qui fête ses 83 ans, accueillait Vincent Josse  dans son vieux moulin pour nous parler de ses lectures favorites.

On a ses habitudes dont il est difficile d’en changer. Je lis au lit, le soir au coucher, ce qui a pour effet de me fermer les paupières… et le matin, avant le lever, de les ouvrir ! Le papivore que je suis, pareil à un goinfre, entasse une pile de victuailles journalistiques et livresques qu’il n’a pas le loisir de tout lire. Donc, je picore de ci, de là, je fourre au garde-manger tel ou tel article que je déglutirai demain, après-demain ou à la Saint glin-glin. Et bien souvent le menu n’est plus de première fraicheur. Tout juste un ramassis de vieilles salades à jeter à la poubelle, des nouvelles à vous donner la sinistrose lorsque l’on ouvre un journal, la télé ou la radio à l’heure des infos. Pour la plupart, ce ne sont que des événements tragiques, violents, injustes, malfaisants, tant au plan politique, économique, social et de société.

Même la littérature fait dans le morbide cette semaine. Trois écrivains américains, dont Don DeLillo en tête, racontent leurs 11 septembre, Littel rempile avec le nazisme et Nourissier sombre dans l’alcoolisme de son épouse. Et ce n’est pas les 640 pages du bestseller de Anna Gavalda, La Consolante, éditions Le Dilettante, qui va nous remonter le moral !

Tout cela m’incite à remiser ma paresse matinale et à sauter du lit pour courir dans le verger, loin de ce monde en folie, au moment où un soleil timide sèche les dernières gouttes de pluie.

18:21 Publié dans Culture | Tags : paresse, journal, france | Lien permanent | Commentaires (0)

11/04/2008

St Rémy de Provence

Mardi 8 avril 2008

Autour de Fred Oberson
et de la publication de son dernier livre




Autour de la table, Bernard interroge Fred.



Publier sur un journal ou un magazine papier, publier un livre
ou mettre en ligne et éditer ses écrits via internet présente
des situations sensiblement différentes mais qui peuvent
s'avérer trés complémentaires.
Suite à la présentation de son dernier roman, Fred Oberson
a déclenché un échange assez étayé par
la présence
d'écrivains et de créateurs éditeurs de nos Alpilles,
à ce premier Atelier de l'Info.
Ainsi, comprendre les avantges
et les inconvénients offerts par l"édition papier et numérique,
et également les possibités d'associer les deux est trés intéressant.
Cela illustre combien les moyens de communication ont grandi
et lcombien la part de l'éducation et de la connaissance
sont essentielles pour fonder une réelle communication.
Le Crieur des Alpilles a également appris de ces échanges
combien regrouper les énergies des acteurs et des créateurs
locaux était important afin d'éviter les isolements et d'ouvrir
sa conscience et sa pratique tout à la fois aux enjeux
globaux et particuliers de l'information.

Prochain Atelier :
Mardi 15 avril, avec la présentation des Enfants de Can Tho,
sera abordé le thème "comment s'associer progressivement
dans une communication constructive avec d'autres régions du monde...


 
 
 
 
 
     
www.paradis-ciel.info

A travers ce roman, sorte de conte philosophique et satirique, facile à lire, l'auteur nous fait vire une aventure imaginaire, dont le personnage
central est un journaliste qui vient de mourir lors d'un reportage et découvre le paradis. Ce paradis est doté d'une organisation qui surveille
le développement humain, organisation qui laisse une place à chacune des grandes religions du monde. Acccompagné d'un autre défunt
informaticien, lui aussi également nouvel arrivé au Paradis, ils finissent par accepter la mission toute terrestre de relever un défi trés actuel :
réharmoniser l'esprit humain avec le développement technique. Echanges de regards entre la Terre d'aujourd'hui et un certain paradis,
l'action nous emporte dans un enchainement de réflexions et d'actions incarnées dans le monde et le paradis. L'appropriation de la technique
et en particulier d'Internet dans un but positif devient l'enjeu de cette mission, d'où le titre www.paradis-ciel.info.

Le roman est disponible à la librairie Voyages au bout de la nuit, 4 rue Carnot à Saint-Rémy-de-Provence - Tél.: 04 90 94 68 35


 
 
 
 
 
 
 
L'INVITE DU JOUR

Fred Oberson a présenté
mardi 8 octobre 2008
aux Ateliers de l'Info
son roman "www.paradis-ciel.info"



Fred Oberson a suivi des études classiques, une formation
bancaire et comptable, puis a exercé dans la banque
et le commerce avant de devenir chef d’entreprise en Suisse
où il est né..A son heure de retraite, il est venu s'installer
dans un petit mas à Maussane, qu'il fréquentait déjà
depuis 15 ans. Ainsi au calme, il surveille quelques oliviers
dont il tire une excellente huile.

Heureusement cette activité lui offre également tout loisir
pour écrire des livres et publier des articles sur Internet.
Ainsi l'écrivain compte déjà plusieurs livres édités
chez des éditeurs ou à compte d'auteur. Il vient de sortir
un roman dont le titre évocateur est www.paradis-ciel.info.

Le rapport entre le livre et l'adresse d'un site sur Internet
n'etant pas anodin ici, Fred Oberson a livré son intention
lors d'une première présentation à Saint-Rémy mardi 8 avril
en déclarant : "Je suis convaincu que le net peut aider
à élever le niveau des gens
"

 

15:55 Publié dans Culture | Tags : livre, rencontre, critique | Lien permanent | Commentaires (0)

10/04/2008

8. Ecrire... (suite)

Je ne saurais disserter sur l’écrivain sans me préoccuper du sort réservé au produit tangible de son œuvre : le livre ! Je visite régulièrement les librairies, sans rien acheter la plupart du temps. Ou des livres de poche, les succès de l’an passé, parce qu’ils sont à portée de ma bourse. Je fouine de tables en tables, de rayons en rayons, guettant sur les étagères où sont classés les fonds de stock, les invendus,  l’éventuel dos d’un de mes anciens bouquins.

Que de livres sont ainsi offerts au chaland, des centaines, des milliers qui attendent patiemment d’être emportés par celui ou celle qui les dévorera jusqu’à l’ultime page pour s’en retourner à nouveau croupir dans un  rayon de bibliothèque. Quel destin éphémère que celui du livre,  juste le temps d’apporter quelques heures de rêve à son liseur puis de retomber dans l’anonymat.

Quel destin merveilleux, tout de même, que de pénétrer dans l’intimité d’un salon, d’une chambre à coucher, d’être le témoin indiscret d’une part de vie. Certains n’ont pas cette chance, à peine effeuillés, ils s’en vont directo au placard et se retrouveront une décennie plus tard, vieillis et écornés, dans le carton banane d’un pucier.

23:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

09/04/2008

7. Ecrire...

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L’angoisse de l’écrivain ne se manifeste pas seulement devant la page blanche ou la veille de la publication de sa dernière livraison et de la flopée de critiques qui va s’abattre… si critiques il y a ! Il n’y a qu’à le voir sur un plateau de télévision où il peine à parler de son ouvrage, bafouillant un semblant de synthèse.

 

Lors des séances de signatures, il est emprunté, souvent sans voix, pour répondre aux lecteurs qui le couvrent de louanges. Et ses dédicaces sont parfois d’une platitude indigne du  bestseller qu’il vient de commettre. J’ai même connu un auteur fécond (sans jeux de mots) qui les écrivait à l’avance sur un papier dissimulé sur ses genoux. Selon quels critères les rédigeait-il ? Sans doute en fonction du sexe, de l’âge, de la sveltesse ou non de ses groupies… Ce qui démontre que l’écrit même le plus simple n’est pas forcément compatible avec l’improvisation. Cet écrivain avait au moins le mérite de ne pas uniformiser la sempiternelle phrase : « pour X avec mes meilleurs sentiments ! »

 

Pour ma part, je n’ai jamais eu à faire face, comme les célébrités, à un flot de badauds endigué à la queue leu-leu par un cordon de vigiles. Dans ces cas là, un tampon encreur et un simple paraphe ferait mieux l’affaire ! J’ai donc toujours pris la peine d’échanger quelques propos avec mes lecteurs, le temps de faire fonctionner mes cellules grises et de leur concocter une dédicace personnalisée.

 

20:11 Publié dans Culture | Tags : écrivain, livre, journal | Lien permanent | Commentaires (0)

08/04/2008

Lhassa à Paris...

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Il pleut sur les Alpilles et sans doute ailleurs. Juste de quoi éteindre la flamme psychologique qui s’est emparée des Parisiens en ce lundi d’avril. Ne serait-ce pas  un prélude à un remake de mai 68 ? A part la flicaille,  il ne manquait que les pavés mais le petit peuple de Paris est devenu sage et s’est montré capable de stopper le cirque olympo-médiatique avec pour seules armes : des oriflammes… Et pour une fois, ce sont les sbires de Pékin qui ont brandi le drapeau blanc en se réfugiant dans des bus plus blancs que blanc.

Le baron de Coubertin, le rénovateur des jeux, doit se retourner dans sa tombe de Lausanne et laisser la place au baron Bich, alias Bic, le rallumeur en chef !

Ce Coubertin n’était de loin pas un saint et a fait des émules jusqu’en Chine en déclarant notamment :

 « La théorie de l'égalité des droits pour toutes les races humaines conduit à une ligne politique contraire à tout progrès colonial »

« Il y a deux races distinctes : celles au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l'air vaincu. Hé bien ! C'est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n'est appréciable qu'aux forts. »

MERCI POUR LES HANDICAPES !

En mai 68, le « grand » général de Gaulle avait bondi sur le balcon de l’Elysée en dénonçant la chienlit. Le « nain » d’aujourd’hui est resté cloitré dans son antre, laissant sa police frapper jusqu’au sang de simples contestataires avec l’aide de la garde prétorienne chinoise, vêtue d’une combinaison bleu tendre !

Les scènes violentes auxquelles on a assisté en plein Paris n’ont rien à envier à celles de Lhassa ou de Tienanmen. Et de se demander pourquoi le maire de Paris, Bertrand Delanoë, toujours prêt à donner des leçons, n’a pas eu le courage de boycotter la venue dans sa ville de cette sarabande annoncée. Il est des mobiles et des ressentiments qui ont la vie dure… comme l’éviction de Paris en 2012 !

07/04/2008

Paris brûle-t-il?

Au journal de 13h00 sur France-Inter, j’apprends en direct que la flamme s’est éteinte.

A 13h08, je suis branché sur France 2 et je vois un jeune journaliste, du nom de Florent,  blablater en direct sur la torche qui se pointe devant l’immeuble de verre et d’acier de la chaîne. Ce n’est qu’échanges de paroles entre lui et la dame du petit écran qui trépigne d’impatience.

A 13h16, elle comprendra enfin que la torche a été sécurisée « allumée » dans un bus, lui-même bloqué sous un tunnel. Elle se trémousse sur son siège, fait béatement du remplissage…

Ma parole, je rêve, je suis à Pékin, à la télé officielle qui censure et diffère les images de quelques minutes par rapport au direct !

La pauvre dame blonde du petit écran, dont je tairai le nom car, en fait, je ne le connais pas, ne verra jamais sa luciole. Mais elle a toutes ses chances de prendre du galon à la TV chinoise le jour ou France 2 fermera boutique.

Je suppute que la suppression de la pub à la télé publique a pour but de l’asphyxier, de l’expurger du système capitaliste pour la fourguer, moribonde, aux chinois communistes avec son personnel passé maître dans l’art du direct différé !

23:49 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)