alpilles13 ALPILLES13

12/08/2008

A propos du Rwanda...

Voici ce que j’écris à propos du Rwanda dans mon livre:

www.paradis-ciel.info

“Un journaliste au Paradis”,

paru en décembre 2007

 (Le rapport de Kigali qui vient d'être publié incrimine la France)

- Lors de mon retour à Paris, vers la fin mai, pour prendre quel­ques jours de repos et essayer d’évacuer ce cauchemar avec force cal­mants, j’ai été informé par mon Journal que le Président de la République sou­haitait me voir. Je m’attendais aux pires reproches pour l’avoir égrati­gné dans mes articles sur le manque de réaction de la France lors du conflit rwandais. À ma grande sur­prise, Mitterrand se montra très ai­mable et parfaitement au courant de mon cursus journalistique depuis une bonne quinzaine d’années. Il me questionna longuement sur le gé­nocide que je venais de vivre sur le terrain. J’en ai pro­fité pour l’exhorter à agir avant qu’il ne soit irrémédiablement trop tard, avant qu’un peuple entier ne disparaisse de la planète. Il ne se livra guère, comme à son habitude, me laissant toutefois entendre que son état-major avait sous-estimé l’escalade du conflit et qu’il n’allait pas rester inactif…

 

- Victor, je dois vous confier un secret qui ne l’est que pour les Terriens, chuchota Jean XXIII. Votre président Mitterrand ne séjourne pas au Paradis. Il est en quarantaine, au Purgatoire, jusqu’à ce qu’il soit statué sur son sort. Des pans entiers de sa vie ne sont pas clairs et né­cessitent que nous les examinions en détail. Nous nous sommes éton­nés de sa conversion soudaine et de son enterrement religieux à Jarnac alors que nous l’avions toujours considéré comme mécréant. Que se passa-t-il ensuite ?

 

- À fin juin 1994, quand tout était consommé, ou presque, que l’on fit le compte de près de huit cent mille morts, pour la plupart des ci­vils, la France procédait à l’opération « Turquoise ». Un bien joli nom, turquoise, du nom de cette pierre fine d’un bleu tirant sur le vert comme les reflets du lac Kivu qui sépare le Rwanda du Congo. Un bien joli nom, turquoise, pour une opération, qui devait être « uniquement huma­nitaire ». L’armée française s’empressait d’arriver à la fin du repas des buveurs de sang, alors qu’il ne restait que des ossements à ronger sur les charniers. Un bien joli nom, turquoise, pour une action soi-di­sant humanitaire qui com­portait l’envoi d’une armada de soldats aguerris, dotés d’un arsenal de guerre : avions de chasse, hélicoptères de combats et batteries de mortiers lourds ! Un bien joli nom, tur­quoise, venu à l’esprit du Président François Mitterrand, soi-disant humaniste… qui avait déclaré à l’un de ses proches : « Dans ces pays-là, un génocide, c’est pas trop important ».[1]

 

Ce jour-là, Tonton n’était plus Dieu, il était le Diable en personne ! Ce diable-là se prétendait spécia­liste de l’Afrique. N’avait-il pas été Ministre des Colonies durant la quatrième République et Ministre de l’Intérieur au début de la guerre d’Algérie. Puis, au cours de ses deux mandats présidentiels, il avait eu la haute main sur la cellule africaine de l’Elysée et faisait exécuter ses basses œuvres par son fils, Jean-Christophe Mitterrand, plus connu sous le sobri­quet de « Papa m’a dit ».

[1] Phrase rapportée par Patrick de Saint-Exupéry dans son livre :L’inavouable, La France au Rwanda, Editions des Arènes, 2004


 

 

Commentaires

Où on voit des militaires français distribuer des armes aux gendarmes rwandais, après le génocide.

L’amiral Jacques Lanxade qui était chef d'État-Major des Armées en 1994, ne savait pas que les Tutsi étaient massacrés, dès le 7 avril 1994, du seul fait qu’ils étaient Tutsi*

J’imagine que les Légionnaires français des C.R.A.P. (Commandos de Recherche et d'Action dans la Profondeur) du 2ème Régiment étranger de parachutistes ne savaient pas, en juillet 1994, que les gendarmes rwandais à qui ils distribuaient des armes, avaient participé largement à l’extermination des Tutsi**.

L’Armée française était-elle à ce point aussi sous-informée ?


* « Amaryllis avait pour objet d'évacuer les Français et plus largement les ressortissants étrangers de Kigali dans une période d'extrême tension, mais il n'y avait à ce moment là aucune indication (de massacres) » RTL, 07/08/2008

** « Après avoir orchestré les premières tueries dans la capitale et dans d’autres centres urbains, les soldats et les gendarmes dirigèrent tous les massacres de grande ampleur perpétrés dans le pays. » Aucun témoin ne doit survivre, page 14, Human Right Watch.

Écrit par : Kagatama | 14/08/2008

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