alpilles13 ALPILLES13

24/04/2009

Chapitre 14 . www.paradis-ciel.info

Publication par Internet du livre

www.paradis-ciel.info

« Un journaliste au Paradis »

Fred Oberson

 

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Chapitre 14

Après cette diversion rocambolesque, il était temps que la Commis­sion reprenne ses travaux en toute sérénité. La présence de Jésus avait ap­porté un souffle nouveau à cette assemblée qui, aupara­vant, se perdait en de vaines discussions, se complaisait dans le train-train quotidien.

Malgré son extravagance, la proposition de Dumont avait suscité un grand intérêt auprès de ceux qui se préoccupaient de la conjoncture actuelle et du devenir de l’espèce humaine. La réduction draconienne de la population améliorerait in­discutablement l’existence de l’homme, au détriment des multinatio­nales et du capita­lisme à tout va ! Avec comme corollaire, une répar­tition équitable et rapide des res­sources et des biens. Car de ce côté-là, la situation était depuis longtemps catastrophique et ne faisait qu’empirer. Le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, le sociologue genevois Jean Ziegler, tirait la sonnette d’alarme en faisant état, de près d’un milliard de terriens sous-alimentés. Cent mille personnes mourraient chaque jour de faim ! Pour mettre fin à ces crimes chroniques contre l’humanité, il était indispensable de changer les mentalités, ce qui n’était pas à la portée du premier utopiste venu ! Au cours des siècles, l’histoire dé­montrait que ni l’encadrement religieux, ni les lois civiles, ni les mena­ces et les punitions n’avaient été capables de dompter le comportement égoïste et diabolique des hommes, de leurs dirigeants, des rois et des chefs d’Etats cupides et avides de pouvoir. Il fallait impérativement trouver autre chose pour ne pas répéter éternellement ces scénarios sinistres.

Einstein, invité par Dumont à présenter un projet, se récusa en quel­ques mots :

- A partir de la publication, en 1905, de ma théorie de la relativité, on n’a cessé de dire et d’écrire que j’avais changé la face du monde ! J’admets vo­lontiers avoir révolutionné la physique, par ma découverte de la nature de la lumière, de la constitution de la matière et mon in­troduction du concept de l’espace-temps. Malgré cet apport majeur à la science de l’Univers, j’estime n’avoir été d’aucune utilité sur la Terre. Mon engagement pour la paix, mes découvertes scientifiques et celles de mes collègues, n’ont nullement empê­ché les hommes de continuer à se faire la guerre. J’en suis même arrivé, à contrecœur, à convaincre le président Roosevelt de construire la bombe atomique afin de prendre les nazis de vitesse ! Avec les conséquences catas­trophiques que vous sa­vez : la destruction de Hiroshima et de Nagasaki. De­vait-on sacrifier des milliers de vies en signe d’avertissement pour éviter peut-être d’en massacrer des millions par la suite ? Ce dilemme continue de hanter mon esprit au-delà de ma mort. Mon collègue Victor, de retour de son périple à Silicon Valley et au CERN, m’a parlé des dernières réalisa­tions en matière de circuits intégrés de la taille d’un confetti. Des cher­cheurs de l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) et de l’Université de Genève viennent de maîtriser une nouvelle technologie per­mettant de multiplier par mille la capacité actuelle des puces de silicium. Le nombre d’informations qu’elles peuvent contenir est phénoménal et permet de concevoir des applications inimaginables. Si cette technologie avait existé à mon époque, peut-être aurais-je pu envisager de changer le monde. Je n’en dis pas plus et laisse à notre compagnon Victor le soin d’exposer son projet.

- Depuis l’introduction du microprocesseur à des fins médicales, sup­pléant à la défaillance de certains organes, j’ai pensé que son déve­loppement et sa miniaturisation rendraient possible, dans le futur, son action sur les fonctions cérébrales de l’homme. Le jour de ma rencontre avec les chercheurs californiens et genevois, j’ai compris que je n’étais pas le seul à cogiter sur cette idée utopique. Imaginez ma stupéfaction lorsqu’ils m’ont informé, confidentiellement, que leurs travaux dans ce domaine en étaient au stade expérimental ! Les essais effectués depuis plusieurs mois sur nos cousins, les chimpanzés, se sont avé­rés si probants que les futurologues ont engagé le pari fou de tester secrètement cette technologie sur des humains volontaires.

- Que diable, Victor, vous n’allez tout de même pas comparer les hommes à des singes sans âme ! s’exclama un intervenant.

- Je vous prie de bien vouloir me laisser terminer mon exposé et vous aurez tout le loisir ensuite de présenter vos critiques. Sans entrer dans les détails, on m’a appris que la technique consiste à greffer une puce réceptrice émettrice, derrière l’oreille, à fleur de peau. Elle est programmée pour enregistrer et transmettre à un puissant or­dinateur les informations collectées dans le cerveau de l’individu. Grosso modo, les pensées et les pulsions de l’homme sont rassemblées, triées et classées à l’aide d’un logiciel complexe dans la mé­moire d’un disque dur hyper puissant. Une machine techniquement aussi complexe que celle utilisée par la NASA pour catapulter les cosmonautes autour de la Terre. Cette pratique est en quelque sorte le prolongement du sérum de vérité. L’homme n’aura plus de secret pour ce que je nomme le grand ordon­nateur

- Victor, interrogea Jésus, ce grand ordonnateur auquel tu fais al­lusion ne serait-il pas Dieu, tout simplement ?

- On peut effectivement déceler en cet appareil sophistiqué une modeste similitude dans la mesure où il connaîtra tout des individus ; mais il n’en de­meurera pas moins une machine conçue par l’homme qui pourrait être au service du Tout-Puissant… Une manière de renvoyer l’ascenseur !

- Explique-toi, tu en dis trop ou pas assez, Victor.

- Je suis embarrassé car ce projet est à tel point révolutionnaire qu’il risque de froisser certaines susceptibilités dans cette assemblée. Puisque le sujet t’intéresse, Jésus, je ne vais pas y aller par quatre chemins. La plupart des croyants pensent que ton Père adoptif les suit et les écoute un par un, qu’Il a un pouvoir personnalisé sur chacun d’eux. En réalité, certains théolo­giens et toi-même, d’ailleurs, ad­mettez aujourd'hui que ce n’est pas le cas, et que ton Père ne perçoit et n’influence que globalement l’ensemble de Ses fi­dèles. Alors que la puis­sance du grand ordonnateur lui permettra de pénétrer l’esprit de l’homme jusqu’à son tréfonds, de connaître tout de lui de A à Z ! Toute proportion gardée, on peut comparer sa fonction au « copier coller » du PC domestique, à l’échelle du cerveau… Imagine la somme des informations recueillies sur le genre hu­main ! Dans une première phase, période transitoire, il ne fera que rassem­bler des renseignements qui serviront à établir une fiche signalétique anonyme pour chacun d’entre nous, une sorte de portrait-robot des bons et des mau­vais. Puis, dans une deuxième étape, le logiciel émettra automatiquement des directives destinées aux individus qui s’écarteraient du droit chemin. En résumé, le grand ordonnateur résorberait tous les maux dont sont victimes les terriens : l’égoïsme, la jalousie, l’exclusion, la violence, le racisme et j’en passe…

À découvrir l’intérêt que portait Jésus à son projet, Victor se dit qu’il n’y avait là rien d’étonnant. N’avait-il pas changé la face du monde, il y a deux mille ans, contrairement à Einstein, il y a cent ans ? Il n’avait, hélas, réussi que partiellement. Sa curiosité était peut-être le signe qu’il était prêt à renouveler l’opération, en l’améliorant.

- Qui programmera ce logiciel, une machine qui pourra ordonner le bien, mais aussi le mal, selon que l’opérateur sera inspiré par Dieu ou par Lucifer, interrogea-t-il.

- Il va sans dire que des précautions devront être prises pour ne pas laisser le grand ordonnateur à la portée du premier diablotin venu ! Non seu­lement, il sera doté d’un antivirus sophistiqué, mais sa concep­tion de base sera neutre et laïque, puis il s’autoprogrammera de lui-même par rapport aux milliards d’informations reçues, partant du principe que la majorité des humains sont du côté du Bien plutôt que du Mal. Dès sa mise en acti­vité, ni Dieu ni diable ne pourront exercer une quel­conque influence sur lui… J’exagère en vous disant cela car il sera toujours possible d’influer sur le logiciel dans des domaines bien précis, par exemple l’assistance au projet de Dumont. En revanche, toute ten­tative satanique sera immédiatement détec­tée et détruite par l’antivirus.

Les premiers tests effectués, à Silicon Valley, sur un échantillonnage d’un millier d’individus ont prouvé que le pourcen­tage des bien-pensants dépasse largement celui des mal-pensants, de l’ordre de sept contre trois ! Et pour tester ces résultats, les chercheurs ont effectué une expérience si­milaire dans le célèbre pénitencier d’Alcatraz, qui les a amenés à une conclusion inverse. Selon mes renseignements, les savants pro­cèdent actuellement à l’émission de directives sur leurs cobayes et les pre­miers résultats de leurs observations ne sauraient tarder.

Reste à résoudre la mise en place au plan moral, technique et pratique. Et nous n’avons pas le choix. Si nous ne collaborons pas étroitement avec les chercheurs terriens, ils seront tentés de mettre, tôt ou tard, leur propre « ordon­nateur » en acti­vité !

Un vent de panique soufflait dans l’assemblée, effarée par les pro­pos de Victor. Les participants étaient d’avis que si l’on laissait cette machine infer­nale suivre son cours sans intervenir, elle se substituerait peu à peu au pou­voir divin, rendant caduques les religions. Car à quoi servaient-elles, si elles n’avaient plus à orienter l’homme, lui inculquer un code de savoir-vivre et tenter avec plus ou moins de succès de le rendre meil­leur ?

- Comment comptes-tu mettre en œuvre ce projet, ques­tionna Jésus ?

- Einstein, Steve et moi avons pris langue avec Charles Darwin, le père de l’évolution biologique, qui a accepté avec enthousiasme de se joindre à notre entreprise. Celle-ci permettrait de donner un sacré coup de pouce à sa doctrine. Je sais que la Sainte Église n’apprécie pas ses thèses, ainsi que celles des scientifiques en général. Mais, depuis l’époque de ses découvertes, le monde a évolué, ce qui lui donne raison ! Feu Jean-Paul II a eu le courage de re­connaître, en 1996, que les théories de Darwin, pourtant traité d’hérétique pendant plus d’un siècle, étaient plus qu’une hypothèse ! A noter que ce propos n’engageait que le pape… Et nous ne saurions, ici, au Paradis, contester la doctrine créationniste, approuvée par la plupart des croyants qui considèrent, contre les acquis de la science, que l’origine et l’évolution de l’homme sont essentiellement d’essence divine. Les fondamentalistes américains ont d’ailleurs obtenu que cette thèse figure à nouveau dans les manuels scolaires.

L’assemblée fourmillait d’adeptes de la Genèse biblique qui manifestèrent leur désapprobation à l’idée d’associer Darwin à ces recherches. L’un deux, un évangéliste australien, intervint pour exposer sa thèse personnelle en ces termes :

« Suite à la création de l’Univers et de la planète terrienne, le Seigneur a conçu les végétaux, puis il donna naissance au règne animal d’où serait issue l’espèce humaine. Je suis en désaccord total avec cet amalgame, même si au plan purement physiologique on peut admettre une certaine similitude entre les deux espèces. L’homme est doté de l’intelligence, de l’esprit, de l’âme, contrairement aux animaux qui n’ont pas évolué ; ils demeurent sauvages à l’exception de ceux qui ont été domestiqués. Pour moi, l’homme fait partie du règne humain créé dans le Jardin d’Eden. C’est précisément ce qui lui a permis d’évoluer à travers les siècles pour être ce qu’il est aujourd’hui. »

Georges Orwell, auteur de l’allégorie « La Ferme des animaux », ne rata pas l’occasion de ridiculiser les propos de l’évangéliste borné !

« Dans cette fable à connotations sociopolitiques, j’ai imaginé que les animaux de la ferme prennent le pouvoir pour sortir de l’oppression où les maintiennent la cruauté et l’incapacité de leurs maîtres, les hommes. Mais en les imitant, ils deviennent à leur tour des despotes. Supposez, cher monsieur, que le Créateur ait créé le règne animal sans inclure celui de l’homme. D’abord, je n’aurais ni le loisir de vous rencontrer, ni celui de critiquer vos propos. Imaginons donc la Terre uniquement peuplée d’animaux de toute nature. S’ils étaient tous herbivores, ce serait le vrai Jardin d’Eden. Hélas, il se trouve que bon nombre d’entre eux sont carnivores et que pour survivre, ils exercent ce qu’on appelle la loi de la jungle. Cependant, lors de mes pérégrinations africaines, je n’ai jamais rencontré ni singe, ni gazelle, ni éléphant, ni fauve, la machette en bandoulière. Je vous laisse le soin de questionner le Créateur sur la raison d’avoir créer l’homme cruel, sans doute à son image. Noé n’aurait pas eu besoin d’embarquer un couple d’animaux de toutes les espèces dans son arche, pour les sauver du courroux du Seigneur envers les pécheurs que sont les hommes ! »

Manifestement, Jésus n’avait pas apprécié cette digression et il pria Victor de reprendre son propos.

- Darwin a connu Einstein ici, au Paradis, alors qu’il ne s’en est fallu que de quelques années, pour que les deux savants se ren­contrent de leur vivant, Charles étant mort quand Albert avait trois ans. Ses conseils ont été précieux et nous avons examiné avec lui plusieurs scénarii. Pour cer­tains, il nous faut l’aide de ton Père, pour d’autres, on peut se débrouiller avec les Terriens. Darwin est plus à même que moi de vous exposer la potentialité d’une nou­velle forme d’évolution.

- Mes chers amis, je n’ai pas eu la chance, au 19ème siècle, de connaître les nouvelles technologies et les possibilités inimaginables qu’elles peuvent offrir à la société du futur. Depuis que je séjourne ici, j’ai continué à me passionner pour ce qui se passe sur terre et à suivre de près l’évolution de mes semblables. La puce micros­copique peut être greffée sur les enfants à la naissance. Mais aussi, tout au long de son existence, n’importe quel quidam peut se faire implanter le microprocesseur organique. C’est une inter­vention bénigne, sans commune mesure avec la circoncision, par exem­ple, ou une greffe d’organe. Cependant, le problème consiste à convaincre le genre humain d’y avoir re­cours. Il n’est pas question de l’imposer, sauf éventuellement par décision de justice, sur des êtres malsains. La solution la plus rationnelle consisterait donc à créer une région ou une cité dans laquelle vivraient et se multiplie­raient les adeptes du grand ordonnateur. Cette cité expérimentale servi­rait de modèle au monde entier et ferait forcément tache d’huile grâce au concours des médias qui ne manqueraient pas de se faire l’écho de sa réussite. Dans quel endroit devrions-nous l’établir ? Victor, qui fourmille d’idées originales et futuristes, suggère que Dieu, votre père spirituel, crée le sep­tième continent ! En faisant ressurgir l’Atlantide d’entre les eaux, par exemple, ou bien en érigeant une île nouvelle, un continent tout entier qui émergerait dans le Pacifique… que l’on nommerait Pacifia !

- Vos propositions sont séduisantes, répondit Jésus, toutefois elles intensifieraient le désor­dre existant sur cette planète. Et je ne suis pas sûr de convaincre mon Père d’engendrer un nouveau continent. Vu son grand âge, en a-t-Il encore les moyens ? Pour faire aboutir votre projet, ce n’est pas une cité, mais des mil­liers qu’il faudrait essaimer à travers le monde. La ré­volution créée par votre puce doit être mise à la portée des hommes de toutes conditions. Et votre idée est déjà bien assez utopique pour ne pas la rendre plus utopique encore dans son application. Avez-vous songé à l’ampleur du tsunami que provo­querait l’éclosion d’un conti­nent entier en plein océan, alors que nous n’avons pas été capables de maîtriser celui d’Indonésie causé par un simple tremblement de terre ?

La bande des quatre - Darwin, Einstein, Steve et Victor - fut déçue de cette quasi-fin de non-recevoir. Ils s’imaginaient déjà l’impact médiatique, le jour où ce continent englouti dans l’antiquité, l’Atlantide, re­surgirait de l’océan au large des côtes ibéri­ques et marocaines. Depuis Platon, cette île avait fait rêver bien des hommes, savants, écrivains et char­latans. Elle avait valeur de symbole, représentant pour certains le berceau de la civilisation où les êtres hu­mains vivaient dans la paix et le bonheur. C’est de là qu’ils auraient, paraît-il, émigré vers d’autres continents. De fait, l’Atlantide donnait lieu à toutes les suppositions. Etait-ce le Jardin d‘Eden, un mythe sa­vam­ment édifié par Platon et les dieux grecs, ou tout simplement une île en­gloutie par le déluge ? Pourquoi ne pas saisir l’occasion de connaître enfin la vérité ?

Ce moment d’exaltation passé, force était de remettre, pour une fois, les pieds sur terre. Einstein, quant à lui, demeurait sceptique. Il attendait pour voir… et, si telle était la volonté du Seigneur, il ne ver­rait rien ! Car les dieux de l’antiquité avaient été les rois et les reines du peuple atlante, ce qui était un lourd handicap pour envisager d’utiliser cet ancien continent, fief du paganisme de l’époque.

Darwin déclara qu’en toute chose il fallait raison garder. Il se de­man­dait comment l’on pourrait faire vivre une communauté sur un territoire in­culte, sans infrastructure, à moins de repartir de zéro et de tout reconstruire. Ce qui prendrait un temps fou, au bas mot une à deux générations, et retarderait forcément l’évolution humaine induite par la puce. Dès son avènement, l’Atlantide serait aussitôt déclarée « patri­moine de l’humanité » par l’Unesco et cumulerait tous les interdits d’un tel classement. Sans compter les convoitises des États limitrophes et d’une ribambelle d’archéologues qui ne manqueraient pas de se mani­fester. Et ce serait du pareil au même pour Pacifia.

Steve, lui, plus pragmatique que Victor, abondait dans le sens de Jésus et de Darwin. On aban­donna donc l’idée de la création d’un nouveau continent. Il res­tait toutefois à trouver l’endroit pour aménager l’infrastructure nécessaire et expérimenter cette nouvelle technologie, suscepti­ble d’améliorer la condition humaine.

- Pour des raisons de commodité, la Suisse me paraît l’endroit idéal, dit-il. Le grand ordonnateur pourrait être implanté au cœur des Alpes, dans le fort pressenti pour abriter le site Internet. La maintenance se­rait ainsi assurée par la même équipe d’informaticiens. Albert ne me contredira pas si j’affirme que ce petit pays figure au Guinness book pour son nombre record de sa­vants au kilomètre carré !

Einstein confirma :

- J’estime la suggestion de Steve très raisonnable et surtout prati­que. Pour avoir vécu plusieurs années dans ce pays, et notamment dé­couvert là ce qui a été à l’origine de ma notoriété, je puis confirmer que la Suisse réunit les conditions les meilleures pour le démarrage de notre expérience. Aux critères qui ont déterminé le choix du site, j’ajouterai que la population suisse est composée de près d’un tiers d’immigrés de toute nationalité. Ce qui, du point de vue sociologique, permettra de tirer des enseignements utiles pour organiser l’implantation sur la Terre entière.

Victor ravala sa salive face aux arguments de ses condisciples. Son idéalisme à tout crin l’avait emporté vers des sommets inatteignables. A dé­faut d’un événement mondial sans précédent depuis des millénaires, il se ral­lia à l’avis de Darwin, se fiant à sa clairvoyance légendaire et il proposa que l’opération prenne le nom de Pacifia ; ce que l’assemblée approuva à l’unanimité par des hourras qui résonnèrent sous la voûte céleste.

Jésus mit fin à la séance de la Commission pour consulter en Haut Lieu. Il invita les membres à faire le point sur les divers sujets abordés afin de prendre une décision, quant à leur faisabilité, lors de la prochaine ré­union.

Darwin prit Victor à part pour le féliciter.

- Votre projet futuriste est ambitieux, il va accélérer le cours de l’histoire humaine au-delà de toute imagination. Depuis l’origine de l’homme, son évolution a été très lente puis, ces derniers siècles et le dernier notamment, elle a pris les jambes à son cou, comme pour rattraper le temps perdu. Cependant la civilisation actuelle n’en est qu’à ses premiers balbutiements et, malgré des couacs malheureux, elle progresse inéluctablement. Votre puce organique, Victor, va réaliser en une génération ce que l’évolution naturelle n’accomplirait peut-être pas en deux à trois siècles. Il vous faudra néanmoins compter avec de puissants contradicteurs, les créationnistes, ceux qui ont combattu mes théories durant plus de cent ans. Depuis que les découvertes paléontologiques ont confirmé la justesse de mes travaux, rendant caduque leur philosophie, ils ont trouvé la parade en inventant le dessein intelligent, une théorie qui affirme que Dieu a programmé et orchestré les lois de l’évolution. Selon leur concept, les êtres vivants sont si complexes qu’ils n’ont pu être créés que par une puissance surnaturelle, qu’ils ne sont pas le simple résultat d’un processus d’évolution.

- Honnêtement, Charles, je dois vous avouer que depuis le catéchisme de mon enfance, j’étais bêtement resté un « créationniste » sans le savoir !

- Rassurez-vous, mon ami, vous n’êtes pas une exception, plus des trois-quarts de l’humanité pensent comme vous, sans se poser de questions fondamentales.

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22/04/2009

DEVINETTE

Qui a prononcé cette insulte parue dans le "Canard enchainé" d’aujourd’hui ?

"Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits eux, ont une morale."

19/04/2009

Super Ségo est arrivée...

Après Dakar, ce coup-ci, c'est à cause de ce qu'il aurait dit à Zapatero...

Super Ségo.
Super Ségo.
Montage LePost

Dans un communiqué de presse, sur le site Désirs d'avenir, on apprend que Ségolène Royal a écrit au premier ministre espagnol Jose Luis Zapatero, pour s'excuser des propos tenus par Nicolas Sarkozy:
"Elle lui a assuré que ces propos n'engageaient ni la France, ni les Français. Elle a également assuré Jose Luis Zapatero de toute sa considération, en partie pour les réformes courageuses conduites en Espagne et surtout pour son attachement à réaliser ses promesses de campagne électorale, avec un comportement éthique qui devrait servir de modèle."

Qu'avait dit Nicolas Sarkozy?
Selon Libération de vendredi, le chef de l'Etat aurait notamment déclaré mercredi, lors d'une réunion avec des députés, que M. Zapatero "n'est peut-être pas très intelligent. Moi, j'en connais qui étaient intelligents et qui n'ont pas été au second tour de la présidentielle". (Ce qui est démenti par l'Elysée).

Au passage, Ségolène Royal tâcle Sarko:
"Le mandat de Président de la République impose un devoir de maîtrise de son langage et de son comportement afin de ne pas porter aux intérêts de la France." a-t-elle estimé.

Un remake?
Lors de son passage au Sénégal, début avril, Ségolène Royal s'était déjà excusée pour des propos tenus par le président de la république. "Quelqu'un est venu vous dire à Dakar après tout cela que l'homme africain n'est pas entré dans l'Histoire. Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes qui n'auraient jamais dû être prononcées," avait-elle dit sous un tonnerre d'applaudissements dans l'enceinte de la maison du Parti socialiste sénégalais.

13/04/2009

Pâques sanglantes !

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C’est ainsi que les Arlésiens roulent les œufs de Pâques…

 

Durant quatre jours, les arènes romaines renouent avec les jeux du cirque, les jeux du sang.

 

Le rituel a changé depuis l’époque des premiers chrétiens qui ont cédé leur place aux toros de combat !

 

Dans leurs habits de lumière… de fiers et intrépides matadors bravent des bêtes fauves venues de l’Andalousie.

 

Même si les émules de El Cordobes risquent leur vie, moyennant un gros chèque, les jeux sont faits.

 

Les toros n’ont aucune chance de rejoindre le toril, ni de panser leurs plaies.

 

Au premier coup des trompettes de la mort, le monstre de muscles subit les assauts du picador sanguinaire qui plante et replante son trident jusqu’à le faire chanceler, lui faire mordre le sable doré.

 

Sur la pointe des escarpins, les  « banderilleros » tournoient autour de la bête et lui picotent la nuque en une danse  macabre.

 

Sous les hourras de la foule, le matador joue avec la vie et la mort, au risque de virevolter dans les airs, d’être piétiné ou encorné.

 

Dans un dernier pas de deux, digne d’un danseur étoile, il plante sa dague et ressort en triomphe de l’amphithéâtre.

 

Ultime humiliation de cette tuerie programmée, on coupera les oreilles et la queue des «  Miura » sous les vivats des Aficionados.

 

Puis, des chevaux de labour traineront les carcasses vers la boucherie des arènes pour être aussitôt dépecées et vendues à l’encan.

 

*****

 

Nul doute que les milliers d’adversaires de la corrida parviendront tôt ou tard à faire interdire ce spectacle barbare, tant en France qu’en Espagne. La ville de Barcelone, qui fut un  haut lieu de la tauromachie, a montré l’exemple en interdisant toute corrida sur son territoire dès cette année.

 

Ce n’est pas le cas à Arles, à Nîmes et dans le Sud-ouest où les « féria » ont la faveur du public et des autorités aussi bien de gauche que de droite. Le journal « La Provence » consacre des dizaines de pages à l’évènement et il est de bon ton que les élus locaux assistent à ce jeu de massacre.

 

*****

 

Tout autre est l’initiative de Monseigneur Jean-Michel di Falco, l’évêque de Gap, dans les Hautes-Alpes de Provence.

A l’occasion de Pâques, il présente dans sa cathédrale la sculpture de Peter Fryer :

 

 

Le Christ et la chaise électrique

 

 

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Cette œuvre crée scandale, choque les fidèles et suscite de vives réactions au sein de la communauté catholique du diocèse. Mgr di Falco a frappé fort et cite une phrase de Serge Gainsbourg :

 

"Si le Christ était mort sur le chaise électrique, tous les petits chrétiens porteraient une petite chaise autour du cou".

 

Pour les non-croyants, cette « Piéta » a une autre signification. Elle rappelle que la peine de mort est en vigueur dans de nombreux pays. Elle rappelle l’existence de conflits, d’attentats, de tueries, de génocides un peu partout sur notre terre.

Ce symbole rappelle que le « Golgotha » perdure de part le monde.

A la différence que les milliers de victimes, souvent innocentes, n’auront pas la chance de « ressusciter » le jour de Pâques comme ce fut le cas, paraît-il, pour un Palestinien, il y a près de deux mille ans.

Elle rappelle l’intolérance, la violence, le racisme, l’hégémonie des puissants sur les faibles, des riches sur les pauvres.

Elle rappelle aussi les propos, les commentaires souvent injustes, malfaisants, injurieux, calomniateurs à l’encontre de personnes de bonne foi.

En un mot, la phrase, la diatribe, l’invective qui tuent !

08/04/2009

François Bayrou... Premier Ministre ?

L'homme politique jugé le plus "rassembleur" pour occuper le poste de Premier ministre est François Bayrou avec 48% des suffrages exprimés par les internautes. C'est ce que révèle le 3 avril dernier un sondage réalisé par les sites Internet du quotidien gratuit Metro et de la radio RMC sur l'opération  "Elisez votre gouvernement idéal".  Plus de 7000 internautes ont répondu à la question Pour faire face à lacrise, quelle équipe rêveriez-vous de voir prendre en charge les affaires du pays ? "

Contacté pour commenter ce résultat, le Président du Mouvement Démocrate a fait part de sa "satisfaction". "C'est un signe de confiance et un encouragement", selon le député des Pyrénées-Atlantiques.

"La liste de ce gouvernement est intéressante", poursuit François Bayrou. "On voit bien que les Français veulent faire travailler ensemble des gens différents, des personnalités qui ne sont pas complaisantes à l'égard du pouvoir". "Je pense que plusieurs d'entre elles s'entendraient pour conduire une politique qui serait une politique juste. C'est ce qui manque le plus dans la crise." a-t-il enfin souligné.

 

 

Premier Ministre :

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François Bayrou 48%

 

 

Economie-Emploi        Affaires Etrangères        Education

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D.Strauss-Khan 61 %   D. De Villepin 56 %    S.Royal 40 %

 

 

 

Justice                    Intérieur                          Santé

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R. Badinter 43 %       M. Valls 55 %                P. Pelloux 42 %

 

Ecologie           Intégration             Culture            Sport

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N. Kosciusko-      R. Yade 45 %   B. Pivot 46    Y. Noah 37 %

Morizet 42 %

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07/04/2009

Chapitre 13 . www.paradis-ciel.info

Publication par Internet du livre

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« Un journaliste au Paradis »

Fred Oberson

 

Voir le résumé sur le site:

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Chapitre 13

De retour au Paradis, Victor et Steve apprirent que la Commis­sion avait stoppé ses travaux sur le contenu du site. Ils étaient catas­trophés à l’idée que leur projet allait être jeté à l’eau, ou plutôt dans les nua­ges. Quel diable avait mis le bâton dans les roues ? Khomeiny sans doute ! Non seulement leurs recherches ne serviraient à rien alors qu’elles étaient en phase d’aboutir, mais la perspective de retourner sur terre fondait comme neige au soleil.

La Commission avait été scindée en trois groupes correspondant aux trois religions, chacun d’eux devant élaborer son propre site. À l’issue de chaque séance, les commissaires se réunissaient pour faire état de l’avancement de leurs travaux. Très vite, des controverses éclatè­rent dans chaque religion, entre ceux qui souhaitaient adapter leur message au monde actuel – Internet oblige - et ceux qui voulaient maintenir le statu quo, voire faire marche arrière vers un intégrisme doctrinaire. De querelle en querelle, ils se trouvèrent dans l’impasse et le président dut interrompre leurs réunions pour solliciter l’arbitrage du Triumvirat et, en dernier ressort, celui de Dieu Lui-même.

Dans Son immense sagesse… le PDG du Ciel trancha comme le roi Salomon. Puisque qu’il était impossible de les mettre d’accord, tant leurs points de vue s’opposaient, Il leur intima l’ordre de faire figurer dans leur site respectif les diverses tendances qui s’ébauchaient, offrant ainsi à l’internaute le li­bre choix. Une évolution démocratique sans précédent.

Après moult palabres dans les couloirs, la Commission décida de se ré­unir à nouveau, inscrivant à l’ordre du jour l’audition des deux émissaires terrestres. Les questions fusaient de toute part. Les interve­nants étaient avi­des de connaître les détails de leur épopée, tout en laissant poindre un tantinet de jalousie et d’envie à l’évocation de leur sé­jour. Lorsque Steve se mit à leur expliquer avec minutie la faisabilité du projet, certains en étaient encore à rê­ver à la Californie et aux sommets hel­vétiques ! Le président, Jean XXIII, les rappela à l’ordre et invita les membres de la Commission à se remettre au travail d’arrache-pied. Quant à Victor et Steve, ils exultaient à la perspective de leur prochaine expédition pour peaufiner leur site miracle.

Le premier écologiste avant la lettre, René Dumont, demanda la pa­role. Tout au long de sa longue vie - quatre-vingt dix-sept ans - cet agro­nome, ancien candidat à la présidence de la République française, ce visionnaire, avait dénoncé le gaspillage des ressources de la terre. Son constat était sans appel :

- Le monde court à sa perte si l’on ne prend pas des mesures dra­co­niennes dans les décennies à venir. Comme vous le savez, la Terre n’est pas extensible. Finies les époques où l’on découvrait de nouveaux conti­nents, des territoires vierges que l’on s’est empressé de dé­naturer. Preuves à l’appui, l’espoir fou d’émigrer vers d’autres planètes du système solaire s’est vite avéré complètement farfelu. Les États étant incapables de gérer le pré­sent, de faire face à la misère, à la malnutri­tion, à la mortalité précoce, à la pollution, à l’effet de serre, comment voulez-vous qu’ils puissent maîtriser un futur de dix milliards de ter­riens ? Nous sommes en train d’épuiser toutes nos ressources naturelles, en particulier celles qui ne sont pas renouvelables. La courbe exponen­tielle tant chérie par les économistes et les affairistes doit être stoppée immédiatement. Notre culture judéo-chrétienne, qui prône la procréa­tion à tout va, est la principale responsable de l’explosion démogra­phi­que. C’est un mal engendré inconsciemment par ceux qui croient bien faire ! Le Créateur a sans doute pris conscience de la situation actuelle et de son devenir, ce qui motive Sa décision de convoquer la Commission du Futur afin qu’elle débatte également de ce problème.

- Mon cher Dumont, répondit Jean XXIII, nous sommes des mil­lions, entre Ciel et Terre, à penser comme vous. Quels moyens préconisez-vous pour éviter cette catastrophe prévisible ?

- La solution est à la fois très simple et complexe, Votre Sainteté. Dans une première phase, il faut réduire de moitié la population ter­restre puis, dans une deuxième étape, limiter son renouvellement à trois à quatre mil­liards d’individus au maximum. Je suggère donc, ni plus, ni moins, l’élaboration d’un planning des naissances d’ordre di­vin. Le Créateur doit mettre en sourdine son pouvoir de création et rai­sonner les croyants en leur disant : faites l’amour, mais pas des enfants à tire-larigot, juste ce qu’il faut pour perpétuer l’espèce ! Vous avez certainement imaginé que s’il n’y avait plus de naissance durant un demi-siècle environ, l’homme disparaîtrait défi­nitivement de la Terre…

- Dumont, vos propos sont excessifs, bien que nous ne mettions pas totalement en doute votre analyse du futur qui, d’ailleurs, fait école auprès de larges couches de la population, y compris des experts. Vous n’imaginez tout de même pas que Dieu va supprimer immédiatement la fa­culté d’enfantement pour réduire à trois milliards le nombre d’individus que vous estimez acceptable pour la survie de la Terre. Ni qu’Il va avoir recours aux guerres, aux génocides, aux fami­nes, aux épidémies, comme ce fut le cas au cours des siècles passés ?

- De grâce, Monseigneur, ne me prêtez pas des intentions perver­ses. Mon action terrestre prouve le contraire. Tout au long de mon exis­tence, je n’ai pas cessé de crier casse-cou et d’attirer l’attention de mes concitoyens et du monde politique sur les dangers du naufrage de l’humanité dans les années à venir. Je ne suis pas mathématicien, mais selon les estima­tions de mon ami Einstein, ici présent, nous pou­vons atteindre progressive­ment ces objectifs en l’espace d’une généra­tion, d’ici à l’an 2039, pour être précis. Durant ce laps de temps, nous assisterons à ce que l’on appelle une croissance négative. L’excédent de la mortalité sur la nativité devrait être de l’ordre de cent mil­lions d’êtres humains par an. Seul notre Père à tous peut mettre en œuvre cette planifi­cation qui doit être proportionnelle à la surpopulation, continent par conti­nent. Il est ur­gent, en effet, de rétablir un équilibre entre ce que l’on nomme communément le Nord et le Sud.

René Dumont avait à peine terminé son plaidoyer qu’un groupe d’une centaine de personnes – en fait des âmes – fit irruption en pleine réunion. Le Bienheureux pape allait s’interposer avec autorité quand, su­prême surprise, il aperçut à la tête de ces intervenants : Jésus-Christ en personne ! C’était comme si l’assemblée vivait en direct un remake de la Résurrection… Cha­cun se mit à épier ces nouveaux arrivants et dé­couvrait avec jubilation des personnages connus, notamment ceux qui avaient fait la « une » de l’actualité au début de l’ère chrétienne. Venaient d’abord les apôtres, suivis de Paul et des quatre évangé­listes, arborant leur manuscrit biblique. Marie-Madeleine se pressait contre Marie, la soutenant d’un bras. Faisait partie de ce défilé hété­roclite l’empereur romain Constantin, fier d’être reconnu comme celui qui avait officialisé le christianisme dans la Rome païenne. Il n’était pas le seul à penser que, sans son intervention, sa conversion, et la convo­cation du premier concile de Nicée en l’an 325, les premiers chrétiens et leur Nou­veau Testament auraient certainement disparu dans les oubliettes de l’histoire !

Jésus expliqua qu’il avait pris la tête du mouvement de résistance « FLP », le Front de Libération du Paradis, dont aucun des membres n’avait été pressenti pour faire partie de la Commission du Futur. Depuis des siè­cles, les contestataires étaient maintenus sous haute surveillance par le mi­nistère de l’intérieur. Toutes leurs suggestions avaient été systé­matiquement écartées et la menace d’envoyer les fauteurs de troubles au goulag céleste planait sur leurs têtes comme l’épée de Damoclès. Cela ne pouvait plus durer. D’où la décision de choisir comme leader un personnage on ne peut plus charismatique, le fils de Dieu lui-même ! Avec une telle caution morale, les rebelles avaient dé­sormais la possibilité de faire entendre leur voix sans risque d’être blackboulés. Toutefois, avant de révolutionner les Cieux, ils jugeaient plus utile de rejoindre la Commission qui traitait des problèmes terrestres.

La présence de Jésus et de ses disciples parmi les insurgés jeta un tel trouble dans l’assemblée que personne ne souffla mot durant un long mo­ment. Ce qui n’empêcha pas les commissaires de papoter entre eux, à voix basse, sur les raisons qui avaient poussé Jésus à rejoindre le F.LP. Les mauvaises langues alléguaient qu’une telle attitude était dans la lo­gique des choses, de la part d’un Palestinien de souche ! D’autres médi­sants insinuaient qu’il voulait re­prendre du grade, se mettre en avant, jouer les vedettes, comme il l’avait fait deux mille ans plus tôt. En re­vanche, l’observateur averti aurait très vite dé­celé un conflit de généra­tion entre le Père et le Fils. À force de ronger son frein, le jeune pre­nait enfin le taureau par les cornes et souhaitait manifes­tement pousser le Vieux au rancart ! C’est en tout cas la conclusion à la­quelle étaient parvenus Victor et Steve, en se poussant du coude et en pouf­fant de rire. Ils pouvaient désormais compter sur un allié de taille pour les ai­der à réaliser leurs projets…

Finalement, Jean XXIII, retrouvant tous ses esprits, invita les dis­sidents à se joindre aux travaux de la Commission et à faire part de leurs doléances. Il proposa que Jésus fasse partie du Comité et qu’il préside la séance en cours. A l’approbation générale, celui-ci monta à la tribune.

- Mes chers frères et sœurs, je suis au courant des divers débats que vous avez déjà tenus. Voici ce que je vous suggère : plutôt que de prendre des décisions au coup par coup, telle proposition excluant telle autre, com­mencez par présenter chacun votre projet. Ensuite, nous les étudierons, un par un, partant du principe qu’ils peuvent se compléter puis nous discute­rons du choix définitif et passerons enfin à la phase pratique. Au sujet du site Internet, nous n’allons pas interrompre les travaux en cours, car mes condis­ciples et moi-même sommes d’avis qu’il s’agit d’une bonne initiative qu’il faut mener à terme au plus vite.

À la suite de cette reprise en main énergique, Jésus remarqua, du haut de l’estrade, un homme blanc de petite taille, malingre et poilu, qui s’avançait en titu­bant vers lui. À le voir déambuler comme un zombie, on aurait dit que cet homme portait le poids du monde sur ses frêles épaules ou qu’il était en proie à un violent conflit intérieur. Cet inconnu, ce personnage falot, se mit à parler d’une voix à peine audible, intimidé par les cen­taines d’yeux qui l’observaient. Quand il évoqua sa terre natale, le Jardin d‘Eden où il avait vécu… on entendit un murmure dans la foule, stupéfaite de découvrir que ce traîne-misère n’était autre qu’Adam lui-même ! Il ne trouvait pas de mots pour s’excuser de sa faute originelle et de ses répercussions pour l’humanité tout entière. Prenant de l’assurance au fur et à mesure qu’il parlait, il se ré­féra à la proposition de Dumont pour présenter la sienne :

- Puisque le monde va si mal, pourquoi ne pas envisager de faire table rase, de repartir de zéro et recréer le Paradis terrestre ; en un mot refaire le monde en évitant les erreurs du passé ?

Jésus lui répondit d’un air agacé :

- Adam, si je suis ton raisonnement utopique, cela suppose que la quasi-totalité de l’espèce humaine disparaisse de la Terre en l’espace d’un siècle environ, ne laissant que quelques embryons de vie indispen­sables à la création de l’homme nouveau…

- À mon humble avis, doux Jésus, ma suggestion n’est pas du tout un rêve ir­réalisable, puisque j’ai vécu personnellement le début de l’humanité ! Certes, l’expérience a mal tourné par ma faute et surtout celle de ma compagne et je n’ai de cesse que vous m’accordiez votre pardon. Sou­venez-vous que, tout en étant coupable, je n’en suis pas moins votre aïeul à vous tous et qu’à ce titre, je souhaiterais faire œuvre de réparation et renverser l’ordre des choses.

- Sois raisonnable, Adam, depuis ton avènement, des millénaires se sont écoulés, tes descendants n’ont pas tous été des êtres méchants et cruels comme ton fils Caïn. Il en est qui ont enrichi l’esprit des hom­mes d’un sa­voir et d’une culture impérissables que l’on ne saurait jeter aux orties, sous prétexte de vouloir repartir à zéro. Depuis deux mille ans, je me suis person­nellement investi pour ramener les hommes à la raison, avec plus ou moins de réussite, je l’avoue. Le rôle de cette Commission, à laquelle on t’a invité à titre honorifique, est de rechercher des voies nouvelles, adaptées au monde actuel, pour com­battre l’esprit du Mal, notre en­nemi héréditaire.

Les élucubrations d’Adam provoquèrent une avalanche de criti­ques plus désobligeantes les unes que les autres. Chacun y allait de son commen­taire perfide : « Il a perdu la boule… Adam pète les plombs… Il n’a pas fait son deuil du Jardin d’Eden… Eve lui a tapé sur le ci­boulot… On aurait dû le caser au Purgatoire… » Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’avait pas la cote et que les membres, dans leur ensemble, nourrissaient un res­sentiment viscéral à son encontre.

Un intervenant hargneux lui jeta à la figure :

- À quoi cela servirait-il de repartir avec des embryons humains dont les gènes sont empreints du Bien et du Mal par ta faute ! Et qui procèderait à la sélection de l’homme nouveau ? La Terre, abandonnée par des milliards d’habitants, ne serait plus qu’un vaste dépotoir, qu’une jachère où tu ne trouverais pas un coin pour planter ton nouveau Jardin d’Eden. Si tu envisages une telle extrémité, pourquoi ne proposes-tu pas tout simplement la fin du monde, avec quelques siècles d’avance sur le planning prévu par son Créateur ?

Adam, qui s’était recroquevillé sur lui-même, alla, sans dire un mot, rejoindre sa place en claudiquant. Pour la deuxième fois, le Ciel lui était tombé sur la tête !

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02/04/2009

En marge du G 20

Pendant que les puissants sont réunis à Londres pour décider peut-être de ne pas faire grand chose pour enrayer la crise, mon amie, Marie-Anne KRAFT, me transmet ce rap à scander sur votre air préféré !

 

 

Slam de la Finance:

 

Les monnaies déstabilisant le monde,
L’inflation peu à peu creuse la tombe
De la valeur de l’argent des Nations,
C’est pire encore avec la déflation :
Chômage, chantage, telle est la rançon,
Baisse des salaires, ça servira de leçon.
Avec Bretton-Woods, ils ont essayé
Les parités fixes, mais ça s’est planté :
En soixante et onze, le système éclate,
Plus de parités, échec et mat.
Alors ils inventent le serpent
Monétaire, reptile virtuel, mais sans
Adam, ni Eve, ni la pomme, dommage,
Ca aurait agrémenté le paysage.
Après toutes ces analyses, le moral à zéro,
Maintenant leur seule devise c’est l’Euro.

Qu’est-ce qu’on va faire de ces billets verts
Comment je compte : en balles, en briques ? Mystère.
Ils veulent avoir le Beur et l’argent du Beur,
La conversion du Franc, encore un leurre.
On te baise, on te lèse et on te pique ton pèze,
On te blouse, et on te pique ton flouze.
C’est pour t’obliger à changer ton fric
Tout ça pour mettre fin au trafic.
Marché artificiel des convertisseurs,
Jetés à la poubelle, à l’équarisseur,
L’Euro, en fait, en nouveau plan Marshall
Pour relancer l’économie qui va mal,
Pour occuper Pasqua, Le Pen ou Chevènement,
Ca nous laissait tranquilles pour un moment,
Afin que la France , soumise, par ce nouveau héros,
Ait une nouvelle devise, c’est l’Euro !

Et maintenant voici la mondialisation

Qu’on appelle parfois la globalisation,

Le fric devenu le roi de notre planète,

Et tout communiquant au travers d’internet.

Tu vois ces golden boys, les camés de Wall Street,

Devenus des héros et des faiseurs de mythes,

Les stars des dérivés, des produits exotiques,

Qui ont même fourgués tous leurs produits toxiques

En titrisant des crédits appelés « subprimes »

Cotés en triple A et déclenchant le drame,

Quand toute la Finance mondialisée

A bien fini enfin par le réaliser,

Tout ça n’était que de la fausse monnaie,

Et tous ces beaux produits n’étaient que des faux nez !

Et le monde a compris que la belle Amérique,

Soit tu la baises soit elle te nique,

Maintenant le dollar c’en est trop,

La meilleure devise, c’est l’Euro !

14:22 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0)