alpilles13 ALPILLES13

15/09/2009

Mort au champ d'honneur de l'huile d'olive...

Ce n’est pas une galéjade, c’est ce qui aurait pu m’arriver aujourd’hui !

 

Le marché a lieu le mercredi matin à Mouries en Provence, la plus grande commune oléicole de France. Les bancs des marchands des quatre saisons s’échelonnent tout au long du cours Revoil, à l’ombre des platanes. Les producteurs locaux se font de plus en plus rares. Une exception pour le fromager qui vous offre un vrai Gruyère, un reblochon affiné à la Clusaz et le poissonnier qui vous sert des dorades et des loups sauvages. En revanche, les chaussettes, les casquettes, les nappes aux motifs provençaux et autres colifichets de pacotille sont tous estampillés « made in China ».

 

Je remarque un vendeur d’huile d’olive qui brade son produit à la moitié du prix local, puis un deuxième qui fait encore de la sous-enchère. Flairant la supercherie, je les interpelle, l’un après l’autre, en leur demandant la provenance de que l’on appelle ici l’or des Alpilles. De La Fare-les-Oliviers me répond le premier, d’Albaron me dit l’autre où, à part les taureaux, le riz et les marais de Camargue, je parie ma tête à couper de dénicher le moindre olivier !

 

Mon sang ne fait qu’un tour, je m’insurge, je proteste en leur disant qu’à ce prix-là, leur huile d’olive ne peut être d’ici, qu’elle est espagnole ou marocaine. Tous deux restent sur leur position au moment où je prononce la diatribe qui tue : vous trompez la clientèle, vous êtes malhonnêtes, c’est de l’escroquerie ! L’un deux crie : va-t-en, dégage et, faisant le tour de son stand, vient vers moi menaçant.

 

Je bats en retraite, je longe le marché et je rejoins mon épouse à la terrasse du Café de Provence. Quelques instants après, le plus fou des deux, m’ayant suivi, m’assaille, me prends par la chemise, crache son venin en pleine figure, menace de me casser la gueule, me secoue comme un pantin et répète et crie à tue-tête : qui es-tu toi pour me faire la morale, je vais de tuer, je vais de tuer ! Je reste stoïque, sans mot dire, je m’enfonce dans ma chaise, je rentre la tête dans les épaules, je m’attends à prendre son poing menaçant en pleine poire.


Le pire n’est pas arrivé car Sylvain, le serveur du bar, maîtrise le fou qui finalement s'en va en vociférant. Ouf ! ça m’apprendra de défendre l’huile d’olive de Provence !

 

(Pour la petite histoire, je cultive une centaine d’oliviers, ce qui, bon an, mal an, produisent une centaine de litres de cet or vert que j’ai le plaisir d’offrir à mes amis et à mes lecteurs !)

02/09/2009

3000 comptes en Suisse: bluff, chantage ou réalité ?

 

Christine Lagarde et Hans-Rudolf  Merz, le 27 août 2009

Photo Keystone

Woertherix, le Gaulois au pays des Helvètes a réussi son effet d’annonce dans le JDD ! Découvrir 3000 fraudeurs d’un coup sur plus d’un million de Français détenteurs d’un compte dans les banques suisses. Chapeau ! Même Mitterrand, en 1981, lors de la nationalisation des banques françaises et de l’instauration du contrôle des changes n’avait pas égalé le record du Zoro de Bercy !

 

Pauvres riches ! Plus d’un million de français ont passé un mauvais dimanche à se demander s’ils figuraient sur la liste funeste. Et de prendre force calmant ou d’envisager de se faire sauter la cervelle. Combien de couples ont du s’étriper en se reprochant leurs escapades dans les palaces genevois ? Il paraît même que lundi matin, le TGV Paris-Genève était pris d’assaut à la gare de Lyon. Les gabelous de Bercy étaient, eux aussi, du voyage, habillés comme de simples touristes. Aux dernières nouvelles, plus d’une centaine de clients se seraient fait pincés à l’entrée des banques de la rue du Rhône, tout à côté des échoppes de Rolex et de Davidoff !

 

Au nom du saint pognon, de la crise, du secret bancaire, des Américains et du chantage de la famille Kadhafi, la Suisse et Genève boivent le calice jusqu’à la lie. Et voila que les Gaulois profitent de la situation pour enfoncer la tête des Helvètes dans les eaux grises du Lac Léman.

 

Cet enchainement d’événements rocambolesques a pour origine l’incompétence et la maladresse des autorités fédérales avec à leur tête un président nul à chier, Hans-Rudolf Merz, par ailleurs ministre des finances. Depuis une année, il accumule les bourdes allant jusqu’à refinancer l’UBS, trahir la loi sur le secret bancaire par crainte des représailles américaines et baisser ses culottes en faisant force courbettes et excuses au potentat de la Lybie. L’autre jour, il s’est même fait baiser par Christine Lagarde en signant à la va-vite une convention de double imposition entre la Suisse et la France.

 

Alors, bluff, chantage ou réalité cette histoire des 3000 comptes ? Un doux mélange des trois, une tarte à la crème rance pour certains protagonistes dont la facture risque d’être salée !

 

Imaginons le quidam français qui débarque à Genève, range sa BM ou sa Mercedes dans le garage d’un palace. Il suffit de relever son numéro d’immatriculation et de suivre monsieur X de banques en magasins de luxe.

Même topo avec ceux qui débarquent du TGV avec la valise Vuitton. Il y a aura toujours un chauffeur de taxi ou un portier d’hôtel bien intentionné !

 

Et les délateurs bordel ? Le fisc paie les indics rubis sur l’ongle cette prestation hautement citoyenne ! Plus de 60.000 frontaliers français travaillent à Genève, un grand nombre dans les banques ! La plupart ont un compte salaire à Genève, qu’ils rapatrient chaque mois en France, une broutille… dans les 2 milliards par an !

 

Il y a encore bien d’autres astuces que l’armada des agents du fisc, basés aux frontières, connaissent et mettent en pratique depuis des années. Mais je ne vous en dirai pas plus, secret bancaire oblige !

 

Article de  la Tribune de Genève

http://www.tdg.ch/actu/economie/viennent-3000-noms-livres...

Article du journal Le Temps :

 

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/17e8fbc0-9672-11de-977e-2...

 

Toujours de nouvelles infos sur le site :

Dis, Papy, c'est quoi la crise ?

http://dispapy.leforum.eu/portal.php

 

Découvrez les paradis cachés où frauder en toute tranquillité

publié par Marianne sur le Web :

 

http://www.marianne2.fr/Decouvrez-les-paradis-caches-ou-f...

01/09/2009

Une maman nonagénère à son fils...

 

Mon fils, ce matin je me suis levée à 7 heures, je ne pouvais plus dormir, j’avais mal partout, au moindre mouvement, je criais de douleurs, surtout sur le côté droit, là où le médecin m’a fait la dernière piqure la semaine passée, les nerfs se nouaient, grinçaient comme les gonds d’une vieille porte, celle de mon enfance à la ferme qui me revenait à l’esprit, la nuit, lorsque papa rentrait du cabaret en titubant. Je ne savais comment sortir du lit, comment me retourner pour allonger une jambe, puis l’autre pour m’asseoir, me dresser, bouger ce vieux tas d’os qui n’en pouvait plus de me faire souffrir depuis, depuis le temps que je ne compte plus.

 

Mon Misou, mon chat blanc, celui qui me tient compagnie, celui qui partage mes jours et mes nuits, celui que tu m’as offert un jour, celui que je refusais d’accueillir pour qu’il ne soit pas orphelin, et que j’ai pris parce tu me promettais de le garder s’il m’arrivait quelque chose, compatissait à mes douleurs. Il sent quand je souffre. Oui, j’avais peur de mourir avant lui, et je suis sûre que c’est lui qui me maintient en vie, qui me fait lutter pour vivre encore avec lui. Nous sommes inséparables, je lui parle comme je te parlais, mon fils, je le prends dans mes bras comme je te prenais dans mes bras, mon fils, comme je te serrais contre ma poitrine, comme je caressais tes boucles blondes, mon fils.

 

Oui, mon grand fils, je me suis levée à 7 heures, au moment où le soleil passait la montagne pour éclairer le lac, puis les Dents du Midi que j’aperçois de ma fenêtre. Ce n’est pas dans mes habitudes de me lever si tôt, je sommeille encore, je compense mes heures d’insomnies, le temps que ma vieille carcasse se mette en mouvement, le temps que mon esprit reprenne goût à la vie. Souvent, je souhaite ne pas me réveiller, m’endormir pour toujours, m’endormir pour ne plus souffrir de cet arthrose qui me bouffe les sangs. Mais j’aime trop la vie, mes enfants, mes petits et arrières petits enfants. Depuis des années, une partie de mon corps m’abandonne, me lance des piques comme un sabre, me fait sursauter de douleurs, mais mon esprit, mon cœur et mon estomac tiennent le coup.

 

Tu ne peux pas imaginer le plaisir que tu m’as fait de venir déjeuner avec moi l’autre jour, de me conduire en altitude, à la pinte d’alpage qui domine ce panorama idyllique. J’étais tout de même déçue que la brume jouait à cache-cache avec nos regards. Tu reviendras bientôt, n’est-ce pas, un jour de grand beau.

 

Je me suis levée à 7 heures, mon fils, pour me préparer, pour me soigner, pour m’habiller, pour me faire belle, tu le sais bien que suis coquette comme je l’étais jeunette, même quand j’étais une pauvrette. D’ailleurs, c’est sans doute à cause de ça que j’ai connu ton père, ce flambeur avait du goût, c’était un bel homme, grand, fort, viril, coureur, un tombeur de nymphettes !

 

Il m’a fallu toute la matinée pour être prête au rendez-vous de 14 heures avec mon médecin. Les gestes sont lents, la tête est ailleurs, je ne savais plus où trouver mes clefs et je n’ai pas eu le temps de déjeuner, c’est dire si c’est pénible de vieillir, toi, mon fils, tu n’as pas encore à surmonter tous ces problèmes dus à l’âge, j’en suis certaine. Il est adorable ce docteur, c’est le meilleur que je n’ai jamais eu, il me comprend, il me reçoit du jour au lendemain car, n’y tenant plus, j’avais même envisagé de me tirer une balle, mais tu le sais bien, je ne suis pas suicidaire, ce serait stupide pour toutes les années qui me restent à vivre et que je désire vivre. Il m’a fait deux piqures, l’une à droite, l’autre à gauche mais, au moment où je te parle, je ne sens aucun effet, peut-être encore quelques heures de souffrance et je serai en meilleur état, bien que je n’y crois pas vraiment puisqu’il m’a dit que mon rhumatisme était en phase terminale. D’ailleurs, son opinion ne m’a pas surprise, car il y a bien longtemps que je le sais mais le bon docteur a mis du temps à le comprendre ou à me le dire.

 

Au retour, ma voisine, la femme de l’ancien gendarme, m’ayant vu claudiquer dans la cour, est venue me trouver. Tu ne peux pas t’imaginer comme ils sont gentils avec moi, plein d’attentions, même que l’autre jour ils m’ont conduit à la montagne où je leur ai offert le repas. Ils rentraient de vacances en Autriche et ils m’ont apporté un gros morceau de jambon que j’ai dégluti séance tenante avec un coup de rouge car j’avais la fringale.

 

Puis, cette nuit, j’ai fait un drôle de rêve. Il était 3 heures 8 minutes lorsque j’ai ouvert les yeux, pour une fois j’avais bien dormi, au moins deux heures de suite, peut-être les piqures… Tout le village savait sans que je le sache que tu m’avais acheté un magasin, oui, un magasin car, le jour de l’ouverture, lorsque tu m’as emmenée sur place, tout le village se pressait devant les vitrines et m’accueillait les yeux écarquillés. Il y avait, contre les murs, plein d’étagères garnies de cahiers, d’enveloppes, de papiers, d’encre, de plumes, de livres, de tout ce qui sert à l’écriture et à la lecture… J’étais interloquée, ne savais que penser de cette farce qui n’en était pas une puisqu’à brûle pourpoint, tu m’as dit : à ton âge, il faut que tu t’occupes, que tu ne t’ennuies plus à la maison, que tu oublies tes douleurs !