alpilles13 ALPILLES13

28/10/2009

C'est pour quand la prochaine crise ?

- Question stupide puisqu’on est encore dans celle déclenchée, il y a un an !

- Que non, c’est déjà fini, c’est le nirvana, les banques font des profits records avec les fonds prêtés par les gouvernements et le FMI, ce qui leur permet de provisionner des milliards de bonus de fin d’année. La bourse est repartie de plus belle, le CAC 40 a pris 1000 points depuis le printemps, certaines actions ont triplé de valeur, c’est l’Amérique ! Les spéculateurs s’en mettent plein les poches avec l’aval en sourdine du G20 !

- Et la dette française qui a augmenté de plus 200 milliards en deux ans ?

- Justement, c’est voulu, c’est tout bénéfice pour les financiers qui empochent les intérêts.

- Et l’augmentation du chômage, la baisse du pouvoir d’achat, la famine dans le monde, ce n’est pas une crise, ça ?

- Pas du tout, c’est une situation normale, endémique qui doit perdurer pour tenir le peuple à carreau. Les salariés, enfin ceux qui restent, n’osent plus faire la grève et prendre le risque que l’entreprise mette la clef sous la porte. Le RSA, ça ne suffit pas ! Et comment se soulever, faire la révolution avec le ventre vide ? Si tu veux mon avis, la prochaine bulle financière éclatera quand la grenouille aura fini de se gonfler comme une baudruche. Ou plutôt le crapaud de l’Elysée… La date idéale, c’est au printemps 2012, peu avant l’élection présidentielle. Le petit aura toutes les chances d’en prendre à nouveau pour cinq ans avec le fiston comme premier ministre…

- Ne crois-tu pas qu’il va sauter avant ?

- Ce n’est pas impossible, oiseau de mauvais augure

- Ton bouquin alors, il est dépassé par les événements ?

- Pas du tout, lis-le, prends-en de la graine pour ne pas être pris dans la tourmente de la prochaine crise !

Dis, Papy, c'est quoi la crise ?

http://dispapy.leforum.eu/portal.php

25/10/2009

Le Prince "qu'on sort"...

 

 

Bravo la presse ! Sans elle, le prince Jean serait encore candidat à la « présidence »… sorte de névrose qui pourrait bien être une maladie congénitale dont souffre la famille Sarkozy. Le père s’accrochait et le fils a décroché sous la pression des medias et la polémique qui a suivi. Ce qui a d’ailleurs donné l’occasion au père de fustiger cette presse qu’il déteste et qu’il cherche pas tous les moyens à bâillonner. Tel Abraham, le chanoine de Latran a failli immoler son fils sur l’autel de la connerie présidentielle.

 

Ne serait-ce pas une candidature bidon tendant à faire diversion avec le procès Clearstream où le monarque pourrait bien être le vrai coupable de cette histoire rocambolesque ? Peut-être retrouvera-t-on dans vingt-cinq ans des traces d'ADN sur les listings qui innocenteront celui qu’on cherche à abattre et à suspendre comme de la chair morte politique à un crochet de boucher.

 

C’est tous les jours « guignol » ! Le peuple se délecte, boude les séries américaines et oublie qu’il n’a plus une thune pour finir le mois ! Il faut le divertir, coûte que coûte, une bêtise chassant l’autre. Les « 2G », Guéant et Guaino, se relaient pour écrire le script et choisir le casting. Ils rivalisent avec J2M, le m’as-tu VU qui entre scène simultanément à New York et à Paris. Le petit cactus de service, Rama Yade, n’en fait qu’à sa jolie tête, sachant que l’on n’ose pas la mettre à prix. Encore qu’avec Hortefeux ou Besson, tout est possible !

 

Que nous réserve la semaine prochaine ? Le bon peuple salive déjà à la prochaine série. Par exemple une télé réalité où un Airbus se perd dans la Manche, au large de Calais, avec sa cargaison de sans-papiers !

 

La ressemblance est tout de même frappante avec George Prince of Denmark by John Riley ! A vous de juger !

 

 

06/10/2009

La Tribune de Genève se vautre dans la pub

06 Octobre 2009 Par Camille&Guillaume publié dans MEDIAPART :

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L'annonce est parue lundi, dans la Tribune de Genève. Elle y fustige la "racaille d'Annemasse" qui profiterait de la ligne du CEVA( liaison ferroviaire Cornavin - Eaux-Vives - Annemasse) pour venir pourrir la vie des Genevois. Pathétique. Pour beaucoup, l'UDC (encore elle ...) déraperait une fois de plus. Mais qui porte la responsabilité de la parution de cette publicité raciste et mensongère. Le Parti ou le journal qui s'est décidé à la publier ?

Quelques éléments de contexte d'abord. Les Genevois vont aux urnes ce prochain week-end. A l'extrême droite de l'échiquier politique, deux partis se disputent les voix: le MCG (Mouvement des Citoyens de Genève) et l'UDC (Union Démocratique du Centre). En se positionnant ainsi sur une ligne franchement populiste, l'UDC espère certainement marquer quelques points sur son concurrent avant le bouclage des urnes et faire un peu parler d'elle. La section genevoise du parti semble cependant avoir un peu forcé la dose: de nombreux membres de la formation politique, à l'instar d'Yves Nydegger, commencent à prendre leur distance jugeant ce coup médiatique un peu trop enlevé.

N'en déplaise à certains caciques du parti un peu plus modérés que les autres, l'UDC n'en est pas à son premier ballon d'essai. Après les "moutons noirs" qu'il s'agit d'expulser et les "homosexuels inféconds" qu'on se doit de surtaxer, voici "la racaille d'Annemasse" dont il faut interdire la venue sur sol helvétique. Les couplets changent un peu mais le refrain se fredonne sur le même air (trompettes, grosse caisse et chemises brunes ?). La parade de l'UDC aux critiques la taxant de tenir des propos racistes ? L'humour. L'UDC aurait en fait juste envie de se fendre la malle avec ses concitoyens. Mais l'humour, sauce UDC, a un petit côté Brice Hortefeux qui a tendance à se régler devant les tribunaux...  Il y en a qui ne rient pas vraiment: blessé, le maire d'Annemasse s'est décidé à porter plainte. On le comprend.

Le parti n'est toutefois pas le seul responsable de la parution de cette annonce d'un goût douteux. Le journal qui a publié l'encart porte aussi une certaine responsabilité. Responsabilité dont il cherche à se dédouaner fort maladroitement dans un éditorial des plus pathétique. L'argument phare développé par la Tribune de Genève ? "Il est sain en démocratie de maintenir la plus grande liberté d'expression possible dans les limites du droit, bien entendu". Un peu plus loin, les lecteurs sont invités à sanctionner le parti par les urnes, cette fin de semaine.

Le cynisme n'étouffe pas le quotidien genevois. En clair, on accepte le pognon d'une publicité à caractère raciste, on organise un vague débat autour en publiant un édito qui nous distancie des propos tenus dans l'encart et on flatte des électeurs qui sauront faire les bons choix le moment venu. Selon Pierre Ruetschi, "ce n'est pas à la presse de censurer les candidats mais bien aux citoyens des les sanctionner dans l'isoloir". Bon, admettons. Mais quand ces candidats tiennent des propos qui pourraient tomber sous le coup de la loi, les médias qui les relaient sans aucun recul critique n'en portent-ils pas la responsabilité, eux aussi ? Traiter des étrangers de "racaille" dans une publicité, est-ce répréhensible ? C'est à la Tribune de Genève et non à l'UDC qu'il faudrait coller un procès. On serait fixé une bonne fois pour toute.

Guillaume Henchoz

(source image : Radio suisse romande)

05/10/2009

Une semaine à Genève

 

Nicolas Rossier alias Vincent, pilote de F/18
Nicolas Rossier alias Vincent, pilote de F/18

 

Lundi 21 septembre

Ma première activité du matin consiste à brancher mon ordinateur pour consulter les dernières nouvelles du monde sur le Net. La plupart des quotidiens ayant une édition numérique, je découvre ainsi quasiment en direct les infos de la nuit et des dépêches toutes fraîches. Cela ne m’empêche pas de boire mon petit noir comme je le faisais naguère au bistrot du coin en parcourant la presse papier. A n’en pas douter, l’avènement du numérique a modifié insensiblement notre mode de vie. De même, il met de plus en plus en péril la presse traditionnelle, celle qui sent bon l’encre d’imprimerie. Cependant, le toucher du papier, le froissement des feuilles me manquent et, ne résistant pas à cette absence tactile, je cours parfois au premier kiosque venu. Alors, pourquoi vous parler de ce qui se passe dans le monde puisque vous savez déjà tout ? Cette semaine, toutes les rédactions vont tourner autour du G20 qui, en un coup de baguette magique, va rendre notre monde meilleur !

 

Mardi 22 septembre

Je n’avais pas encore pris conscience de mon âge avancé… Le temps se déroule si vite, à l’insu de mon plein gré, que me voici convoqué à subir un examen médical, sous peine de devoir restituer mon permis de conduire ! Le vieux toubib est étonné de mes réponses : pas d’accidents, pas de maladies honteuses, pas d’opérations… si bien qu’il me met à poil pour constater qu’aucune cicatrice ne larde mon corps.

Son diagnostique m’a donné l’envie de vivre encore : « j’aimerais bien être en bonne santé comme vous l’êtes à votre âge ». Et me rappeler la maxime du cordonnier mal chaussé ! Triste aussi, lorsque j’apprends le décès du journaliste Roger de Diesbach, mon camarade de collège. Mais à part ça, la France se gausse du procès intenté par un certain président à un ex-premier ministre…

 

Mercredi 23 septembre

« Que du bonheur », la phrase favorite d’un journaliste du 13 heures !

Le bonheur, je l’ai rencontré fortuitement au théâtre Pitoëff, à l’occasion de l’ouverture de la « Fureur de lire ». J’avais quitté le soleil de Provence pour rejoindre Genève, ignorant que le Département de la Culture organisait le festival de la lecture durant cinq jours. J’ai appris que notre « ministre » Patrice Mugny a multiplié par neuf le budget destiné à l’écrit depuis son arrivée au pouvoir. Bonheur aussi de dénicher au Cercle des libraires genevois un livre d'un cher ami, Edwy Plenel: La Découverte du Monde, Folio

Curieux, j’ai assisté au débat intitulé : « Des livres pour changer le monde ». C’est essentiellement la démarche de l’essayiste de vouloir changer le monde. Chaque ouvrage apporte de petites gouttes d’eau revigorantes dans l’océan glauque d’une société en plein marasme. André Schiffrin nous fait part de son expérience décevante d’éditeur outre-Atlantique, de la mainmise de groupes financiers et de marchands d’armes âpres au gain sur la presse et l'édition. Ceux-là même qui éditent Susan George et Jean Ziegler, les intervenants lors cet échange. Il faut bien vivre diront-ils, l’important est de faire passer les idées, de payer les frais de procès… et j’ajoute : se compromettre avec ceux qu’ils dénoncent dans leurs bouquins ! Le bonheur m’avait quitté lorsque j’ai quitté le théâtre Pitoëff, non sans un regard oblique en direction des écrivains qui se succédaient enfermés dans une "cage" de verre afin de pondre en direct un roman d’amour ! Initiative contestable... Solzhenitsyn et Pasternak doivent se retourner dans leur tombe !

 

Jeudi 24 septembre

Cette semaine, l’ONU organise son sommet annuel dans le building de verre de Manhattan, l’un de ceux qui restent encore debout. Genève n’est donc pas la capitale du monde comme il lui arrive souvent de l’être. Sans doute à cause de Kadhafi qui n’avait nul envie de poser sa tente sur la Plaine de Plainpalais. Des fois que la Gendarmerie genevoise fasse du zèle, le garde en otage à Champ Dollon, le temps de nous faire des excuses et de libérer les deux Helvètes de Tripoli !

Ils sont incorrigibles ces chefs d’Etat. Le potentat de Lybie fait la leçon au monde libre, celui d’Iran fait de même et le Français traite de Villepin de coupable avant que le tribunal ait rendu son jugement ! En revanche, motus et bouche cousue, on ne sait presque rien des salamalecs de Kadhafi avec notre Merz national, si ce n’est que nos otages ont été transférés dans les geôles libyennes ! Le seul à la hauteur de l’événement, c’est bien le président Barack Obama.

 

Vendredi 25 septembre

Quand j’étais adolescent, il m’arrivait d’enfourcher ma bicyclette pour remonter la Servette en direction de l’aéroport de Cointrin. Une enfilade de petits chemins, une villa par ci, une ferme par là, des vaches dans les champs pour découvrir enfin ces grands oiseaux d’acier qui, toutes hélices vrombissantes, allaient s’envoler de part le monde. C’était magique, c’était le rêve inassouvi de l’enfance.

Ce matin, un demi-siècle plus tard, j’ai fait de même avec mon gros cube, franchissant un entrelacs de routes, de ponts, de présélections et de carrefours à vous donner le tournis. La nostalgie m’habitait lorsque j’ai franchi des blockhaus de béton pour me retrouver, sans crier gare, sur le tarmac, face à une kyrielle d’avions militaires helvétiques. Je me suis régalé des Pilatus d’avant-guerre et autre Venom des années cinquante, d’un Mirage qui, en son temps, avait fait coulé beaucoup d’encre dans les gazettes. Vincent, un jeune pilote de 27 ans, m’a tout expliqué du pilotage de son imposante machine de guerre, un F/18 avec lequel il peut traverser la Suisse en moins d’un quart d’heure ! Mon anti-militarisme viscéral a vraiment du plomb dans l'aile...

 

Samedi 26 septembre

J’ai un dilemme à résoudre. Je dois rendre ma copie avant midi, D’où la tentation d’avoir écrit la veille mon billet d’aujourd’hui. Passe encore pour la météo. Pluie à la place de soleil, c’est simple avec le traitement de texte ! Prévoir l’info 24 heures à l’avance, cela relève de la prémonition…encore que je peux vous annoncer que deux journaux gratuits que j’exècre ne feront plus qu’un lundi prochain. Que faire… la nouba jusqu’à 4 heures ou me lever à cette heure-là ? Cela me rappelle l’époque d’un journal genevois, hélas disparu, où en goguette, on attendait que la rotative crache la première édition.

Pour rien au monde, je ne manquerais le kiosque d’Yvan Levaï, le samedi matin sur France Inter. Ce journaliste de talent doit bien traverser Paris à l’heure du laitier pour nous livrer sa revue de presse sur le coup de 8 heures ! Je ne vais pas chipoter avecle Monde qui paraît l’après-midi avec la date du lendemain ou le Journal du Dimanche qui sort le samedi ! Preuve de ma bonne foi, voici les titres de la une de quelques feuilles de ce jour : « Hallyday a eu un petit cancer au colon, Sarkozy, le ravi du G20, Obama menace l’Iran sur le nucléaire, Cisalpino, dernier arrêt en gare, G20 et FMI, l’assaut des émergents, celui qui me préoccupe : Pour survivre, le Courrier demande 150.000 francs ».

 

Epilogue dimanche 27 septembre

Vous avez peut-être deviné que ce texte était destiné à un concours littéraire organisé par la Ville de Genève. Je n’ai pas eu l’honneur de gagner le premier prix… sur une centaine de participants et de le voir publié dans le journal Le Courrier, un de ces jours prochains. Alors le voici dans la Tribune !