13.12.2009
FRANCOISE FABIAN TOUJOURS FIDELE A SES PASSIONS !
Grâce à son très joli livre de souvenirs « Le temps et rien d’autre » paru chez Fayard, on en sait un peu plus sur une artiste très discrète.
par Jean Esposito
Société de Lecture, Maussane-les-Alpilles
Puisque il est question de temps alors qu’il n’a pas vraiment de prise sur Françoise Fabian, le meilleur moment pour une séance de photo c’est tout naturellement la traditionnelle Fête du Temps Retrouvé de Maussane-les-Alpilles. Et le lieu le plus approprié puisqu’elle a appris, pendant trois ans la sculpture : l’atelier de Franck Poupel (2) dans l’avenue de la Vallée des Baux ! Tout était vraiment réuni pour que cette rencontre fût riche d’enseignements.
Comme on pouvait s’y attendre, conversation très conviviale, très enlevée entre Françoise Fabian, Franck Poupel (elle connaissait son père) et Yves Lopez (ils ont des amis communs et il a réalisé des travaux de décoration dans sa maison).
Il faut bien l’avouer, rien n’est banal ou anodin chez Françoise Fabian. Tout n’est qu’exigence, raffinement et culture. C’est ainsi que devant l’objectif, entourant la superbe statue d’Aphrodite de Franck Poupel, elle ne se contente pas de poser (fort bien d’ailleurs) mais cite, très spontanément, un passage d’un texte de Baudelaire. C’est une façon bien à elle de montrer qu’elle est avant tout une artiste au service d’un auteur, d’un rôle.
En lisant Le temps et rien d’autre on découvre les coulisses, les joies et les écueils d’un métier, d’une passion qu’elle continue de poursuivre. Avec succès, talent et rigueur. Les anecdotes qui viennent ponctuer et enrichir son captivant récit sont toujours drôles, émouvantes et finement observées. Jamais vraiment méchante, elle déteste, simplement, la complaisance ou le manque de professionnalisme. Pour les autres et surtout pour elle. Cela ne lui enlève pas le goût de jouer et même l’envie de s’amuser en scène. Une désinvolture maîtrisée est tout à fait l’approche qui lui convient. Il est vrai qu’elle peut se le permettre avec sa carrière et son expérience.
Pour autant ce livre de souvenirs n’a absolument rien d’un testament. Il est bien trop vivant et actuel. Et d’autres beaux rôles attendent encore Françoise Fabian.
Il n’empêche que sa filmographie est prestigieuse. Il suffit de la survoler : Belle de jour (Luis Bunel), Ma nuit chez Maud (Eric Rohmer), Raphaël le débauché (Michel Deville), La bonne année (Claude Lelouch), Madame Claude (Just Jaeckin).
De même ses pièces de théâtre puisqu’elle n’a cessé d’y faire de brillantes incursions : La puce à l’oreille (Georges Feydeau), Les rustres (Carlo Goldoni), Joyeuses Pâques et Les clients (Jean Poiret), Les gens d’en face (Hugh Whitemore), L’homme du hasard (Yasmina Reza) Une journée particulière (Ettore Scola), Le nouveau testament (Sacha Guitry)...
Sans oublier la télévision avec de nombreux feuilletons et téléfilms dans lesquels sa lumineuse palette de comédienne a su utiliser toutes les nuances : L’éducation sentimentale (Marcel Cravenne), Les Dames de la côte (Nina Companeez), Lady Hamilton (Claude Boutet), La veuve rouge (Edouard Molinaro), Bon anniversaire Juliette (Marcel Bozzuffi), Mademoiselle Gigi (Caroline Huppert) et La Femme coquelicot (Jérôme Foulon)…
Son actualité immédiate est la prochaine sortie en salle, le 18 novembre 2009, du Rapt (Lucas Belvaux avec Yvan Attal) et, après le 21 avril 2010. de l’Arbre et la Forêt (d’Olivier Ducastel et de Jacques Martinaut).
Au fil des pages, le parcours de l’inoubliable interprète de La bonne année aux côtés de Lino Ventura est effleuré avec cette élégance qui lui sied à merveille. Les hommes qui ont compté dans sa vie sont évoqués avec pudeur et admiration. Son premier mari, Jacques Becker, le réalisateur de Casque d’Or, Touchez pas au grisbi. Et son second mari, le comédien, réalisateur, scénariste Marcel Bozzuffi avec lequel elle a partagé une grande et belle histoire d’amour.
Sans vouloir donner de leçon à quiconque, elle n’oublie pas et fait sienne celle d’Elvire Popesco qui n’avait pas peur d’affirmer « Qu’une actrice ne doit pas se laisser aller parce qu’elle représente un art. Elle doit toujours avoir de la tenue. »
Il suffit de la croiser dans la rue pour s’en rendre compte. Déjà 20 ans que Françoise Fabian a choisi d’habiter notre village. Cette méditerranéenne, née à Alger où elle a passé toute son enfance, avait effectué plusieurs séjours en Provence et dans les Alpilles. A la faveur de la création de L’Enfer et compagnie de son ami Jean-François Josselin au Théâtre de la Criée de Marseille, elle a eu un véritable coup de foudre pour ce petit coin de paradis. Ici tout le monde la connaît et elle connaît tout le monde. Mais toujours avec une certaine retenue et respect.
(2) Ce flamboyant créateur a de nombreux projets et idées sous le ciseau pour mettre en valeur son art. En ce moment, il propose, dans son atelier, des stages de bijouterie (création d’une bague ou d’un pendentif avec motif et pierre sertie) et donne des cours de sculpture. Découvrir son site: http://franck.poupel.free.fr/
12:10 Publié dans Mon journal | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


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Commentaires
Quand on aime quelques chose on reste toujours fidèle, merci pour cet article
Ecrit par : sportifs | 17.09.2010
sympa les photos
Ecrit par : matchs en direct | 28.02.2011
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