alpilles13 ALPILLES13

14/06/2010

Naufragé de la mer...

 


Nous étions quatre, puis trois, puis deux. Voici que le deuxième, le skipper, me fausse compagnie et je me retrouve seul en rade dans la baie de Concarneau !

Que vais-je faire ? Attendre, attendre encore dans l’espoir qu’il finisse par se pointer au bout du ponton… Je cogite à tous vents, un vent de nord-est, sur ce voilier de 39 pieds, bien trop grand pour moi seul.

Je prends mon attente en patience, je parcours le port, la ville close, je m’assieds aux terrasses des cafés, je consomme un café, deux cafés, puis une bière bretonne, une cervoise artisanale. Au bar des Moutons, portant le nom d’une des îles de l’archipel des Glénan, je perçois des propos de marins au long cours. La purée de pois, la pluie, force 15 la veille, puis l’arrivée à bon port, la tournée des troquets jusqu’à plus soif.

Le bateau est bourré de victuailles, de quoi faire le tour du monde en solitaire, sans escales pour se ravitailler. Ca tournicote dans ma tête à l’idée de prendre la mer seul. D’autres l’ont fait bien avant moi en se faisant parfois prendre par la mer… Cette perspective est folle, irréaliste, je le sais, mais elle me tarabuste l’esprit, ne me laisse aucun répit. Incapable de me concentrer sur la lecture de Mediapart !

Surprise, la wifi fonctionne, offerte par le port de plaisance. Je consulte les cartes marines, les accès aux ports où je ferai escale, Lorient, Quiberon avant d’atteindre Saint-Nazaire. Les criques, les baies où je mouillerai pour la nuit en évitant les rochers, la marée descendante. Ce matin, un vieux loup de mer m’a dit : « Ne hisse pas la grand voile, navigue à la trinquette ! »

Je suis un bleu… je découvre l’atlantique et ses pièges depuis la terre. Voici quatre jours que je parcours le Finistère, les côtes de la mer d’Iroise, la côte des Légendes, celle de Cornouaille pour me familiariser avec ce pays brut de granit. Le ciel était bas, menaçant, il y avait du crachin, de la froidure humide, à vous rendre morose.

J’ai toujours souhaité vivre sur un bateau. Un rêve de terrien, de marin d’eau douce ! Même à quai, vous êtes déjà en dehors du monde. En pleine mer, il vous semble l’avoir quitté pour toujours. Puis, lorsqu’enfin vous apercevez la terre au loin, à quelques milles, c’est comme une sorte de renaissance.

Peut-être à demain, là-bas où je serai !

 

Commentaires

Est-ce un de vos rêves ou la réalité, si c'est la réalité je vous souhaite bon vent et vous suivrais ces prochains jours sur votre blog.
A bientôt.

Écrit par : graindesel | 14/06/2010

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