alpilles13 ALPILLES13

17/06/2010

Seul en mer...

 

Après une nuit d’insomnies, de cauchemars, de monstres qui m’agressaient comme des murènes aux aguets, j’ai pris la décision de bouger, de quitter le port pour d’autres cieux…

Selon la capitainerie, la météo est favorable, mer calme, légère brume matinale, vent force 7 à 8.

Pour ce qui est de la brume, j’ai effectivement la tête embrumée des whiskys de la veille. Pas n’importe lequel, un whisky breton ou rien ! A cause d’une jolie blonde qui faisait ses classes au resto du port. Un stage de vacances, un travail d’été s’entend, en l’attente de faire des études de communication à l’automne. J’ai utilisé toutes mes facultés communicatives sans succès. J’avais presque oublié qu’un vieux loup de mer n’a aucune chance de séduire une midinette. Laissons cela à Séguela avec sa Rolex au poignet. Ne dites surtout pas à ma mère que je navigue seul au large des côtes de Cornouaille, elle me croit serveur dans un bar !

Donc, j’ai pris la mer, elle m’ouvre ses grands bras, elle n’est rien qu’à moi. Sortie du port au moteur, puis je déroule le génois. Le vent sud-ouest forcit jusqu’à 15 nœuds. Par respect pour tous ces navigateurs aguerris, je passe à proximité de l’archipel des Glénan, puis je file tout droit en direction de l’ile de Groix. J’accoste comme un grand à Port Tuby où je sais que l’on peut atterrir à toute heure de marée avec un « navire » de plus de 12 mètres ! Il y a toujours une âme charitable pour vous tendre la perche… en l’occurrence attraper les amarres. Ouf ! je m’en suis sorti tout seul… quel exploit. Je dois une fière chandelle au pilote automatique et au GPS.

 

J’apprends que la navigatrice en solitaire de 16 ans a été sauvée dans l’océan indien à 3000 km de la Réunion. Faut être fou, inconscient de faire le tour du monde en solitaire et sans escale. Faut être dingue de se trimbaler tout seul avec un 12 mètres. Cela me rappelle mon enfance lorsque j’avais piqué la voiture de mon père pour faire le tour du village avec mes copains d’école primaire. Rien que d’y penser, j’ai encore mal aux fesses. Bon, en plein océan, on ne risque guère de fracasser sa coque de noix contre les rochers qui affleurent partout ici, sur les côtes bretonnes. La mer est dangereuse, souvent mortelle, surtout au large de la Palestine, à ce qu’on dit… Je mesure ma connerie, j’attrape une peur rétroactive, je ne sais plus que faire. Partirai-je demain en direction de L’Orient ?

 

 

Les commentaires sont fermés.