alpilles13 ALPILLES13

21/06/2010

J’ai repris la mer…

 

 

 

Après une matinée à découvrir Port Tudy, un endroit plein de charme, de bistrots sympas, de loueur de bicyclettes, de marcheurs de tout âge, j’ai repris la mer à 11h30 GMT, seul… à bord du ferry qui fait la navette vers Lorient.

A vrai dire, je vais à la rencontre du skipper qui me cherche depuis deux jours sans réussir à me joindre puisque j’avais fait silence radio !

On lui a dit à Concarneau que le sloop « Gingembre » était sorti dimanche sans préciser s’il revenait le soir…

Au portable, il criait comme un putois, me traitait de tous les noms d’oiseau !

- Tu te calmes sinon je ne te dis pas où je suis. Tu as manqué le rendez-vous sans me prévenir, j’ai fait de même en me tirant tout seul.

- Tu es fou, complètement dingue, il aurait pu t’arriver des bricoles, toucher les hauts fonds, te fracasser contre les rochers, tu sais à peine lire une carte !

- Et bien, tu me sous-estime mon cher Gaël, je suis à bon port, sain et sauf. On se retrouve « An Orient » sur le quai des Indes, si tu veux, le temps d’une petite traversée, ton heure sera la mienne.

- Tonnerre de Brest, attends-moi où tu te trouves, ne bouge plus !

- Pourquoi, veux-tu me rejoindre à la nage ?

Quatre heures plus tard, Gaël cherchait partout le Gingembre sur ce quai, ce bras de mer en centre ville, qui date de l’époque de la route de l’Orient, dont les navigateurs ramenaient dans leurs soutes les épices qui ont fait non seulement la fortune de ce port, de cette ville, mais lui ont donné son nom.

Assis à une terrasse de bistrot, je l’observais tranquillement en train de chercher un bateau battant pavillon suisse. Puis, au détour d’une jetée, je le surpris en le tapant amicalement sur l’épaule. Tout penaud, comme un agneau, il avait perdu sa vindicte. On s’étreignit comme de vieux potes.

J’aurais donné ma tête à couper des raisons de son absence. Encore une histoire de femme, une histoire d’amour, une de plus. On dit que les marins ont une femme dans chaque port… mais ça ne leur suffit pas, c’est la chasse perpétuelle.

 

 

(à demain, peut-être ?)

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