alpilles13 ALPILLES13

26/06/2010

Le capitaine et le moussaillon…

 

Belle-Ile-en Mer

 

Je déteste que le capitaine m’appelle « moussaillon », sous prétexte que je ne suis pas un pro de la mer. Depuis le temps qu’ils sont affublés du titre de « maître après Dieu », ils sont devenus méprisant envers les matelots, les sans-grade. Je vais de suite lui rabaisser le caquet :

- Alors… raconte ce qui est arrivé…

- Ah, mon vieux, il m’arrive un truc terrible, je crois que c’est le démon de midi qui me joue ce tour-là.

- Alors là, tu me fais rire, tu me racontes des sornettes, le démon de l’amour est en toi depuis belle lurette, depuis ta naissance sans doute. Je parie même que tu étais amoureux de ta mère. Mec, t’as pas besoin de te doper au gingembre pour être à la hauteur.

- Je t’expliquerai ça plus tard, où as-tu parqué le navire, Fred ?

- Le « navire », comme tu dis, n’est pas ici, je l’ai planqué incognito sur une île, celle de Groix, à dix milles en face. Si tu t’étais branché sur mon blog, tu pouvais me suivre à la trace, mais t’avais autre chose à faire, je pense…

En effet, après une nuit d’amour, voire deux, Gaël est exténué, lessivé comme un torchon dans le lit d’Aurélie, une nouvelle conquête, une brunette adorable, parait-il. Du coup, il rate l’avion une fois, deux fois avant de prendre conscience que son pote l’attend à Concarneau.

 

Réconciliés après moult explications de part et d’autre, de retour sur l’île, ils firent un repas de roi, des belons, un saint-pierre arrosés d’un Menetou-Salon (pour les connaisseurs). Le lendemain, ils prirent enfin la mer à deux. Et ce ne fut pas de trop avec des vents de 40 à 50 nœuds, la houle et des creux de 3 à 4 mètres. A l’entrée de Belle-Ile-en Mer, voiles affalées, le moteur hoquetait, semblait rendre l’âme, le sloop allait s’écraser contre les rochers lorsque par miracle le skipper réussit à s’enfiler dans la passe… en marche arrière !

Ouf, pour se remettre de ces émotions, ce fut encore une soirée de marins où l’on refit le monde… de la mer avec des copains de rencontre.

 

Au matin, nous avons le temps de prendre du temps, d’ausculter les entrailles du Gingembre. Ces bêtes sophistiquées de technologie mettent parfois le navigateur à rude épreuve. Ce ne sont plus les barques à voile du temps passé où l’on manœuvrait les drisses uniquement à main d’homme, à la force des biceps.

 

Après la bruine et la tempête de la veille, le baromètre, ou plutôt la météo nous annonce une navigation pépère. Pour rejoindre la baie de Quiberon, il faut zigzaguer entre les cailloux, contourner des îles sauvages, inhabitées, trouver la passe.

A vol d’oiseau, vingt milles nous séparent de la Trinité sur Mer. Vent de face, il en fallut plus du double, en tirant des bords tantôt à bâbord, tantôt à tribord, pour atteindre le port situé à l’embouchure du golf du Morbihan. Un port de rêve, avec des pontons, de l’eau, de l’électricité et la wifi pour communiquer avec le monde !

 

Sacrés paparazzi !

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