alpilles13 ALPILLES13

29/06/2010

A la recherche du Nautilus…

 

 

Depuis l’époque où le Nautilus sillonnait les mers, faisant la chasse aux aventuriers, semant la panique parmi les équipages, nous avons décidé, nous, capitaine et moussaillon, de renouveler l’aventure de la frégate Abraham Lincoln. A bord de notre frêle esquif, notre sloop Gingembre portant pavillon helvétique, un signe de neutralité… nous avons parcouru l’Atlantique tout au long du Gulf Stream dans l’espoir de rencontrer le capitaine Nemo.

Ce héros, ce flibustier de haut vol, ce personnage de légende, qui nous a fait rêver dans notre adolescence, avait certainement pris une retraite imméritée quelque part sur l’un des îlots sauvages au large des côtes de Bretagne. Nous le considérions comme immortel. Où vivait-il ? Peut-être aussi dans son sous-marin, son Nautilus accosté aux abords de l’Atlantide ?

Notre point de départ, notre démarche se situe dans la baie de Lorient. A l’entrée, à bâbord, existe une ancienne base de sous-marins, celle de Kéroman, construite par la Kriegsmarine allemande au début des années quarante. Nous étions persuadés que de vieux mariniers, de vieux pécheurs avaient enfoui quelques souvenirs, quelques indices au tréfonds de leur mémoire. De bar en bar, nous les questionnons, de bar en bar, nous avons abusé de ce lambig, cette eau-de-vie de cidre dont la sous-marque s’appelle calvados en Normandie ! No comment ! Nous avons fait chou blanc sur toute la ligne, oubliant que nous étions à 20.000 lieux sur la mer !

On est remonté vers le nord, on s’est enfilé à marée haute dans le port de Pont-Aven, la cité des peintres devenue célèbre à l’époque des impressionnistes dont Gauguin est l’initiateur de l’école des Navis. Aucune trace, aucune évocation picturale d’une époque qui était aussi la leur…

Mince alors, on a croisé les îles des Glénan en se dirigeant vers la Pointe du Raz, on a laissé l’île de Sein à bâbord puis, lors d’une escale à Douarnenez, nous avons pris pension chez Hervé, dit Vévé, au bar du Port. Pour faire le point, rien de meilleur d’avoir les pieds sur terre !

«Nemo ? Nemo ? ça nous dit quelque chose, mais il n’est pas d’ici. Jules, natif de Nantes, nous a bien raconté quelque histoire à son sujet, mais c’est du passé, ça date de l’autre siècle. Faudrait aller voir du côté de Brest, tonnerre de sort ! »

Camaret, le Conquet, le nord du Finistère, Perros-Guirec, à la limite des Côtes d’Armor, il n’était pas question de quitter l’océan, de pénétrer dans la Manche, vers Saint-Brieuc ou le Saint Malo. Ce n’est pas une mer digne de Nemo, avec tous ces Anglais en face.

De guerre lasse, on a posé le bateau, on a battu en retraite, on n’allait pas réécrire l’histoire, ou plutôt ajouter un chapitre au roman de ce cher Jules Verne. L’épave du Nautilus croupit sans doute tout rouillé au fond d’une crique. Les épaves sont légions dans le pays. Le capitaine Nemo vit encore dans nos mémoires. Peut-être un jour, avec notre Gingembre, ferons-nous le tour du monde en 80 jours ?

En attendant, rendons à Jules ce qui est à Verne :

http://fr.calameo.com/read/000120511ed8b14a6f4de

 

 

26/06/2010

Le capitaine et le moussaillon…

 

Belle-Ile-en Mer

 

Je déteste que le capitaine m’appelle « moussaillon », sous prétexte que je ne suis pas un pro de la mer. Depuis le temps qu’ils sont affublés du titre de « maître après Dieu », ils sont devenus méprisant envers les matelots, les sans-grade. Je vais de suite lui rabaisser le caquet :

- Alors… raconte ce qui est arrivé…

- Ah, mon vieux, il m’arrive un truc terrible, je crois que c’est le démon de midi qui me joue ce tour-là.

- Alors là, tu me fais rire, tu me racontes des sornettes, le démon de l’amour est en toi depuis belle lurette, depuis ta naissance sans doute. Je parie même que tu étais amoureux de ta mère. Mec, t’as pas besoin de te doper au gingembre pour être à la hauteur.

- Je t’expliquerai ça plus tard, où as-tu parqué le navire, Fred ?

- Le « navire », comme tu dis, n’est pas ici, je l’ai planqué incognito sur une île, celle de Groix, à dix milles en face. Si tu t’étais branché sur mon blog, tu pouvais me suivre à la trace, mais t’avais autre chose à faire, je pense…

En effet, après une nuit d’amour, voire deux, Gaël est exténué, lessivé comme un torchon dans le lit d’Aurélie, une nouvelle conquête, une brunette adorable, parait-il. Du coup, il rate l’avion une fois, deux fois avant de prendre conscience que son pote l’attend à Concarneau.

 

Réconciliés après moult explications de part et d’autre, de retour sur l’île, ils firent un repas de roi, des belons, un saint-pierre arrosés d’un Menetou-Salon (pour les connaisseurs). Le lendemain, ils prirent enfin la mer à deux. Et ce ne fut pas de trop avec des vents de 40 à 50 nœuds, la houle et des creux de 3 à 4 mètres. A l’entrée de Belle-Ile-en Mer, voiles affalées, le moteur hoquetait, semblait rendre l’âme, le sloop allait s’écraser contre les rochers lorsque par miracle le skipper réussit à s’enfiler dans la passe… en marche arrière !

Ouf, pour se remettre de ces émotions, ce fut encore une soirée de marins où l’on refit le monde… de la mer avec des copains de rencontre.

 

Au matin, nous avons le temps de prendre du temps, d’ausculter les entrailles du Gingembre. Ces bêtes sophistiquées de technologie mettent parfois le navigateur à rude épreuve. Ce ne sont plus les barques à voile du temps passé où l’on manœuvrait les drisses uniquement à main d’homme, à la force des biceps.

 

Après la bruine et la tempête de la veille, le baromètre, ou plutôt la météo nous annonce une navigation pépère. Pour rejoindre la baie de Quiberon, il faut zigzaguer entre les cailloux, contourner des îles sauvages, inhabitées, trouver la passe.

A vol d’oiseau, vingt milles nous séparent de la Trinité sur Mer. Vent de face, il en fallut plus du double, en tirant des bords tantôt à bâbord, tantôt à tribord, pour atteindre le port situé à l’embouchure du golf du Morbihan. Un port de rêve, avec des pontons, de l’eau, de l’électricité et la wifi pour communiquer avec le monde !

 

Sacrés paparazzi !

21/06/2010

J’ai repris la mer…

 

 

 

Après une matinée à découvrir Port Tudy, un endroit plein de charme, de bistrots sympas, de loueur de bicyclettes, de marcheurs de tout âge, j’ai repris la mer à 11h30 GMT, seul… à bord du ferry qui fait la navette vers Lorient.

A vrai dire, je vais à la rencontre du skipper qui me cherche depuis deux jours sans réussir à me joindre puisque j’avais fait silence radio !

On lui a dit à Concarneau que le sloop « Gingembre » était sorti dimanche sans préciser s’il revenait le soir…

Au portable, il criait comme un putois, me traitait de tous les noms d’oiseau !

- Tu te calmes sinon je ne te dis pas où je suis. Tu as manqué le rendez-vous sans me prévenir, j’ai fait de même en me tirant tout seul.

- Tu es fou, complètement dingue, il aurait pu t’arriver des bricoles, toucher les hauts fonds, te fracasser contre les rochers, tu sais à peine lire une carte !

- Et bien, tu me sous-estime mon cher Gaël, je suis à bon port, sain et sauf. On se retrouve « An Orient » sur le quai des Indes, si tu veux, le temps d’une petite traversée, ton heure sera la mienne.

- Tonnerre de Brest, attends-moi où tu te trouves, ne bouge plus !

- Pourquoi, veux-tu me rejoindre à la nage ?

Quatre heures plus tard, Gaël cherchait partout le Gingembre sur ce quai, ce bras de mer en centre ville, qui date de l’époque de la route de l’Orient, dont les navigateurs ramenaient dans leurs soutes les épices qui ont fait non seulement la fortune de ce port, de cette ville, mais lui ont donné son nom.

Assis à une terrasse de bistrot, je l’observais tranquillement en train de chercher un bateau battant pavillon suisse. Puis, au détour d’une jetée, je le surpris en le tapant amicalement sur l’épaule. Tout penaud, comme un agneau, il avait perdu sa vindicte. On s’étreignit comme de vieux potes.

J’aurais donné ma tête à couper des raisons de son absence. Encore une histoire de femme, une histoire d’amour, une de plus. On dit que les marins ont une femme dans chaque port… mais ça ne leur suffit pas, c’est la chasse perpétuelle.

 

 

(à demain, peut-être ?)

19/06/2010

Standby

 

 

Encore une nuit d’insomnies ! Décidemment, j’ai dû contracter un abonnement de longue durée avec la lune. Je passe par tous les stades d’une nuit de sommeils fractionnés. Je débloque enfin mon portable, volontairement resté muet depuis mon départ. Je découvre les messages. Bo, mon épouse est inquiète, ce n’est pas dans mes habitudes de la laisser sans nouvelles durant 48 heures, d’autant que depuis toujours elle pressent mes coups de folie. Comment peut-elle vivre avec un homme pareil ? Mille fois, je l’ai questionnée, mille fois, elle a répondu par un sourire, mille sourires, devrais-je dire : francs, sincères, aimants, interrogatifs, dubitatifs, malicieux, narquois, rarement ironiques.

 

Je ne vais tout de même pas l’appeler en pleine nuit. Je suis tenté de ne pas lui faire signe au matin, d’attendre encore. Ce n’est pas une raison malsaine. Comme j’ai toutes les chances de passer de vie à trépas avant elle, je désire qu’elle s’habitue à mon départ. Pour lui permettre de juguler émotion, désarroi, chagrin, douleur, tristesse, absence sans fin.

Complexe le mec ? L’idéal de vie d’un couple aimant consiste de prime abord à vivre ensemble, se découvrir, accepter ses différences, se supporter, - j’allais dire contre vents et marées - choisir en respectant le choix de l’autre, se contrarier, se bagarrer parfois puis se réconcilier, rester lucide afin de ne pas casser la mécanique du cœur et de l’esprit.
Quant au sexe, ne le négligeons pas, il est indispensable à l’amour, au début c’est le nerf de la guerre puis il devient un complément, le terme est faiblard, j’en conviens. Trop d’amour tue l’amour, il faut consommer ce breuvage à petites doses, jour après jour, jusqu’à la fin du temps qui nous est imparti. L’idéal d’un couple est de quitter la vie ensemble. Je n’aime pas l’avion, une peur stupide, je vole avec elle car en cas de pépin on est sûr de partir ensemble. Elle surveille ma santé, elle corrige mes écarts. Je ne suis pas dupe, elle souhaite me garder le plus longtemps possible, malgré le décalage horaire. Est-ce la mer qui me rend mélancolique ?

 

Ou plutôt cette digression est une manière de « mener le lecteur en bateau » qui attend la suite des événements. Autant vous dire qu’il n’y aura pas de péripéties aujourd’hui, je fais relâche. Le vent souffle en rafales, la mer est grosse. Les mouillages ne sont pas légion dans la zone. Cette enquiquineuse de marée complique la navigation, je n’ai pas envie de poser le bateau sur le ventre à basse mer, de faire de la dentelle avec la quille. D’ailleurs, à tribord un bateau-école des Glénan s’est collé coque contre coque, il reste à quai. Il est déconseillé de sortir au-delà de sept Beaufort me confirme le moniteur bardé de diplômes. S’il savait que je ne suis qu’un matelot d’occasion !

J’oubliais de vous dire que le skipper a donné signe de vie… mais ce sera pour le prochain épisode.

17/06/2010

Seul en mer...

 

Après une nuit d’insomnies, de cauchemars, de monstres qui m’agressaient comme des murènes aux aguets, j’ai pris la décision de bouger, de quitter le port pour d’autres cieux…

Selon la capitainerie, la météo est favorable, mer calme, légère brume matinale, vent force 7 à 8.

Pour ce qui est de la brume, j’ai effectivement la tête embrumée des whiskys de la veille. Pas n’importe lequel, un whisky breton ou rien ! A cause d’une jolie blonde qui faisait ses classes au resto du port. Un stage de vacances, un travail d’été s’entend, en l’attente de faire des études de communication à l’automne. J’ai utilisé toutes mes facultés communicatives sans succès. J’avais presque oublié qu’un vieux loup de mer n’a aucune chance de séduire une midinette. Laissons cela à Séguela avec sa Rolex au poignet. Ne dites surtout pas à ma mère que je navigue seul au large des côtes de Cornouaille, elle me croit serveur dans un bar !

Donc, j’ai pris la mer, elle m’ouvre ses grands bras, elle n’est rien qu’à moi. Sortie du port au moteur, puis je déroule le génois. Le vent sud-ouest forcit jusqu’à 15 nœuds. Par respect pour tous ces navigateurs aguerris, je passe à proximité de l’archipel des Glénan, puis je file tout droit en direction de l’ile de Groix. J’accoste comme un grand à Port Tuby où je sais que l’on peut atterrir à toute heure de marée avec un « navire » de plus de 12 mètres ! Il y a toujours une âme charitable pour vous tendre la perche… en l’occurrence attraper les amarres. Ouf ! je m’en suis sorti tout seul… quel exploit. Je dois une fière chandelle au pilote automatique et au GPS.

 

J’apprends que la navigatrice en solitaire de 16 ans a été sauvée dans l’océan indien à 3000 km de la Réunion. Faut être fou, inconscient de faire le tour du monde en solitaire et sans escale. Faut être dingue de se trimbaler tout seul avec un 12 mètres. Cela me rappelle mon enfance lorsque j’avais piqué la voiture de mon père pour faire le tour du village avec mes copains d’école primaire. Rien que d’y penser, j’ai encore mal aux fesses. Bon, en plein océan, on ne risque guère de fracasser sa coque de noix contre les rochers qui affleurent partout ici, sur les côtes bretonnes. La mer est dangereuse, souvent mortelle, surtout au large de la Palestine, à ce qu’on dit… Je mesure ma connerie, j’attrape une peur rétroactive, je ne sais plus que faire. Partirai-je demain en direction de L’Orient ?

 

 

14/06/2010

Naufragé de la mer...

 


Nous étions quatre, puis trois, puis deux. Voici que le deuxième, le skipper, me fausse compagnie et je me retrouve seul en rade dans la baie de Concarneau !

Que vais-je faire ? Attendre, attendre encore dans l’espoir qu’il finisse par se pointer au bout du ponton… Je cogite à tous vents, un vent de nord-est, sur ce voilier de 39 pieds, bien trop grand pour moi seul.

Je prends mon attente en patience, je parcours le port, la ville close, je m’assieds aux terrasses des cafés, je consomme un café, deux cafés, puis une bière bretonne, une cervoise artisanale. Au bar des Moutons, portant le nom d’une des îles de l’archipel des Glénan, je perçois des propos de marins au long cours. La purée de pois, la pluie, force 15 la veille, puis l’arrivée à bon port, la tournée des troquets jusqu’à plus soif.

Le bateau est bourré de victuailles, de quoi faire le tour du monde en solitaire, sans escales pour se ravitailler. Ca tournicote dans ma tête à l’idée de prendre la mer seul. D’autres l’ont fait bien avant moi en se faisant parfois prendre par la mer… Cette perspective est folle, irréaliste, je le sais, mais elle me tarabuste l’esprit, ne me laisse aucun répit. Incapable de me concentrer sur la lecture de Mediapart !

Surprise, la wifi fonctionne, offerte par le port de plaisance. Je consulte les cartes marines, les accès aux ports où je ferai escale, Lorient, Quiberon avant d’atteindre Saint-Nazaire. Les criques, les baies où je mouillerai pour la nuit en évitant les rochers, la marée descendante. Ce matin, un vieux loup de mer m’a dit : « Ne hisse pas la grand voile, navigue à la trinquette ! »

Je suis un bleu… je découvre l’atlantique et ses pièges depuis la terre. Voici quatre jours que je parcours le Finistère, les côtes de la mer d’Iroise, la côte des Légendes, celle de Cornouaille pour me familiariser avec ce pays brut de granit. Le ciel était bas, menaçant, il y avait du crachin, de la froidure humide, à vous rendre morose.

J’ai toujours souhaité vivre sur un bateau. Un rêve de terrien, de marin d’eau douce ! Même à quai, vous êtes déjà en dehors du monde. En pleine mer, il vous semble l’avoir quitté pour toujours. Puis, lorsqu’enfin vous apercevez la terre au loin, à quelques milles, c’est comme une sorte de renaissance.

Peut-être à demain, là-bas où je serai !

 

07/06/2010

GOGOL, Taras Boulba

 

 

 

Voici le livre :

http://fr.calameo.com/read/000120511f3d1193918e8

 

Biographie

Gogol est connu essentiellement pour un roman, Les Ames mortes, longuement travaillé et retravaillé, pour une pièce satirique, Le Revizor, et pour plusieurs recueils de nouvelles dont les plus célèbres sont Le Nez, Le Manteau, Tarass Boulba.

I - DEBUTS DANS LA RUSSIE AUTOCRATIQUE (1809-1834)


Nicolas Gogol naît en 1809 dans une famille d'origine ukrainienne anciennement anoblie. Son père est petit fonctionnaire, mais propriétaire de terres et de serfs. Après ses années de lycée, Gogol s'installe à Pétersbourg en 1828, où il devient employé de ministère. Encouragé par Pouchkine, il publie en 1831 un premier volume de nouvelles, Les Veillées du hameau de Dikanka. En 1854 il est nommé professeur-adjoint d'histoire à l'Université.

II - DES NOUVELLES AU THEATRE ET AU ROMAN (1835-1842)

Les premières Nouvelles de Pétersbourg - La Perspective Nevsky, Le Portrait et Le Journal d'un fou - paraissent en 1835, suivies d'un autre recueil servant de suite aux Veillées du hameau (avec Tarass Boulba). Il quitte l'Université. Il achève Le Revizor, une comédie écrite sur une idée de Pouchkine. Le tsar autorise la pièce sans attendre le visa de censure. Elle obtient un grand succès en 1836. Nicolas Ier s'exclame : " Tout le monde en a pris pour son grade, moi le premier. " En voyage en Allemagne, en Suisse, à Paris, à Rome, de nouveau en Allemagne, puis en Autriche de 1836 à 1839, Gogol mène parfois une vie besogneuse et se plaint de sa santé, tout en travaillant aux Ames mortes. À Vienne, en 1840, il écrit Le Manteau, avant de souffrir d'une grave dépression. De l'automne 1840 à l'été 1841, il est à Venise puis à Rome ; il révise Les Ames mortes et Le Revizor, et verse dans le mysticisme. À la fin de 1841, Les Ames mortes est interdit par la censure. Le roman sera pourtant publié en mai 1842, après corrections et suppressions.

III - DE LA SATIRE À LA DEVOTION (1842-1852)

Gogol se déplace sans cesse à travers l'Europe. Son exaltation spirituelle grandit. Il réécrit ses oeuvres. En 1844, il est en Allemagne, en 1845 à Paris, dans les villes allemandes, à Rome, en 1846 à Naples, en 1847 en Allemagne, en Belgique, sur la Côte d'Azur et en Italie, en 1848 en Orient - avant son retour en Russie en 1849. Il redouble de pratiques pieuses, fait arrêter les représentations du Revizor, mais publie des " passages choisis " de sa correspondance.
La réfection des Ames mortes s'achève. Gogol reçoit la visite de Tourgueniev, qui le jugeait génial et " un peu timbré ". Son état nerveux s'aggrave. Il refuse toute nourriture. Il meurt le 21 février 1852. Une foule considérable accompagne son corps, cependant que le régime tsariste, ne lui pardonnant pas sa vision sarcastique de la société russe, arrête la publication de ses oeuvres et interdit jusqu'à la mention de son nom.

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