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31/07/2010

Montaigne, "Essais" Livre I

 

MONTAIGNE_index.jpg

Voici le livre :

http://fr.calameo.com/read/000120511f0f7bf9f1697

Traduction par Guy de Pernon d'après l'édition de 1595 - Documents - Essais

Nous vous proposons ici une traduction en français moderne des «Essais» de Michel de Montaigne (édition 1595) par Guy de Pernon. Laissons le traducteur présenter son travail:


Les éditions prétenduement «grand public» («Folio», Garnier, Arléa...) qui ajoutent souvent la mention «mis en français moderne» ne font en réalité que reproduire le texte de 1595 avec des «améliorations» plus ou moins importantes en matière de ponctuation et d'orthographe... ce qui donne un texte d'apparence moderne en effet, mais tout aussi incompréhensible pour le lecteur ordinaire.
André Lanly est le seul à ma connaissance qui ait publié jusqu'ici une traduction. Mais s'il a cherché des équivalents aux mots en usage à l'époque, il a cru devoir respecter pour l'essentiel la structure des phrases de Montaigne, largement influencée par la syntaxe latine. De ce fait, sa «traduction» demeure souvent opaque et peu agréable à lire pour un lecteur non-spécialiste...
J'ai donc jugé utile de refaire ce travail intégralement, et dans une autre optique : celle de permettre la lecture de Montaigne au plus grand nombre possible et pour cela adopter un français vraiment contemporain.
Et pour que la lecture en soit plus commode, avec une mise en page plus conforme à nos habitudes actuelles, j'ai découpé le texte en paragraphes : l'original n'en comportait pratiquement pas.

Nous vous recommandons vivement la lecture de ce magnifique texte, rendu enfin accessible à tous. L'idéal est d'en déguster un chapitre par jour...

 

Biographie rédigée par Fredleborgne et publiée sous Licence Art Libre (LAL 1.3

 

Michel EYQUEM dit « Montaigne », nait le 28 février 1533 dans le Périgord au château familial.
Son père lui fait apprendre le latin avec une nouvelle méthode, puis l’envoie étudier à Bordeaux.
Il étudiera aussi le droit à Toulouse et deviendra magistrat en 1554. En 1557, il sera nommé au Parlement de Bordeaux. Il se marie en 1565, résigne sa charge en 1570.
Surtout, il connaîtra l’ « Amitié » avec LA BOETIE, collègue de parlement, qui lui enseignera le stoïcisme.
De 1571 à 1580, Montaigne mènera une vie consacrée à la réflexion, la lecture, et la rédaction de son œuvre majeure : Les essais. Mais il suit aussi l’histoire de son temps (guerres de religion). En 1574, il est même chargé d’une mission auprès du Parlement de Bordeaux.
En 1578, la « maladie de la pierre » commence à cruellement le faire souffrir. En 1580, il décide voyager et d’essayer les « eaux » qui peut-être le soigneront. Il passe à Paris, Plombière, Baden, Munich, passe en Italie, séjourne à Rome et à Lucques. Il est alors élu maire de Bordeaux en septembre 1581. Il revient avec l’expérience de ses voyages. Celle-ci sera bien utile, car les évènements se précipitent à Bordeaux à partir de 1583. Habile diplomate, son rôle durant les crises est primordial. Mais la peste atteint Bordeaux, puis ses terres. Il fuira devant l’épidémie. De 1586 à 1592, il se consacre à ses écrits, mais conserve  toujours un rôle politique durant ces temps troublés.

Il meurt, moralement paisible, en 1592.

Montaigne est un paradoxe. Penseur, il allie le bon sens paysan à une finesse l’indolence, il mène une vie mouvementée et riche. Son dessein de parler de lui (« je suis moi-même la matière de mon livre ») nous éclaire sur la complexité et les d’esprit peu commune. Malgré son aspect physique lourdaud et sa tendance à contradictions que chaque homme porte en lui. Finalement, Montaigne apparait comme un homme complet, ayant deux passions : Vérité et Liberté. En tant qu’auteur, sa modestie et sa sympathie nous convie à suivre la synthèse de sa réflexion et de ses connaissances pour mieux nous faire profiter de sa sagesse.

Source : XVIe Siècle. Collection Littéraire Lagarde et Michard.

 

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14:51 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (1)

23/07/2010

Tourgueniev, Journal d'un homme de trop

 

Le rire de Gogol et le rire de Tourgueniev
Le rire de Gogol et le rire de Tourgueniev

Voici le livre :

http://fr.calameo.com/read/0001205111f4a49d1cd09

 

Biographie :

Ivan Serguéïevitch Tourgueniev est né le 28 octobre 1818 à Orel. Issu d’un milieu aisé, il passera son enfance sur le domaine familial. C’est sans doute dans les souvenirs de cette enfance campagnarde (voir son récit en grande partie autobiographique Premier Amour) que Tourgueniev puisera la richesse de ses récits A l’âge de 15 ans, il entame ses études à l’universités de Moscou, études qu’il achèvera en Allemagne à l’âge de 20 ans.

Pressé par sa mère qui souhaite voir son fils renoncer à une carrière littéraire, il rentre au ministère de l’intérieur, sans pour autant pouvoir se résoudre à abandonner l’écriture. Remarqué par les critiques par quelques poèmes (dont Paracha), il rencontre un succès rapide avec ses Mémoires d’un chasseur. Ce recueil de nouvelles marque aussi l’engagement du jeune Tourgueniev qui, au travers la description des scènes de la vie paysanne, en vient à souligner, à demi-mot l’absurdité du servage ; absurdité dont il avait pu juger au travers le comportement despotique de sa mère à l’encontre de ses "âmes".

Premier succès, mais aussi premiers ennuis. Censuré par le pouvoir, ses textes (qui influencèrent fortement la décision du tsar dans sa décision d’abolir le servage) lui valent alors (1852) un mois d’emprisonnement et une assignation à résidence de trois années. L’intelligentsia russe s’interroge aussi face à cet esprit libéral et modéré, à une époque où les prises de positions politique appellent à être marquées, où l’opinion désire une littérature engagée.

En 1855, il reçoit l’autorisation de quitter ses terres. Attiré par l’Europe qu’il a déjà visitée lors de plusieurs voyages, il s’exile en Allemagne, puis en France (où il vécu presque 32 ans), suivant au grès de ses voyages, Pauline Viardot, cantatrice rencontrée en 1843, femme mariée et mère de famille dont il tomba amoureux et en devint l’ami-amant. C’est à ses côtés qu’il meurt le 3 septembre 1883 des suites d’un cancer.

Exilé en Europe, admis dans les cercles cultivés parisiens, Tourgueniev y joua le rôle d’ambassadeur de la culture Russe, d’un pays qu’il fit découvrir au travers ses tableaux de la vie des campagnes. Mais Tourgueniev n’est pas seulement ce peintre de la Russie campagnarde, des moujiks, et des amants maudits, cet amoureux lyrique de sa terre (mais peut-être moins des hobereaux qui l’habitent et de la bêtise provinciale…). Ainsi, si l’on retient surtout de lui la simplicité de la retranscription de la nature, l’impression d’harmonie et de plénitude, cette impression heureuse ou résignée, qui s’en dégage, Tourgueniev se veut avant tout le témoin de son temps, cet observateur de la classe cultivée russe alors en pleine évolution en ce milieu du XIXè siècle, classe cultivées « qui a été l’objet principal de mes observations. » On comprend alors mieux l’évolution de son œuvre suivant celle de la pensée sociale, de l’idéalisme (Roudine) au nihilisme (Père et fils).

A découvrir :

Tags:Colloque international sur le rire de Gogol et le rire de Tourguéniev, exposition, Gogol, le rire,

 

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15:45 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0)

07/07/2010

Une journée avec Billy,

J’ai pris la route au matin pour rencontrer Billy en chair et en os. On me parlait de lui depuis longtemps, la veille, je l’avais même repéré sur Internet. Après un dédale d’allées tantôt à gauche, tantôt à droite, une sorte de labyrinthe qui n’en finissait pas, je l’ai aperçu de loin. Je l’ai reconnu de suite, il trônait en bonne compagnie avec des collègues. Ce grand gaillard, tout de blanc vêtu, m’observait de haut, me toisait du regard.

D’origine scandinave, Billy est célèbre dans le monde entier, jusqu’en Chine, parait-il. Petit Billy faisait pâle figure à ses côtés, mais il me parut plus sympathique que le grand gigolo. Mis à part la taille, ils doivent être frère ou cousin germain, tant ils se ressemblent.

C’est le bibliothécaire du village qui m’avait donné son adresse, du côté de Vitrolles, aux portes de Marseille.

- La seule solution pour ranger tes piles de bouquin, me disait-il, c’est Billy.

- Je ne vais tout de même pas prendre un manutentionnaire à mon service.

- Tu es à côté de la plaque, Fred, Billy n’est pas un loufiat, c’est l’étagère la plus vendue dans le monde pour un prix dérisoire, grosso modo l’équivalent de deux bouquins !

 

Me voici donc face à une jolie hôtesse, aimable à souhait, qui me dit que Billy et petit Billy sont des modèles d’exposition. Je devais en prendre livraison en libre service au quai de chargement, travée zéro deux, box zéro six. Un vrai parcours du combattant, fléché comme un jeux de piste, poussant le chariot qu’elle m’avait mis entre les mains. Je peux vous dire que Billy était vraiment raplapla, mis en pièces, compressé dans un carton ondulé. A la force du poignet, que dis-je des biscoteaux, je réussis à emporter quatre Billy, deux grands et deux petits.

Loin de moi l’idée que j’avais acquis un matelas gonflable et qu’il suffisait de pomper et pomper encore, pour leur faire prendre forme ! Mais ce qui m’attendait dépassait mes capacités de bricoleur du dimanche. Je fis appel à mon amie Astrid, qui doit avoir des ascendances nordiques… car elle me sauva la mise en professionnelle du « do it yourself ». En fin de journée, les quatre Billy me regardaient de haut ! Il ne me restait plus qu’à ranger mes bouquins comme un bibliothécaire.