alpilles13 ALPILLES13

16/08/2010

Escapade hors du temps

 

Le chemin de Compostelle
Le chemin de Compostelle

Vendredi 13, 13 heures, ils sont à l’Olivier, un restaurant d’étape perché dans les collines situées dans le Pays de Louis Mandrin, du côté des Abrets, de Pont-de-Beauvoisin. Ce révolutionnaire, ce contrebandier défendait les petites gens en leur procurant à bas prix le sel et le tabac, luttait contre l’Ancien régime et les Fermiers généraux qui collectaient des impôts prohibitifs. Arrêté avec ses troupes, traité de brigand, accusé de crime de lèse-majesté, Mandrin fut condamné au supplice de la roue puis étranglé par son bourreau.

François, le père de Maxime et Margaux leur dit s’être arrêté autrefois dans cette auberge avec leur grand-père, lui aussi quelque peu révolutionnaire. Les enfants prétendent connaître aussi l’endroit.

– C’est sur la route qui nous amène en Provence, chez le Pépé, dit Margaux.

– Oui, c’était l’été passé au mois de juillet, au bas de la colline, il y a le lac de Paladru, on l’aperçoit d’ici, dit Maxime.

– Cet endroit ne m’est pas inconnu, il me semble que c’était hier ou avant hier, dit Isabelle, la compagne de François…

- Non, tu divagues maman, hier nous étions au bord du Lac Léman, répond Céline.

Peu à peu, cette joyeuse équipée reprend ses esprits, des souvenirs se font jour, les langues se délient. L’un deux prétend avoir visité le Lubéron la veille, la bourgade de Gordes… Où étions-nous ce matin, au petit déjeuner ?

- Sur une terrasse de Saint-Rémy, Margaux, tu as même bu un chocolat, répond Maxime.

– Oui, c’est vrai, et hier soir, il me semble que nous nous baignons de nuit dans une piscine, il y avait un autre garçon, Clément je crois, vous avez joué à la pétanque avec Marine, alors que je jouais du piano avec papa !

– Naturellement, j’ai pointé, j’ai tiré et mes adversaires ont embrassé le popotin de Fanny, répond Maxime du tac au tac.

– C’est grave, vous affabulez, les enfants, la chaleur sans doute !

– Papa, on t’aime, on t’adore mais tu prends de l’âge, fais attention à tes neurones. Pourquoi as-tu une barbe de trois jours ?

Se passant la main sous le menton, ce fut le déclic, le coup de massue au moment du dessert glacé, de quoi rafraichir les méninges ! Isabelle se porta derechef au secours de son homme en l’enlaçant.

Lors d’une ballade d’un jour, mardi, 10 août à 13 heures, l’équipée s’était arrêtée à l’Olivier pour déjeuner. Pourquoi n’irions-nous pas trouver le Pépé jusqu’en Provence ? Une idée folle. Sitôt dit, sitôt fait sans bagages, ni brosse à dents, une escapade de trois jours hors du temps ! Treize à table... sous les oliviers.  Dan et JF ont même réussi à mettre en marche la vieille moto du Pépé, une Terrot 1930 pétaradante, en partance pour Compostelle.

Trois jours de bonheur pour le « Papet » de Provence et ses petits-enfants. Aujourd'hui, sur le chemin du retour... ils ont enfin les pieds sur terre !

Les commentaires sont fermés.