alpilles13 ALPILLES13

28/08/2010

Stendhal, Armance

 

Portrait de Stendhal par Quenedey
Portrait de Stendhal par Quenedey

Voici le livre :

http://fr.calameo.com/read/0001205114b5337fa707c

Stendhal (1783-1842)

  • Stendhal (en réalité Henri Beyle) est né en janvier 1783 à Grenoble. On retient généralement qu'il était brillant en mathématiques, que c'est surtout son grand-père qui lui a apporté affection et éducation et qu'il avait peu d'affinité avec son père.
  • À l'âge de dix-sept ans, Stendhal s'engage dans l'armée et cette carrière lui fait découvrir l'Italie, pays qu'il aime beaucoup. Cependant il démissionne car l'armée l'ennuie. Stendhal reprend du service plus tard, en 1806, et devient auditeur au Conseil d'État. De 1805 à 1814, il partage sa vie entre des missions à l'étranger, sur les pas de Napoléon, et de longs séjours à Paris.
  • En 1814, la Restauration met fin sa carrière et il retourne à Milan où il se consacre à ses passions (théâtre, concerts, musées, etc). De retour à Paris en 1821, il fréquente de nombreux salons romantiques.
  • En 1830, Stendhal est nommé consul à Trieste ; c'est aussi cette année que paraît Le Rouge et le Noir. Stendhal entreprend la rédaction de Lucien Leuwen (qu'il ne terminera pas) et de La Vie de Henry Brulard.
  • Stendhal meurt en 1842.

  • Manuscrits de Stendhal en ligne :
  • http://stendhal.msh-alpes.fr/manuscrits/

14:30 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2)

24/08/2010

Vingt mille lieues sous les mers

 

 

Ce roman d’aventures de Jules Verne, composé en 2 parties de respectivement 24 et 23 chapitres , est le sixième de la série des Voyages Extraordinaires . Il a été publié chez Hetzel, à Paris,  en 1869.

Résumé :

Ce roman, parmi les plus célèbres et des plus traduits de notre littérature, apparaît sans conteste comme une des oeuvres les plus puissantes, les plus originales et les plus représentatives de Jules Verne. Tout commence en 1866: la peur règne sur les océans. Plusieurs navires prétendent avoir rencontré un monstre effrayant. Et quand certains rentrent gravement avariés après avoir heurté la créature, la rumeur devient certitude. L'Abraham Lincoln, frégate américaine, se met en chasse pour débarrasser les mers de ce terrible danger. Elle emporte notamment le professeur Aronnax, fameux ichthyologue du Muséum de Paris, son domestique, le dévoué Conseil, et le Canadien Ned Land, «roi des harponneurs». Après six mois de recherches infructueuses, le 5 novembre 1867, on repère ce que l'on croit être un «narwal gigantesque». Mais sa vitesse rend le monstre insaisissable et lorsqu'enfin on réussit à l'approcher pour le harponner, il aborde violemment le vaisseau et le laisse désemparé. Aronnax, Conseil et Ned Land trouvent refuge sur le dos du narwal. Ils s'aperçoivent alors qu'il s'agit d'un navire sous-marin...Édition groupe Ebooks libres et gratuits.

 

Voici le livre :

http://fr.calameo.com/read/000120511ed8b14a6f4de

16:09 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2)

18/08/2010

La Part du rêve

Chers Amis clients lecteurs,

La période de vacances touche à sa fin, le mot “rentrée” se prononce de plus en plus...
J’espère que vous avez bien profité de ce temps libre et que vos lectures furent variées et enrichissantes...

La rentrée littéraire démarre dès le 18 août et vous l’aurez sans doute déjà lu dans la presse, quelques 701 nouveaux livres de “littérature” sont annoncés !
Le chiffre est exact !
Depuis très longtemps je dénonce cette surproduction, et à la lecture des journaux ces derniers jours, on y “découvre” encore et toujours le visage d’Amélie Nothomb, les cheveux grisonnants de Laurent Gaudé et l’air désabusé de Michel Houellebecq... !

Je vais essayer au fil de mes billets de vous faire découvrir des livres peu médiatisés.
Bien-sûr si un livre d’un auteur reconnu mérite notre attention, je le signalerai. Il est dommage de savoir déjà d’avance que beaucoup de livres vont avoir une durée de vie très courte, car il est impossible de tout avoir et de de tout lire...

J’ai eu la chance de recevoir avec un peu d’avance des livres à paraître et voici quelques suggestions de lecture :



Elif Shafak
Soufi, mon amour
Editions Phébus
Prix : 39 fr.

La lecture du roman “Doux blasphème “d'Aziz Z. Zahara transcende spirituellement Ella Rubinstein, une femme épanouie de 40 ans. Celle-ci s'identifie au personnage, le poète Rûmi qui, au XIIIe siècle, vit son existence prendre une nouvelle orientation sous l'influence du célèbre derviche du monde musulman, Shams de Tabriz.
Un livre étonnant, polyphonique, alliant un récit contemporain et l’histoire persane d’autrefois... Passionnant !




Vincent Borel
Antoine et Isabelle
Ed. Sabine Wespieser
Prix : 43 Fr.

Le destin d'Antonio et Isabel, mariés et parents de deux petites filles. Après s'être engagé dans la République espagnole, Antonio part pour la France, entraîné par la Seconde Guerre mondiale. Il connaît ensuite la Résistance, le maquis, l'arrestation par les Allemands et l'extradition dans un camp nazi.
Bel hommage de l’auteur pour ses grands parents. Un beau texte qui nous fait parcourir une grande partie du XXe siècle en Espagne.




Voici en avant-première le programme de la Bibliothèque de la Pléiade de cet automne :

2 septembre : V. Nabokov – Œuvres romanesques T. 2 Pléiade Prix : 136 Fr.

7 octobre : Les Epicuriens – Pléiade Prix : 136 Fr.

7 octobre : Boris Vian – Œuvres romanesques T. 1     Pléide     Prix :  169 Fr.
7 octobre : Boris Vian – Œuvres romanesques T. 2     Pléiade   Prix : 169 Fr.
7 octobre : Boris Vian – Œuvres romanesques T.1 et T. 2 sous coffret    Pléiade    Prix : 338 Fr.

Réservez dès aujourd’hui vos exemplaires, je les tiendrai à votre disposition et vous les retirerez à votre convenance.



Encore quelques curiosités :



Patrick Reumaux
Les Dieux habitent toujours à l’adresse indiquée
Editions Vagabonde
Prix : 18 Fr.

Un beau voyage à travers toute la Méditerranée, toutes ses cultures et tous ses écrivains qui ont su exalter les couleurs et les senteurs de ce monde de lumière.
On prend beaucoup de plaisir à travers cette centaine de pages riches en senteurs...  Original !


Joan Fuster
Dictionnaire à l’usage des oisifs
Editions Anacharsis
Prix : 38 Fr.

Ces essais, regroupés par ordre alphabétique, abordent des sujets aussi variés que l'amour, la justice, la lâcheté, la lecture et le sexe. Ils constituent une série de promenades ou divagations littéraires, philosophiques et morales se fondant sur le trivial du quotidien.
Extraordinaire livre pour la première fois traduit en français du poète et essayiste valencien, traducteur de Camus, amoureux de Montaigne, Voltaire, Nietzsche et bien d’autres...

Dans l’attente du plaisir de vous revoir, je vous adresse mes plus cordiales salutations.

François Pulazza





LIBRAIRIE LA PART DU REVE
François PULAZZA
4, rue Leschot
1205  GENEVE

0041.22.320.63.06 (librairie)
0041.78.652.27.75 (mobile)

A l'occasion de la rentrée littéraire d'autome, je reproduis ci-dessous l'article de Anne Pitteloud, paru en avril 2010 à l'occasion de l'ouverture d'une nouvelle librairie, La Part du rêve:

L'invité du mois
François Pulazza

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Une quarantaine de librairies indépendantes ont fermé en Suisse romande depuis le début des années 2000, et les libraires ne savent pas encore ce que leur réserve l'arrivée imminente du livre électronique, qui bouleversera le marché. C'est dans ce contexte lourd d'incertitude que François Pulazza vient d'ouvrir une nouvelle enseigne: début mars, il inaugurait «La Part du Rêve», sans doute «la plus petite librairie de Genève, mais celle qui offre le meilleur choix!» sourit-il. Dans le minuscule espace de la rue Leschot, véritable «cabinet de lecture», une table de nouveautés choisies avec soin côtoie une bibliothèque réservée à des petits éditeurs indépendants, tandis que sur d'autres rayonnages s'alignent des livres anciens, rares et dédicacés. De fait, avant une reprise définitive, La Part du Rêve collabore avec Monsieur Jean-Jacques Faure, qui s'intéresse depuis 35 ans aux livres parus entre 1850 et 1950, et envoie quatre catalogues par an à ses clients bibliophiles qu'il reçoit ensuite sur rendez-vous. De par ce fonctionnement, la librairie était souvent fermée: les deux hommes ont donc imaginé cette formule «qui convient à tous les deux», se réjouit François Pulazza. «Cet intérêt bibliophilique me correspondait: je propose également des livres d'art, ainsi que des ouvrages édités avec un soin particulier.» Ouvrir une nouvelle librairie à Genève en 2010, est-ce bien raisonnable? La question semble incongrue face à l'enthousiasme communicatif du libraire, qui n'en est pas à son coup d'essai.

 

Entretien avec François Pulazza, par Anne Pitteloud

 

Qu'est-ce qui vous a motivé à prendre le risque de lancer La Part du rêve? Quelle vision de votre métier défendez-vous?

François Pulazza: Je suis devenu toujours plus petit afin de revenir à l'essence même de ma profession. J'ai d'abord été responsable et acheteur général des librairies Forum à Genève, et j'ai créé un troisième Forum à Signy, près de Nyon (propriétés de Coop, les librairies Forum ont fermé fin 2003). En octobre 2003, j'ai ressuscité la librairie Descombes, rue Verdaine. Tout le monde nous disait que c'était une gageure que de relancer cette librairie située juste derrière la Fnac, mais la Nouvelle Librairie Descombes marche bien aujourd'hui.
Aujourd'hui, il est très facile de trouver un livre avec la base de données Electre sur Internet. Le libraire doit donc offrir un plus, et le petit libraire peut survivre à condition qu'il soit différent. Il y a bien sûr aussi de très bons libraires et de très bons disquaires dans les grandes surfaces, mais je défends une autre manière de travailler, qui privilégie un contact étroit avec les clients.
J'ai une forte personnalité et certains disent aimer cela, beaucoup font confiance à mes choix. Il existe selon moi deux sortes de clients. Les premiers iront toujours à la Fnac: ils aiment l'anonymat et le côté impersonnel des grandes surfaces, non la dimension intime. La seule question qu'on leur pose est «avez-vous la carte Fnac?» et pour eux c'est parfait. C'est qu'il faut oser pousser la porte de ce petit cabinet de lecture, cela peut impressionner ou gêner… Cela convient à ceux qui ne vont pas dans une librairie, mais vont voir leur libraire: ils ont envie de passer un moment privilégié avec lui, qui leur aura préparé une sélection de livres et connaît leurs préférences. Il y a des clients que je côtoie depuis des années et j'achète des livres spécialement pour eux; je me rappelle leurs goûts, leurs intérêts, ce qu'ils ont lu, je les connais par cœur et je sais qu'ils aimeront. Il s'agit de coller à une personne. Ainsi, j'envoie une newsletter qui présente les nouveautés, mais aussi une lettre plus personnalisée à certains clients. Parfois ils me disent: «C'est terrible, vous me connaissez trop bien.» C'est qu'on est dans le registre de l'intime, surtout en littérature – ma spécialité. Le libraire est un marchand de rêve qui doit pouvoir communiquer ses passions.
Enfin, j'aimerais relever que je suis bien entouré ici: il y a le phénomène de la rue Leschot, si l'on peut dire. Elle se bonifie depuis qu'elle est partiellement piétonne. A côté, il y a un an environ, l'ancien gérant de la librairie ésotérique Delphica a lancé Les Trois mondes. La librairie pour enfants Le Chien bleu s'est installée dans la rue il y a un mois. La librairie ancienne Le Temps perdu est juste à côté, celle du Boulevard un peu plus loin à la rue de Carouge…

Selon vous, la petite librairie a toutes ses chances dans le contexte actuel.

Je fais partie du comité de l'Association suisse des diffuseurs, éditeurs et libraires (ASDEL) en tant que responsable de la formation des libraires. Je dis aux apprentis: «N'ayez pas peur, ce métier est difficile, mais si on veut durer en tant que petit libraire il faut faire plus, privilégier le contact, transmettre ses passions, et surtout faire preuve d'une immense curiosité.» Il s'agit de se tenir au courant, de savoir de quels livres parle la presse, de consulter Livres Hebdo , le magazine de la profession. Cela va si vite, tant de livres sortent... On doit être de bons généralistes, constamment en éveil, et connaître tous les secteurs car on a besoin de toutes les commandes – j'attends ainsi beaucoup des bibliothèques , qu'elles nous aident à réaliser notre rêve…
Avec ou sans prix réglementé du livre, l'important est d'abord l'accueil que le libraire réserve à ses clients. Et beaucoup sont gris, tristes… On parle toujours des 40 libraires disparus, mais il faut dire que certains méprisaient les gens. Toute personne qui lit est digne d'intérêt: un Barbara Cartland peut mener à de meilleurs romans d'amour. Mais certains libraires méprisent ce genre de lectures et de lecteurs.
Je suis peut-être Don Quichotte, mais j'y crois. Je ne changerai pas ma ligne. J'ai déjà fait dégouliner des best-sellers et des Marc Lévy le long des rayons, ça ne m'intéresse plus !

Justement, parlez-nous de vos choix, dans ce marché du livre au roulement si rapide.

Il faut souligner que près de 70 000 nouvelles références francophones sortent chaque année: le rythme est tellement rapide que les livres disparaissent très vite. Il y a vingt ou trente ans, nous pouvions user du fameux droit de retour pendant un an, et nous gardions les livres dix, onze mois avant de penser à les retourner. La production a doublé aujourd'hui. Si un livre sorti en janvier n'a pas marché, il faut déjà penser à le renvoyer. C'est éphémère, il y a peu d'élus. C'est très dur pour un auteur d'être édité, puis très difficile d'être lu.
Je fais donc une sélection importante – de plus, la place réduite de ma librairie m'y oblige. Si 15 nouveautés paraissent dans la collection Blanche de Gallimard, je mise sur deux titres, pas plus. Mes préférences m'ont toujours porté vers la littérature, l'histoire, un peu la philosophie, ainsi que les beaux-arts – je propose les catalogues des expos actuelles. J'ai travaillé pendant treize ans comme œnologue: j'ai ici une bibliothèque d'œnologie avec des titres sur le vin qui sortent des sentiers battus.
Enfin, dans ce contexte de surproduction, les petits éditeurs qui sortent cinq à six livres par an restent visibles plus longtemps! Je propose ici plus de 70 petits éditeurs indépendants: Héros-limite ou La Dogana côté suisse romand, ainsi qu'une soixantaine de petites maisons françaises dont beaucoup ne sont pas distribuées, qu'on n'a jamais vus à Genève – comme La Rumeur des Ages ou Circa 1924, par exemple. Je les ai découverts dans des salons du livre ou sur Internet et j'ai toujours défendu cette ligne, chez Descombes également. Il y a par exemple la Librairie La Brèche, qui est aussi éditeur; les éditions La Part des Anges, Jean-Paul Rocher, Aden, Anabase, Ivrea, Finitude, Argol, des Cendres, Sillage, L'Arbre vengeur… Leurs livres sont de beaux objets et offrent des textes de grande qualité, à des prix de poche.. Certains ressuscitent d'anciens auteurs français, libres de droit et épuisés, ce qui est très bien quand on voit cette littérature nombriliste qui s'écrit aujourd'hui en France… Rééditer dans de beaux petits livres Jacques Audiberti, Pierre Louÿs, Catulle Mendès, Louis Chadourne, des nouvelles de Balzac ou Diderot, c'est aussi un bon moyen de se faire connaître en tant qu'éditeur débutant. Ainsi, La Rumeur des Ages vient de publier Aux Champs , une longue nouvelle de Zola. Le Dilettante est au départ un ancien libraire frustré de ne plus trouver les grands auteurs. Mon prochain projet est d'ailleurs de créer une nouvelle maison d'édition…

Sur certaines nouveautés, vous avez posé un billet avec votre note de lecture…

En effet, j'inscris mes commentaires pour guider le lecteur. C'est le libraire fantôme. J'ai beaucoup aimé Sept ans de Peter Stamm, et je vais le défendre encore un moment. Je préfère avoir moins de titres, mais plus longtemps. Il y a aussi les éditeurs que je suis. J'aime beaucoup la littérature étrangère, hispanique et anglophone particulièrement – Albert Sánchez Piñol chez Actes Sud, les auteurs publiés par Métailié, William Boyd dont le prochain roman sort bientôt…. Je trouve la littérature française trop nombriliste.

Et que pensez-vous de la littérature suisse? et romande? Quels sont vos relations avec les auteurs d'ici?

J'avoue une admiration pour la littérature suisse alémanique contemporaine. Il y a de dignes héritiers de Durrenmatt et de Frisch. Ils s'appellent Martin Suter, Urs Widmer, Peter Stamm, Markus Werner, Pascal Mercier… Fantastique! Il n'y a pas de comparaison avec la littérature romande qui aurait tendance à m'ennuyer… Si je dois en citer un seul, je dirai Blaise Hofmann chez Zoé, toujours très bon dans des genres très différents…
J'ai bien sûr des contacts avec quelques auteurs. Les meilleurs sont ceux qui font preuve de discrétion comme mon ami Armen Godel, et non d'autres que je ne citerai pas, seulement inquiets de la présence de leurs livres dans les rayons!

Beaucoup de librairies indépendantes accueillent des rencontres, des lectures, les animations étant aussi une manière d'offrir un «plus» littéraire par rapport aux grandes surfaces. Envisagez-vous de telles animations?

Les dédicaces et lectures m'ennuient. Chacun son style mais… pour les lectures, je préfère ma propre voix. A moins que le texte ne soit lu par un comédien, qui lui apporte réellement quelque chose. Chez Descombes, j'organisais plutôt des rencontres avec des éditeurs: Anne-Marie Métailié, Sabine Wespieser, Viviane Hamy, et tant d'autres… C'était extraordinaire, beaucoup plus dynamique que les lectures. Je jouais au journaliste, je leur posais des questions sur leur métier, leur catalogue, les nouveautés, et elles finissaient par nous parler avec passion d'une foule de livres. C'était de beaux moments de partage et d'enthousiasme. J'avais invité Françoise Nyssen d'Actes Sud chez Descombes, qui me dit en arrivant: «Il n'y aura personne, qui veut écouter un éditeur?» Or nous accueillions environ 80 personnes. Ces rencontres fidélisaient des lecteurs pour les mois à venir, les gens étant ensuite attentifs aux parutions de l'éditeur découvert. Ici ce serait difficile étant donné la taille de la librairie, mais nous pourrions imaginer quelque chose avec les cafés voisins…

En tant que petit libraire, comment vous positionnez-vous face au livre numérique?

La plate-forme suisse n'est pas encore lancée, mais La Part du rêve proposera le livre numérique: mes clients pourront acheter le matériel, je leur montrerai comment télécharger des textes, etc. La plupart d'entre eux sont des amoureux du papier, donc je ne pense pas que beaucoup seront intéressés. Mais le livre électronique sera très bien pour certains usages, en voyage par exemple – guides, dictionnaires et romans tiendront sur un seul petit support. Ce qui m'inquiète, en revanche, est le dirigisme: si je veux un lecteur avec de la couleur, je dois acheter actuellement le Kindle, mais je suis du coup obligé de me fournir chez Amazon. Ce qui veut dire que si Amazon ne trouve pas d'accord avec certains éditeurs, il sera impossible d'acheter leurs livres…
En Suisse, c'est l'Office du livre, diffuseur basé à Fribourg, qui prépare sa propre plateforme. L'échéance est toujours repoussée, on parle à présent de mi-avril. On suit les dernières évolutions: en France, Gallimard va intenter un procès contre Google, Hachette méprise les libraires et veut les évincer… Aux Etats-Unis, il y a eu plus de 3 millions de téléchargements pirates rien qu'au dernier trimestre 2009. En Suisse, l'idée est de protéger le libraire: lorsque le lecteur s'inscrit, il devra entrer le nom du libraire de son choix, ou alors ce sera celui le plus proche de son domicile, qui touchera un petit pourcentage du prix du téléchargement.

Propos recueillis par Anne Pitteloud

***

La Part du rêve
4 rue Leschot
1205 Genève
Tél. 022 320 63 06.

 

François Pulazza, librairie La Part du Rêve
François Pulazza, librairie La Part du Rêve


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© «Le Culturactif Suisse» - «Le Service de Presse Suisse»

 

16/08/2010

Escapade hors du temps

 

Le chemin de Compostelle
Le chemin de Compostelle

Vendredi 13, 13 heures, ils sont à l’Olivier, un restaurant d’étape perché dans les collines situées dans le Pays de Louis Mandrin, du côté des Abrets, de Pont-de-Beauvoisin. Ce révolutionnaire, ce contrebandier défendait les petites gens en leur procurant à bas prix le sel et le tabac, luttait contre l’Ancien régime et les Fermiers généraux qui collectaient des impôts prohibitifs. Arrêté avec ses troupes, traité de brigand, accusé de crime de lèse-majesté, Mandrin fut condamné au supplice de la roue puis étranglé par son bourreau.

François, le père de Maxime et Margaux leur dit s’être arrêté autrefois dans cette auberge avec leur grand-père, lui aussi quelque peu révolutionnaire. Les enfants prétendent connaître aussi l’endroit.

– C’est sur la route qui nous amène en Provence, chez le Pépé, dit Margaux.

– Oui, c’était l’été passé au mois de juillet, au bas de la colline, il y a le lac de Paladru, on l’aperçoit d’ici, dit Maxime.

– Cet endroit ne m’est pas inconnu, il me semble que c’était hier ou avant hier, dit Isabelle, la compagne de François…

- Non, tu divagues maman, hier nous étions au bord du Lac Léman, répond Céline.

Peu à peu, cette joyeuse équipée reprend ses esprits, des souvenirs se font jour, les langues se délient. L’un deux prétend avoir visité le Lubéron la veille, la bourgade de Gordes… Où étions-nous ce matin, au petit déjeuner ?

- Sur une terrasse de Saint-Rémy, Margaux, tu as même bu un chocolat, répond Maxime.

– Oui, c’est vrai, et hier soir, il me semble que nous nous baignons de nuit dans une piscine, il y avait un autre garçon, Clément je crois, vous avez joué à la pétanque avec Marine, alors que je jouais du piano avec papa !

– Naturellement, j’ai pointé, j’ai tiré et mes adversaires ont embrassé le popotin de Fanny, répond Maxime du tac au tac.

– C’est grave, vous affabulez, les enfants, la chaleur sans doute !

– Papa, on t’aime, on t’adore mais tu prends de l’âge, fais attention à tes neurones. Pourquoi as-tu une barbe de trois jours ?

Se passant la main sous le menton, ce fut le déclic, le coup de massue au moment du dessert glacé, de quoi rafraichir les méninges ! Isabelle se porta derechef au secours de son homme en l’enlaçant.

Lors d’une ballade d’un jour, mardi, 10 août à 13 heures, l’équipée s’était arrêtée à l’Olivier pour déjeuner. Pourquoi n’irions-nous pas trouver le Pépé jusqu’en Provence ? Une idée folle. Sitôt dit, sitôt fait sans bagages, ni brosse à dents, une escapade de trois jours hors du temps ! Treize à table... sous les oliviers.  Dan et JF ont même réussi à mettre en marche la vieille moto du Pépé, une Terrot 1930 pétaradante, en partance pour Compostelle.

Trois jours de bonheur pour le « Papet » de Provence et ses petits-enfants. Aujourd'hui, sur le chemin du retour... ils ont enfin les pieds sur terre !

14/08/2010

Alphonse Allais, Deux et deux font cinq !

 

Voici le livre :

http://fr.calameo.com/read/000120511efaf752d1b2c

Je passe tout le mois de mars à Tamaris, près de Toulon, chez Allais - et j'apprends à l'aimer davantage.
J'ai vu des gens qui parlaient peu de leurs ouvrages, qui n'attachaient pas d'importance à leurs travaux - mais j'en ai jamais vu qui fussent à ce point modestes. Il écrivait et publiait une centaine de contes par an - il n'y faisait aucune allusion, jamais. Il négligeait même d'envoyer ses livres à ses amis. On démarquait ses contes, on lui volait ses inventions les plus étourdissantes, les plus personnelles - il ne songeait pas à s'en plaindre.
Il écrivait hebdomadairement au Journal et au Sourire. Il devait envoyer ses deux articles le jeudi. Il aurait très bien pu les faire le mercredi. Il attendait le jeudi soir, il attendait jusqu'à la dernière minute, puis il allait s'asseoir dans le fond du café le plus voisin de la poste - car il n'écrivait jamais chez lui, et tous ses contes il les a fait sur du papier à lettres. Sitôt qu'il avait terminé ses deux articles, il les mettait sous enveloppe sans les avoir relus et envoyait un garçon les jeter à la poste.
Certains d'entre eux se ressentent de cette hâte extrême, d'autres sont le témoignage de sa prodigieuse imagination - mais les plus savoureux de tous sont assurément ceux qu'il a commencés sans savoir où il allait, Allais. Sa langue, son esprit, son ingéniosité faisaient alors merveille. Et ce sont de véritables chefs-d'œuvre d'écriture. Il avait le génie de la parenthèse et du "renvoi au bas de la page". Quand il avait écrit une phrase dont il n'était pas satisfait, il la mettait entre guillemets et l'attribuait à certains écrivains médiocres comme Ohnet. Même alors, il ajoutait sic.
On peut ne pas goûter à l'esprit d'Alphonse Allais - mais c'est dommage. On peut aussi ne pas aimer les œuvres de Laurent Tailhade - mais on a bien tort. Et j'ai rapproché ces deux noms parce que, justement, Tailhade ne goûtait pas l'esprit d'Allais. Il prétendait que je m'exagérais sa valeur. Un jour qu'il me disait cela, je lui ai demandé s'il lui était arrivé déjà de lire un livre entier d'Alphonse Allais. Il en avait lu seulement des contes par-ci par-là.
- Il a donc publié des livres ?
- Non. Mais chaque année, il publie un recueil de ses contes.
Nous étions à la campagne, chez moi, à Honfleur, et je lui ai mis de force entre les mains Rose et vert pomme en lui disant :
- Lisez-le pendant que je travaille. Mais ne vous éloignez pas. Je veux vous entendre rire.
- Rire ?
- Oui, vous rirez... malgré vous !
Et je l'ai installé en face de moi dans un fauteuil.
Docilement - amicalement, devrais-je dire - il lut de la première à la dernière page le livre d'Allais. Il n'en passa pas une ligne - je le surveillais.
Il ne sourit pas une fois !
Mais quand il eut fini :
- Je vous fais mes excuses, Sacha. Il n'est pas drôle, votre ami... mais c'est un admirable écrivain !
Venant de Tailhade, j'aimais bien mieux cela que s'il avait souri.
Parmi le mots d'Allais les plus frappants et les plus fins, je me souviens de celui-ci.
La nouvelle promotion de la Légion d'honneur venait de paraître. Jules Renard y figurait, mais il était mal entouré. Il y avait là deux ou trois écrivains qu'on aurait pu très bien ne pas décorer. Allais venait d'ouvrir son journal. Il s'écria :
- Oh ! Vous avez vu... ce pauvre Renard qu'on a décoré dans une rafle.
(...)
Quand on va très souvent dans les mêmes cafés, on finit par en connaître les habitués, et l'on se dit bonjour, même on se serre la main, sans savoir comment on s'appelle. On se dit : "Bonjour, monsieur. Au revoir, monsieur." Allais n'aimait pas à appeler les gens monsieur. Il les appelait mon capitaine, mon cher maître ou bien docteur. Or, parmi ces docteurs, il en est un auquel l'appellation est restée. On continue encore à l'appeler docteur aujourd'hui - et on le consulte ! On ne le consulte que dans les cafés, mais comme il est d'une prudence extrême dans les médications qu'il conseille, n'indiquant d'ailleurs jamais que des spécialités, il a fini par se faire une très agréable petite clientèle.
C'est le docteur Pelet. Il me l'a confirmé par téléphone, un jour, en thermes spirituels : "Oui, c'est la vérité, je suis devenu médecin à cause d'Alphonse Allais... mais il m'appelait docteur parce que je suis docteur en droit."

Les plaisanteries d'Allais étaient à longue portée. En voici un autre exemple :
Allais avait abonné pour dix ans à la Cote de la Bourse un certain Marcel Leconte, repris de justice, qui a passé sa vie à mourir de faim, vautré sur le parapet du port d'Honfleur. Il attendait là l'arrivée des bateaux du Havre et aidait à les décharger. Allais avait donné comme adresse : Marcel Leconte, Café Français, Honfleur - et tous les samedis on voyait le patron mécontent du Café Français lançait à Leconte la Cote de la Bourse en lui criant :
- Leconte, voilà votre journal !
Lorsque Allais mourut, il y avait encore trois ans d'abonnement à courir. Allais n'était plus là - la blague continuait !
(...)
Sacha Guitry, Si j'ai bonne mémoire, Plon, 1934.

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08/08/2010

Pour soigner la sinistrose !

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02/08/2010

Le Roi s'amuse à Grignan...

 

 

Voici le livre :

http://fr.calameo.com/read/00012051178711a14d8a5

Depuis plus de 20 ans, le Département de la Drôme produit durant 2 mois, un spectacle de théâtre présenté dans devant la  façade du château de Grignan, dans un cadre exceptionnel et dans des gradins offrant pas moins de 780 places. C’est cette année la pièce Le Roi s’amuse de Victor Hugo qui est mise à l’honneur. Ce drame étonnant, qu’on qualifierait aujourd’hui de « mélo », où le rire côtoie le terrible, se déroule à la cour de François 1er où Triboulet, un bouffon diabolique, mène une folle sarabande avant d’en être la victime…

Qui mieux que Victor Hugo pouvait présenter une de ses plus belles pièces:
«La pièce est immorale? croyez-vous? Est-ce par le fond? Voici le fond. Triboulet est difforme, Triboulet est malade, Triboulet est bouffon de cour - triple misère qui le rend méchant. Triboulet hait le roi parce qu'il est le roi, les seigneurs parce qu'ils sont les seigneurs, les hommes parce qu'ils n'ont pas tous une bosse sur le dos. Son seul passe-temps est d'entre-heurter sans relâche les seigneurs contre le roi, brisant le plus faible au plus fort. Il déprave le roi, il le corrompt, il l'abrutit - il le pousse à la tyrannie, à l'ignorance, au vice - il le lâche à travers toutes les familles des gentilshommes, lui montrant sans cesse du doigt la femme à séduire, la soeur à enlever, la fille à déshonorer. Le roi dans les mains de Triboulet n'est qu'un pantin tout-puissant qui brise toutes les existences au milieu desquelles le bouffon le fait jouer. Un jour, au milieu d'une fête, au moment même où Triboulet pousse le roi à enlever la femme de monsieur de Cossé, monsieur de Saint-Vallier pénètre jusqu'au roi et lui reproche hautement le déshonneur de Diane de Poitiers. Ce père auquel le roi a pris sa fille, Triboulet le raille et l'insulte. Le père lève le bras et maudit Triboulet. De ceci découle toute la pièce. Le sujet véritable du drame, c'est la malédiction de monsieur de Saint-Vallier. Écoutez. Vous êtes au second acte. Cette malédiction, sur qui est-elle tombée? Sur Triboulet fou du roi? Non. Sur Triboulet qui est homme, qui est père, qui a un coeur, qui a une fille. Triboulet a une fille, tout est là. Triboulet n'a que sa fille au monde - il la cache à tous les yeux, dans un quartier désert, dans une maison solitaire. Plus il fait circuler dans la ville la contagion de la débauche et du vice, plus il tient sa fille isolée et murée. Il élève son enfant dans l'innocence, dans la foi et dans la pudeur. Sa plus grande crainte est qu'elle ne tombe dans le mal, car il sait, lui méchant, tout ce qu'on y souffre. Eh bien ! la malédiction du vieillard atteindra Triboulet dans la seule chose qu'il aime au monde, dans sa fille. Ce même roi que Triboulet pousse au rapt, ravira sa fille, à Triboulet...»
La présentation ci-dessus est extraite d'un texte que Victor hugo écrivit en défense de sa pièce qui fut interdite dès le soir de la première représentation, la monarchie de Juillet ne tolérant pas plus qu'une autre, et malgré la révolution de 1830, qu'on représente un roi dominé par la luxure. Quelques années plus tard, Verdi composera Rigoletto, sur un livret fidèlement adapté de cette pièce, et son opéra connaîtra le même sort.

 

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