alpilles13 ALPILLES13

06/09/2010

Lettre ouverte à l'épistolière Amélie...

 

Chère Amélie Nothomb,

Pardonnez-moi de vous écrire à travers l’Internet alors que votre préférence va à la lettre papier, sans doute manuscrite, qui sent bon l’encre de chine ou des mers du sud. Cela me rappelle l’époque des correspondances avec l’outre-mer, souvent des îles perdues dans l’Océan indien, où le courrier mettait parfois deux à trois semaines pour parvenir en Europe, et vice-versa. Je vibrais de bonheur lorsque le facteur me tendait une enveloppe avion avec de gros timbres multicolores.

Vous dites dans l’interview du Nouvel Obs de cette semaine que le courrier qui vous est ainsi adressé a un caractère secret qui n’existe pas au travers de la toile. C’est omettre que le courriel ne sera lu que de vous seule… et l’expéditeur forcément connu, ou tout au moins son adresse mail. Ce n’est pas le cas des lettres anonymes, souvent méchantes, dont vous ne parlez point. Pourquoi, chère Amélie, bâcler à la va-vite 4 bouquins par an au lieu d'un seul, mais un bon ?  Et l'éditeur de tirer au sort n'importe lequel, c'est du Nothomb... ça se vend comme des sucres d'orge !

J’ai lu deux ou trois de vos livres et, à l’instant où je vous écris, il  me vient en mémoire quelques passages de celui de 2007 : « Ni d’Eve ni d’Adam ». J’en déduis qu’au Japon, comme ici, les sous-chefs sont pire que les chefs et que l’on joue des coudes à tous les étages de la hiérarchie.

Je ne suis pas tenté de lire votre dernière livraison « Une forme de vie » déjà en tête du box office, peut-être à cause de mon obésité naissante ! En revanche, je suis curieux des cinquante manuscrits que vous ne publiez pas et qui seront une centaine d’ici une décennie ! Entre-nous, faites-moi le plaisir de m’envoyer l’un ou l’autre exemplaires, par courrier, en toute discrétion puisqu’ils ne vous plaisent pas !

Encore un mot, j’adore vos chapeaux, ils ne paraissent qu’à l’automne. De grâce, puisez dans vos réserves, publiez aussi au printemps avec vos chapeaux d’été.

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