alpilles13 ALPILLES13

29/12/2011

La dette...

Voici une vidéo explicative sur le site Mediapart :


http://blogs.mediapart.fr/blog/simon-vacheron/231211/comp...


25/12/2011

"DESTRUCTION MASSIVE", le dernier livre de Jean Ziegler


Où la « Géopolitique de la faim », Editions du Seuil, 350 pages, 20

Voir la vidéo du Seuil :

http://www.seuil.com/video-75.htm

Qui mieux que cet éternel combattant contre la misère et la faim peut rédiger un réquisitoire implacable sur la situation actuelle? Le sociologue genevois n'a pas attendu d'être nommé rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation de 2000 à 2008. Depuis son premier livre en 1963, La Contre-Révolution en Afrique, il a consacré l'essentiel de son œuvre à dénoncer les mécanismes d'assujettissement des peuples du monde.

el_suizo_jean_ziegleJean Ziegler.jpg

Ce livre n'est pas celui d'un professeur émérite qui observe les événements tragiques du haut de son bureau de l'Université. Tout au long de sa vie, il a parcouru la terre à la rencontre des peuples opprimés, notamment l'Afrique et l'Amérique du Sud. Sa notoriété lui a ouvert les portes des dirigeants du tiers-monde saisissant l'opportunité de les appeler à plus de tolérance, de démocratie et d'humanité envers leur peuple. Certains ont d'ailleurs été ses étudiants !

Les faits que Jean Ziegler dénoncent sont concrets, précis, pris sur le vif, sans appel. Avec sa fougue légendaire, il s'exprime sans concession quitte parfois à « choquer » son auditoire lors des conférences et des interviews.

Ce battant n'y va pas par quatre chemins lorsqu'il cloue au pilori la complicité des Etats occidentaux, les cavaliers de l'Apocalypse (l'OMC, le FMI et la Banque mondiale, propagateurs de la foi néolibérale, de la totale libéralisation des marchés et de la privatisation des services publics), la faim invisible, Genève, capitale mondiale des spéculateurs agroalimentaires, le vol des terres ou la malédiction de la canne à sucre, pour ne citer que quelques chapitres.

ZIEGLER 9782021060560.jpg

Le livre, les documents, les constats, l'analyse sont si denses, véridiques et tragiques qu'il me faudra bien le relire et le relire pour en faire une synthèse, si tant est que je puisse la faire, bien entendu après les fêtes, pour ne pas vous couper l'appétit des bombances de fin d'année !

Réécoutez l'interview de Jean Ziegler lors de l'émission de Daniel Mermet, Là-bas, si j'y suis, du 25 octobre 2011 :

 

http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-ent...

13:11 Publié dans Livres | Tags : ziegler, livre, faim | Lien permanent | Commentaires (3)

19/12/2011

L'histoire de Jésus...

 

L’historien Jean-Christian PETITFILS publie une nouvelle biographie de Jésus aux éditions Fayard.

En 2007, j’ai publié une « fable » intitulée : www.paradis-ciel.info

« Un journaliste au Paradis » qui est épuisé. En cette semaine, dite sainte, je vous propose la lecture du chapitre 7, la rencontre de Victor et Steve, les protagonistes de ce livre, avec Jésus au Paradis.

L’intégralité du bouquin peut-être lu en numérique dans le lien :

 

http://fr.calameo.com/read/00012051119b8788bd875

 

Si l’on avait dit à Victor qu’il se trouverait, un jour, en face du Christ, il aurait éclaté de rire et pris cette prédiction pour une farce de potache.

Dès son jeune âge, il avait bien rêvé du petit Jésus, emmailloté dans la crèche d’une étable, entre le bœuf et l’âne. Lorsque sa maman le prenait dans ses bras, le berçait pour le consoler de ses chagrins, elle l’appelait : « mon petit ange ». Comme celui, tout de blanc vêtu, une auréole d’or sur la tête, qui étendait ses ailes au-dessus de la masure en carton. Il ne manquait que l’âne et le bœuf pour qu’il s’identifie totale­ment à l’enfant de la crèche.

Victor se remémorait les veillées de Noël, aux Baux-de-Provence, où l’on reconstituait la nuit de la Nativité, en grandeur nature, avec de vrais personnages en chair et en os. Les bergers des Alpilles pénétraient à l’intérieur de la vieille église de pierre avec en tête le bélier, puis les brebis et les agneaux enroulés comme une écharpe sur le dos de ces hommes rusti­ques et fiers. Le tambou­rinaire martelait la cadence des joueurs de ga­loubet. Suivaient le meunier, le boulanger, le charcutier qui faisaient la révérence à l’enfant Dieu et dépo­saient leurs offrandes. Marie, la plus belle fille du pays, remerciait en dodeli­nant de la tête. Un vieux barbu hirsute et renfrogné, que l’on nommait Jo, dit « Petit jaune », en­fournait, pareil à un avare, les présents dans un sac de jute. Le nou­veau-né criait à tue-tête, couvrant le beuglement du bœuf et les cla­quements de sabots du bourricot.

Victor faisait partie, depuis plus de cinquante ans, de la confrérie « des petits Jésus ». Car, lors de sa première année, il avait été choisi pour inter­préter le rôle de l’Enfant roi, à la messe de minuit, ce qui lui donnait maintenant de l’assurance pour approcher son « confrère » Jésus. Cependant, la pers­pec­tive de cette rencontre le mettait dans un état fébrile qu’il n’avait jamais res­senti au cours de sa carrière, lors de ses contacts avec des per­sonnalités célè­bres.

Eva lui avait dit que Jésus ne prenait pas de rendez-vous. Il était dispo­nible pour tous les élus du Ciel, comme à l’époque, en Palestine, où il prenait langue, au bord des chemins, avec des pauvres, des vieux, des riches ou des pharisiens qui tentaient de lui tailler des crou­pières. On l’avait même aperçu au Purgatoire, en train de prêcher pour sa paroisse. Il aimait les fem­mes et elles le lui rendaient bien, toutes ces groupies qui s’agglutinaient au­tour de lui dans les travées du Paradis. Franchir ce barrage pour parvenir jusqu’à lui ne fut pas chose facile. Après de multiples tentatives, Victor réus­sit enfin à prendre Jésus à part, avec son camarade Steve.

Depuis sa mort sur la croix, au mont des Oliviers, le Christ n’avait pris au­cune ride. Il était beau comme un dieu ! Identique à toutes les images pieu­ses qui le représentaient depuis des siècles. Malgré lui, il avait contribué à la notoriété de peintres devenus célèbres : Michel-Ange avec les fresques de la Chapelle Sixtine, Rubens avec la Descente de croix et la Mise au tombeau, Jérôme Bosch avec le Jardin des déli­ces, Botticelli avec ses madones, pour ne citer que les œuvres connues auxquelles s’ajoutaient les tableaux codés de Léonard De Vinci. Des centaines d’artistes avaient exprimé leur foi, tout au long des siècles, sur la toile ou sur une par­tition musicale.

Victor et Steve furent surpris de la petite taille de ce grand Homme. Comparable à celle d’un adolescent qui aurait oublié de gran­dir… ou à la bonne moyenne des hommes de l’époque. Rien, dans son comportement, ne manifestait une nature exceptionnelle. Comment se faisait-il qu’un être aussi simple et avenant soit le fils de Dieu ?

« Je sais que vous souhaitiez me voir depuis toujours », leur dit-il, en s’avançant vers eux, le pas décidé et le regard engageant. Il est diffi­cile de dé­crire l’émotion des deux compères à se trouver face à Jésus-Christ ! Ils balbutièrent quelques mots de politesse à peine audibles. Mais il les mit tout de suite à l’aise en les tutoyant et en parlant simplement de la Terre qu’il observait, d’en haut, depuis près de deux mille ans. Il était ma­nifestement insatisfait des dérives de son message originel et de la tournure des événements. Il exprima son dé­sappointement en ces termes :

- Je dois vous dire que les propos rapportés par les évangélistes méritent de sérieuses corrections. Ils se sont mis à quatre, au moins, sans compter Paul de Tarse ; mais aucun d’eux n’a écrit exactement la même chose. Je leur pardonne, car ils n’ont pas vécu les faits en temps réel, comme toi Victor lors de tes re­portages aux quatre coins de la planète. L’occasion m’a été donnée de m’expliquer avec eux lorsque, à leur tour, ils sont venus me rejoindre ici. En particulier avec Paul qui a exagéré dans ses épîtres à tel point que je me suis fâché avec lui. Il m’a prêté des intentions que je ne n’avais pas et des thèses qui n’ont jamais été miennes. Ce complexé ne devait pas aimer la vie pour avoir banni l’amour, la sexualité, la culture et considérer la femme comme un être tout juste capable de procréer. La mémoire orale n’est pas fiable. Elle a souvent tendance à idéaliser les hommes et les événements. On a débordé d’imagination à mon égard, disant tout et n’importe quoi ! Puis, l’Eglise de Rome et les conciles s’en sont mêlés, ins­tituant le droit canon et de nouvelles pratiques chrétiennes. Je n’étais, d’ailleurs, pas le seul à prêcher, avec la foi en Dieu, les thèses pacifistes des Araméens et des Esséniens en opposition aux lois de Moïse qui prônaient la violence. Le plus connu, Jean le Baptiste, le plongeur du Jourdain, m’a joué un sale tour en me désignant comme le Messie tant attendu par les Juifs. J’eus beau lui dire qu’il se trompait, que si je croyais en Dieu, je n’étais pas son fils, mais un simple prêcheur. Rien n’y fit. Mes adeptes, qui se pressaient au bord du Jourdain, se tournè­rent vers moi et ne me quittèrent plus d’une sandale tout au long de mes pérégrinations en Galilée. La nouvelle se répandit en ville comme une traînée de poudre. Les pharisiens et les sadducéens n’allaient tout de même pas croire qu’un modeste menuisier, un va-nu-pieds qui men­diait sa pitance le long des chemins, puisse être le fils de Yahvé. On m’a mis au ban de la société palestinienne comme un usurpateur. Ma fa­mille, ma mère, mes frères et sœurs furent l’objet d’exactions et de poursuites de la part de la police d’Hérode. Heureusement que mon père, Joseph, n’était plus de ce monde, car il serait mort de chagrin. On me traitait de mythomane, de révolutionnaire. On m’a collé des aventures avec des filles de joie. Jusqu’à faire courir le bruit que le céli­bataire endurci de Nazareth entretenait des relations homosexuelles avec ses amis. Il est vrai qu’ils avaient laissé femmes et enfants à la mai­son pour courir l’aventure et prêcher la bonne parole avec moi. Les temps n’ont pas changé, puisque l’on se pose, encore aujourd’hui, des questions à propos du célibat des ecclésiastiques.

Steve et Victor restaient muets de stupéfaction, abasourdis par les pro­pos de Jésus. Cela remettait en cause l’enseignement religieux qu’ils avaient reçu dans leur jeunesse. Il n’était pas question de douter de la parole directe de Jésus, alias le Fils de Dieu, émise de vive voix. À cet instant-là, Victor pensa à son père qui se morfondait au Purgatoire parce qu’il doutait de la version officielle de l’Eglise.

Les deux compères n’étaient pas au bout de leur étonnement ; Jésus avait d’autres révélations à leur faire.

- Une fois embrigadé dans cette aventure avec mes camarades, que vous appelez les apôtres, je ne pouvais plus faire marche arrière. Je me suis réfugié dans le désert pour implorer Yahvé, Le prier pour qu’Il m’éclaire sur ce que je devais faire. Il m’incita à jouer le rôle du Messie jusqu’au bout. M’avait-il désigné par l’intermédiaire de Jean le Baptiste ? La question demeure ou­verte. J’étais convaincu que le mes­sage que j’avais à transmettre au monde devait apporter plus d’amour et d’humanité entre mes concitoyens.

- Fallait-il pour cela endurer le calvaire jusqu’à la mort, au Golgotha, alors que tu n’étais pas le fils de Dieu, questionna Victor ?

- Mes chers amis, nous sommes tous des fils du Créateur ! À cette épo­que, sous l’administration d’Hérode, supervisée par le préfet de Rome Ponce Pilate, les châtiments corporels, la lapidation et la mise à mort par crucifixion étaient monnaie courante pour les fauteurs de troubles et les malfrats. J’ai songé un moment à modérer mes propos, à battre en re­traite, à me cacher, pour échapper au supplice. J’aurais pu faire jouer les relations que j’avais nouées, en haut lieu, notamment avec la femme de Pilate qui, jusqu’au dernier mo­ment, insista auprès de son mari pour que je sois épargné. J’ai pensé également que mon Père adoptif m’avait aban­donné. Mais Il savait que j’étais déterminé à aller jusqu’au bout et que mon supplice Lui rendrait service. Il fallait frapper fort. Il fallait que j’y aille, que je de­vienne un martyr, pour que mon message parvienne aux hommes et franchisse les siècles jusqu’à vous. Et après vous. J’ai vécu un moment in­tense lorsque je portais ma croix, soutenu par Simon de Sirène, l’ami fi­dèle. Les autres, ces renégats, s’étaient éclipsés de peur d’être ar­rêtés comme complices. Le long du calvaire, une foule s’était amassée pour voir la bête curieuse. Mes partisans m’acclamaient, mes détrac­teurs me lançaient des quolibets ou me crachaient à la figure. À l’écart, se tenait ma mère, Marie, entourée de ses autres enfants, mes frères et sœurs, et d’amis. Il me semblait lire dans le regard de maman, à la fois une tristesse infinie et une certaine fierté de voir son fils accomplir son destin jusqu’au bout de ses forces. Mes douleurs s’estompaient par mi­racle, je ne sentais plus les épines qui me la­bouraient la tête. Il me semblait être en représentation sur une scène. Le pressentiment que ce spectacle serait rejoué d’année en année, jusqu’à la nuit des temps, me dopait. Je me surpris à éprouver une sorte d’orgueil, de vanité même, comme une star du show-biz aujourd’hui. Arrivé au sommet du mont des Oliviers, j’ai sombré dans l’inconscience lorsque les gardes d’Hérode ont cloué mes mains et mes pieds sur la croix.

Victor ne put s’empêcher de provoquer Jésus, de le pousser dans ses derniers retranchements :

- Tu racontes ton histoire, ta condamnation, ta mise à mort, sans acri­monie envers tes bourreaux. Honnêtement… tu l’as désirée, tu l’as provo­quée cette mort, pareil à un kamikaze d’aujourd’hui. Cela valait-il la peine d’accomplir cet acte suicidaire pour racheter les péchés du monde, quand on voit ce qu’il en est aujourd’hui ?

- Sous un certain angle, on peut admettre que j’ai été le premier kami­kaze de l’histoire. Si l’on songe aux répercussions de cet acte, j’ai eu raison de l’accomplir. J’ai peut-être suscité des vocations parmi ces jeunes Palestiniens, mes descendants, qui sacrifient leur vie pour la cause de ce peu­ple opprimé. Je rends hommage à leur courage, à leur foi, mais je suis en to­tal désaccord avec eux sur leur manière d’agir parce qu’en se donnant la mort, ils la donnent aussi à des innocents. Certes, la Terre ne tourne pas rond comme je l’aurais souhaité. Il fau­dra encore des années, voire des siècles, pour faire passer mon message d’amour et de tolé­rance parmi les peuples. Reconnaissez que depuis deux mille ans, de­puis le Nouveau Testament, des progrès notables ont été accomplis… Hélas, je n’ai aucun pouvoir miraculeux pour raisonner les hom­mes, les guérir du Mal endémique dont ils souffrent.

- Tu sais, Jésus, que les croyants se posent un tas de questions à ton sujet. Et les mécréants ont beau jeu de contester les faits rapportés par la Bible et l’Église. Ces doutes commencent déjà à propos de ta conception par l’opération du Saint-Esprit et de la virginité de ta mère, Marie. Tu viens de rétablir la vérité en citant l’existence de tes frères et sœurs, alors que nous l’ignorions jusqu’à ce jour. À part quelques ra­gots au sujet de Marie-Madeleine, on ne sait rien de ta vie sentimen­tale. Certains prétendent que tu aurais donné la vie, que tu aurais des descendants. Et tes miracles, Jésus, qui, aujourd’hui encore, fascinent les croyants, qu’en est-il, au juste ?

- J’avais tout simplement des dons de guérisseur comme beaucoup d’autres en ce temps-là. Il n’y avait pas d’autre médecine que celle qu’on ap­pelle aujourd’hui naturelle. On se servait des plantes, des po­tions que l’on dit magiques. Aujourd’hui, quand un magnétiseur im­pose ses mains sur le corps d’un malade et le soulage, on ne crie pas au miracle ! Lorsqu’un ostéo­pathe remet les nerfs, les muscles à leur place par simple pression sur la par­tie malade, on ne crie pas au miracle ! Il y a aussi l’aide psychologique, l’écoute, le conseil à ceux qui se complaisent dans de pseudo maladies. Soigner l’esprit aboutit souvent à guérir le corps. Ce qu’on a rapporté à mon sujet comporte beaucoup d’inexactitudes et d’exagérations. J’ai enseigné l’amour de Dieu et des hommes par des paraboles. Référez-vous à la fable de votre poète fran­çais, La Fontaine : « à la fin de sa vie, le laboureur convoque ses enfants pour leur recommander de piocher la terre, parce qu’un trésor est caché dedans ». Ce n’est rien d’autre qu’une image pour les inciter à travail­ler, à produire le blé indispensable à leur existence. Quant à ma vie privée, dois-je vous rap­peler que j’ai été un homme comme vous et qu’à ce titre, je souhaite que mon intimité familiale soit sauvegar­dée...

Steve et Victor étaient stupéfiés par la dernière repartie de Jésus. No comment ! Ils avaient posé la question qui dérange… Cela leur rappelait l’attitude d’un homme politique français contemporain qui avait caché offi­ciellement l’existence d’une fille illégitime pendant plus de vingt ans ! Ce fut vite, à notre époque, un secret de polichinelle pour les initiés qui ne le criè­rent pas sur les toits. Deux mille ans plus tôt, la communication en était à ses balbutiements – sauf pour la bonne cause - et les magazines « people » ne tapissaient pas la devan­ture des libraires. Dans sa réponse, Jésus avait men­tionné : « intimité familiale », ce qui laissait la porte ouverte à toutes les supputations… et même à des ragots rapportés par Dan Brown dans son bouquin, Da Vinci Code, qui excita la curiosité des lecteurs de romans de gare. Ce pseudo historien américain a pondu un thriller de plus de cinq cents pa­ges tendant à prouver que l‘Eglise catholique dissimule que Jésus et Marie-Madeleine auraient eu un enfant et forcément des descendants.

Un mystère taraudait encore l’esprit de Victor depuis sa venue au Paradis et il s’enhardit à essayer de tirer quelque éclaircissement de Jésus :

- Avant d’avoir la joie immense de te rencontrer, j’ai souhaité être in­troduit auprès du Seigneur, notre père à tous. A mon grand désappointe­ment, Eva m’a confirmé qu’il demeurait invisible pour les Terriens. Mais toi, Jésus, son digne fils spirituel, tu as dû l’approcher, lui parler, après tout ce que tu as fait pour Lui ?

- Détrompe-toi, Victor, je n’ai ni aperçu, ne serait-ce que l’ombre de Sa silhouette, ni entendu le moindre filet de Sa voix. Son message n’est qu’intérieur pour celui qui veut bien l’entendre et le comprendre.

Il fallut du temps, aux deux camarades, pour digérer cet entretien du troisième type. De prime abord, Jésus les avait subjugués par sa franchise en leur avouant qu’Il n’était pas le Messie. Il s’était montré d’une sincérité ab­solue en contant sa vie et ses déboires en Galilée. Ce­pendant, à la réflexion, ils n’étaient pas loin de songer que Jésus avait fait preuve de faiblesse et peut-être d’opportunisme en acceptant le jeu de rôle imaginé par Jean le Baptiste.

Si l’on se replace dans le contexte de l’époque, on réalise que les prêcheurs se comptaient par centaines. Pour quelques pièces de monnaie, ces conteurs faisaient rêver le peuple de Palestine à la recherche d’une spiritua­lité que les Docteurs de la loi ne pouvaient lui offrir. Et ce Messie, ils l’attendaient depuis des siècles.

La concurrence aidant, chacun avait son truc pour retenir le pas­sant. Pour être allé trop vite en besogne, en créant un « scoop », Jean le Baptiste y laissa sa tête, sur ordre de la cruelle belle-fille d’Hérode. Et celui-ci, qui n’était pas moins sanguinaire, fit coup double en exigeant la cruci­fixion de Jésus !

La vraie biographie de Jésus, racontée par lui-même, éveilla des souve­nirs dans la mémoire de Victor. Au lycée, en classe d’histoire, le prof avait abordé une période trouble du christianisme.

C’était au début du 4èmesiècle, en Égypte, à Alexandrie, sous le règne de l’empereur ro­main Constantin. Un prêtre érudit, Arius, défendait la thèse que Jésus n’était pas le fils de Dieu, mais qu’il avait été adopté pour la bonne cause. Cela remettait en question la nature divine du Christ, divisait les communautés chrétiennes et menaçait l’unité de l‘Église sur laquelle l’empereur Constantin souhaitait établir la stabilité de l’empire. C’est à la suite de querelles entre les partisans et les ad­versaires d’Arius que Constantin convoqua les évêques au premier concile de Nicée qui confirma que le « Fils était de même nature que le Père ! » Malgré sa condamnation sans appel, l’arianisme domina, durant des siècles, les Églises orientales, mais il finit par disparaître de la doctrine chrétienne. Arius fut exilé et décéda brutalement un an plus tard. Il avait pourtant raison… Jésus venait de le confirmer !

21:48 Publié dans Mon journal | Tags : jésus, histoire, fable | Lien permanent | Commentaires (0)

15/12/2011

Achetons, fabriquons français !

Ou était-il notre président mardi ?

A Sallanches, Haute-Savoie, pour visiter une fabrique de skis française centenaire mais qui appartient, après maintes péripéties financières, à des Australiens ! Y aurait-il de la neige là-bas ?

Il y a bien longtemps que « les rossignols » ne font plus le printemps, où plutôt l’hiver… depuis l’époque glorieuse des skieurs français : Émile Allais, Jean Vuarnet, Adrien Duvillard, Annie Famose, la Suissesse Erika Hess et l’Italien Alberto Tomba.

Rossignol, rapatrié en catastrophe de Taïwan, sans l’aide de l’Etat, avec à la clef la création d’une trentaine d’emplois, de quoi sauver l’industrie française !

François Bayrou fait école depuis son intervention à l’émission « Des paroles et des actes » sur France 2, la semaine passée, lorsqu’il recommande d’acheter français, quitte à payer le double ! Dès 2007, l’homme du centre, en équilibre instable sur la barre des 10 points, avait dénoncé une dette galopante sans que personne ne s’en soucie dans les états majors politiques.

Quatre ans de laisser-aller, de décisions à la petite semaine, à la va comme je te pousse, selon les humeurs d’un patron égocentrique. Patatras, depuis l’été les trompettes de la mort européenne claironnent par delà les frontières, réveillent les endormis du bocal…

Les incapables s’agitent tout azimut, concoctent des plans B pour sauver le triple A. De quelles crises s’agit-il, au fait ? Elles sont multiples… laquelle soigner de toute urgence en prévision de 2012 ? Attractives, séductrices pour les candidats à la présidentielle qui ont tous une potion magique à refiler aux électeurs déboussolés, plus exactement aux cochons de payant !

Imprimons français !

Philippe Richert ? Qui est-ce ? Un Alsacien. Je viens d’apprendre qu’il est Ministre auprès du ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration, chargé des Collectivités territoriales, depuis novembre 2010 !

Mon imprimeur d’Arles me signale qu’il a gagné le pompon de celui qui ne sait plus de quel côté de la frontière il habite.

Découvrez ce lien qui vaut son poids de choucroute :

http://www.graphiline.com/article/14900/Le-courrier-des-i...

Emoustillé par cet article, j’ai fait le tour des libraires de Salon-de-Provence. Les émules de Richert sont nombreux. A la veille des fêtes, les tables proposent de beaux livres : art, culture, littérature avec enluminures, des Jules Verne, des Victor Hugo, des Daudet et j’en passe. Impossible de lire français, vous dis-je ! Imprimés en Chine, en Italie, en Slovénie, en Pologne, etc.

Je suis indigné, profondément indigné par le X millionième carnet de Stéphane Hessel imprimé en Espagne ! D’autant qu’il est édité par Indigène !

10:13 Publié dans Mon journal | Tags : france, sarkozy, bayrou | Lien permanent | Commentaires (0)

01/12/2011

L'homme qui parle à ses chiens...

Frère et sœur de lait, Titus et Dolly sont des chiens savants qui donnent vie à cette maison perdue dans la campagne. Pas étonnant puisque l’homme leur parle à journée faite, leur fait la leçon, leur explique les choses de sa vie. Il n’est pourtant point un érudit, un philosophe qui parade dans les médias. C’est un parfait inconnu, comme le sont des milliards d’individus sur la planète. Mais, comme tous ces gens-là, il a des choses à dire, des événements à commenter et à qui pourrait-il confier ses états d’âme si ce n’est à ses chiens. C’est sa tribune libre !

Ils l’écoutent d’une oreille attentive, de leurs grandes oreilles de cocker trainant jusqu’au sol quand ils reniflent, une piste, une odeur. L’homme est souvent jaloux de cette faculté propre à la race canine. Leur ouïe hyper développée réagit au moindre bruit. L’ouverture de la porte principale signifie la promenade, le grand air, la course à travers le verger, alors qu’ils n’osent franchir celle de la chambre à coucher ! Quel feeling ! La machine à café se met sous pression, c’est un biscuit assuré. La sonnette retentît et c’est l’aboiement avertisseur au portail. Différent s’il s’agit d’un inconnu ou d’un familier. Une veste endossée, une portière qui s’ouvre et c’est l’opportunité d’une balade, sagement assis sur les sièges arrières. Retour illico à la maison, tout penaud, quand l’homme-motard enjambe son gros cube ! N’est-elle pas belle cette vie de chien dans le sillage de leurs maîtres ? Car la pitance quotidienne, à cinq heure en hiver et six en été, c’est la femme de la maison, qui leur sert le plat du jour qu’ils engloutissent comme des avale-royaume ! Pas vraiment gastronomes les clébards…

Pourquoi Dolly, pourquoi Titus ? Pas le choix, c’est inscrit sur leur passeport avec un pedigree à rallonge. Des fois qu’ils aient de la descendance… Cruel dilemme au moment de leur puberté. Courir le risque d’un inceste ? Ah non, il n’en est pas question, dit la femme. Lequel des deux va-t-il passer au bistouri ? L’homme plaide pour que son « Titus » ne devienne pas un castra. La femme accepte que sa « Dolly » demeure vierge et vielle fille !

En fredonnant « Hello », Dolly se met à swinguer comme Barbara Streisand en exhibant sa fourrure tricolore. D’ailleurs, elle semble avoir des mœurs légères quand elle bécote son frère, lui démontrant l’art et la manière de copuler. Titus reste de marbre, le regard doux, impassible comme le buste de son homologue au musée du Louvre. Tout le contraire d’un libidineux.

Tous deux obéissent au doigt et à l’œil ou plutôt au ton de la voix, à un geste d’accueil ou de refus. Pas nécessaire de leur faire de grands salamalecs pour qu’ils comprennent sur le champ. A vrai dire, Dolly et Titus sont collés aux bottes de leurs hôtes. Ils sont en permanence aux aguets, observant leurs moindres déplacements. Rituel immuable, leur va et vient tantôt vers l’un ou l’autre selon leurs occupations.

Et la tendresse, bordel, que de caresses viennent-ils quémander tout au long de la journée, arborant une mine de chien battu. A donner des leçons au genre humain qui mésestime cette démarche affective. Faute de parole, c’est sans doute leur moyen d’expression, la reconnaissance envers l’homme pour le gite et le couvert !

Depuis qu’il a quitté la meute des loups, qu’il a été domestiqué, sélectionné à outrance, le chien est dépendant de l’homme. Il est devenu un animal de compagnie, parfois de labeur, qui se soumet, bon gré, mal gré, aux ordres de son maître. Plaisir partagé ?

14:59 Publié dans Mon journal | Tags : homme, chiens | Lien permanent | Commentaires (2)