alpilles13 ALPILLES13

28/07/2012

10/52 - La marine suisse en Bretagne...

 

 

Il suffit qu’un gars du sud emporte le soleil dans son bagage et la Bretagne se met aussitôt au beau fixe ! Un sacré coup de pot de cidre pour cette équipée de septuagénaires désirant voir défiler les vieux gréements à Brest.

Depuis l’estuaire de la Vilaine, faut compter une centaine de milles pour rejoindre la cité chère à Prévert. Mais Neptune s’est vengé du roi soleil, contrecarrant la feuille de route du capitaine, si bien que les vieux n’ont pas vu les vieilles gloires de la navigation à voile.

Eole veille au grain et, malgré un voilier de 44 pieds, pas moyen de le faire avancer vent debout. Condamné à faire du cabotage au grand largue ou par vent arrière d’une île à l’autre, des Glénan à Groix, de Quiberon à Belle-Ile, de Port Louis à la Trinité avec ce « bateau de cons » !

Faut dire que l’arrivée dans les ports de cet équipage du troisième âge donne à penser qu’ils se sont enfuis d’une maison de retraite ! Mais à les voir manœuvrer le bateau, l’accoster avec précision, on comprend vite qu’ils ont du métier. Ces marins d’eau douce ont régaté sous toutes les latitudes. C’est en quelque sorte une course d’école pour réviser les subtilités de la règle de Jean Cras qui connaissait la musique.

Un peu raide leurs membres rhumatisants pour lancer les amarres, sauter sur le quai ou dans l’annexe pneumatique et se tortiller pour ramer à contre-courant comme des galériens. Et la marée se couche et se relève sans crier gare, prenant tout de même son temps pour ne point effaroucher les gens du bord de mer.

La navigation hauturière réserve des surprises, en particulier celle concoctée par Jules Verne, l

’enfant du pays, pour mettre à l’épreuve ces matelots atteints par la limite d’âge. Selon « Le Télégramme de Brest », le capitaine Nemo a repris du service, a remonté son Nautilus des profondeurs et voilà pas qu’il lui manque l’hélice pour le propulser…

Par bonheur, le « navire » des Helvètes passe par là et, ni une, ni deux, le flibustier des mers s’empare de cet objet de cuivre et vogue la galère ! Quand le pitaine s’aperçoit que le moteur ne réagit plus, il n’y a pas trente-six solutions pour arrêter un voilier : continuer le tour du monde jusqu’aux Amériques… ou se réfugier dans une crique, jeter l’ancre en l’attente d’un gentil scaphandrier…

A main levée, les Suisses aux bras noueux ont pris l’initiative de rejoindre la rive toute proche à la nage ! Brrr, quelle froidure… et par Jupiter il n’est pas question de quitter sur un coup de tête cette terre bretonne, ses villages pittoresques, ses habitants chaleureux et accueillants. D’autant que ce soir, comme les autres, ils vont s’empiffrer de coquillages, de lotte, de cabillaud jusqu’à se faire péter la panse. Au diable le cholestérol ! Le muscadet et le lambig aidant, ils entonneront sous les étoiles des ritournelles celtiques de marins en goguette.

Commentaires

Que le gars du sud, dans l’extase de la découverte de la Bretagne, ne boive tout de même pas trop de cidre surtout aux abords des îles car :

« Qui voit Groix voit sa croix » !

Et le dicton recèle du vrai…

Écrit par : Michèle Roullet | 29/07/2012

Bien dit car c'est à l'entrée du port de Groix que Némo nous piqué l'hélice !

Écrit par : Fred Oberson | 29/07/2012

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