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28/08/2012

15/52 - Valls, le nouveau Sarko est arrivé

En lisant dans le Nouvel Obs l’article de Sylvain Courage : L’été de Manuel Valls, on peut en déduire que pour être Président, il est conseillé d’avoir été ou d’être présentement ministre de l’intérieur. Autant dire que le journaliste a pris son courage à deux mains pour décortiquer le comportement estival du ministre, un président bis, pourrait-on dire, pendant que le vrai faisait trempette en son château comme un roi fainéant.

Cet ambitieux s’inspire et applique la recette frelatée de l’ex-cuistot de l’Elysée, radié du guide par la vox populi. Manuel le Catalan a, lui aussi, les dents longues. Depuis trois mois ses incisives mordent dans les gâteries promises lors de la présidentielle. La morsure se fait sentir dans le gâteau aux fraises offert le 6 mai

à un succédané de gauche par les Français. Les canines grincent du côté des gentils électeurs au point qu’il est urgent d’ajouter une couche de chantilly à cette tarte acide, mal fagotée, d’étaler le surplus, la parsemer de cerises rouges, quelques quartiers d'orange, la « mettre au frigo » et Dracula au congélateur.

A propos de Valls et des cent jours, Jacques Julliard ne fait pas dans la douceur et la « viennoiserie* » dans son éditorial de Marianne du 25 août. Quatre pages plus loin, son confrère, Daniel Bernard, crache son fiel : Dans le rôle du liquidateur, Manuel Valls est parfait… ses mots crépitent comme une rafale de kalachnikov… traitant même le boxeur : d’odieux personnage encravaté…

*Pour mémoire et digression : « La valse de l’empereur » de Strauss devait s’intituler « Main dans la main », à Vienne, au bord du Danube bleu alors que celle de Valls est mise en « Seine » dans des eaux boueuses. Main dans la main avec Taubira, main dans la main entre police et justice… on peut rêver, c’est encore l’été !

Ce n’est pas parce que les courtisans du monarque déchu ont mis le feu aux problèmes des Roms, de l’immigration et de l’insécurité qu’il faut éteindre l’incendie au « kärcher » sans discernement et dans la précipitation. La question n’est pas simple, la société est en crise, elle nous concerne tous et surtout les exclus, les sans-emplois, les smicards et les paumés des banlieues. L’Etat providence a fait son temps, il n’a plus les moyens de tenir ses promesses démagogiques, si bien qu’il réagit au coup par coup, brutalement, dans l’improvisation. Pas étonnant que les jeunes se rebellent, cassent du flic. Ne mélangeons pas tout, les truands, les dealers, issus de cette frange délaissée, font la loi entre eux, règlent leurs comptes à la kalachnikov. On ne va pas verser des larmes.

Et de se demander si le « danseur », étoile montante et omniprésente du gouvernement, ne s’est pas trompé de bal ? Cet impulsif, cet impatient, cet intermittent du spectacle médiatique aura-t-il le temps d’attendre cinq ans pour arracher la baguette du chef d’orchestre ?

 

P.S. Voici ce qui se passe aujourd'hui à Velaux, commune des Bouches-du-Rhône, à quelques lieues où ce cher ministre séjournait en vacances :

http://www.laprovence.com/article/a-la-une/roms-linlassab...

22/08/2012

14/52 - Mourir en été...

 

 

Est-ce plus dur de mourir en été, par une journée de plein soleil, cet astre de vie qui tarde à s’éteindre au crépuscule ? Pourquoi ne pas attendre l’automne pour s’endormir tranquillement avec la nature, s’en aller auréolé d’une couronne de feuilles mortes ? Oui, ce doit être frustrant de mourir en été quand les fleurs nous font la révérence, nous parfument le corps et l’esprit, quand les cigales cadencent nos journées.

J’ai en mémoire l’été 1942, alors que l’on ne parle guère dans les gazettes de la rafle du Vel’d’Hiv, puis celle pratiquée ensuite en zone libre. La « France » a honte de reconnaître cette action criminelle « franco-française », disons-le carrément, car elle a été réalisée avec un zèle ignoble par la police française, certes à l’instigation de Vichy et des nazis qui n’en demandaient pas tant. Oui, c’est dur de croupir à Drancy en été avant d’être entassé par milliers dans des wagons à bestiaux « français ». sans eau ni sanitaires. Destination le camp d’extermination d’Auschwitz pour 4 051 enfants, 5 802 femmes et 3 031 hommes d’origine juive. C’est dur de mourir en été dans une chambre à gaz.

J’ai en mémoire l’été1962 où 800.000 Français, les « Pieds Noirs », ont fuit l’Algérie par crainte de représailles, préférant la valise au cercueil. De Gaulle et l’Armée française ont abandonné leurs ressortissants et des milliers de harkis, assassinés en été sous le soleil algérien.

Je me souviens de l’invasion des chars du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie en été 1968. Le bain de sang fut évité grâce à Alexander Dubček qui exhorta son peuple à ne pas résister face à cette armada de 500.000 soldats. Une centaine de Tchèques et de Slovaques furent tués en août 1968 et le 16 janvier 1969, un étudiant, Jan Palach, s'immola sur la place Venceslas à Prague pour protester contre la suppression de la liberté de parole. Cette immolation comme celle du jeune vendeur tunisien de fruits et légumes ambulant, Mohamed Bouazizi, ont sans doute été utiles à la conquête de la liberté pour ces deux pays. Ce doit être moins dur de mourir pour un idéal ou la révolution.

En été, on meurt en Syrie tous les jours, à Homs, à Alep, à Damas. Les morts se ramassent à la pelle, les blessés n’en finissent pas de mourir comme des suppliciés. Le veto de la Chine et de Moscou est ignoble, à traduire leurs responsables au Tribunal de l’histoire avec Bachar al-Assad. Les conflits et les guerres perdurent au-delà des saisons. Pourquoi ne pas faire une trêve en été, le temps de réunir les belligérants au soleil, au bord de mer, éventuellement dans un palais climatisé de l’ONU, de Bruxelles ou de Strasbourg, ces instances bidon qui ne servent à rien, si ce n’est à semer la zizanie.

Il y a un an, ma petite mère a choisi de mourir en été, d’une mort douce, annoncée et reportée durant quelques mois. Comme si elle attendait le mois d’août, le soleil, la chaleur, ce lac Léman bleu azur, pour dire adieu à cette terre qu’elle avait tant aimée, pour s’en aller accompagnée de sa fille et de son fils. A la fin du jour, le ciel s’est assombri, de gros nuages annonçaient l’orage, il faisait presque nuit, la pluie a versé ses larmes, puis un grand éclair blanc et, au premier coup de tonnerre, elle a fermé pour toujours ses yeux verts.

13/08/2012

13/52 - JO, Laurent Joffrin, donneur de leçons...

Dans son éditorial du Nouvel Obs, son directeur, Laurent Joffrin, fustige les deux sports préférés des Français, le football et le cyclisme, des jeux du cirque lamentables selon cet éminent journaliste. En revanche, il salue l’état de grâce et le formidable succès des Jeux Olympiques. Lyrique, lorsqu’il décrit la perfection des gestes, la grâce des corps de ces athlètes dont la volonté est tendue vers un seul but dérisoire et gratuit…

Il fait la part belle à Michael Phelps, le nageur le plus titré de l’histoire et le recordman Usain Bolt que tous les médias portent aux nues. Ces deux bons gars, paraît-il, ont le succès modeste, réserve et timidité pour l’un, absence d’arrogance, ni cabotinage pour l’autre… Bolt ne va tout de même pas insulter la terre entière puisque ses revenus annuels atteignent 20 millions de dollars !

Et Federer, et X et Z que font-ils à Londres ? C’est là que le bât blesse dans ces jeux où les amateurs sont confrontés à des pros, à des champions sélectionnés et fabriqués par les nations et le sport business.

Pourquoi se plaindre des JO, du sport-spectacle, du patriotisme poussé à l’extrême, alors que des milliards de téléspectateurs s’enthousiasment de ces exploits derrière leurs écrans plasma.

Cette grande kermesse télévisuelle a au moins le mérite de faire apprécier la pratique de sports méconnus du grand public, de découvrir des sans-grades, ou presque, dont le titre olympique est la consécration d’une passion, d’une volonté et d'une réussite qui valent toutes les fortunes du monde.

Et Joffrin d’en remettre une couche sur le football et ses joueurs grassement payés, ces gladiateurs du fric et de la dope, dit-il ! Certes, l’industrie du football professionnel, sous la coupe de l’UEFA et de la FIFA, a perdu son âme et sa crédibilité dans les magouilles financières. Question pognon, le CIO n’est pas en reste, d’après ce que l’on dit…

Mais oublie-t-il que des milliers de clubs de foot sont actifs dans la plupart des villes et villages de France et de Navarre ? De même, les courses cyclistes sont notées avec cynisme par l’auteur de cet édito, ce parti pris alambiqué. Les « porteurs d’eau » n’ont qu’à ravaler leur salive !

Voici l'édito :

http://tempsreel.nouvelobs.com/jeux-olympiques-de-londres...

09/08/2012

12/52 - Les seigneurs des anneaux

Après des victoires d’étape de nos vaillants cyclistes au Tour de France, c’est au tour de nos sportifs olympiens de récolter une pluie de médailles bienfaisantes. De quoi flatter notre égo et nous remonter le moral jusqu’à la fin du joli mois d’août en attendant les orages de septembre. Very « nice » les nageurs français alors que les mousquetaires n’ont pas fait mouche avec leurs fleurets.

En pleine crise économique et monétaire, il faut un sacré culot pour claquer la bagatelle de 12 milliards d’euros, le prix à payer de ces joutes démesurées. Cela me rappelle les multiples chantiers d’Athènes où rien n’était trop beau pour accueillir les Jeux de 2004 : métro, aéroport, autoroutes, stades et même le ravalement de l’Acropole ! La Grèce n’en finit toujours pas de rembourser le coût de ces infrastructures réalisées dans l’anarchie la plus totale…

Tonnerre de Zeus, il est loin de temps de la première olympiade en 1896 et de celles organisées à Olympie

depuis l’an 776 avant J.-C. De 241 athlètes de 14 nations en 1896, les JO 2012 passent à 10.500 participants représentant 200 délégations et 21.000 journalistes.

Pierre de Coubertin, le rénovateur des Jeux olympiques, disait :

« Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre. »

On ne peut être insensible aux performances surhumaines des compétiteurs, aux privations, aux milliers d’heures d’entrainement, à une sélection impitoyable pour parvenir au top. Mais que reste-il de l’esprit olympique, du sport pratiqué en amateur pour son bien-être ? Le sport professionnel est poussé à l’extrême, il est dénaturé par le matérialisme à tout crin, le nationalisme ambiant et l’usage de toutes sortes d’expédients.

05/08/2012

11/52 - J'ai eu tord d'avoir raison !

Nul n’est prophète en son pays. Et encore moins ici, en France, pour un scribouillard helvétique qui s’est mis en tête de se révolter contre la société, française de surcroît ! De quoi te mêles-tu ? M’a-t-on dit à la sortie de mon pamphlet en mars 2012. Voilà au moins une réaction. Et celle-ci : Mélenchon t’a copié, ou l’inverse ! Pour d’autres, le bouquin « Révoltons-nous… bon sang » ne passe pas la rampe.

Ceux de droite, les bien-pensants… d’autant que je suis entouré de bons amis, de connaissances qui ne pensent pas comme moi, m'ont dit :  t’aurais pas pété les plombs par hasard ?

Des chroniqueurs amis me fuient comme la peste. Lors de rencontres fortuites, j’ose à peine les questionner s’ils ont reçu le bouquin. Ah ! Celui comme Hessel, il est au fond de la pile, je vais voir après les élections ! Après deux mois, toujours pas une ligne… Même si le contenu diffère totalement, l’éditeur a eu tord de choisir le même format que celui de l’illustre auteur. Le prix… cher le prix, le double de « Indignez-vous » pour le double de pages imprimées et reliées en France et non pas en Espagne… Et le titre bon sang, et la couverture rouge sang, tu te prends pour Mao ? Chocking, une libraire d’un village bourgeois n’ose pas le présenter dans sa boutique, une autre le cache sous une pile d’invendus. Si j’avais du culot, j’irais le proposer sur les plages pour un euro, l’offrir aux métallos de PSA.

La messe est dite, je ne me fais pas d’illusions, une mention de ci, de là en passant, une mauvaise photo dans le bulletin municipal. Pas même trois lignes pour le démolir, rien de rien sur Mediapart, c’est frustrant, non ? Indifférence totale, comme mes billets hebdomadaires. Guy Bedos n’a-t-il pas dit : « La liberté d’expression ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ». Comme je suis un esprit libre, je vais continuer de l’exprimer, ma liberté, que ça plaise ou pas !

A tort ou à raison, j’ai rédigé une sorte d’inventaire, un constat, un résumé succinct de la situation d’une société en déliquescence en cette année 2012. Ce n’est certes pas du grand art journalistique même si depuis quatre mois les sujets abordés sont régulièrement cités par les médias. Face aux érudits, l’analyse d’un simple pékin compte pour beurre. A quoi cela sert-il de se révolter… puisque la gôche est au pouvoir et qu’elle va régler tous les problèmes !

Coup de pub quand même : www.fredoberson.com