alpilles13 ALPILLES13

19/11/2012

26/52 – Hollande est-il encore socialiste ?

 

 

 

Ou sauter directement dans le couac-couac !

Me voici donc arrivé à la moitié de ma chronique hebdomadaire que j’ai intitulée en mai le « calendrier hollandais » ! Ouf, je respire un bon coup et je reprends mon souffle pour les six mois à venir. Je pressens que ça ne va pas être de la tarte de suivre les « hollandais » qui cherchent clopin-clopant leur chemin de Damas. A priori, faute de mieux, cela ne risque pas d’être pire… pensais-je.

 

Patatras le 6 novembre, six mois pile après son élection du 6 mai, Hollande fait marche arrière toute et envoie par dessus bord ses belles promesses électorales. Ne disait-il pas le 3 janvier à France 2 à propos du projet de Sarkozy : « Je ne veux pas que les Français soient affligés de trois ou quatre points de TVA ». Vive le socialisme : la TVA pour le peuple et les crédits d’impôts pour les entreprises ! Tout cela sous prétexte de la « compétitivité », le nouveau leitmotiv à la mode après celui de la croissance.

 

Coïncidence en ce 6 novembre : Barak Obama est réélu haut la main à la Maison Blanche. En partie grâce à la politique sociale qu’il cherche à mettre en œuvre dans ce pays capitaliste que le « Capitole », à majorité républicaine, s’ingénie à faire capituler. La France et les Etats-Unis sont dans une situation économique catastrophique. Leur endettement pharaonique paralyse l’activité de leurs présidents confinés à la lutte contre les déficits et à la compression des dépenses. Ils ne sont pas les seuls… loin s’en faut, d’être poings et mains liés avec leurs homologues occidentaux,

 

Optimiste, Obama a déclaré le soir de son élection : « Le meilleur est à venir », ce qui nous rappelle le slogan de Hollande : « Le changement maintenant ». Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? Si le changement consiste uniquement à ravaler la façade lézardée par la droite, pas étonnant que les électeurs s’impatientent, se sentent floués et se manifestent dans les sondages de popularité. Le verdict est cruel, le président a-t-il viré sa cuti, ne serait-il plus crédible ? Pour l’instant, les cieux élyséens sont pavés de bonnes intentions dont on attend la mise en œuvre. Contre vents et marées, critiques ou complaisances, François Hollande ne bronche pas, il a une confiance en lui qui déconcerte. Imperturbable, il mise sur la durée de son quinquennat, point barre.

 

Dans la réalité, la feuille de route s’est déroulée au coup par coup, autant dire des clopinettes le 2% pour le Smic, la retraite à 60 ans pour ceux qui le méritent et le lifting fiscal. On s’empresse de marier les homosexuels, on repousse le droit de vote aux étrangers et la libération du cannabis fait débat. Ça tergiverse avec les riches qui menacent de s’en aller – si ce n’est pas déjà fait - et le patronat met outrageusement la pression. La marge de manœuvre se réduit comme peau de chagrin de la droite à la gauche. Il faut négocier et négocier encore pour gagner du temps avec l’espoir d’établir un consensus avec les partenaires sociaux. Tout dépens de ce qui va se passer dans les six prochains mois. Y aura-t-il à l’Assemblée nationale et au Sénat une gauche courageuse pour corriger les dérives de ce gouvernement qui improvise à la va-vite ?  Signe précurseur, les sénateurs communistes alliés à la droite ont rejetés le 30 octobre deux textes soutenus par la majorité présidentielle. Rebelote mercredi soir, avec le refus de la loi de programmation budgétaire. Les verts virent au rouge.

 

Six mois, c’est court pour rendre crédible un nouveau gouvernement. Raison pour laquelle j’ai modéré mes billets, soulignant tout de même quelques couacs, laissant le temps au moutonnier en chef de ramener ses brebis égarées au bercail. Car les loups sont là, à l’affût au fond du bois, prêt à dévorer le cheptel à la moindre incartade. Avec le culot de se lécher les babines de leur langue râpeuse sur les cadavres abandonnés en héritage. D’ailleurs, on découvre au sein du troupeau l’un ou l’autre louveteau aux dents longues. Vals fait la forte tête sur l’insécurité alors que Montebourg se débat comme un beau diable avec les patrons qui ferment boutique. Moscovici fait ami-ami avec les banquiers.

 

L’été n’a pas été rose pour tout le monde, occasion de se souvenir de juillet 1962, cinquantième anniversaire de la fuite des pieds-noirs d’Algérie après une guerre ignoble. Un bon point pour Hollande qui fait amende honorable. Les Français se consolent avec les médailles olympiques. On fait appel à Gallois, à Jospin pour se donner bonne conscience et l’aval des lobbyings. L’euro tient le coup par miracle et l’on imprime de nouveaux billets ! Tout va-t-il pour le mieux dans le monde hollandais ?

 

Révoltons-nous… bon sang* ! N’attendons pas les calendes grecques.

 

*www.fredoberson.com

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