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31/12/2012

33/52 - L’an nouveau des animaux…

 

 
Rose pâle, l'année 2013 !Rose pâle, l'année 2013 !

 

L’homme me déçoit, quand il m’exaspère, je parle à mes animaux. Je leur dit tout, je leur livre mes états d’âmes, mes doutes, mes révoltes, jusqu’à entendre mes colères tonitruantes.

Là, ils se planquent, ne sachant si c’est du lard ou du cochon, celui dont on a fait boucherie en décembre. Lui aussi, il protestait. Pauvre de lui, je l’aimais bien le cochon du voisin. Pour quémander mon indulgence, il m’a offert une boucle de boudin. Pauvre imbécile, il ignorait que ce cochon-là reniflait les truffes sous mon chêne vert !

Quand je leur parle à l’oreille, mes cockers, des jumeaux, écoutent avec une patience infinie mes salades sans queue ni tête, sachant que le bougre va leur donner une gâterie.

Les chats sont moins communicatifs, ils me filent entre les jambes, un pinson ou une souris entre les crocs. Passe encore pour la souris mais le pinson, de grâce, ne sont-ils pas mélomanes ces félins de gouttière ?

Voici deux mois que je n’ai rencontré ma copine la couleuvre, elle a pris ses quartiers d’hiver dans les fissures d’un mur de pierre. Pensant à cette intermittente de la belle saison, j’hésite à colmater ses brèches avant qu’il ne s’écroule.

Depuis l’automne, ça pétaradait gros dans la colline. J’en connais plus d’un, de ces chasseurs à l’affut de Max, le sanglier que je croise à l’aube des nuits sans lune.

Je parcours l’enclos, je manque m’enfoncer dans la marre aux canards et les voilà qu’ils nasillent, qu’ils cancanent à tue-tête pour défendre leur territoire.

Les oies blanches sifflent comme si elles appelaient la maréchaussée en renfort. Pas étonnant qu’elles craignent pour leur virginité !

Seuls les poissons rouges, au fond de l’étang, ne disent mots et dodelinent de la tête comme des Japonais.

Mes poules sont au chômage technique en l’attente d’un heureux événement. Même le coq, qui n’a rien d’un Gaulois, a mis son drapeau en berne.

Je m’échappe de cette basse-cour pour rejoindre Pomme, mon âne fétiche, le héros d’un livre qui a eu ses heures de succès l’an passé.

– Dis, Fred, avec tes droits d’auteur, tu pourrais doubler ma ration de foin de la Crau.

Me voici désemparé, Darwin n’a-t-il pas eu tort de découvrir la théorie de l’évolution, celle des ânes, en particulier, qui maintenant se syndicalisent…

24/12/2012

32/52 - Jésus était-il antisémite ?

 

 

 

Je vais m’attirer les foudres du Ciel, des Chrétiens, des Juifs et sans doute aussi des Arabes qui sont aussi de descendance sémite. Parlons franc. L’antisémitisme ou l'antijudaïsme puise essentiellement ses sources dans l’enseignement chrétien dont Jésus, ses apôtres et les évangélistes sont à l’origine à travers le Nouveau testament.

Communément, on attribue cette haine ancestrale des Chrétiens envers les sémites à la crucifixion du fils de Dieu. Il a fallu attendre le Concile Vatican II, terminé en 1965, pour que l’Eglise catholique supprime l’accusation de déicide contenue dans la prière du Vendredi saint.

Depuis l’avènement du christianisme, « Le Peuple juif » a été assimilé à une « race » comme s’il était différent des autres humains… Certains continuent d’affirmer qu’être juif c'est bien plus que suivre une religion, c'est appartenir à une race spécifique, la descendance de Jacob !

Jésus a été un juif pur et dur qui lisait les Ecritures à la synagogue. Puis il a été influencé par Jean-Baptiste qui prétendait qu’il ne suffisait pas d’être israélite pour être sauvé si l’on n’était pas purifié de ses fautes par le baptême.

Selon Jésus, la venue du Messie est proche, il est urgent d’agir pour combattre le mal. Le Nazaréen s’insurge contre sa propre religion et il s’entoure de disciples pour prêcher la bonne parole. Il revisite la Torah, condamne le meurtre, l’adultère et la convoitise. La loi du talion est abrogée en un message d’amour et de non-violence. Il soigne les malades pour combattre le judaïsme qui attribue la maladie à une punition divine. En accueillant à sa table les pauvres, les femmes, les mécréants, il fustige la pratique sectaire de pureté et d’exclusion des Pharisiens. Malgré ses provocations, sa critique et sa remise en question du judaïsme, le peuple est acquit à ses thèses.

Ce n’est pas le cas du Grand prêtre, des Sadducéens et des autorités romaines que l’agitateur tourne en ridicule en menaçant l’identité juive. Trop, c’est trop. Son dernier coup de force, sur l’esplanade du Temple où Jésus renverse les tables des changeurs et chasse les marchands, le conduira à la crucifixion.

Aujourd’hui, celui qui critique, fustige et brise les Tables de la Loi de Moïse et, par là même son peuple, comme l’a fait le Nazaréen, est accusé d’antisémitisme notamment parce que depuis deux mille ans on a fait l’amalgame entre la judaïté et l’idéologie raciste.

21/12/2012

31/52 - La fin d'un monde...

 

 

 

 

C’est donc pour le 21, le jour du solstice d’hiver, le changement de saison ou le commencement d’un nouveau cycle comme le disent les mayas.

Pour les adeptes de la numérologie, la date de fin du monde : 21/ 12 /2012/11H21 au 21ième siècle est tout à fait plausible. De ce point de vue, il serait plus logique que cela se passe dans une centaine d’années, en 2121, mais le résultat sera le même car en 2121, les terriens que nous sommes aujourd’hui auront tous disparus de la planète.

Méfions-nous de la prédiction des mayas car ils étaient de savants mathématiciens pour avoir mesuré le calendrier solaire de 365 jours à 17 secondes près de nos calculettes électroniques ! Maîtres aussi dans l’art de la communication pour être à la une des médias après une si longue absence.

Plus de mille ans après les sacrifices humains de l’empire maya, des potentats criminels ont procédé à l’extermination physique de millions d’hommes, de femmes et d’enfants en raison de leurs origines ethniques, religieuses ou sociales. Est-il besoin de rappeler les génocides de la Shoa, du Goulag, du Cambodge et du Rwanda sans oublier des dizaines d’autres, dont celui de la Syrie actuellement ?.

Après d’autres mondes, d’autres civilisations disparues, nous assistons progressivement à la fin d’un monde, le nôtre, malgré toutes les tentatives de le rendre meilleur depuis un demi siècle.

Ce n’est pas faute d’avoir tout essayé en chassant la peste brune, en décolonisant l’Afrique, le continent indien et asiatique. Franco, Salazar, Staline et Mao sont morts dans leur lit, permettant aux peuples asservis de reprendre leur souffle pour un temps, puis de sombrer à nouveau dans la panade. Bien souvent la démocratie n’ose pas dire son nom tant elle s’apparente à l’oligarchie ou à la théocratie.

L’ONU, succédant à la Société des Nations après la dernière guerre, est incapable de remplir le rôle qu’elle s’était fixé, à savoir établir la paix dans le monde. Jusqu’à tolérer à nouveau la guerre sainte pour apporter la bonne parole évangélique américaine aux islamistes.

De bonnes âmes utopiques se sont unies pour former la Communauté européenne de l’Atlantique à l’Oural. Cet embryon de nations désunies s’embourbe à Bruxelles dans des problèmes de gros sous. Le nationalisme, l’orgueil et l’égoïsme ont repris le dessus. L’économie est moribonde, la dette astronomique fait le bonheur des banquiers dont l’unité de mesure est le milliard.

Le petit peuple ne sait plus à quel saint de gauche ou de droite se vouer. Il crève la dalle, s’appauvrit de jours en jours, chôme plus souvent qu’à son tour. Finis les trente glorieuses, la société de consommation à outrance et le bien être futile. Le climat se réchauffe, la pollution envahit les terres arables, la mer grignote les côtes en l’attente de les recouvrir comme aux origines.

Bon gré mal gré, le processus est en marche, nous entrons de plein pied dans la fin d’un monde, le nôtre !

 

 


16/12/2012

30/52 - Le Préfet à la ville

 

 

 

Un préfet résistant...

Un préfet résistant...

         Depuis l’époque napoléonienne, le rôle du Préfet a bien changé. Il n’est plus question de lever la conscription ou de faire rentrer les contributions, même s’il continue d’honorer les agriculteurs, de protéger le commerce et les manufactures, de sauvegarder le patrimoine et l’environnement.

Après la Seconde Guerre mondiale, il porte en droit et en fait le titre de commissaire de la République. Ce terme de « commissaire » sous-entend qu’il a la haute main sur l’ordre public, la sécurité et la légalité. Le Préfet est la courroie de transmission directe de l’Etat dans le département dont il a la charge. On peut dire qu’il est le Gouvernement à lui tout seul !

Avec un tel fardeau sur le dos, on ne rencontre que très rarement Monsieur le Préfet de la ville aux champs comme à l’époque d’un certain sous-préfet immortalisé par Alphonse Daudet dans les Lettres de mon Moulin. Si le Préfet éprouve une certaine jalousie que sa fonction n’ait pas été mise en prose par le poète gardois, il y a matière à réparation.

A tout seigneur, tout honneur !

Hélas, les temps ont bien changé. Autant dire qu’aujourd’hui, la mise vestimentaire austère d’un préfet en mission officielle ne l’incite pas à faire halte en cours de route pour se prélasser à l’ombre des chênes verts et mettre au repos son puissant attelage. Ce n’est pas le gazouillis des fauvettes et la senteur des violettes qui changeront une ligne au discours d’homme d’Etat qu’il prononcera tout à l’heure.

La fonction a certes perdu de son charme d’antan mais a gagné en efficacité. Que demande le peuple ? Mais lorsqu’il s’agit « d’inaugurer les chrysanthèmes », un sous-préfet aux champs fera l’affaire avec bonhommie.

Imaginons le Préfet de la ville sur le pont de Beaucaire, cet ouvrage orgueilleux qui franchit le Rhône, ce fleuve d’origine helvétique, qui sépare deux régions amies, mais néanmoins concurrentes. Le chasseur de lions a sans doute convaincu son ami Alphonse de le remonter jusqu’à sa source, dans les Alpes. De son vivant, le poète dansait la mazurka sous les pins, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Gardois comme pas un dans ses fibres, le « Petit Chose » quittait Bezouce, Jonquière-Saint-Vincent pour retrouver Tartarin, faire bombance avec Mistral à Maillane et enfin rejoindre son cher moulin à Fontvieille, puis Paris, sa capitale d’adoption.

Revenons au Préfet de la ville sur le pont de Tarascon… du côté de Beaucaire, limite territoriale oblige, entouré d’une centaine de policiers aux ordres du commissaire de la République. A la vue de cette armada, on ne badine pas, les automobilistes pâlissent, s’enfoncent dans leur siège, cliquent leur ceinture, cherchent fébrilement un document. Du côté des forces de l’ordre, il n’y a pas de place pour les états d’âmes et les galéjades. L’addition des points est une soustraction ! Jusqu’à l’accent de Provence qui se confond avec celui du Nord…

Le corps préfectoral a cependant des activités moins protocolaires, en particulier lorsqu’il s’agit de la culture. Surprenant de découvrir que se cache parfois, sous la carapace de ces hauts fonctionnaires de l’Etat, des hommes sociables, tolérants, proches de leurs administrés. Le commun des mortels a tendance à oublier qu’ils sont avant tout des hommes de bonne foi, faisant abstraction de leurs opinions politiques.

Et de percevoir, chez le Préfet de la ville, son savoir, sa culture, d’apprécier sa faciliter de discourir comme un historien. Daudet est dans ses gènes dès la découverte de ses textes en enfance pour les relire plus tard et souhaiter que les enseignants continuent à promouvoir la lecture des livres. Dans un autre temps, n’aurait-il pas été conteur, poète, condisciple des Félibres : Mistral, Roumanille, Aubanel et de bien d’autres écrivains ?

06/12/2012

29/52 – Droit dans le mur ?

 

 

 

La France va-t-elle droit dans le mur ? A moins d’un coup de barre à gauche, le gouvernement Ayrault en a pris le chemin. Le weekend passé, il s’est heurté au mur d’acier dressé à Florange par Mittal, allant jusqu’à redresser les brettelles d’un ministre en perdition. Parions que Montebourg s’est rappelé le coup de gueule du « Che » en février 1983 : « Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l'ouvrir, ça démissionne. » Mais de démission nenni… il a déjà perdu sa copine, il ne va pas jeter son portefeuille aux orties. Max la menace, alias Arnaud, s’est fait prendre de vitesse par le ferrailleur indien qui a mis 20.000 emplois dans la balance. KO debout, mais encore en place jusqu’au prochain couac.

 

La décision du Premier ministre de renoncer à la nationalisation d’ArcelorMittal  sème la zizanie à gauche et surprise… à droite aussi. A une question pressante de Patrick Cohen à Aurélie Filippetti sur France Inter, celle-ci déclare que la parole de Mittal ne vaut rien, qu’on ne peut pas lui faire confiance. Et d’ajouter, embarrassée : « J'ai une confiance absolue dans le président de la République et dans la vigilance qu'il exercera sur ce dossier ». Mieux vaut faire confiance à Dieu le fils qu’à ses saints avec lequel, deux heures plus tard, elle inaugure le Louvre de Lens. La reconversion des bassins miniers est en marche, Metz avec le Centre Pompidou, Lens avec le Louvre, les ouvriers en gardiens de musées.

 

Les hauts fourneaux sont éteints. Peu de chance d’être rallumés avec le célèbre briquet de feu le baron Bic. La Commission de Bruxelles va supprimer la taxe antidumping sur les briquets chinois vendus déjà au tiers du prix de l’allumeur français. Il ne nous restera bientôt que les pointes Bic pour écrire les mésaventures d’une France qui va droit dans le mur des lamentations populaires.

03/12/2012

28/52 - La revue du stress

 

 

 

 

Quelle semaine ! Le stress tout azimut s’est emparé de l’hexagone comme jamais. Les médias font des heures sup à tire le ragot pour couvrir une info de plus en plus stressante.

 

Tout cela commence par un beau dimanche d’automne, en rase campagne, au lieu dit : Notre Dame des Landes. Un pique-nique géant réunit plus de 40.000 fidèles, des écolos ou supposés l’être, dans les bois et les zones humides de cette belle région nantaise.

 

Il est parait-il question de détruire le nid des oisillons, de saccager la forêt pour accueillir de grands échassiers gris venus d’ailleurs. C’est à ne plus rien comprendre de la faune qui s’y trouve car, à part les noms d’oiseau, il s’agit d’un serpent de mer qui traîne dans les parages depuis une quarantaine d’année. Depuis le printemps, l’ornithologue en chef a d’ailleurs quitté la région pour sévir à Paris intra muros.

 

La date choisie n’est pas innocente car ce jour-là des clampins de la droite pure et de la droite dure participent dans leurs fiefs au tirage au sort de leur leader. Inutile donc de trier sur le volet les joyeux campeurs venus faire ami-ami avec les péquenots du coin.

 

Patatras dimanche soir, l’un des leaders sombre dans une crise hystérique sur le petit écran criant à tue tête : j’ai gagné, j’ai gagné, j’suis le premier !  Coup de théâtre mardi où l’on apprend que le perroquet de la Cocoe s’est mélangé les plumes avec l’outre-mer. Le vainqueur auto proclamé s’est fait voler son petit pain au chocolat par des sangs mêlés dont il fait partie. Rien n’y fait, impossible de raisonner « l’autre voyou de la République » comme l’écrit Marianne. Depuis une semaine, la moitié de la France est atteinte d’une attaque de stress virulente. On fait appel au bon docteur de Bordeaux qui doute d’enrayer le mal.

 

Une semaine de fous, tant à droite qu’à gauche. Les hommes du pouvoir paniquent à leur tour pour ne pas laisser l’opposition en première ligne de l’actualité. Une fois de plus, le Hollandais de service pète les plombs en accordant la liberté de conscience aux maires sur le mariage gay, pour se rétracter le jour d’après. OK, ça fait deux télés ! Et de s’enfuir à Bruxelles, deux jours de perdu, pour ne pas sauver la paysannerie française.

 

Les paysans, le Rastignac de l’intérieur s’en charge en envoyant sa horde de gendarmes détruire à coup de bouteurs de feu et de bulldozers les masures de ces bergers d’un monde meilleur. La bonne mère des Landes s’en émeut et, par miracle, convainc le pouvoir des mécréants de surseoir à toute action destructrice, à commencer par la leur.

 

Pendant ce temps-là, l’ancien stressé de la République. lui aussi un voyou, passe « gentiment » à tabac durant douze heures. Mais le stress astreint celui qui en est atteint à mobiliser ses défenses pour faire face à une situation menaçante. CQFD