alpilles13 ALPILLES13

17/02/2013

38/52 - Révoltons-nous contre les inégalités et la pauvreté

Ah ! ce partage inégal entre ceux qui vivent bien et ceux qui survivent, mal ! Les inégalités sont criantes entre les habitants d’un même immeuble, d’un même quartier, d’une même cité, suscitant des jalousies, des envies, des rancœurs difficiles à contenir. Les taxes, les amendes, l’énergie, l’eau, c’est le même tarif pour tout le monde. Le pauvre passe à la caisse comme le riche, à moins de vivre comme au 19ème siècle en s’éclairant à la chandelle et en allant chercher l’eau à la fontaine publique !

Les inégalités sont sournoises, dissimulées par l’identité apparente des règlements et des lois pour tous les citoyens, quel que soit leur statut social. Les inégalités se cachent sous le couvert de la légalité, de la prétendue égalité inscrite au fronton des Mairies. Foutaises que tout cela ! Les inégalités sont multiples, injustes, antisociales. Difficile d’en dresser l’inventaire tant elles s’incrustent insidieusement dans tous les rouages de la société. On s’en habitue, on vit avec jusqu’au jour où l’on est directement victime d’une disparité flagrante sur le plan salarial, sur une retraite dérisoire, sur la discrimination femme-homme, sur le statut d’immigré et le contrôle au faciès.

La majorité du peuple vit plus mal que bien, d’autres vivent encore plus mal, en dessous du seuil de pauvreté, dans l’angoisse des fins de mois sans un sou, le plus souvent dans la misère et la détresse. Il y a 8 millions de pauvres en France ! A part quelques clochards croisés dans les rues des grandes villes, l’indigent n’apparaît pas au premier regard. D’ailleurs à Marseille, on les a jetés « dehors » ! A votre bon cœur, m’sieur dame, l’Etat fait l’aumône à ses citoyens devenus mendiants, il leur refile un RMI, puis un RSA qu’il remet illico en question ! Un vrai parcours du combattant pour obtenir de quoi ne pas crever.

 Les pauvres, qui sont-ils ? En pratique, toutes les personnes qui n’ont pas de ressources matérielles suffisantes pour vivre décemment. On les détermine en fonction d’un seuil unique, le même pour tous, qui ne tient pas compte du lieu de vie : région, ville ou campagne, de la diversité des charges familiales et du nombre de personnes vivant dans le ménage. Mais à la pauvreté matérielle s’ajoute forcément la pauvreté morale des laissés pour compte. Les aides sociales, les œuvres caritatives leurs viennent en aide tant bien que mal, leurs maintiennent la tête hors de l’eau, faute de pouvoir régler ce problème irréversible. Une fois pour toute, leur destinée est d’être pauvre et de le rester, sans perspective d’un mieux être à court ou à moyen terme, si ce n’est l’espoir insensé de gagner aux jeux d’argent, cette plaie qui entame encore plus leurs maigres ressources et rapporte plus de 10 milliards à l’Etat !

En occident, la misère, au sens propre du terme, a progressivement fait place à la pauvreté relative. Ce n’est pas le cas, hélas, dans les pays du Tiers Monde. Sous la direction du sociologue Pierre Bourdieu, une équipe a enquêté durant trois ans sur le terrain, auprès d'ouvriers, d'employés, de paysans dans les familles, la ville, l'école, l'usine pour établir un état de leurs maux dépeignant avec leurs mots la misère du monde contemporain : La Misère du monde, Seuil, 1993. Depuis cette époque aucun ouvrage digne de ce nom n’a traité de ce mal endémique qu’est la pauvreté.

Nous n’avons plus maintenant que les statistiques produites par les Instituts étatiques, de vrais comptables aux ordres du pouvoir qui alignent les chiffres sur des critères purement financiers : les fiches de salaires et les alloc que les pauvres sont susceptibles de quémander. La froideur des pourcentages ne laisse place à aucune approche humaine des victimes de ce mal être !

L'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale (ONPES) a établi que les familles monoparentales, le plus souvent constituées d'une mère et de ses enfants, sont les plus touchées par la pauvreté, ainsi que les ménages immigrés. Chez les jeunes de 18 à 25 ans, le taux de pauvreté est très élevé, principalement à cause de la durée des études et du chômage. Allons faire un tour du côté des campus, des universités et découvrons le sort de milliers d’étudiants qui ne mangent pas à leur faim !

Chez les personnes âgées et surtout les retraités, il était en nette régression depuis les années 1980… La gauche n’était-elle pas au pouvoir en ce temps-là ? Mais, depuis lors, la situation s’est dégradée et l’on compte aujourd’hui plus de 2 millions de pauvres parmi les personnes du troisième âge. Les différentes prestations sociales ont eu un impact important sur la condition des ménages à revenu modeste : elles peuvent dans certains cas représenter plus de 50 % des revenus. Ce qui a amené un ministre à dénoncer tout récemment : « l’assistanat cancer de notre société » ! Quant aux 55 millions de citoyens qui ne figurent pas dans les statistiques, pourquoi s’en préoccuper puisqu’ils ne sont pas pauvres !

Le sort de l’humanité est une loterie machiavélique. Question de tirage au sort, la chance ou la malchance d’être né ici plutôt qu’ailleurs. La volonté de réussir, de ne pas rester au bord du chemin. La possibilité de faire des études, d’acquérir une formation professionnelle, d’occuper un emploi. Et même, ces avantages ne sont pourtant plus des garanties, tout se délite à grands pas dans la société actuelle. Le fossé se creuse de jour en jour entre les pauvres et les nantis. Il ne suffit pas de s’indigner contre les inégalités, il faut les dénoncer jour après jour, les combattre et se révolter jusque dans la rue !

 

(Cet article a paru dans le livre : Révoltons-Nous… Bon Sang !)

Pour l’obtenir par téléchargement :

http://librairie.i-kiosque.fr/revoltons-nous-bon-sang.htm...

ou sur :

www.fredoberson.com

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