alpilles13 ALPILLES13

16/05/2013

«Je n’étais pas président avant de le devenir»

 

 

Pour marquer le premier anniversaire de son élection, François Hollande a prononcé cette phrase étonnante que le seigneur de La Palice n’aurait pas dédaigné.

 

Pour l’écouter,  tendez l’oreille dans le film de Patrick Rotman : « Le Pouvoir » qui sort en salles, comme par hasard… le 15 mai !

 

Un documentaire pris sur le vif par une caméra qui a fureté durant huit mois dans les coulisses de l’Elysée, à la poursuite d’un président normal. En toute liberté, paraît-il.

 

La bande annonce:

 

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19505932&a...

 

Vous saurez tout sur l’apprentissage de la fonction suprême qui n’est sanctionnée par aucun diplôme. Avant même de commencer son boulot, on glisse autour du cou de l’élu la Grand-croix de la Légion d’honneur.

 

Cela se passe ainsi sous les ors de la République. C’est une sorte d’hommage ou plutôt un blanc-seing que lui délivrent les millions d’électeurs sur la foi de son charme naturel et de ses bonnes intentions. Mais le rêve ne dure qu’un jour.

 

En l’absence d’un certificat en bonne et due forme, la pratique présidentielle s’apprend donc sur le tas. Un vrai parcours d’autodidacte où il est cependant utile de posséder de bonnes notions théoriques glanées dans les sphères ministérielles et partisanes. Une bonne santé physique et mentale est indispensable pour digérer un agenda surbooké, les coups bas, les voyages  inter planétaires et la cuisine exotique.

 

La fonction suppose la maîtrise de la langue de Molière, - celle de bois est facultative - le sens de la répartie, un brin de démagogie, l’aptitude au commandement et une tendance à l’amnésie en matière de promesses électorales.

 

Toutes ces qualités ne sont, hélas, de loin pas suffisantes. Dès lors, comment faire fonctionner la machine étatique sans recourir à une pléiade de technocrates, des hommes froids, des carriéristes souvent reconduits dans leurs postes d’une présidence à l’autre.

 

Grosso modo, à quelques nuances près, c’est kif-kif bourricot. L’urgence, c’est la gestion du porte-monnaie, la diminution de l’augmentation et l’inverse, l’épreuve de rattrapage après dix ans de laxisme. La réalité est sans appel, elle surpasse la fiction d’un changement distillé à doses homéopathiques.

 

Accessoirement, la nomination d’un premier ministre, entouré d’une cohorte de femmes et d’hommes de peine, peut colmater les brèches pour autant qu’aucune brebis ne s’égare du troupeau. D’ailleurs, certains s’observent en chiens de faïence.

 

Le peuple gronde, il piaffe d’impatience, il veut tout, tout de suite, il tend sa sébile, jour après jour, il attend sa pitance que le monarque, dans sa grande bonté, veut bien lui donner. Et quand sa bourse est plate… c’est le drame de lèse-majesté. Impossible d’allumer le turbo du char de l’Etat quand le réservoir est vide. Les clefs de la boite à outils ne servent qu'à serrer les boulons.

 

Une année, c’est vraiment cours pour maîtriser une société en plein délire. Foutu métier, encore quatre ans à se tirer la bourre avant de tirer sa révérence. « Si j’avais su, j’aurais pas venu ». Une consolation : s’il  loupe son examen de sortie, il s’en ira, clopin-clopant, à la maison de retraite du Conseil constitutionnel.

 

Alors, pourquoi sont-ils si nombreux à vouloir devenir président avant de l’être ?

09/05/2013

Lettre à mon cher François,

Cher ami,

Je vous écris de Genève, au bord de ce lac qui m’invite à la rêverie. Aujourd’hui, je me promène en solitaire le long des berges où le vert de la prairie se marie avec le bleu de l’eau transparente. Les perchettes et les truites sont à la fête, elles me font révérence en se tortillant dans les remous comme les danseuses d’un ballet aquatique.

Après les intempéries d’avril, le soleil de mai réchauffe mon corps engourdis par les frimas de ce trop long hiver. De gracieuses femmes, parées de mille atours, s’adonnent à une farandole autour des rosiers du parc, comme pour inciter les premières roses à éclore.

Hier, dimanche, j’ai quitté la ville ancienne, j’ai traversé un pont de bois sur le

Rhône pour atteindre, dans l’herbe folle, la maison des Délices, à la rencontre de Voltaire, mon meilleur ennemi. A l’ombre d’un acacia, il avait son nez mutin planté dans l’écriture : « La Lutte contre l’injustice », me dit-il d’un air grognon.

"Ça tombe bien", lui dis-je, en lui tendant mon dernier ouvrage : « Le Contrat social ou Principes du droit politique ».

De retour dans la cité de Calvin, une idée, comme mille autres, surgit dans mon esprit vagabond : vous envoyer aussitôt, cher François, ce manuscrit par la diligence qui part à la nuit pour rejoindre Paris dans la semaine.

Je vous sais très préoccupé par la situation de votre France et de notre monde. Vous êtes l’objet de quolibets et de sarcasmes de la part de vos détracteurs, parfois avec raison. Sans doute, avez-vous de la peine à vous faire comprendre. Bon gré, mal gré, vos idéaux s’étiolent au fil du temps.

Dans cet ouvrage, j’ai réuni quelques réflexions et conseils qui, je l’espère sincèrement, vous seront peut-être utiles pour les mois à venir.

Croyez, mon cher François, en mon amitié parfois critique.

« Votre Jean-Jacques Rousseau »

Genève, 6 mai 1762 - Texte de Fred par procuration de Jean-Jacques -

03/05/2013

Mélenchon 1er

 

 

 

 

 

Bla-bla-bla… il parle, il parle, Mélenchon 1er, il éructe dans tous les médias qui se pressent pour accueillir le démago. Mediapart n’échappe pas à la « mélenchonite » en le recevant jeudi 2 mai en direct dans sa salle de rédaction… D’une interview à l’autre, il répète, il assène sans cesse les mêmes théories approximatives, échappant aux questions pratiques et pertinentes par des circonvolutions et des digressions. Les journalistes ne notre site préféré le laisseront-il faire le malin ?

 

Le tribun égocentrique a une haute idée de lui-même, il jouit de ses propos, de ses effets de manche et de ses pirouettes télévisuelles. Que ferait-il de concret s’il était au pouvoir ? Empoignant le manche du balai, il ferait table rase sur son passage, jusqu’à suggérer de ne pas rembourser la dette, de mettre l’Etat en faillite et en cessation de paiement. Indemnités de chômage et aides sociales incluses.

 

A force de fustiger les socialos qui gèrent petitement la crise française et européenne avec les moyens du bord, il fait le lit de l’extrême droite avec laquelle, d’ailleurs, il partage certaines de leurs idées rétrogrades. A les entendre, seuls les deux Fronts sont capables de sauver la France !

 

Malgré les difficultés qui perdurent, le peuple français n’est pas encore prêt pour la Révolution, plutôt l’aventure, qu’il propose. Faudra bien que le dictateur en puissance mette de l’eau dans son gros rouge !