alpilles13 ALPILLES13

14/08/2013

Vacances à Brégançon

 

 
Le Fort de BrégançonLe Fort de Brégançon

 

- François, enfin, quand partons-nous en vacances ? Depuis une semaine tes ministres ont pris la poudre d’escampette. Ils se dorent au soleil dans tous les azimuts et toi, François, tu parcours les bourgades et la banlieue pour rencontrer tes citoyens et les réconforter sur le devenir de ta France. Laisse-les en paix, bon sang. Durant le mois d’août, ils n’ont que faire de tes fadaises. Eux aussi, ils ont le droit d'oublier la crise, la baisse du pouvoir d’achat et la hausse de l’électricité. Que ces manants s’éclairent à la bougie, qu’ils transpirent en supprimant leur clim au lieu de mettre sous pression les centrales atomiques.

 

– Ma chère compagne de Maintenant, après cette année satanique, j’ai grand besoin de faire mon examen de conscience, d’éclairer ma lanterne à Versailles. Donne-moi le temps de classer mes dossiers avant de nous mettre tous les deux au vert.

 

– Au vert ? Tu n’y penses pas. C’est au bord de la grande bleue que nous devons séjourner, dans cette bâtisse qui surplombe la mer, Brégançon, la résidence d’été des présidents.

 

– Elle est occupée ma chère dame de Maintenant.

 

– Par qui, au grand diable ?

 

– Te souviens-tu que Jacques, mon ami de Corrèze, m’a soutenu publiquement lors de mon élection ? Lors de notre dernière rencontre, en son pays, je lui ai proposé, en reconnaissance, de lui prêter Brégançon pour l’été, le dernier peut-être, vu sa santé précaire. Bernadette, son épouse attentionnée, a mis ni une, ni deux son véto. Il n’est pas question qu’on le photographie sur la plage en chaussettes et souliers vernis. Et comment lui passer l’envie de boire un drink sur la terrasse de Senéquier, à Saint-Tropez ?

 

– Jacques n’y est pas, nous pouvons donc en disposer.

 

– Tu connais l’état piteux de nos finances. Par conséquent, j’ai envisagé de la louer fort cher à l’émir du Qatar mais Cécile, notre ministre du logement,  m’a mis le bâton dans les roues. Ça commence à bien faire, m’a-t-elle dit, après le PSG, le Printemps et l’île de la Cité ! Et pourquoi pas Rambouillet ? Elle tente une expérience éminemment sociale de loger, le temps des vacances, voire au-delà, des SDF. C’est un retour à l’autogestion, ils s’occupent de tout, de la pèche, de la cuisine de l’entretien des espaces verts et du ravalement de la façade pour en faire un musée.

 

– François, je peine à te comprendre, pourquoi ne m’as-tu pas consulté ? Nous les méritions bien nos vacances à Brégançon.

 

– Ma chère de Maintenant, ne sais-tu pas que je n’aime pas le pédalo !

Les commentaires sont fermés.