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30/09/2014

Révoltons-nous contre le rascisme et la xénophobie

 

Le livre « Pour les musulmans », Edwy Plenel, La Découverte, est sorti dans les librairies. A cette occasion, je publie l’article paru dans « Révoltons-nous… Bon sang », mars 2012

« Le racisme en France a pris et peut prendre plusieurs facettes, allant de la simple xénophobie jusqu'au racisme d'État ».

Cette définition est inscrite en première page d’un site d’information libre. Cette seule phrase résume ce qui s’est passé au cours des siècles, depuis l’époque de l’esclavagisme jusqu’à l’antisémitisme. Nous n’allons pas refaire la synthèse de ces siècles d’obscurantisme, à une exception près, cependant. Lors de l’Exposition universelle de 1889 à Paris, à l’occasion du centième anniversaire de la Révolution française et de l’inauguration de la Tour Eiffel, l’une des principales attractions était le village nègre ! Sur l’esplanade du Champ de Mars, on exhibait, comme des bêtes sauvages dans un zoo, des centaines d’Africains, ni plus, ni moins apparentés à des singes à qui l’on jetait des déchets de viande crue. Que l’Etat n’aurait-il pas fait afin de justifier la colonisation ! L’Exposition coloniale de 1931 en fut une confirmation… Pas étonnant que le racisme a la vie dure et qu’il se soit banalisé jusqu'à aujourd'hui.

On utilise encore, à tort, le terme « race » pour différencier les trois grandes subdivisions de l’espèce humaine en Jaunes, Noirs et Blancs ! Comme si physiologiquement nous étions différents… Comme si le métissage n’existait pas ! Pour les esprits simples et incultes, la couleur de la peau humaine est encore le principal argument dont ils étayent leur idéologie raciste. Doit-on faire un cours sur l’évolution de l’espèce humaine depuis l’Homo sapiens… qui a peut-être copulé avec l’homme de Néanderthal ?

L’usage du mot « race » doit être définitivement banni du vocabulaire pour désigner les humains de diverses provenances. Le seul vocable digne d’être utilisé pour désigner les particularités physiques et culturelles des populations est celui d’ethnie. Elles se sont constituées sur les continents au cours des millénaires, selon les climats, les régions, les modes de vie, les cultures, les idiomes et les religions. Au 20ème siècle, la non-acceptation de l’autre qui ne vit pas, ne pense pas et ne parle pas comme nous a pris l’expansion d’une xénophobie mondiale. Elle est omniprésente et particulièrement virulente envers les peuples du sud, ceux de couleur, les Arabes notamment. Elle s’est amplifiée dans la deuxième moitié du siècle passé avec l’abandon des colonies à des potentats, l’accueil des immigrés, des réfugiés, la facilité des transports, aériens en particulier, la libre circulation des personnes dans l’UE. La xénophobie se manifeste parfois par une peur irraisonnée, par un réflexe au coin de la rue, dans une file d’attente, au bistrot, lors de conversations privées. Hélas, aussi dans les urnes !

On ne peut nier que la xénophobie aille de pair avec une immigration quasiment incontrôlable. Cette immigration est essentiellement d’ordre économique, causée par la misère, le déséquilibre nord sud, les conséquences des révolutions au Maghreb. Face aux exclus, aux clandestins, l’Etat agit avec une détermination féroce, fixe des quotas, affrète des charters, des trams… créant un climat délétère et xénophobe. Les tentatives de débats sur l’intégration, l’identité nationale, l’islam et la laïcité n’ont fait qu’exacerber les passions et les divisions à des fins purement électorales. Rebelote lorsque le président Sarkozy pète publiquement les plombs à Grenoble en fustigeant et en évacuant les Roms suivant une distinction inacceptable, dans des conditions discriminatoires. Au mépris de la Convention européenne des droits de l'homme !

Ce chef fantoche d’une armée en déroute, otage d’une droite pure et dure, oublie-t-il qu’il est issu de l’immigration ? Son comportement égocentrique donne à penser que son intégration ne correspond pas aux valeurs républicaines ! Certes, le problème reste entier. « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part. (Michel Rocard)

19/09/2014

Une majorité de béni oui-oui

 

 

 

© Dessin de Faber

 

 

 

Manuel Valls est satisfait par les 269 députés de son clan qui lui renouvellent sa confiance et par conséquent approuvent sa politique socialo-libérale.

A part les frondeurs qui s’abstiennent sans prendre de risque, combien sont-ils réellement à soutenir le gouvernement contre vents et marées ?

Faut bien sauver les apparences au risque de mettre en péril l’existence de l’Assemblée parlementaire actuelle. En cas de dissolution, provoquant de nouvelles législatives, les deux tiers de ces faux-culs seraient renvoyés à la maison, perdant une fonction très convoitée.

On ose imaginer la cacade que cela provoquerait dans cette République déjà chancelante. Les partis sont actuellement en déliquescence et aucun d’eux ne serait capable de réunir une majorité sans l’appui du Front national ou d’une vraie gauche utopique, reconstituée par miracle. Au lieu de la sixième… ce serait un retour à la quatrième, vite fait !

Sommes-nous en démocratie quand les citoyens ne se reconnaissent plus dans ceux qu’ils ont élus, hélas pour cinq ans ?

Finalement, doit-on remercier cette majorité de béni oui-oui qui boit le calice jusqu’à la lie pour supporter les colonnes du temple élyséen ?

11/09/2014

Ce n'est pas du Gruyère !

La France, un gros fromage

 

 

 

Combien sont-ils à vouloir y mordre à belles dents ? Faut-il encore en avoir ! La citation du Général est toujours d’actualité :

 « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe plus de 300 sortes de fromage ? »

De fait, chacun a son idée sur la manière de s’approprier la plus grosse tranche. Tous les goûts et les « affinités » font partie du landernau français, impossible d’en faire une fondue helvétique au risque qu’elle soit insipide. Il y a des trous dans le fromage de la République et bien malin celui qui trouvera la recette pour y remédier. Ça eu payé, mais ça ne paie plus. On y va à coup de raclettes et de tartiflettes comme tout bon savoyard qui compte ses sous.

Touche pas à mon cantal, toi l’écolo, bouffe du bleu ou plutôt du vers de gris. C’est la bagarre entre les durs et les mous, pour rien au monde les Provençaux braderaient leurs « chèvres » alors qu’à l’autre bout du pays le camembert « normand » est fabriqué à l’échelon industriel. Dans le massif central et le Jura, ce sont plutôt les durs, les rudes paysans qui font vivre les fruitières.

Pour le fumet et le goût, rien ne vaut un époisses frotté au marc de Bourgogne. Plus haut, on découvre le crottin, puis en direction de la capitale, il y a même un politicien qui s’est brisé les os avec le brie de Meaux.

On n’a pas attendu le leitmotiv : « fabriqué en France » pour faire les meilleurs fromages du monde. Encore que depuis quelques mois, on a introduit sur le marché une pâte sans goût, fadasse, enrobé de cire rouge… que l’on appelle : « hollande »... ça, le grand Charles ne l’avait pas prévu !

08/09/2014

Les guignols au Palais

Les guignols au Palais

 

Venez, venez, approchez, mesdames et messieurs, assistez au Théâtre des guignols de l’Elysée.

Ce spectacle a lieu tous les mercredis à dix heures sous le chapiteau dressé dans la cour du château. Un écran géant transmet ce qui se passe à l’intérieur.

Victimes d’ex croissance, une trentaine de marionnettes s’activent, jouent des coudes, se tapent sur la tête, faisant allégeance au guignol en chef, une sorte de gendarme qui bastonne à tout va. Une réminiscence  de la « Commedia dell’arte » dont les acteurs improvisent des comédies marquées par la naïveté, la ruse, l'ingéniosité et la contradiction.

L’entrée est gratuite, des cadeaux en bon argent sont offerts aux PDG repus et des piécettes aux artisans et commerçants. Le répertoire est immuable, on ne parle que de pognon par ci, de pognon par là et le peuple des manants se voit obligé de verser son obole à la sortie.

Le grand conifère, celui qui, au fond de la scène plie sous le vent, envoie une bordée de pives :

- A votre bon cœur, enfants de la patrie, le théâtre est en faillite et il est grand temps de changer le décor à vos dépens(es).

Et d’un ton péremptoire, le grimé en chef à la tête de bois admoneste ses marionnettistes :

- Vous prenez des libertés sur le scénario, chacun improvise et jacte son couplet personnel. Ce n’est plus l’époque de se prendre pour un « héros », je suis le chef, vous devez obéissance à mon subordonné, le fossoyeur, jusqu’à la mort prochaine de vos idéaux démagogiques.

L’électricité est dans l’air, l’orage menace de s’abattre et de détruire ce théâtre de l’ombre. Sur scène, des protestations fusent de toute part, le public applaudit, se délecte jusqu’aux larmes. Puis, une bataille d’invectives s’empare de ce film fellinien, des corps blessés d’amour propre se jettent par-dessus bord, l’écran se brouille puis c’est rupture à l’émetteur.