alpilles13 ALPILLES13

08/10/2014

Au secours ! le bateau coule

 

 

 

La course au large est lancée pour secourir le rafiot de l’Union pour un Mouvement Populaire en détresse. Faute d’entretien, - l’armateur crie famine - la coque prend l’eau de toute part, dans la cale un forçat écope pour sauver les derniers biffetons, la voile se déchire, les cordages s’entremêlent. Sur le pont, c’est la gabegie totale, les matelots se mutinent, chacun ayant son mot à dire haut et fort sur la manière d’envoyer les chaloupes à la mer.

Trois pitaines se disputent la barre et le cap à prendre. Il y a le vieux loup de mer, mis en quarantaine par le passé en terre canadienne, le requin blanc de blanc qui vire au jaune, les yeux rougis de rancœur et l’éternel dauphin qui tournoie autour de l’esquif, près à déglutir les restes de ce menu avarié. La présidence ou rien, disent-ils en cœur, mais laquelle ?

L’itinéraire de ce bateau fantôme est immuable. A force de naviguer à bâbord toute, le trio fait des ronds dans l’eau et revient malgré lui à son point de départ. A quai, une foule de badauds surexcités s’égosillent de slogans mille fois ressassés. Une blonde fadasse s’empare du micro pour saluer le retour de l’enfant prodigue des terres orientales. Elle est interrompue par une ancienne marinière, chef de quart à ses heures creuses, qui prétend tout connaître de la navigation en eau trouble. Quelques jeunots s’opposent aux vieux croutons qui veulent reprendre la mer sans changer d’accastillage.

Au soleil couchant, un raz de marée survient comme une lueur d’espoir, une bande de branquignols se sont emparés de la chambre haute, de quoi pousser une ronflette durant six ans, à l'abri du ressac !

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