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31/10/2014

Titus, mon cocker savant

 

 

 

Titus, mon cocker savant


Il est 17h00, mon cocker Titus vient  me réclamer sa pitance alors que durant l’horaire d’été, le repas du soir lui est servi à 18h00 !

Comment sait-il que depuis Giscard on bascule la pendule dans un sens ou dans l’autre au printemps et en automne. Il ne possède pas de Rolex à la patte gauche et encore moins une breloque horaire au collier.

Il doit en savoir des choses, me suis-je dit, même s’il ne lit pas la presse et n‘écoute que distraitement les infos à la radio. Cela m’a intrigué au point de tester son savoir en lui posant quelques questions sur l’actualité présente.

Du tac au tac, il m’a répondu en secouant sa tête de bas en haut et ses oreilles de gauche à droite. De gauche à droite… mais plus rarement en sens inverse, un signe qui ne trompe pas. Quant à l’intensité de ses vocalises, du grave à l’aigu, elles collaient à un demi-ton près aux réponses que j’espérais entendre.

Et de déduire que Titus est un chien savant, capable de jouer des tours à bien des humains. Les députés n’ont-ils pas modifié le statut des animaux approuvant qu’ils ne sont plus des biens meubles mais des êtres vivants doués de sensibilité. Ils auraient pu ajouter l’intelligence puisque chacun s’accorde à dire qu’il ne leur manque que la parole.

Je ne pouvais en rester là, il était indispensable que je connaisse le fond de sa pensée. Moyennant quelques gâteries, j’ai réussi à lui poser des électrodes sur son cuir chevelu. A son écoute, j’en ai d’abord pris pour mon grade, me reprochant de ne pas le considérer comme un être du règne animal à part entière. Oui, c’est vrai mon vieux, mais que deviendrais-tu sans moi, qui d’héberge, te nourris, te soigne tes bobos ? Veux-tu que nous parlions de choses sérieuses, de la situation de la France, du monde ?

Vous êtes tous dans le caca me répond-il, et nous avec malgré nos trente millions d’amis. On le remarque vers la fin du mois avec la diminution de nos rations alimentaires. Vos médias, vos politiques nous cassent les oreilles avec leurs coups de gueule, leurs débats, leurs promesses pour que tout change alors que rien ne change. Ils disent tout et son contraire. Votre chômage par exemple, une utopie d’imaginer pouvoir le résoudre en aboyant. C’est une crise de société, un mal endémique impossible à soigner comme la croissance. Et votre dette, ne comptez pas sur nous pour vous aider à la résoudre. Nous sommes interdits bancaires depuis toujours.

Et me dire encore qu’il a pris langue avec son copain Orwell, lui seul capable d’organiser la Ferme des humains avec notre aide, les animaux, mais à la condition qu’il ne mette pas au pouvoir ses copains comme cochons !

08/10/2014

Au secours ! le bateau coule

 

 

 

La course au large est lancée pour secourir le rafiot de l’Union pour un Mouvement Populaire en détresse. Faute d’entretien, - l’armateur crie famine - la coque prend l’eau de toute part, dans la cale un forçat écope pour sauver les derniers biffetons, la voile se déchire, les cordages s’entremêlent. Sur le pont, c’est la gabegie totale, les matelots se mutinent, chacun ayant son mot à dire haut et fort sur la manière d’envoyer les chaloupes à la mer.

Trois pitaines se disputent la barre et le cap à prendre. Il y a le vieux loup de mer, mis en quarantaine par le passé en terre canadienne, le requin blanc de blanc qui vire au jaune, les yeux rougis de rancœur et l’éternel dauphin qui tournoie autour de l’esquif, près à déglutir les restes de ce menu avarié. La présidence ou rien, disent-ils en cœur, mais laquelle ?

L’itinéraire de ce bateau fantôme est immuable. A force de naviguer à bâbord toute, le trio fait des ronds dans l’eau et revient malgré lui à son point de départ. A quai, une foule de badauds surexcités s’égosillent de slogans mille fois ressassés. Une blonde fadasse s’empare du micro pour saluer le retour de l’enfant prodigue des terres orientales. Elle est interrompue par une ancienne marinière, chef de quart à ses heures creuses, qui prétend tout connaître de la navigation en eau trouble. Quelques jeunots s’opposent aux vieux croutons qui veulent reprendre la mer sans changer d’accastillage.

Au soleil couchant, un raz de marée survient comme une lueur d’espoir, une bande de branquignols se sont emparés de la chambre haute, de quoi pousser une ronflette durant six ans, à l'abri du ressac !