alpilles13 ALPILLES13

24/12/2014

En direct de Bethléem...

 

 

 

Extrait du livre : Je crois en Dieu, moi non plus, l’Harmattan 2005, Fred Oberson

JE CROIS RECTO - db0ad2a2_2444344 -40.jpgBon sang de bon sang, c’est la fête, c’est Noël, la commémoration de la naissance de Jésus, pourquoi ne pas revenir près de deux mille ans en arrière et vivre l’événement en direct ?

« Ici Léon Zitrone, vous m’entendez mes chers auditeurs ? Je vous parle de Bethléem en ma qualité d’envoyé spécial de l’ORTF pour commenter le recensement de la population en Judée, ordonné par l’empereur romain Auguste. Comme vous le savez, le pays est administré par le roi Hérode qui m’a fait l’insigne honneur de me recevoir ce matin en audience privée dans son palais de Jérusalem. Les ruelles étroites sont noires de monde, de paysans, de marchands, d’artisans venus des campagnes environnantes pour s’inscrire sur les tabelles de la chancellerie. La cité est en effervescence car des savants, des astrologues, des mages se sont déplacés d’Afrique, d’Asie et même d’Europe pour observer le passage de la comète de Halley. Inutile de vous dire que je n’ai pas trouvé de suite dans mon hôtellerie habituelle. Un berger hospitalier a bien voulu me loger dans sa fermette située dans les faubourgs de Bethléem. A l’instant où je vous parle, j’aperçois une femme très jeune en train de mettre au monde un enfant mâle dans une étable adjacente. Le poupon, couché dans une crèche, est entouré d’animaux, un âne, un bœuf dont je ne peux vous préciser si c’est un charolais ou un salers. Près de la mère, se tient un homme barbu qui pourrait bien être son mari. Pas de vache laitière à l’horizon, ce qui va poser problème pour nourrir ce rejeton. Ah ! J’aperçois au loin des bergers qui se dirigent vers nous avec leurs brebis aux tétines bien pleines. Mais il se passe quelque chose d’extraordinaire, chers auditeurs. A l’instant même, la comète de Halley fend le ciel, juste au-dessus de cette masure, comme un signe, annonçant que cet enfant est un don du ciel. Je suis ému, je ne sais que dire. Il est plus de minuit, je vous quitte, chers auditeurs, je vous tiendrai au courant des événements. Je rends l’antenne. Ici Léon Zitrone en direct de Bethléem, à vous Cognacq-Jay. »

Et voici en cadeau : le livre gratuit en lecture numérique

http://fr.calameo.com/read/0001205114743105445a7

20/12/2014

Mieux vaut en pleurer qu'en mourir...

 

 

Sortez vos mouchoirs,

Tout ne baigne pas dans l’huile de synthèse à l’Élysée qui a fait appel à des conseillers extra-muros du gouvernement pour approcher le problème de la fin de vie.

N’y allons pas par quatre chemins, appelons les choses par leur nom et, dans le cas particulier, il s’agit de l’euthanasie, un mot banni du vocabulaire officiel. Donc, pour éviter l’affrontement d’un million de contestataires dans les rues de Paris - les mêmes que pour le mariage gay - on mouille un homme de droite, le récidiviste Jean Leonetti,  qui nous sert une salade mi-douce, mi-amer. Deux ans de boulot pour se pencher sur le passage en une micro seconde de la vie à la mort pendant que le président reste assis entre deux cercueils.

C’est complexe la fin de vie, croyants et incroyants y songent depuis l’âge de raison, question de choix, de culture, ou bien l’on monte au ciel ou l’on plonge dans l’inconnu, pour ne pas dire dans les ténèbres galactiques !

Une nouvelle appellation a fait surface, la sédation profonde qui consiste en l'injection d'un cocktail médicamenteux qui plonge le patient dans un état d'inconscience jusqu’à ce que mort s’en suive.

Une formule vicieuse qui n’ose pas dire son nom ajoutée à la langue de bois de l’État à l’état pur car en aucune manière il  ne s’agit d’un suicide assisté… mais d’un apéro renouvelé d’heure en heure avec la famille, le temps de régler les dissensions et la succession. Avec la morphine et autres produits de substitution qui atténuent les souffrances, ça dure parfois des mois, l’honneur est ainsi sauf, même si le moribond compte les jours pour  passer enfin de vie à trépas.

 On peut aussi accélérer le processus de la mort en diminuant  la dose ou en supprimant le cordon de vie artificiel qui fait bip-bip. Paradoxe : à la naissance, c’est la coupure du cordon ombilical qui rend l’être à la vie autonome.

Un toubib ne m’a-t-il pas dit : je peux prolonger la vie de votre mère de 15 jours, c’est à vous de choisir. Deux heures après, elle s’endormait pour toujours dans mes bras. Lucide, elle insistait depuis trois mois pour que l’on abrège ses souffrances tant physiques que psychiques.

Que fait-on, bon sang, des droits de l’homme qui doivent lui permettre de mourir quand bon lui semble !

La meilleure solution consisterait à faire passer le problème de l’euthanasie en catimini dans la loi fourre-tout concoctée par Macron, l’homme à tout faire du président. Cela ajouterait une dimension morale, humaine à cette litanie de mesures bassement matérielles.

Avec, O grand dieu, l’interdiction de mourir le dimanche pour ne pas encombrer le paradis qui fait relâche ce jour-là.

10/12/2014

Le Pont d'Avignon en 3 D !

 

 

Le Pont d'Avignon comme vous ne l'avez jamais vu :

 

http://www.dailymotion.com/video/x2baech_le-pont-d-avigno...

05/12/2014

Cher Patron

 

 

 

Cher patron

Les temps sont difficiles pour moi comme pour toi également. Excuse mon tutoiement mais nous sommes frères d’armes, frères de grèves désormais, tous deux jetés dans le merdier par les hausses qui jouent au yoyo avec les baisses.

Tous deux cherchons du boulot, toi t’en as pas assez et moi pas du tout. Pôle emploi nous relance tous les jours pour nous proposer des trucs aux noms bizarres : des cuicui, des caecae, des dif, des cif, des cdi et autre cdd. Une jungle de sigles pour soi-disant abréger le chômage.

Je sais que tu travailles 15 heures par jour, sept jours sur sept, faute d’avoir les moyens d’engager un mec comme moi, ce que m’a dit un rond de cuir. Gaffe-toi l’infarctus, mon cher !

Je suis donc au chomdu depuis trois mois après vingt ans de bons et loyaux services dans une hénaurme boîte qui a dé lo ca li sé, poil au nez et à la barbe de ses obligés. Je suis ni jeune, ni vieux, ces catégories qui exaspèrent les statistiques et j’en ai marre de ne rien foutre, de regarder la télé ou picoler au bistrot en tapant le carton. Je flippe à l’idée d’être abonné au chômage de longue durée.

Ma bourgeoise assurant les faims de mois, je te propose un deal, comme disent les amerloques : travailler gratos pour toi. Un homme à tout faire, polyvalent en quelque sorte. Courir à gauche et à droite, faire tes courses, sortir ton clébard, assurer ta sécurité, contrôler ton personnel, conduire ta pompe, française de préférence. Mais aussi emmener tes mômes à l’école, entretenir ton jardin, ta baraque, surveiller ta femme et ta maitresse.

Si t’as des problèmes de pognon, je peux d’avancer quelques biffetons sur ma prime de licenciement, la comptabilité et l’informatique n’ont pas de secrets pour moi.

Tu ne feras pas des économies de bout de chandelle avec moi, bien au contraire. T’auras plus besoin de cogiter, ta boîte va prospérer, pari tenu, et dans quelques mois tu m’engageras comme directeur. Fini le stress, tous les weekends dans ta villa du bord de mer. Réponds-moi vite sur mon blog !