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08/10/2015

1984 – 2084 - de ORWELL à SANSAL

1984 – 2084 - de ORWELL à SANSAL

 

Les prédictions de Georges Orwel ne se sont pas réalisées tout à fait comme il le pensait. Il n’empêche que ce fût un visionnaire lors de l’écriture de ce roman de fiction : « 1984 », publié en 1949. Depuis la décolonisation, des dizaines de dictateurs se sont peut-être inspirés du bouquin pour exercer leur hégémonie sur leur peuple.

Dès l’après-guerre, la télévision, la technologie, l’informatique et l’Internet ont profondément modifié notre mode de vie. Notre société est devenue l’otage de nombreux Big Brother, qui conditionnent notre existence, enserrés que nous sommes dans un carcan privatif de liberté.

Le NSA et la nouvelle loi sur le renseignement en sont des exemples ! En Grande-Bretagne, Big Brother a fait école, le réseau de télésurveillance compterait une caméra pour 15 habitants. La novlangue imaginée par Orwell se retrouve dans les SMS des portables ! Pareils aux moutons de Panurge, la grande majorité du peuple ne réagit pas, ou ne sait pas à quel saint – politique - se vouer. Beau jeu d’exploiter le populisme.

 

L’écrivain algérien, Boualem Sansal publie : « 2084, La fin du monde » dont le titre accrocheur, sur fond de dictature islamiste et de fable

 
orwellienne, n’est pas anodin. Sur le squelette de 1984, dit-il, il a bâti une fable apocalyptique sur l'avènement d'un monde alimenté par un islamisme de type occidental…

Sansal est le « Winston » de Orwell, celui que l’on accuse de trahison par son pays qu’il continue d’habiter malgré les risques qu’il encourt. Car l’écrivain dresse un réquisitoire contre l’arabisation forcée de l’Algérie, l’abandon de son origine berbère et de son héritage français. Il dénonce le dogme musulman qui transforme la foi en instrument de la domination politique.

Sansal écrit aussi : « Le politiquement correct, « cancer du monde », gagne les esprits. Il est nourri par la peur de l'islam et du monde musulman », ou encore en 2011 : « Le monde arabe de Papa sera fini lorsque sera brisé ce machin absurde, club de faux princes arrogants et cruels, qui se pose en gardien de la mythique race arabe et du véritable islam ». L’auteur ne manque pas d’humour au fil de cette fable dont le pays imaginaire, appelé l’Abistan, est aux mains d’un despote. Toute ressemblance avec la « réalité » ne serait que pure coïncidence !

Faut-il prendre au sérieux Boualem Sansal ? Oui, lorsqu’il assène des vérités qui ne sont, loin de là, pas bonnes à dire sur les dérives du monde arabe. En revanche, on peu être sceptique sur ses prédictions quand il déclare, lors d’une interview : « Je pense qu'au delà de 2084, l'islamisme sera un élément du pouvoir important, en ajoutant que la France sera islamiste car elle n'a pas montré un grand savoir faire et une capacité à résister à l'avancée de l'islamisme." Et dénoncer tous les dispositifs de sécurité qu’il y a partout !

Je m’interroge sur ces dernières phrases que j’imagine plutôt dans les discours et les écrits de ces prophètes xénophobes de malheur que sont Finkielkraut, Zemmour et Houellebecq.

 

On peut écrire une autre projection du futur

en se basant sur le passé et le présent

 

Les trois religions monothéistes s’inspirent d’un même prophète, Abraham, mais également de l’Ancien Testament et ne se différencient, à vrai dire, que sur des points de détails… et de pratique, à l’exception, bien entendu, des extrémistes. Au cours des siècles, elles ont conservé leur spécificité, leur culture, tout en ayant comme dénominateur commun un Dieu unique.

Ayant cohabitées, tant bien que mal, il n’y a donc aucune raison que cela change radicalement, même sous la pression actuelle des islamistes et des djihadistes. Nous devons apprendre à vivre ensemble. La vague de fond du printemps arabe de 2011 a démontré la volonté d’émancipation des peuples du Magreb et de la Syrie. Malgré la répression dans le sang qui s’en est suivie, le processus de la révolution démocratique est en marche, ce n’est qu’une question de temps pour y parvenir.

Contre vents, marées, persécutions et génocide, la communauté israélite, très minoritaire, a tenu bon, elle a survécu. Le communisme dictatorial et areligieux  n’a pu éradiquer les religions dans les territoires mis sous sa botte. Elles couvaient sous la cendre et ont ressurgi avec plus de vigueur lors de l’éclatement de ces régimes totalitaires. Par rapport à l’islam, les trois-quarts de l’humanité professent d’autres croyances qui ne sont pas prêtes à s’en laisser compter.

Au Moyen-Orient et au delà, cette mosaïque de pays, anciennement colonisés ou occupés, cherchent leur voie au travers d’un islam radical, d’une fracture, d’une haine quasi irréversible entre chiites et sunnites, de guerres fratricides. Selon Sansal : « ce conflit nourri la peur de l'islam et du monde musulman, il faut un plan Marshall pour sortir de cela, il faut oublier la prudence, encourager l'impertinence, notamment en France et en Angleterre, pays de l'irrévérence ». Mais en aucun cas, nous ne pouvons être des donneurs de leçons car l’Occident et l’Europe en particulier ont une grande part de responsabilité dans la situation actuelle.

En éradiquant les conflits religieux, en respectant l’autre, – soyons optimistes - les peuples vont inexorablement s’amalgamer dans la mixité des ethnies, nous ne serons plus ni tout blanc, ni tout noir, ni tout jaune, mais bigarrés avec les yeux bridés. Le Blanc plus blanc que blanc disparaîtra avec le métissage, comme à l’origine du premier hominien. Le compte à rebours est en marche jusqu’en 2084… pour mettre en place le processus et jouer les visionnaires.

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