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29/02/2016

Le livre du mois de Fred Oberson

Autoédition. Sélection Prix Concours : Il aime titiller le lecteur, l’inciter à réfléchir, à se poser des questions sur le pourquoi et le comment de notre existence. Et les lecteurs ont adoré ça ! Ils ont soutenu son roman De l’Esprit à la Chair, élu Sélection de février et ainsi nominé au Prix Concours monBestSeller de l’auteur indépendant 2016. Rencontre avec Fred Oberson,

Fred Oberson fait partager sa rage d'écrire sur monBestSeller

Vous avez d’abord écrit des essais politiques, comment et pourquoi êtes-vous venu au roman ?

À l’époque, l’essai politique était un vecteur pour dénoncer, provoquer, contester la société ! D’autant plus, si vous aviez été un élu d’opposition ou leader d’un mouvement – indépendantiste, par exemple ! Maintenant, les réseaux sociaux sont bien plus performants, la riposte est immédiate. Ce qui n’empêche pas le dernier des politicards de faire son livre pour acquérir ses lettres de noblesse : « mon mari est écrivain ! ».
Lors des manifestations de la place Tian'anmen à Pékin, en avril 1989, j’ai commencé à écrire en temps réel un reportage romancé… faute d’être sur place ! Je ne suis pas journaliste, mais j’ai une estime sans borne pour ces reporters qui travaillent au prix de leur vie.
Le roman permet de jouer sur les deux tableaux : la réalité politique, sociale et la fiction qui donne libre cours à votre imagination

Dans votre roman De l’Esprit à la Chair, vous racontez les colonies, la guerre d’Indochine, d’Algérie… Quelle est la part d’auto biographie ?

Je le dis dans le synopsis : ce roman décrit le passage de la croyance à l’athéisme et j’ajoute sans prétention, philosophique. C’est pour l’essentiel, une histoire vécue par l’auteur dans les années cinquante/soixante avec en parallèle la perte de l’empire colonial, des mutations - pour ne pas dire amputations - qui alertaient la jeunesse.
Je me suis attelé à incruster la fiction à la réalité. C’est ça le récit romancé ! Cette période de bourrage de crâne, de foi, de doute, une épreuve quasi quotidienne, entremêlée par la découverte de la chair, de l’amour fou, d’une sexualité débridée, puis le déclic final, le retour au calme, à la mélancolie. En ayant eu l’idée de livrer cette tranche de vie à mes lecteurs, j’ai forcément rafraîchi ma mémoire.

Vous relatez ces faits réels, mais vous y apportez un sens, une réflexion personnelle… Vos lecteurs ont d’ailleurs apprécié la juxtaposition de souvenirs et de réflexions philosophiques. Souhaitez-vous faire passer des messages ?

Je n’ai pas de message personnel à faire passer, plutôt titiller le lecteur, l’inciter à réfléchir, à se poser des questions sur le pourquoi et le comment de notre existence. Le peuple est amorphe, il est inféodé dès l’enfance à des dogmes, à des croyances et des pratiques stupides pour le maintenir dans un carcan, le dominer.

Votre roman raconte aussi le passage de la croyance à l’athéisme. Pourquoi avoir choisi la forme romancée ?

Ras-le-bol de tous ces philosophes qui utilisent des mots savants pour expliquer des choses simples. Illisibles leurs thèses pour le commun des mortels. En revanche, le récit romancé permet d’atteindre un large public. Pour assener la folle histoire de Jésus, les évangélistes n’ont-ils pas eu recours à la fiction, à la fable et au roman ? Et ça marche plus que jamais au 21ième siècle ! (Dans les trois religions monothéistes).

Vous dites cultiver les oliviers et l’écriture. Pouvez-vous nous en dire plus…

Je pourrais écrire un conte à la manière d’Alphonse Daudet : Il y a plus d’un quart de siècle, un helvète, battant la campagne, découvre un petit mas ancien au pied des Alpilles à 4km des Baux-de-Provence. Avec, de part et d’autre de la bâtisse, un verger d’une centaine d’oliviers et un autre d’abricotiers qu’il faut tailler, griffonner, engraisser au printemps, arroser, combattre la mouche en été pour espérer récolter l’or des Alpilles en automne. Il faut les aimer ces oliviers, je vous jure, pour avoir la patience de faire la navette cinq/six fois l’an jusqu’au jour de la retraite ! Et l’écriture, pardi, c’est la cerise sur le gâteau après une journée de labeur aux champs.

Après avoir été plusieurs fois édité, pourquoi publier aujourd'hui de nombreux écrits sur monBestSeller ?

J’ai été édité a deux ou trois reprises par un grand éditeur : Pygmallion, Paris et Jacca Book, Milan. D’autres fois, par des associations ou de petits éditeurs locaux. Pour eux, le problème c’est la diffusion au-delà de leur rayon et la couverture médias. L’un de mes derniers livres, Les Alpilles au pas de l’âne, a connu un vif succès local grâce à la presse, la radio, FR3 et au Festival des Alpilles. J’ai la rage d’écrire, je ne peux m’en passer et si, en plus, je suis lu… c’est le pied !
J’ai donc découvert monBestSeller le jour de Noël 2015 et aussitôt j’ai publié un texte. La conception de ce site est remarquable, bravo à ceux qui tirent les manettes ! Les commentaires sont un peu flatteurs mais pertinents et je m’empresse d’y répondre. En dehors de textes inédits, je vais publier mes anciens livres en poche mBS !

Que vous inspire d’avoir été élu Sélection mensuelle de février et d’être ainsi nominé pour le Prix Concours monBestSeller de l’auteur indépendant 2016 ?

Je suis aussi confus que si j’avais reçu le Goncourt ! Vous êtes très gentils d’élire un vieux scribouillard narrant ses souvenirs de jeunesse.
Je n’ai plus le choix, vous m’incitez à relire le poète Nicolas Boileau (1636 - 1711) et en prendre de la graine :

     "Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
     Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
     Et les mots pour le dire arrivent aisément.
     Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
     Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
     Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
     Ajoutez quelquefois, et souvent effacez."
     L'Art poétique

Propos recueillis par Isabelle de Gueltzl

Le livre :

http://www.monbestseller.com/manuscrit/4848-de-lesprit-a-...

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