alpilles13 ALPILLES13

18/01/2008

18. Mon journal des Alpilles

Je trouve ce texte dix-vins,

adressé par ma nièce Anne,

et je vous incite

à le consommer sans modération,

même s’il manque les rosés de Provence !



Il m’est arrivé une histoire dont il faut que je vous donne, si je
puis dire, la primeur.

C’était il y a quelque temps, au bal de la Nuits Saint Georges que
j’ai rencontré la petite Juliénas, une fille drôlement Gigondas, un
sacré beau Meursault, bien charpentée, et sous sa robe vermillon un
grand cru classé, avec des arômes de cassis et de fraises des bois.

On a dansé Anjou contre Anjou sur un Sylvaner à la mode et plus tard
lorsque je lui ai proposé de l’emmener dans mon château neuf-du-Pape,
elle est devenue toute Croze-Hermitage !!!

Le temps d’aller chercher un Chablis au vestiaire, de mettre un petit
Corton dans ses cheveux, on est montés dans ma Banyuls et on a roulé
jusqu’au matin.

Ah quelle belle journée ! On s’est baladé Entre-deux-mers, il faisait
beau, on a Vacqueyras sur la plage, les pieds dans l’eau Clairette,
on s’est Pouilly-Fuissé dans les dunes et puis comme le Mercurey
montait sérieusement et qu’on commençait à avoir les Côtes-Rôties on
a décidé de rentrer.

Mais voilà, en partant nous nous sommes retrouvé coincés dans les
embouteillages, enfin les bouchons, quoi ! Je commençais à Minervois
sérieusement et là, Julienas et moi, nous avons commencé à nous
crêper le Chinon.

D’un seul coup elle a claqué la Corbière de la Banyuls et elle est
partie !


Je me suis retrouvé comme Macon. Quoi, me suis-je dit, elle s’est
déjà Sauvignon avant même que j’aie le temps de la Sauternes ! Mais
je vous Jurançon, je l’avais dans la Pouillac, en effet, j’étais
tellement Tokay que j’ai couru après elle dans Lalande et les
Chardonnay pour la rattraper.

Quand on s’est retrouvés, et que je l’ai vue devant moi en Gros-
plant, je lui ai dit “Ne fais pas ta Pomerol, et ne t’en va plus
Gamay !”

En pleurant, elle est tombée dans mes bras en Madiran:

- “Ne m’en veux pas, je voulais juste être sûre que ton Saint-Amour
était vraiment Sancerre”.
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17/01/2008

17. Mon journal des Alpilles

Jeudi, 17 janvier 2007

Depuis quelques jours, je vis en reclus. Je tente à peine une sortie pour chercher du bois au bûcher. Le feu crépite, la cheminée s’en donne à cœur joie. S’il ne pleut pas, le ciel est couvert menaçant à chaque instant de nous inonder de son trop plein. Parfois un rayon de soleil se faufile entre les nuages, fait une timide apparition, juste le temps de dissiper l’humidité ambiante. Les champs regorgent de cette eau bienfaisante qui nous a tant manqué durant le printemps et l’été.

 

C’est mon premier hiver en Provence. Je suis scotché sur mon fauteuil, les yeux plantés sur l’écran de mon portable. D’une oreille, j’écoute France Inter. En ce moment, Daniel Mermet nous parle de « là-bas si j’y suis ». J’aime ce baroudeur, cet empêcheur de vivre en rond, sa manière de secouer le cocotier.

 

Je profite de ce temps maussade pour terminer mon prochain bouquin dont le thème est totalement différent ce celui qui vient d’être publié à fin décembre. Fini la fiction du paradis, le futur est plus terre à terre. Je me suis exercé à mettre à nu un certain nombre de personnages dans une histoire intimiste. J’hésite sur la fin que je viens d’écrire qui laisse la porte ouverte à une suite et le lecteur sur sa faim… Et de vous abandonner pour Frédéric Lodéon et la troisième symphonie de Franz Schubert !

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Franz Schubert, 1797-1828

15/01/2008

15. Mon journal des Alpilles

Mardi, 15 janvier 2007

 

 

La fuite inexorable du temps m’exaspère, j’aimerais l’arrêter, le mettre en hibernation tout l’hiver. De quoi gagner un bon quart de vie en plus. Je viens de recevoir l’invitation d’un parent à fêter son anniversaire. Il s’y prend à l’avance, c’est pour juillet. Ainsi, il va vivre six mois dans cette perspective, se préparant à faire son cinéma, le thème de la fiesta. Il a d’ailleurs réservé un théâtre exprès pour ça. On va rire comme des fous, retrouver la famille, les amis qui auront tous une année de plus. Cela me rappelle que j’en ai pris une de mieux, moi aussi, il y a deux semaines, sans m’en apercevoir. Un neuf à la place du huit en une nuit, ça me fait tout drôle. Pour simplifier le calcul mental, j’ai toujours un an de plus que le calendrier.

 

On est vraiment stupide de fêter le vieillissement, les vingt ans de ceci ou de celui-ci, les trente ans de cela ou de celle-là, la retraite à soixante ans, (profitons-en, c’est le dernier moment !) les noces d’or ou de diams avec photo sur le journal !

 

Il me semble qu’ici, au sud, en Provence, le temps passe plus vite. Qu’en pensez-vous les gens du nord ? D’ailleurs plus on est vieux, plus ça va vite, beaucoup trop vite. Au contraire de l’enfance où l’on aimerait faire un saut de puce pour être tout de suite adulte. J’ai la nostalgie des pendules d’antan qui s’arrêtaient quand on ne les remontait pas. Sans le savoir, les horlogers avaient inventé les machines à remonter le temps… Impossible d’en faire autant avec l’électronique ou les piles atomiques !

 

Je ne saurais disserter sur le temps tellement cette notion est abstraite, multiple et complexe. Chacun en fait ce qu’il veut, et l’interprète à sa manière. Je trouve intéressante la citation du physicien John Wheeler : « Le temps est le moyen qu’à trouvé la Nature pour que tout ne se passe pas au même moment ». Et celle du peintre Balthus nous concerne directement : « Il faut prendre son temps, sinon c’est le temps qui vous prend ».

 

 

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La dernière oeuvre de Balthus qu’il n’a pas eu le temps terminer!

08/01/2008

7. Mon journal des Alpilles

Lundi, 7 janvier 2008

 

Sept, nous sommes le 7, sept évident. Sept un jour à ne pas manquer car sept le premier d’une série de sept. Sept écrit sur le calendrier des postes. Sept année est pourtant une année en huit… Que sept compliqué les chiffres, je préfère les lettres, par exemple la septième, celle de l’index, que l’on compte sur l’une ou les deux mains Ca me rappelle le G7. A la septième heure, le réveil pointe son index : sept le moment de « sex »-traire du lit. Tiens ! que vient faire le 6 un 7 ? Sept encore le coup d’un vieux réveil de septuagénaire. Le jour n’est pas encore septentrional dans les Alpilles. Sept peut-être l’occasion d’aller à Sète ou à Septèmes-les-Vallons, dans la banlieue de Marseille, puis de remonter la nationale sept pour rejoindre Septème, en Isère. Sept l’heure, lève-toi, travaille, rajoute comme chaque semaine un zéro au 7 pour faire 70, divise-le par deux pour faire 35, sept la loi. Ouf, sept plus le dix-septième siècle !

05/01/2008

5. Mon journal des Alpilles

Les photos que je vous propose ne sont pas d’aujourd’hui…car la pluie bienfaisante continue de se déverser sur les Alpilles, comme d’ailleurs sur l’hexagone. Voici donc un peu de soleil pour vous faire rêver aux prochaines vacances!

C’est ce que j’aperçois de mes fenêtres… en été!

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04/01/2008

4. Mon journal des Alpilles

Vendredi, 4 janvier 2008

 

Celle qu’on attend depuis huit mois se fait désirer comme une coquette, fait la mijaurée, hésite à se manifester. Va-t-elle encore nous faire faux bond une fois de plus ? C’est fort possible car depuis quelques années, elle n’en fait qu’à sa tête Peut-être a-t-elle pris des vacances sous d’autres cieux ? Tout indique pourtant son arrivée imminente. Le ciel est gris-noir, bas, lourd, menaçant, comme la météo l’annonce depuis trois jours.

 

Elle attendra encore que la nuit soit noire d’ébène pour frapper à la fenêtre et s’abattre comme une furie sur la toiture. La pluie, la voici enfin la pluie ! Ici, en Provence, personne n’y croyait plus… mais il a plu et il pleut encore depuis vingt quatre heures. Un temps à ne pas mettre un parapluie dehors car il tournique dans tous les sens, se tortille, se plie en quatre jusqu’à perdre ses baleines et rendre l’âme. On se presse auprès de la cheminée, on lit un bon bouquin, on est heureux comme des fous quand il pleut dans les Alpilles !

03/01/2008

Mon journal des Alpilles

Jeudi, 3 janvier 2008

 

Le Conseil général des Bouches-du-Rhône publie une page entière, en couleurs, dans la Provence, pour souhaiter ses vœux à ses administrés avec cette mention :

 

Bonne année !

Ensemble faisons que 2008 apporte à chacun

générosité, fraternité et solidarité.

 

(Avec la signature de son président :)

 

Jean-Noël Guérini

 

 

Je ne puis m’empêcher de penser que cette publicité est ambigüe, qu’il y a des élections dans l’air, les municipales de mars, où ce cher Guérini est candidat à la Mairie de Marseille.

 

Qui finance cette carte de vœux géante ? Le contribuable que nous sommes, à coup sûr ! A moins qu’elle soit imputée à son budget de campagne ? Dans ce cas là, ’il aurait pu ajouter : « Votez pour moi ! »

 

A Maussane-les-Alpilles, nous aimons bien Guérini car, grâce à la subvention de 80% octroyée par son Conseil général, la municipalité a réalisé l’Agora, une salle polyvalente comprenant des locaux de sociétés, une salle de réunion, de congrès et de spectacle de 800 places. Une infrastructure unique dans les Alpilles pour le plus grand bien des commerces et de l’hôtellerie. Merci Monsieur Guérini, mais prenez garde, ne commettez pas d’impair, les électeurs pourraient s’en souvenir !

02/01/2008

Mon journal des Alpilles

Mercredi, 2 janvier 2008

 

 

Midi sonnant au clocher de l’église de Maussane. Je pénètre au Café du Centre, la bouffarde à la gueule. Culotté, le mec, comme à son habitude. Christophe, le patron, ne bouge pas une oreille… Il a l’air des mauvais jours, mais ne dit rien, ne me rappelle pas à l’ordre. Son flair de vieux loup de bar ne perçoit aucune effluve de ce tabac danois dont l’arôme aiguillonne la libido des nanas mal barrées. Pour la simple raison que la pipe est éteinte.

 

 

Apparemment, la clientèle des fidèles est toujours là. Peut-être pour s’échanger les vœux de cette nouvelle année de privation de tous ordres. Tout au plus assiste-t-on à un va et vient entre l’intérieur et l’extérieur, le temps d’en griller une. Mon pote Richard, qui se les roule, a une mine d’enterrement, Il s’enfile deux verres en vitesse et refuse la tournée du patron pour déguerpir à l’air libre ! Quant à moi, je ne refuse pas de trinquer avec un petit verre de rosé du mas de la Dame.

 

 

En Provence, sous sommes des privilégiés par rapport aux gars du nord car dans deux mois les fumeurs siphonneront les pastagas en terrasse. Les Parigots se coltineront les pseudos terrasses des Champs Elysées qui, selon les vents, sont ouvertes sur le côté, tantôt au sud, tantôt au nord. Voilà un arrêté ministériel d’intérêt général… pour le moins discriminatoire !

01/01/2008

Mon journal des Alpilles

Lundi, 31 décembre 2008

 

Le journal La Provence a sélectionné et classé les personnalités arlésiennes de l’année 2007. Vient en tête le photographe Lucien Clergue, le premier photographe à siéger à l’Académie française, sanglé dans son habit vert signé Christian Lacroix ! Découvrira-t-on des photographies dans le prochain tome du dictionnaire ? Donnera-t-il un bon coup de patte (le dernier du dico actuel)) aux membres de cette illustre académie pour définir le sens du mot « photographe » qui n’y figure pas encore ?

 

Si certaines de ses œuvres ne séduisent pas tout le monde, il faut rendre honneur à Clergue d’avoir été l’un des artisans des Rencontres internationales de la photographie et d’avoir contribué à faire connaître Arles, la cité de l’image, dans le monde entier. Le photographe de la Camargue et de la tauromachie est suivi, en seconde position, par un célèbre enfant du pays, Jean-Baptiste Jalabert, plus connu sous son nom de torero : Juan Bautista ! Quoiqu’on en pense, les aficionados ont encore de belles ferias devant eux…

 

La médaille de bronze est attribuée à Maja Hoffmann, une Suissesse d’origine, établie en Camargue. Cette riche héritière va investir des millions dans un centre culturel à construire sur le terrain des anciens ateliers SNCF, en Arles, comme on dit ici dans le pays.