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13/10/2011

Les 100 ans de Chevrolet ...

Mais que savez-vous exactement de l'histoire de la marque Chevrolet et de son fondateur, Louis Chevrolet ? Pour en savoir plus, Chevrolet vous donne rendez-vous à La Chaux-de-Fonds dimanche 3 novembre 2011.

 

 

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Pourquoi La Chaux-de-Fonds? Deux excellentes raisons justifient le choix de La Chaux-de-Fonds pour célébrer les 100 ans de Chevrolet. Tout d’abord, La Chaux-de-Fonds est la ville natale de Louis-Joseph Chevrolet, où il naquit le 25 décembre 1878.

 

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En 1911 à Détroit, le mécanicien et pilote de course Louis-Joseph Chevrolet lançait avec William C. Durant, fondateur de General Motors, la marque Chevrolet, plus familièrement surnommée Chevy. Depuis cette date, en 100 ans, Chevrolet a vendu plus de 200 millions de véhicules, pour devenir la quatrième plus grande marque au monde. Cette „success story“ se devait d’être célébrée!

 

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La Chaux-de-Fonds, ville natale de Le Corbusier, a été pendant plus de 100 ans le centre mondial de l'horlogerie. Elle abrite donc tout à fait logiquement la première maison créée par l'architecte de renom mondial ainsi que le Musée international d'horlogerie.

 

Ensuite, par son urbanisme, La Chaux-de-Fonds, rappelle une ville américaine. Entièrement détruite par un incendie en 1794, elle a été reconstruite selon un plan en damier basé sur l’hygiénisme, la lumière et la sécurité. Depuis 2009, elle est inscrite, avec sa voisine Le Locle, au patrimoine mondial de l'UNESCO pour son « urbanisme horloger », qui reflète les besoins particuliers d'une activité mono-industrielle entremêlant habitat et ateliers.

Les 100 ans de la voiture CHEVROLET

 

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A l’initiative d’une équipe de passionnés de belles voitures et amoureux de La Chaux-de-Fonds, organisateurs depuis 14 ans du rallye Louis Chevrolet Event, il s’agit de célébrer, par et à La-Chaux-de-Fonds, les 100 ans de Chevrolet dans le cadre d’une journée unique en Europe qui réunit 1.000 Chevrolet, de toute provenance, de 1911 à nos jours. Dès 8 heures le cœur de La Chaux-de-Fonds sera réservé exclusivement et gratuitement aux Chevrolet.

Le logo original

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est reconnu dans le monde entier comme étant le bowtie (nœud papillon) apparu en 1913 sur les véhicules, Il y a plusieurs théories quant à son origine. La plus probable serait que le logo soit en fait la croix suisse puisque Louis Chevrolet l'un des fondateurs est d'origine suisse.

29/08/2011

La route du Gruyère...

 

Le pays de Gruyère, un ancien comté, a donné son nom au célèbre fromage de Gruyère, souvent copié mais jamais égalé… qui bénéficie d’une appellation d’origine contrôlée. C’est un des sept districts composant le canton de Fribourg.

Ne dites jamais à un « Gruérien » qu’il est Fribourgeois, tant il est fier de son pays et de ses traditions séculaires.

Dans son émission : « Passe moi les jumelles », la Télévision Romande a diffusé vendredi soir une reconstitution de l’époque où les « armaillis » exportaient leurs meules de Gruyère jusqu’à Lyon.

Pour ce faire, il fallait traverser les Préalpes à dos de mulet, rejoindre le Lac Léman, naviguer jusqu’à Genève et descendre le Rhône pour atteindre la Capitale des Gaules.

Pour être né et avoir vécu de nombreuses années en Gruyère, je ne résiste pas à l’envie de vous proposer la vision de ce film. Il est remarquable d’authenticité et de sensibilité, jusqu’à « l’accent » typique de ses protagonistes qui me rappelle mes jeunes années.

Mais ce fromage tant convoité… ne va tomber tout fait du bec de maître corbeau sur un arbre perché… Dans un chalet d’alpage, en guise de hors-d’œuvre, la TSR a filmé une fromagère, Aurélie, une femme hors du commun qui, chaque matin, « fabrique » son fromage selon une méthode ancestrale.

 

 

http://www.tsr.ch/emissions/passe-moi-les-jumelles/3290888-pour-l-amour-du-gruyere.html

10:01 Publié dans Mon journal | Tags : gruyère, fromage, tsr | Lien permanent | Commentaires (1)

13/08/2011

A la rencontre des Provençaunautes...

 

 

Encore une rencontre virtuelle du 3ème type après les astronautes, les spationautes, les internautes et les blogonautes ?

Pas d’ovni, pas de Spielberg sur la place de la gare de Tarascon mais la ville est en effervescence en l’attente de l’événement de l’année : la TarasCountry,  un concert gratuit offert par la mairie !

Les rues sont envahies par une foule bigarrée que l’on pourrait croire venue en Boeing 747 de l’Arizona, du Grand Canyon ou de Monument Valley. Une horde d’Harley Davidson bourdonne sur le parking.

Vincent Bertomeu, le shérif, papillonne parmi un essaim de Top Country Girl avec à leur tête Anne-Marie Durhône qui organise le concours de danses traditionnelles.

A une terrasse de café, je rencontre enfin les « Provençaunautes », Karine Portrait et Anthony Jammot, journalistes au journal La Provence. Ils ont fait halte au soir du 3ème jour, le temps de reprendre leur souffle pour s’en aller à nouveau accomplir leur marathon de 1000 km dans l’arrière-pays provençal. En temps réel, ils adressent textes, photos et vidéos à la rédaction qui les retransmet illico sur le site du journal.

A nouveau sur la route de nuit... ils n’ont pas le loisir d’écouter Pete ROSS, le célèbre musicien des grands espaces australiens qui a ravi un public de connaisseurs jusqu’à minuit.

Voici le périple de Karine et Anthonny :

 

http://www.laprovence.com/sur-la-route-des-provencaunautes

 

Et Pete ROSS :

http://www.festival.alpilles.fr/festi2011/tarascon.html

 

http://www.dailymotion.com/video/xjy4xe_pete-ross-a-binic-2011_music

09/08/2011

lA CRISE, PLUS ACTUELLE QUE JAMAIS !

 

 

Le livre : Dis, Papy, c’est quoi la crise ? a été publié en juin 2009. Il est hélas plus que jamais d’actualité et je le propose gracieusement en numérique aux lecteurs de la Tribune de Genève: :

 

http://fr.calameo.com/read/000120511279aa7145bc4

 

Voici un extrait de la conclusion quelque peu « prémonitoire » :

 

« Comble de malheur, en voilà encore une de crise qui pointe le bout de son nez avec insistance : la crise de confiance !

Celle-ci est bien plus pernicieuse car les citoyens se rendent compte que leurs dirigeants sont dépassés par ce qui arrive, qu'ils interviennent au coup par coup, souvent sans concertation. Parce que les banquiers et les industriels leur dansent sur le ventre, tendant leurs sébiles comme des mendiants, fermant les usines touchées par la chute des ventes et de la production.

La réunion des chefs d'Etats, lors du G 20 du 2 avril 2009 à Londres, n'a pas dissipé le malaise. C'est une sorte d'inventaire à la Prévert, une litanie de bonnes résolutions pour tenter de changer le fonctionnement de la finance mondiale. Ils ont enfin pris conscience de la situation catastrophique dans laquelle se trouve la planète au plan économique et social. Ils ont sans doute compris qu'ils doivent unir leurs efforts, de part et d'autre de l'Atlantique et jusqu'aux confins du Pacifique pour enrayer la descente aux enfers.

L'homme de la rue devra patienter de longs mois avant de déceler des signes de retour à une certaine « normalisation » ! Avec des séquelles imprévisibles.

Dans l'immédiat, c'est la valse des milliards empruntés tous azimuts pour doter le FMI de moyens considérables destinés à sauver certains pays de la faillite. Des milliards que les générations futures devront rembourser ! »

Il est encore disponible en édition papier au prix de 15,00 euros, port compris : fredoberson@bluewin.ch

14:10 Publié dans Mon journal | Tags : crise, actualite, livre | Lien permanent | Commentaires (0)

05/08/2011

Festival des Alpilles


Samedi soir, les Irlandais(es) sont à Mouries !

 

 

http://www.festival.alpilles.fr/festi2011/mouries.html

 

 

Pomme dédicacera son livre:

"Les Alpilles au pas de l'âne"

Fred Oberson, icône-éditeur

fredoberson@ymail.com


 

01/08/2011

Un bon resto...

Ce soir, je me suis fait un bon resto pour marquer la fin des travaux de rénovation de notre cuisine !

Quelle idée stupide… pourquoi ne pas l’inaugurer, tester le nouveau four et son gratin de courgettes du jardin, rôtir une côte de taureau de Camargue sur la plaque à induction ? D’autant que ces nouvelles technologies consomment de moins en moins d’énergie pour compenser la hausse des tarifs de l’EDF. Paraît-il, c’est un argument de vendeur !

Une autre solution consistait à brûler quelques sarments de vigne pour griller une brochette d’agneau et quelques tomates rouge à cœur.

J’ai fait tout le contraire… non par dérision, mais pour récompenser mon épouse d’avoir dû cuisiner à la fortune du pot, le temps de travaux herculéens.

Honnêtement, j’avais un peu honte de la refaire cette cuisine, j’étais indigné, au fond de moi-même, d’être au resto, ce soir, alors que des milliers - des millions - d’Africains, en ce moment, crèvent la dalle ou crèvent tout court !

 

30/07/2011

Le mouvement vert..

 

Voici un billet que me transmet un ami Suisse…

Le pays des verts pâturages a toujours été politiquement en avance sur ses voisins en matière d’écologie !

"Vert" toute une réflexion !!!

Quand à la caisse de l'épicerie la vieille femme a demandé un sac en plastique pour y mettre ses produits, la caissière lui a reproché de ne pas se mettre au "vert".

Elle lui a dit que sa génération de vieille femme ne comprenait pas du tout le mouvement environnementaliste; que seuls les jeunes allaient payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes les ressources !

La vieille femme a répondu : "je suis désolée, de mon temps nous n'avions pas le mouvement vert."


Alors qu'elle quittait le magasin, la mine déconfite, la caissière en rajouta:

"Ce sont des gens comme vous qui ont ruiné toutes les ressources à notre dépens. C'est vrai, vous ne considériez absolument pas la protection de l'environnement dans votre temps! »

La vieille dame admît qu'à l'époque on retournait au magasin les litres de vin et les bouteilles de lait et de bière qui étaient consignées. Le magasin les renvoyait à l'usine pour y être lavées, stérilisées et remplies à nouveau ; on utilisait les mêmes bouteilles à plusieurs reprises. À cette époque, les bouteilles étaient réellement recyclées, mais on ne connaissait pas le mouvement vert.

De mon temps dit-elle, on montait l'escalier, on n'avait pas d'escaliers roulants dans tous les magasins ou dans les bureaux. On marchait pour se rendre à l'épicerie. On ne prenait pas une voiture au moteur bourré de chevaux à chaque fois qu'il fallait se déplacer au coin de la rue. Mais c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement vert

À l'époque, on lavait les couches de bébé ; on ne connaissait pas les couches jetables. On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde à linge, pas dans un machine énergivore avalant des kilowatts. On utilisait l'énergie éolienne et solaire pour vraiment sécher les vêtements.

À l'époque, on recyclait systématiquement les vêtements qui passaient d'un  frère ou d'une sœur à l'autre. C'est vrai ! on ne connaissait pas le mouvement vert.

À l'époque, on n'avait qu'une TV ou une radio dans la maison; pas une télé dans chaque chambre. Et la télévision avait un petit écran de la taille d'une boîte de pizza, pas un écran grand comme une affiche.

Dans la cuisine, on s'activait pour préparer les repas; on ne disposait pas de tous ces gadgets électriques "qui libèrent la Femme" pour tout préparer au moindre effort.

Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait des rembourrages tels que du papier journal ou de la ouate, pas des haricots en mousse de polystyrène ou du film plastique à bulles.

À l'époque, on utilisait l'huile de coude pour tondre le gazon ; on n'avait pas de tondeuses à essence autotractées.

À l'époque, on travaillait fort physiquement ; on n'avait pas besoin d'aller dans un club de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l'électricité. Mais, vous avez raison : on ne connaissait pas le mouvement vert.

À l'époque, on buvait de l'eau à la fontaine quand on avait soif ; on n'utilisait pas de bouteilles en plastique jetable. On remplissait les stylos à plume au lieu de jeter le crayon à bille quand il est vide, on réaffûtait ou on remplaçait les lames de rasoir au lieu de le jeter après chaque rasage. Mais, c'est vrai, on ne connaissait pas le mouvement vert.

À l'époque, les gens prenaient le tramway et les enfants prenaient leur vélo pour se rendre à l'école au lieu d'utiliser la voiture familiale et maman comme un service de taxi 24  heures sur 24.

On avait une prise de courant par pièce, pas une réglette multiprises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques indispensables aux jeunes d'aujourd'hui.

Alors ...

NE ME TITILLE AVEC TON MOUVEMENT VERT !

La vieille dame avait raison : à son époque, on ne connaissait pas le mouvement vert ; mais on vivait chaque jour de la vie dans un certain respect de l'environnement !

24/07/2011

Michel Corboz à Paleo


Paléo 2011 - Interview de Michel Corboz par paleo

Le Paleo Festival Nyon présente chaque année, en cloture, un orchestre classique...

Aujourd'hui, Michel Corboz est sur scène.

J'ai eu le bonheur de le rencontrer il y a près de 60 ans lorsque j'étais soprano et soliste dans un choeur d'enfants !

J'ai conservé pour ce grand musicien l'estime d'un coeur d'enfant...

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/fred-oberson/240711/le-req...


 

23:06 Publié dans Mon journal | Tags : festival, paleo, corboz | Lien permanent | Commentaires (1)

20/07/2011

Le chevrier, les chèvres et le curé

Les chèvres du Rove Les chèvres du Rove

C’est une histoire hors du temps. Date-t-elle d’un siècle, d’une décennie, d'hier ou d’aujourd’hui ? Peu importe, elle est véridique avec un brin de romance. Selon son humeur ou son ressenti, le conteur prend souvent des libertés avec la réalité !

Cela se passe dans un village de Provence qui, a priori, ressemble aux autres avec son l’église, sa mairie, sa place du marché, son vieux quartier et tout le reste. Ce bourg a ceci de particulier que la rue centrale, tirée au cordeau, est bordée de petits immeubles d’un autre âge, peut-être de la fin du 19ème siècle. Les façades sont restaurées avec goût, elles se démarquent par des crépis pastel aux nuances dissemblables : un gris souris, un mauve, un jaune tendre, un terre de sienne, un rose bonbon, et ainsi de suite de maison en maison. Au devant, de minuscules terrasses, un parterre de fleurs, un muret, un portail de fer forgé à deux battants, noir, vert, brun, rarement rouillé. Les volets sont clos ou entrouverts pour protéger du soleil et de la chaleur étouffante de juillet. Parfois, quelques marches pour accéder à des maisons de poupées situées du côté des grottes de Calés ! Voilà un indice pour situer l’endroit, mais le conteur n’en dira pas plus...

Six boutiques s’échelonnent le long de cette artère vitale : l’épicier, le boucher, le boulanger, la presse, le bistrot et la pharmacie pour soigner la « pasticite »… car l’on ne suce pas que des glaçons dans ce village des Alpilles !

Comme pour rappeler ses paroissiens à la raison, l’Eglise a pris de la hauteur. La Mairie, forcément laïque, donne le change dans une simplicité républicaine. Le maire, tout de blanc vêtu, salue, embrasse ses concitoyens, complimente ses électeurs et le curé.

Le maire et le curé Le maire et le curé

Comment se fait-il que le conteur se soit trouvé là, ce jour-là, au moment où un événement unique allait se produire ? C’est comme si l’on demandait à ce cher Alphonse Daudet de justifier sa présence lorsque la chèvre de monsieur Seguin se fit manger par le loup ! La population est en alerte, elle se presse sur les bas-côtés, les enfants trépignent d’impatience, suçotent des sucreries.

André, le chevrier André, le chevrier

Tout à coup, un troupeau d’une bonne centaine de chèvres du Rove et leurs cabris déboulent au fond de la rue. Les clochettes tintent comme des crécelles. Les cigales leur donnent la réplique. En tête, le chevrier mène son cheptel de main de maître. Sous le soleil de midi, les biquettes le suivent comme son ombre. Ses aides, de robustes garçons, rattrapent les petites égarées. Direction : un enclos herbeux situé à proximité de l’Eglise. Quelle régalade de brouter enfin l’herbe folle après ce marathon sur le bitume !

Bergère en herbe... Bergère en herbe...

Le curé se fait attendre, attendre encore, car il vient du Togo… pour bénir le troupeau! Le voilà enfin, vêtu d’une aube immaculée. Apparemment, ce n’est pas pour lui une pratique coutumière car il feuillette un grand livre et déniche enfin le texte apostolique de circonstance. Miracle ou pas… au moment où le saint Père étend ses mains sur le troupeau, leur fait des signes cabalistiques, les chèvres se calment, ne tentent plus de s’échapper à droite ou à gauche, de s’enfiler dans les impasses pour rejoindre leur bergerie.

Le curé et le chevrier Le curé et le chevrier

Le conteur s’est dit qu’il y a peut-être un Dieu pour les chèvres ou, plus prosaïquement, pour le peuple des bergers! Ne sont-ils pas accourus à Bethléem, il y a plus de deux mille ans ? C’est sans doute une histoire d’étoile…

A l’ombre du Géant de Provence, le platane quadricentenaire où Daudet, Mistral et les félibres ont partagé un déjeuner sur l’herbe, le conteur a retrouvé le chevrier pour déguster ses savoureux fromages.

12/07/2011

L'Arménie au Paradou

 

 

 

Voici le programme et les vidéos

 

Fred Oberson dédicacera le livre : "Les Alpilles au pas de l'âne"

publié à l'occasion du 10ème Festival des Alpilles

 

 

09/07/2011

Avignon... c'est sur la route des vacances!

 


1000 km de bitume, parfois le double, avant de rejoindre la grande bleue...

Bouchons, stress, chaleur, fatigue, mauvaise humeur, les mioches qui râlent… la totale, quoi !


Alors, avant de s’agglutiner sur le sable, de faire trempette, de rougir comme les tomates du pan bagnat hors de prix, pourquoi ne pas faire une halte bienfaisante au Festival d’Avignon ?


Où dormir, où poser sa carcasse ? De l’autre côté du Pont d’Avignon, dans l’arrière pays gardois, il y a de petits villages disséminés dans les collines et la garrigue, des chambres d’hôtes à la ferme où chez l’habitant à trois francs six sous ! Là, j’exagère à la baisse… car avec l’euro on a perdu la notion du juste prix.


Moyennant une pelote de laine, la fermière vous gardera les miteux, le temps d’aller trainer vos savates sur la Place de l’Horloge. Prenez du temps, laissez-vous aller à l’ombre des parasols, reposez-vous sur une terrasse en sirotant un jus de fruit de Provence.


Le spectacle est dans la rue, les saltimbanques défilent par dizaines, mimant le spectacle « off » qu’ils donnent d’heure en heure sur une scène improvisée, un garage, une arrière-cour et, pour les plus chanceux et les plus célèbres, dans un mini-théâtre. Ils sont les émules de Jean Vilar et René Char, qui ont créé le Festival « in » dans la Cour d’honneur du Palais des Papes en 1947.


Tous les monstres sacrés du théâtre français ont gravés de leur talent la célèbre scène d’Avignon. Et de citer ceux qui me sont le plus chers au cœur : Gérard Philippe, Silvia Montfort, Jean Négroni, Jeanne Moreau, Germaine Montero, Michel Bouquet, Maria Casarès, Philippe Noiret, Georges Wilson… Pardon pour tant d’autres que j’aime aussi !


Ces jeunes talents de l’époque se sont fait connaître en Avignon et combien de jeunes talents d’aujourd’hui seront reconnus demain ? Hier soir, Juliette Binoche, de retour au théâtre, a séduit : « Mademoiselle Julie » de Strindberg. (à voir jusqu’au 26 juillet)

Patrice Chéreau se paie la fantaisie de mettre en scène en anglais : I am the wind de Jon Fossee.


Trêve de paroles, en l’attente de vous rencontrer sur la Place de l’Horloge… je vous envoie le programme :


http://www.festival-avignon.com/fr/Prog

07/06/2011

La Provence me suit au pas de l'âne !

DOSSIER DE PRESSE :

http://fr.calameo.com/read/000120511f30d24af1ca9

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01/06/2011

CINQ MOIS...

Cinq mois en hibernation…

Cinq mois, la tête cachée sous le sable…

Cinq mois, hors du Monde, ou presque…

Cinq mois avec tout au plus 2–3 billets dans la Tribune...

Cinq mois où une partie de la Terre a basculé…

Cinq mois à écrire un bouquin…

Je me réveille enfin…

A peine suis-je au courant de l’actualité…

Il s’est passé des événements, paraît-il ?

La Tunisie et l’Egypte sont délivrés de leurs potentats…

Libres enfin de choisir leur destin dans l’incertitude des lendemains…

Ça canarde fort du côté de la Lybie, du Yémen et de la Syrie…

Le sous-sol de la Terre a retourné le Japon comme une crêpe…

Des milliers de victimes innocentes partout…

Même Ben Laden a passé de vie à trépas…

La France cherche un (e) président(e) tout azimut pour 2012…

Et pendant ce temps-là, je vivais comme un ermite…

A la lumière d'une chandelle, à cause de cette merde de nucléaire...

Je suis honteux d’avoir vécu ces événements que d’un œil…

J’étais planqué, je faisais le tour des Alpilles avec mon âne…

Le livre sort de presse au début juin…

Je suis enfin libre… de renouer avec ce monde en folie !

 

20/11/2010

Lettres de nos Moulins

20/09/2010

Mon ami, le toro de Camargue...


 

A Arles, à la féria du riz, on achève bien les toros dans l’arène romaine. Le matador, porté en triomphe par les aficionados, brandit les oreilles et la queue découpées d’un coup de scalpel après sa mise à mort barbare.

Mon ami Bandit est de la race des toros de combat. Au lieu d’être dans l’arène, je l’ai rencontré dans un parc clôturé, en rase campagne, des fois qu’il craigne la foule des passants, qu’il manifeste ses humeurs.

J’ai enjambé l’enclos, je l’ai caressé sur le museau, derrière les oreilles, je l’ai pris à bras le corps, j’ai palpé son cuir chaud, noir d’ébène, lui disant qu’il est beau et fier. Il est sous le charme, il ferme les yeux de tendresse et de bonheur. Son odeur de fauve imprègne mes narines. Je vis un moment intense, unique, lui aussi je crois, il a fait ami avec un homme risque tout !

06/09/2010

Lettre ouverte à l'épistolière Amélie...

 

Chère Amélie Nothomb,

Pardonnez-moi de vous écrire à travers l’Internet alors que votre préférence va à la lettre papier, sans doute manuscrite, qui sent bon l’encre de chine ou des mers du sud. Cela me rappelle l’époque des correspondances avec l’outre-mer, souvent des îles perdues dans l’Océan indien, où le courrier mettait parfois deux à trois semaines pour parvenir en Europe, et vice-versa. Je vibrais de bonheur lorsque le facteur me tendait une enveloppe avion avec de gros timbres multicolores.

Vous dites dans l’interview du Nouvel Obs de cette semaine que le courrier qui vous est ainsi adressé a un caractère secret qui n’existe pas au travers de la toile. C’est omettre que le courriel ne sera lu que de vous seule… et l’expéditeur forcément connu, ou tout au moins son adresse mail. Ce n’est pas le cas des lettres anonymes, souvent méchantes, dont vous ne parlez point. Pourquoi, chère Amélie, bâcler à la va-vite 4 bouquins par an au lieu d'un seul, mais un bon ?  Et l'éditeur de tirer au sort n'importe lequel, c'est du Nothomb... ça se vend comme des sucres d'orge !

J’ai lu deux ou trois de vos livres et, à l’instant où je vous écris, il  me vient en mémoire quelques passages de celui de 2007 : « Ni d’Eve ni d’Adam ». J’en déduis qu’au Japon, comme ici, les sous-chefs sont pire que les chefs et que l’on joue des coudes à tous les étages de la hiérarchie.

Je ne suis pas tenté de lire votre dernière livraison « Une forme de vie » déjà en tête du box office, peut-être à cause de mon obésité naissante ! En revanche, je suis curieux des cinquante manuscrits que vous ne publiez pas et qui seront une centaine d’ici une décennie ! Entre-nous, faites-moi le plaisir de m’envoyer l’un ou l’autre exemplaires, par courrier, en toute discrétion puisqu’ils ne vous plaisent pas !

Encore un mot, j’adore vos chapeaux, ils ne paraissent qu’à l’automne. De grâce, puisez dans vos réserves, publiez aussi au printemps avec vos chapeaux d’été.

18/08/2010

La Part du rêve

Chers Amis clients lecteurs,

La période de vacances touche à sa fin, le mot “rentrée” se prononce de plus en plus...
J’espère que vous avez bien profité de ce temps libre et que vos lectures furent variées et enrichissantes...

La rentrée littéraire démarre dès le 18 août et vous l’aurez sans doute déjà lu dans la presse, quelques 701 nouveaux livres de “littérature” sont annoncés !
Le chiffre est exact !
Depuis très longtemps je dénonce cette surproduction, et à la lecture des journaux ces derniers jours, on y “découvre” encore et toujours le visage d’Amélie Nothomb, les cheveux grisonnants de Laurent Gaudé et l’air désabusé de Michel Houellebecq... !

Je vais essayer au fil de mes billets de vous faire découvrir des livres peu médiatisés.
Bien-sûr si un livre d’un auteur reconnu mérite notre attention, je le signalerai. Il est dommage de savoir déjà d’avance que beaucoup de livres vont avoir une durée de vie très courte, car il est impossible de tout avoir et de de tout lire...

J’ai eu la chance de recevoir avec un peu d’avance des livres à paraître et voici quelques suggestions de lecture :



Elif Shafak
Soufi, mon amour
Editions Phébus
Prix : 39 fr.

La lecture du roman “Doux blasphème “d'Aziz Z. Zahara transcende spirituellement Ella Rubinstein, une femme épanouie de 40 ans. Celle-ci s'identifie au personnage, le poète Rûmi qui, au XIIIe siècle, vit son existence prendre une nouvelle orientation sous l'influence du célèbre derviche du monde musulman, Shams de Tabriz.
Un livre étonnant, polyphonique, alliant un récit contemporain et l’histoire persane d’autrefois... Passionnant !




Vincent Borel
Antoine et Isabelle
Ed. Sabine Wespieser
Prix : 43 Fr.

Le destin d'Antonio et Isabel, mariés et parents de deux petites filles. Après s'être engagé dans la République espagnole, Antonio part pour la France, entraîné par la Seconde Guerre mondiale. Il connaît ensuite la Résistance, le maquis, l'arrestation par les Allemands et l'extradition dans un camp nazi.
Bel hommage de l’auteur pour ses grands parents. Un beau texte qui nous fait parcourir une grande partie du XXe siècle en Espagne.




Voici en avant-première le programme de la Bibliothèque de la Pléiade de cet automne :

2 septembre : V. Nabokov – Œuvres romanesques T. 2 Pléiade Prix : 136 Fr.

7 octobre : Les Epicuriens – Pléiade Prix : 136 Fr.

7 octobre : Boris Vian – Œuvres romanesques T. 1     Pléide     Prix :  169 Fr.
7 octobre : Boris Vian – Œuvres romanesques T. 2     Pléiade   Prix : 169 Fr.
7 octobre : Boris Vian – Œuvres romanesques T.1 et T. 2 sous coffret    Pléiade    Prix : 338 Fr.

Réservez dès aujourd’hui vos exemplaires, je les tiendrai à votre disposition et vous les retirerez à votre convenance.



Encore quelques curiosités :



Patrick Reumaux
Les Dieux habitent toujours à l’adresse indiquée
Editions Vagabonde
Prix : 18 Fr.

Un beau voyage à travers toute la Méditerranée, toutes ses cultures et tous ses écrivains qui ont su exalter les couleurs et les senteurs de ce monde de lumière.
On prend beaucoup de plaisir à travers cette centaine de pages riches en senteurs...  Original !


Joan Fuster
Dictionnaire à l’usage des oisifs
Editions Anacharsis
Prix : 38 Fr.

Ces essais, regroupés par ordre alphabétique, abordent des sujets aussi variés que l'amour, la justice, la lâcheté, la lecture et le sexe. Ils constituent une série de promenades ou divagations littéraires, philosophiques et morales se fondant sur le trivial du quotidien.
Extraordinaire livre pour la première fois traduit en français du poète et essayiste valencien, traducteur de Camus, amoureux de Montaigne, Voltaire, Nietzsche et bien d’autres...

Dans l’attente du plaisir de vous revoir, je vous adresse mes plus cordiales salutations.

François Pulazza





LIBRAIRIE LA PART DU REVE
François PULAZZA
4, rue Leschot
1205  GENEVE

0041.22.320.63.06 (librairie)
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A l'occasion de la rentrée littéraire d'autome, je reproduis ci-dessous l'article de Anne Pitteloud, paru en avril 2010 à l'occasion de l'ouverture d'une nouvelle librairie, La Part du rêve:

L'invité du mois
François Pulazza

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Une quarantaine de librairies indépendantes ont fermé en Suisse romande depuis le début des années 2000, et les libraires ne savent pas encore ce que leur réserve l'arrivée imminente du livre électronique, qui bouleversera le marché. C'est dans ce contexte lourd d'incertitude que François Pulazza vient d'ouvrir une nouvelle enseigne: début mars, il inaugurait «La Part du Rêve», sans doute «la plus petite librairie de Genève, mais celle qui offre le meilleur choix!» sourit-il. Dans le minuscule espace de la rue Leschot, véritable «cabinet de lecture», une table de nouveautés choisies avec soin côtoie une bibliothèque réservée à des petits éditeurs indépendants, tandis que sur d'autres rayonnages s'alignent des livres anciens, rares et dédicacés. De fait, avant une reprise définitive, La Part du Rêve collabore avec Monsieur Jean-Jacques Faure, qui s'intéresse depuis 35 ans aux livres parus entre 1850 et 1950, et envoie quatre catalogues par an à ses clients bibliophiles qu'il reçoit ensuite sur rendez-vous. De par ce fonctionnement, la librairie était souvent fermée: les deux hommes ont donc imaginé cette formule «qui convient à tous les deux», se réjouit François Pulazza. «Cet intérêt bibliophilique me correspondait: je propose également des livres d'art, ainsi que des ouvrages édités avec un soin particulier.» Ouvrir une nouvelle librairie à Genève en 2010, est-ce bien raisonnable? La question semble incongrue face à l'enthousiasme communicatif du libraire, qui n'en est pas à son coup d'essai.

 

Entretien avec François Pulazza, par Anne Pitteloud

 

Qu'est-ce qui vous a motivé à prendre le risque de lancer La Part du rêve? Quelle vision de votre métier défendez-vous?

François Pulazza: Je suis devenu toujours plus petit afin de revenir à l'essence même de ma profession. J'ai d'abord été responsable et acheteur général des librairies Forum à Genève, et j'ai créé un troisième Forum à Signy, près de Nyon (propriétés de Coop, les librairies Forum ont fermé fin 2003). En octobre 2003, j'ai ressuscité la librairie Descombes, rue Verdaine. Tout le monde nous disait que c'était une gageure que de relancer cette librairie située juste derrière la Fnac, mais la Nouvelle Librairie Descombes marche bien aujourd'hui.
Aujourd'hui, il est très facile de trouver un livre avec la base de données Electre sur Internet. Le libraire doit donc offrir un plus, et le petit libraire peut survivre à condition qu'il soit différent. Il y a bien sûr aussi de très bons libraires et de très bons disquaires dans les grandes surfaces, mais je défends une autre manière de travailler, qui privilégie un contact étroit avec les clients.
J'ai une forte personnalité et certains disent aimer cela, beaucoup font confiance à mes choix. Il existe selon moi deux sortes de clients. Les premiers iront toujours à la Fnac: ils aiment l'anonymat et le côté impersonnel des grandes surfaces, non la dimension intime. La seule question qu'on leur pose est «avez-vous la carte Fnac?» et pour eux c'est parfait. C'est qu'il faut oser pousser la porte de ce petit cabinet de lecture, cela peut impressionner ou gêner… Cela convient à ceux qui ne vont pas dans une librairie, mais vont voir leur libraire: ils ont envie de passer un moment privilégié avec lui, qui leur aura préparé une sélection de livres et connaît leurs préférences. Il y a des clients que je côtoie depuis des années et j'achète des livres spécialement pour eux; je me rappelle leurs goûts, leurs intérêts, ce qu'ils ont lu, je les connais par cœur et je sais qu'ils aimeront. Il s'agit de coller à une personne. Ainsi, j'envoie une newsletter qui présente les nouveautés, mais aussi une lettre plus personnalisée à certains clients. Parfois ils me disent: «C'est terrible, vous me connaissez trop bien.» C'est qu'on est dans le registre de l'intime, surtout en littérature – ma spécialité. Le libraire est un marchand de rêve qui doit pouvoir communiquer ses passions.
Enfin, j'aimerais relever que je suis bien entouré ici: il y a le phénomène de la rue Leschot, si l'on peut dire. Elle se bonifie depuis qu'elle est partiellement piétonne. A côté, il y a un an environ, l'ancien gérant de la librairie ésotérique Delphica a lancé Les Trois mondes. La librairie pour enfants Le Chien bleu s'est installée dans la rue il y a un mois. La librairie ancienne Le Temps perdu est juste à côté, celle du Boulevard un peu plus loin à la rue de Carouge…

Selon vous, la petite librairie a toutes ses chances dans le contexte actuel.

Je fais partie du comité de l'Association suisse des diffuseurs, éditeurs et libraires (ASDEL) en tant que responsable de la formation des libraires. Je dis aux apprentis: «N'ayez pas peur, ce métier est difficile, mais si on veut durer en tant que petit libraire il faut faire plus, privilégier le contact, transmettre ses passions, et surtout faire preuve d'une immense curiosité.» Il s'agit de se tenir au courant, de savoir de quels livres parle la presse, de consulter Livres Hebdo , le magazine de la profession. Cela va si vite, tant de livres sortent... On doit être de bons généralistes, constamment en éveil, et connaître tous les secteurs car on a besoin de toutes les commandes – j'attends ainsi beaucoup des bibliothèques , qu'elles nous aident à réaliser notre rêve…
Avec ou sans prix réglementé du livre, l'important est d'abord l'accueil que le libraire réserve à ses clients. Et beaucoup sont gris, tristes… On parle toujours des 40 libraires disparus, mais il faut dire que certains méprisaient les gens. Toute personne qui lit est digne d'intérêt: un Barbara Cartland peut mener à de meilleurs romans d'amour. Mais certains libraires méprisent ce genre de lectures et de lecteurs.
Je suis peut-être Don Quichotte, mais j'y crois. Je ne changerai pas ma ligne. J'ai déjà fait dégouliner des best-sellers et des Marc Lévy le long des rayons, ça ne m'intéresse plus !

Justement, parlez-nous de vos choix, dans ce marché du livre au roulement si rapide.

Il faut souligner que près de 70 000 nouvelles références francophones sortent chaque année: le rythme est tellement rapide que les livres disparaissent très vite. Il y a vingt ou trente ans, nous pouvions user du fameux droit de retour pendant un an, et nous gardions les livres dix, onze mois avant de penser à les retourner. La production a doublé aujourd'hui. Si un livre sorti en janvier n'a pas marché, il faut déjà penser à le renvoyer. C'est éphémère, il y a peu d'élus. C'est très dur pour un auteur d'être édité, puis très difficile d'être lu.
Je fais donc une sélection importante – de plus, la place réduite de ma librairie m'y oblige. Si 15 nouveautés paraissent dans la collection Blanche de Gallimard, je mise sur deux titres, pas plus. Mes préférences m'ont toujours porté vers la littérature, l'histoire, un peu la philosophie, ainsi que les beaux-arts – je propose les catalogues des expos actuelles. J'ai travaillé pendant treize ans comme œnologue: j'ai ici une bibliothèque d'œnologie avec des titres sur le vin qui sortent des sentiers battus.
Enfin, dans ce contexte de surproduction, les petits éditeurs qui sortent cinq à six livres par an restent visibles plus longtemps! Je propose ici plus de 70 petits éditeurs indépendants: Héros-limite ou La Dogana côté suisse romand, ainsi qu'une soixantaine de petites maisons françaises dont beaucoup ne sont pas distribuées, qu'on n'a jamais vus à Genève – comme La Rumeur des Ages ou Circa 1924, par exemple. Je les ai découverts dans des salons du livre ou sur Internet et j'ai toujours défendu cette ligne, chez Descombes également. Il y a par exemple la Librairie La Brèche, qui est aussi éditeur; les éditions La Part des Anges, Jean-Paul Rocher, Aden, Anabase, Ivrea, Finitude, Argol, des Cendres, Sillage, L'Arbre vengeur… Leurs livres sont de beaux objets et offrent des textes de grande qualité, à des prix de poche.. Certains ressuscitent d'anciens auteurs français, libres de droit et épuisés, ce qui est très bien quand on voit cette littérature nombriliste qui s'écrit aujourd'hui en France… Rééditer dans de beaux petits livres Jacques Audiberti, Pierre Louÿs, Catulle Mendès, Louis Chadourne, des nouvelles de Balzac ou Diderot, c'est aussi un bon moyen de se faire connaître en tant qu'éditeur débutant. Ainsi, La Rumeur des Ages vient de publier Aux Champs , une longue nouvelle de Zola. Le Dilettante est au départ un ancien libraire frustré de ne plus trouver les grands auteurs. Mon prochain projet est d'ailleurs de créer une nouvelle maison d'édition…

Sur certaines nouveautés, vous avez posé un billet avec votre note de lecture…

En effet, j'inscris mes commentaires pour guider le lecteur. C'est le libraire fantôme. J'ai beaucoup aimé Sept ans de Peter Stamm, et je vais le défendre encore un moment. Je préfère avoir moins de titres, mais plus longtemps. Il y a aussi les éditeurs que je suis. J'aime beaucoup la littérature étrangère, hispanique et anglophone particulièrement – Albert Sánchez Piñol chez Actes Sud, les auteurs publiés par Métailié, William Boyd dont le prochain roman sort bientôt…. Je trouve la littérature française trop nombriliste.

Et que pensez-vous de la littérature suisse? et romande? Quels sont vos relations avec les auteurs d'ici?

J'avoue une admiration pour la littérature suisse alémanique contemporaine. Il y a de dignes héritiers de Durrenmatt et de Frisch. Ils s'appellent Martin Suter, Urs Widmer, Peter Stamm, Markus Werner, Pascal Mercier… Fantastique! Il n'y a pas de comparaison avec la littérature romande qui aurait tendance à m'ennuyer… Si je dois en citer un seul, je dirai Blaise Hofmann chez Zoé, toujours très bon dans des genres très différents…
J'ai bien sûr des contacts avec quelques auteurs. Les meilleurs sont ceux qui font preuve de discrétion comme mon ami Armen Godel, et non d'autres que je ne citerai pas, seulement inquiets de la présence de leurs livres dans les rayons!

Beaucoup de librairies indépendantes accueillent des rencontres, des lectures, les animations étant aussi une manière d'offrir un «plus» littéraire par rapport aux grandes surfaces. Envisagez-vous de telles animations?

Les dédicaces et lectures m'ennuient. Chacun son style mais… pour les lectures, je préfère ma propre voix. A moins que le texte ne soit lu par un comédien, qui lui apporte réellement quelque chose. Chez Descombes, j'organisais plutôt des rencontres avec des éditeurs: Anne-Marie Métailié, Sabine Wespieser, Viviane Hamy, et tant d'autres… C'était extraordinaire, beaucoup plus dynamique que les lectures. Je jouais au journaliste, je leur posais des questions sur leur métier, leur catalogue, les nouveautés, et elles finissaient par nous parler avec passion d'une foule de livres. C'était de beaux moments de partage et d'enthousiasme. J'avais invité Françoise Nyssen d'Actes Sud chez Descombes, qui me dit en arrivant: «Il n'y aura personne, qui veut écouter un éditeur?» Or nous accueillions environ 80 personnes. Ces rencontres fidélisaient des lecteurs pour les mois à venir, les gens étant ensuite attentifs aux parutions de l'éditeur découvert. Ici ce serait difficile étant donné la taille de la librairie, mais nous pourrions imaginer quelque chose avec les cafés voisins…

En tant que petit libraire, comment vous positionnez-vous face au livre numérique?

La plate-forme suisse n'est pas encore lancée, mais La Part du rêve proposera le livre numérique: mes clients pourront acheter le matériel, je leur montrerai comment télécharger des textes, etc. La plupart d'entre eux sont des amoureux du papier, donc je ne pense pas que beaucoup seront intéressés. Mais le livre électronique sera très bien pour certains usages, en voyage par exemple – guides, dictionnaires et romans tiendront sur un seul petit support. Ce qui m'inquiète, en revanche, est le dirigisme: si je veux un lecteur avec de la couleur, je dois acheter actuellement le Kindle, mais je suis du coup obligé de me fournir chez Amazon. Ce qui veut dire que si Amazon ne trouve pas d'accord avec certains éditeurs, il sera impossible d'acheter leurs livres…
En Suisse, c'est l'Office du livre, diffuseur basé à Fribourg, qui prépare sa propre plateforme. L'échéance est toujours repoussée, on parle à présent de mi-avril. On suit les dernières évolutions: en France, Gallimard va intenter un procès contre Google, Hachette méprise les libraires et veut les évincer… Aux Etats-Unis, il y a eu plus de 3 millions de téléchargements pirates rien qu'au dernier trimestre 2009. En Suisse, l'idée est de protéger le libraire: lorsque le lecteur s'inscrit, il devra entrer le nom du libraire de son choix, ou alors ce sera celui le plus proche de son domicile, qui touchera un petit pourcentage du prix du téléchargement.

Propos recueillis par Anne Pitteloud

***

La Part du rêve
4 rue Leschot
1205 Genève
Tél. 022 320 63 06.

 

François Pulazza, librairie La Part du Rêve
François Pulazza, librairie La Part du Rêve


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© «Le Culturactif Suisse» - «Le Service de Presse Suisse»

 

16/08/2010

Escapade hors du temps

 

Le chemin de Compostelle
Le chemin de Compostelle

Vendredi 13, 13 heures, ils sont à l’Olivier, un restaurant d’étape perché dans les collines situées dans le Pays de Louis Mandrin, du côté des Abrets, de Pont-de-Beauvoisin. Ce révolutionnaire, ce contrebandier défendait les petites gens en leur procurant à bas prix le sel et le tabac, luttait contre l’Ancien régime et les Fermiers généraux qui collectaient des impôts prohibitifs. Arrêté avec ses troupes, traité de brigand, accusé de crime de lèse-majesté, Mandrin fut condamné au supplice de la roue puis étranglé par son bourreau.

François, le père de Maxime et Margaux leur dit s’être arrêté autrefois dans cette auberge avec leur grand-père, lui aussi quelque peu révolutionnaire. Les enfants prétendent connaître aussi l’endroit.

– C’est sur la route qui nous amène en Provence, chez le Pépé, dit Margaux.

– Oui, c’était l’été passé au mois de juillet, au bas de la colline, il y a le lac de Paladru, on l’aperçoit d’ici, dit Maxime.

– Cet endroit ne m’est pas inconnu, il me semble que c’était hier ou avant hier, dit Isabelle, la compagne de François…

- Non, tu divagues maman, hier nous étions au bord du Lac Léman, répond Céline.

Peu à peu, cette joyeuse équipée reprend ses esprits, des souvenirs se font jour, les langues se délient. L’un deux prétend avoir visité le Lubéron la veille, la bourgade de Gordes… Où étions-nous ce matin, au petit déjeuner ?

- Sur une terrasse de Saint-Rémy, Margaux, tu as même bu un chocolat, répond Maxime.

– Oui, c’est vrai, et hier soir, il me semble que nous nous baignons de nuit dans une piscine, il y avait un autre garçon, Clément je crois, vous avez joué à la pétanque avec Marine, alors que je jouais du piano avec papa !

– Naturellement, j’ai pointé, j’ai tiré et mes adversaires ont embrassé le popotin de Fanny, répond Maxime du tac au tac.

– C’est grave, vous affabulez, les enfants, la chaleur sans doute !

– Papa, on t’aime, on t’adore mais tu prends de l’âge, fais attention à tes neurones. Pourquoi as-tu une barbe de trois jours ?

Se passant la main sous le menton, ce fut le déclic, le coup de massue au moment du dessert glacé, de quoi rafraichir les méninges ! Isabelle se porta derechef au secours de son homme en l’enlaçant.

Lors d’une ballade d’un jour, mardi, 10 août à 13 heures, l’équipée s’était arrêtée à l’Olivier pour déjeuner. Pourquoi n’irions-nous pas trouver le Pépé jusqu’en Provence ? Une idée folle. Sitôt dit, sitôt fait sans bagages, ni brosse à dents, une escapade de trois jours hors du temps ! Treize à table... sous les oliviers.  Dan et JF ont même réussi à mettre en marche la vieille moto du Pépé, une Terrot 1930 pétaradante, en partance pour Compostelle.

Trois jours de bonheur pour le « Papet » de Provence et ses petits-enfants. Aujourd'hui, sur le chemin du retour... ils ont enfin les pieds sur terre !

07/07/2010

Une journée avec Billy,

J’ai pris la route au matin pour rencontrer Billy en chair et en os. On me parlait de lui depuis longtemps, la veille, je l’avais même repéré sur Internet. Après un dédale d’allées tantôt à gauche, tantôt à droite, une sorte de labyrinthe qui n’en finissait pas, je l’ai aperçu de loin. Je l’ai reconnu de suite, il trônait en bonne compagnie avec des collègues. Ce grand gaillard, tout de blanc vêtu, m’observait de haut, me toisait du regard.

D’origine scandinave, Billy est célèbre dans le monde entier, jusqu’en Chine, parait-il. Petit Billy faisait pâle figure à ses côtés, mais il me parut plus sympathique que le grand gigolo. Mis à part la taille, ils doivent être frère ou cousin germain, tant ils se ressemblent.

C’est le bibliothécaire du village qui m’avait donné son adresse, du côté de Vitrolles, aux portes de Marseille.

- La seule solution pour ranger tes piles de bouquin, me disait-il, c’est Billy.

- Je ne vais tout de même pas prendre un manutentionnaire à mon service.

- Tu es à côté de la plaque, Fred, Billy n’est pas un loufiat, c’est l’étagère la plus vendue dans le monde pour un prix dérisoire, grosso modo l’équivalent de deux bouquins !

 

Me voici donc face à une jolie hôtesse, aimable à souhait, qui me dit que Billy et petit Billy sont des modèles d’exposition. Je devais en prendre livraison en libre service au quai de chargement, travée zéro deux, box zéro six. Un vrai parcours du combattant, fléché comme un jeux de piste, poussant le chariot qu’elle m’avait mis entre les mains. Je peux vous dire que Billy était vraiment raplapla, mis en pièces, compressé dans un carton ondulé. A la force du poignet, que dis-je des biscoteaux, je réussis à emporter quatre Billy, deux grands et deux petits.

Loin de moi l’idée que j’avais acquis un matelas gonflable et qu’il suffisait de pomper et pomper encore, pour leur faire prendre forme ! Mais ce qui m’attendait dépassait mes capacités de bricoleur du dimanche. Je fis appel à mon amie Astrid, qui doit avoir des ascendances nordiques… car elle me sauva la mise en professionnelle du « do it yourself ». En fin de journée, les quatre Billy me regardaient de haut ! Il ne me restait plus qu’à ranger mes bouquins comme un bibliothécaire.

29/06/2010

A la recherche du Nautilus…

 

 

Depuis l’époque où le Nautilus sillonnait les mers, faisant la chasse aux aventuriers, semant la panique parmi les équipages, nous avons décidé, nous, capitaine et moussaillon, de renouveler l’aventure de la frégate Abraham Lincoln. A bord de notre frêle esquif, notre sloop Gingembre portant pavillon helvétique, un signe de neutralité… nous avons parcouru l’Atlantique tout au long du Gulf Stream dans l’espoir de rencontrer le capitaine Nemo.

Ce héros, ce flibustier de haut vol, ce personnage de légende, qui nous a fait rêver dans notre adolescence, avait certainement pris une retraite imméritée quelque part sur l’un des îlots sauvages au large des côtes de Bretagne. Nous le considérions comme immortel. Où vivait-il ? Peut-être aussi dans son sous-marin, son Nautilus accosté aux abords de l’Atlantide ?

Notre point de départ, notre démarche se situe dans la baie de Lorient. A l’entrée, à bâbord, existe une ancienne base de sous-marins, celle de Kéroman, construite par la Kriegsmarine allemande au début des années quarante. Nous étions persuadés que de vieux mariniers, de vieux pécheurs avaient enfoui quelques souvenirs, quelques indices au tréfonds de leur mémoire. De bar en bar, nous les questionnons, de bar en bar, nous avons abusé de ce lambig, cette eau-de-vie de cidre dont la sous-marque s’appelle calvados en Normandie ! No comment ! Nous avons fait chou blanc sur toute la ligne, oubliant que nous étions à 20.000 lieux sur la mer !

On est remonté vers le nord, on s’est enfilé à marée haute dans le port de Pont-Aven, la cité des peintres devenue célèbre à l’époque des impressionnistes dont Gauguin est l’initiateur de l’école des Navis. Aucune trace, aucune évocation picturale d’une époque qui était aussi la leur…

Mince alors, on a croisé les îles des Glénan en se dirigeant vers la Pointe du Raz, on a laissé l’île de Sein à bâbord puis, lors d’une escale à Douarnenez, nous avons pris pension chez Hervé, dit Vévé, au bar du Port. Pour faire le point, rien de meilleur d’avoir les pieds sur terre !

«Nemo ? Nemo ? ça nous dit quelque chose, mais il n’est pas d’ici. Jules, natif de Nantes, nous a bien raconté quelque histoire à son sujet, mais c’est du passé, ça date de l’autre siècle. Faudrait aller voir du côté de Brest, tonnerre de sort ! »

Camaret, le Conquet, le nord du Finistère, Perros-Guirec, à la limite des Côtes d’Armor, il n’était pas question de quitter l’océan, de pénétrer dans la Manche, vers Saint-Brieuc ou le Saint Malo. Ce n’est pas une mer digne de Nemo, avec tous ces Anglais en face.

De guerre lasse, on a posé le bateau, on a battu en retraite, on n’allait pas réécrire l’histoire, ou plutôt ajouter un chapitre au roman de ce cher Jules Verne. L’épave du Nautilus croupit sans doute tout rouillé au fond d’une crique. Les épaves sont légions dans le pays. Le capitaine Nemo vit encore dans nos mémoires. Peut-être un jour, avec notre Gingembre, ferons-nous le tour du monde en 80 jours ?

En attendant, rendons à Jules ce qui est à Verne :

http://fr.calameo.com/read/000120511ed8b14a6f4de