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21/02/2008

Revue de Presse

Jean Sarkozy : «Mon père
m'a dit de rester moi-même»

Propos recueillis par Bruno Jeudy
20/02/2008 | Mise à jour : 23:05 |
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Jean Sarkozy : «Je n'ai jamais trahi personne. Je regrette sincèrement l'incompréhension qui s'est installée.»
Jean Sarkozy : «Je n'ai jamais trahi personne. Je regrette sincèrement l'incompréhension qui s'est installée.» Crédits photo : Le Figaro

À 21 ans, le fils cadet du président de la République est candidat dans le canton sud de Neuilly. Entretien exclusif.

Avec les mêmes intonations de voix, une ressemblance de traits prononcée mais les cheveux blonds mi-longs et une tête de plus que son père, Jean Sarkozy entame à 21 ans une carrière politique. Un an plus tôt que son père, qui fut élu conseiller municipal de Neuilly à 22 ans. Candidat dans le canton de Neuilly-Sud, il veut «se battre », dit-il, pour sa ville. Il ne redoute pas le «combat politique» et assume les «risques». Y compris médiatiques. Pour Le Figaro, il explique les raisons de son choix.

LE FIGARO. Pourquoi vous présenter aux cantonales dans le canton de Neuilly-Sud ?
Jean SARKOZY. Je suis candidat parce que j'ai le sentiment que, pour moi, le moment est venu de m'engager au service d'une ville que je connais par cœur et que j'aime. J'ai envie d'être utile à cette ville pour laquelle j'ai un attachement profond, sincère. J'avais envie de me battre et notamment pour les autres. J'ai des choses à prouver.

N'avez-vous pas peur de gêner le président de la République ?
Non. C'est une élection locale. Le président de la République est, par nature, une personnalité d'envergure nationale. Ma démarche est une démarche humble et tout à fait locale. Je n'ai pas l'intention de m'arroger le droit d'investir le champ de la politique nationale.

Ne redoutez-vous pas de conforter ceux qui dénoncent une «monarchie élective» ?
Monarchie élective ? C'est quelque chose que je ne comprends pas. La démocratie se porte bien en France, il ne faut pas raconter n'importe quoi. Cette critique est particulièrement de mauvaise foi. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a du suspense, que les élections ne sont pas jouées d'avance à Neuilly.

Avez-vous l'investiture de l'UMP ?

Je suis le seul candidat de la majorité présidentielle. J'ai sollicité l'investiture UMP auprès du secrétaire départemental Jacques Gautier, et le soutien du Nouveau Centre auprès d'Hervé Marseille.

Qu'en pense Arnaud Teullé qui avait été initialement investi par l'UMP dans ce canton ?

Bien sûr, c'est une décision prise en accord avec Arnaud. Il a fait le choix de se présenter aux élections municipales et veut y consacrer toute son énergie.

Qui allez-vous soutenir entre Arnaud Teullé et Jean-Christophe Fromantin, le candidat investi par l'UMP ?
Je vais respecter la plus grande neutralité. Je ne souhaite pas intervenir dans le débat des municipales. Je réserverai à l'isoloir le secret de mon vote.

Vous faisiez équipe avec David Martinon et Arnaud Teullé. N'avez-vous pas l'impression d'avoir trahi l'un puis l'autre ?
Je n'ai jamais trahi personne. Je regrette sincèrement l'incompréhension qui s'est installée. J'ai apporté à la campagne ma contribution franche et loyale. J'ai averti très régulièrement le candidat des problèmes que nous rencontrions. Je l'ai fait de la façon la plus franche qui soit.

Que vous inspirent les accusations dont vous êtes l'objet ?
On fait des raccourcis. C'est le débat politique qui veut ça. Je ne m'en offusque pas. Je m'engage dans une campagne, je sais quelles en sont les règles et je les respecte. Mais je ne me considère pas comme une personnalité, encore moins comme une personnalité médiatique. Je sais que la campagne sera exigeante.

Avec cette candidature, allez-vous abandonner le théâtre et le droit ?

Je suis passionné par l'art dramatique, c'est vrai, comme je le suis par plein de choses. Je souhaite poursuivre ma formation de juriste. Mais aujourd'hui, je m'investis pour ma ville et je me mets au service des Neuilléens du canton sud. Je serai un conseiller général pleinement disponible. Je suis un bosseur, j'aime le travail bien fait.

Quels conseils vous a donnés votre père, le président de la République ?

Le président ? Il ne m'a donné aucun conseil. Mon père ? Il m'a dit de rester moi-même et de prendre mes responsabilités. Je suis un militant UMP, je suis très conscient des enjeux. C'est un combat particulièrement noble, même si je sais qu'il y aura des difficultés.

Qu'avez-vous répondu à Patrick Devedjian, qui vous avait conseillé de «vous mettre au vert» ?
Je n'ai pas eu de contact avec le secrétaire général de l'UMP. Ce n'est pas parce que mon père s'est investi en politique que ça m'interdit de m'investir pour ma ville. Ce n'est pas une nomination, c'est une candidature. C'est un risque à prendre, c'est un risque assumé.

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19/02/2008

Alain Robbe-Grillet

LITTERATURE

Robbe-Grillet était "un rebelle raffiné"

NOUVELOBS.COM | 19.02.2008 | 08:39

C'est par ses mots que la ministre de la Culture a salué la mémoire d'Alain Robbe-Grillet, figure légendaire des lettres françaises qui fut l'un des théoriciens du "nouveau roman". Décédé à l'âge de 85 ans, le monde littéraire lui rend hommage.

Alain Robbe-Grillet (Sipa)

Alain Robbe-Grillet (Sipa)

Alain Robbe-Grillet, écrivain et cinéaste provocateur considéré comme "le pape du nouveau roman", est décédé dans la nuit de dimanche 17 à lundi 18 février à l'âge de 85 ans, a-t-on appris auprès de l'Académie française, où il avait été élu en mars 2004.
Alain Robbe-Grillet est décédé au Centre hospitalier universitaire de Caen, où il avait été admis durant le week-end pour des problèmes cardiaques, a précisé l'Institut mémoire de l'édition contemporaine (IMEC), basé près de Caen, auquel l'écrivain avait cédé toutes ses archives.
Figure légendaire des lettres françaises, cheveux en broussailles et éternelle barbe blanchie avec l'âge, Alain Robbe-Grillet fut l'un des théoriciens du "nouveau roman", courant littéraire en vogue dans les années 1950-1960 qui rejette la forme romanesque traditionnelle pour opérer "une révolution du regard".
Il est l'auteur d'une vingtaine de livres, des "Gommes" (1953) à "Un roman sentimental" paru à l'automne 2007.
Alain Robbe-Grillet est également l'auteur du scénario du film d'Alain Resnais "L'année dernière à Marienbad" (1961) et le réalisateur d'une dizaine de films, entre érotisme et recherche formelle.

"Nouveau roman"


Ingénieur agronome de formation, il se consacre à partir des années 1950 aux recherches novatrices sur l'écriture. Ses premiers livres, "Les gommes" ou "Le voyeur" (1955), comptent parmi les titres fondateurs du "nouveau roman" et contribuent à le faire connaître à l'étranger, notamment aux Etats-Unis, où il enseignera pendant de nombreuses années, à New York et Washington.
"C'était un très grand voyageur, extrêmement curieux des autres, un promoteur infatigable de la littérature", souligne Emmanuelle Lambert, commissaire de l'exposition qui lui a été consacrée en 2002 à l'IMEC. "Il était extrêmement accessible, c'était un jeune homme de 85 ans", note-t-elle.
Pendant 30 ans (1955-1985), Alain Robbe-Grillet a été conseiller littéraire des Editions de Minuit, alors dirigées par Jérôme Lindon, haut lieu du "nouveau roman" autour d'auteurs prestigieux comme Nathalie Sarraute et Claude Simon. Robbe-Grillet y a publié l'essentiel de son oeuvre.

Provocateur

Lu désormais surtout dans les cercles universitaires, Alain Robbe-Grillet restait à 85 ans un provocateur. Il avait encore agité le monde des lettres avec son dernier livre, "Un roman sentimental" (Fayard), paru enveloppé d'un plastique qui empêchait de le feuilleter en librairie. L'écrivain y étalait des fantasmes, pédophiles, criminels et sado-masos.
"Gradiva", son dernier film, est sorti en mai 2007. Victimes de problèmes cardiaques durant le montage, Alain Robbe-Grillet avait alors tenu à le terminer et le présenter.
Elu le 25 mars 2004 à l'Académie française, au fauteuil de Maurice Rheims, Alain Robbe-Grillet n'y a jamais été "reçu" et n'a donc jamais siégé sous la Coupole. Après son élection, il avait en effet souhaité ne pas être reçu en uniforme d'académicien, puis il avait demandé que la réception ne se fasse pas en séance publique. Devant son peu d'empressement à rejoindre l'institution, la situation était bloquée depuis plusieurs mois.

Hommages

"Avec lui c'est un pan de l'histoire littéraire et intellectuelle française qui disparaît", a estimé le président de la République, Nicolas Sarkozy, dans un communiqué.
La ministre de la Culture, Christine Albanel, a rendu hommage à un "véritable révolutionnaire de la littérature" qui "n'a rien tant aimé que la désobéissance", décédé dans la nuit de dimanche à lundi à l'âge 85 ans.
"Dans chacun de ses romans, conçus comme des labyrinthes, des chambres d'énigmes, il a offert à ses lecteurs, avec une grande maîtrise et une merveilleuse ironie, le plaisir des glissements progressifs du sens, leur permettant de penser, d'imaginer et d'inventer à leur tour", écrit-elle dans un communiqué.
La ministre a salué "celui qui (...) est resté jusqu'au bout un rebelle raffiné, un écrivain sans autre loi que celle du style".
Le Premier ministre François Fillon a également rendu hommage à Alain Robbe-Grillet, "théoricien le plus stimulant", "Créateur d'une intelligence novatrice, toujours audacieuse, souvent troublante, il avait exploré et réagencé comme peu avant lui les structures intimes du roman", a écrit le chef du gouvernement dans un communiqué.
"La littérature française perd avec lui une figure intrigante et provocatrice", conclut François Fillon.

17/02/2008

Vive le Kosovo libre!

Le Kosovo proclame son indépendance, les Serbes manifestent

Le président avec le drapeau kosovar
[Photo : Keystone]
Les Albanais du Kosovo ont proclamé unilatéralement leur indépendance lors d'une séance extraordinaire du Parlement à Pristina. Plusieurs centaines de jeunes serbes ont manifesté à Belgrade, parfois violemment, pour protester contre l'indépendance du Kosovo.

[ats] - La déclaration a été lue par le Premier ministre du Kosovo, Hashim Thaçi. "Nous, les dirigeants démocratiquement élus de notre peuple, proclamons par cette déclaration que le Kosovo est un Etat indépendant et souverain", a-t-il lancé à la tribune, sous les applaudissements des députés.

"Cette déclaration reflète la volonté du peuple", a-t-il ajouté. M. Thaçi, comme le président Fatmir Sejdiu, ont promis que le nouvel Etat serait multi-ethnique et respecterait les minorités. Des dizaines de milliers de Kosovars, criant et agitant des drapeaux de l'Albanie, aigle noir bicéphale, ont laissé éclater leur joie dans les rues de Pristina.

Le drapeau du Kosovo indépendant, qui montre le tracé du Kosovo en jaune sur un fond bleu foncé, accompagné de six étoiles, n'a été dévoilé que dans l'après-midi au Parlement à Pristina.

Les Etats-Unis et plusieurs grands pays de l'Union européenne (UE) ont exprimé au cours des dernières semaines leur intention de reconnaître rapidement l'indépendance du Kosovo après sa proclamation.

En revanche, les autorités de Belgrade, fermement soutenues par la Russie, et les Serbes du Kosovo (un peu moins de 10% de la population) sont opposés à l'indépendance de la province. Belgrade a déjà "annulé" par avance toute décision en ce sens des autorités kosovares.

Par ailleurs, plusieurs centaines de jeunes serbes ont manifesté à Belgrade, parfois violemment, pour protester contre l'indépendance du Kosovo. Un policier a été légèrement blessé lors d'une échauffourée devant l'ambassade des Etats-Unis.

Les manifestants ont également défilé dans le centre de Belgrade, drapeaux serbes en tête, se promettant de manifester jusqu'à ce que "le Kosovo revienne à la Serbie". Après les heurts avec la police, ils ont été dispersés par les forces de l'ordre tandis que les policiers maintenaient leur dispositif près de l'ambassade de Slovénie.

16/02/2008

Mon journal des Alpilles

Des billes de polystyrène polluent un

peu plus le Rhône

 

 

Légères comme l'air, les billes de polystyrène s'accumulent sur les berges du Rhône et jusqu'à l'estuaire. Il faut environ mille ans pour qu'elles disparaissent. Cette pollution a alarmé l'association Nacicca (ici l'un de ses membres, Christophe Giraud).

 

Légères comme l’air, les billes de polystyrène s’accumulent sur les berges du Rhône et jusqu’à l’estuaire. Il faut environ mille ans pour qu’elles disparaissent. Cette pollution a alarmé l’association Nacicca (ici l’un de ses membres, Christophe Giraud).

 

© FREDERIC SPEICH “La Provence”

 

Les amoureux des balades au bord du Rhône l’ont constatédepuis longtemps : dans les creux de berges ou sur les bois flottés, on trouve des centaines de petites billes blanches échouées ou flottantes. Et depuis des années, “on a appris à vivre avec” constate Alain Floutié, directeur du Bac de Barcarin. Pour autant, ces billes de polystyrène, ont gêné le bac au point que la direction a été “obligée de modifier le système de refroidissement des moteurs: ces billes bouchaient les grilles et nous devions arrêter le bac“.

 

Habitués certes, mais déterminés à en savoir plus, certains ont remonté le fil du fleuve. Pour découvrir que ces billes viennent des Papeteries Etienne, l’entreprise basée à Arles. Résultat: l’association Nacicca (Nature et citoyenneté Crau-Camargue) vient de porter plainte contre X, pour pollution, auprès de la gendarmerie de Salin. L’enquête est en cours.

 

Mais on sait déjà que ces billes proviennent des balles de vieux papiers que traitent les Papeteries: les blocs de polystyrène qui servent à l’emballage se brisent en milliers de billes qui, légères comme l’air (elles en contiennent plus de 50%), ne peuvent être retenues suffisamment par les systèmes de l’entreprise.

 

Mille ans de durée de vie

 

D’une part, elles ont mille ans de vie, ce qui est considérable, mais en outre, les oiseaux les confondent avec des oeufs de poissons, quand ce ne sont pas les poissons eux-mêmes qui les mangent” explique Christophe Giraud, de l’association Nacicca. Et boulotter du plastique syrénique n’est conseillé ni pour les animaux, ni pour les hommes. Christophe Le Biavant, directeur des Papeteries, ne nie pas: s’il précise dans un communiqué que les “rejets du site pourraient véhiculer des billes de polystyrène“, il dit aussi que depuis un an, avec la direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire), il travaille à supprimer la nuisance.

 

Mieux, l’entreprise (Groupe international Paper), a investi déjà 220 000 €, pour trouver des solutions durables, toujours sous couvert de la Drire. “Nous sommes une entreprise citoyenne, qui recycle 180 000 tonnes de vieux papiers, majoritairement issus de la région. Et en travaillant dans la proximité, nous diminuons aussi les transports (..)“.

 

Plus loin, M. Le Biavant évoque aussi “les nombreux investissements mis en place pour se conformer à la réglementation“. Une station d’épuration a été aménagée et une co-génération, installée (un système qui fabrique de la vapeur à partir du gaz). À Nacicca, on ne nie pas ces efforts, qui permettent aussi à 120 salariés et à peu près autant d’emplois induits, de travailler à Arles.

 

Mais, “on trouve un peu fort de café, d’avoir négligé à ce point cette réelle pollution. Chaque année, des millions d’oiseaux meurent pour avoir ingéré du plastique. C’est assez léger comme attitude“. Léger, comme des billes de polystyrène…

04/02/2008

Mon journal de Genève

Suite à mon article de hier:

1875 - Le Musée Rath est trop petit.

 

Faisons en donc un autre

HISTOIRE GENEVOISE | 00h00 C’est reparti pour un tour. Le Musée d’art et d’histoire veut non seulement retrouver son lustre de 1910, mais aussi s’agrandir. Tout le monde connaît maintenant le projet de Jean Nouvel, pour lequel une fondation créée ad hoc doit récolter 40 millions.

Mais comment les choses se sont-elles déroulées avec le bâtiment actuel, inauguré il y a bientôt cent ans? Lentement. En 1826, le Musée Rath avait ouvert place Neuve, grâce au don providentiel de Jeanne et Henriette Rath, qui avaient hérité de leur frère le général. «C’était petit, mais grand», explique Danielle Buyssens, spécialisée sur la réception des arts à Genève au XIXe siècle. Comprenez par là que le bâtiment, utilisé à la fois comme école spécialisée, lieu de réunion et espace d’exposition, n’avait que peu de choses à montrer. «Il y avait quelques tableaux et des moulages d’après l’antique.»

Budget et projets

On vous passe l’épisode où la Société des Arts, gestionnaire, doit remettre l’édifice à la République radicale imposée par James Fazy en 1846. «On peut parler de nationalisation.» Le politicien milite pour une culture publique. Il y aura désormais (enfin, jusque dans les années 1990…) un budget d’achat. «La grande toile de l’atelier de Rubens récemment restaurée a ainsi été acquise à Paris dans les années 1850.» Des institutions parallèles naissent au fil des décennies. Citons le Musée Fol, celui des arts décoratifs et, bien sûr, l’Ariana de Gustave Revilliod.

En dépit de transferts de collections, le sentiment naît, vers 1875, que «les choses ne vont plus». Le Rath est bourré. A chaque exposition temporaire, il faut vider les murs. La date de 1875 coïncide avec le legs du duc de Brunswick, qui a suscité un trop-plein d’espoirs. Le lyrique l’emportera sur le pictural. C’est le Grand Théâtre qui verra le jour, et non le nouveau musée.

Société auxiliaire

En 1885, un concours d’architecture se voit lancé. Comme ça. Dans le vide. L’affaire retombera d’ailleurs comme un soufflé. Enfin, pas tout à fait… Charles Galland est déjà là. Le doyen des agents de change (lisez banquiers) se déclare prêt, «avec d’autres contribuables», à donner 150 000 francs. Francs or, bien sûr. Il aimerait que l’édifice pousse près de chez lui, rue Töpffer. Le nouveau quartier reste mal famé. On y trouve notamment la voirie.

On en arrive ainsi à l’Exposition fédérale de 1896 à Plainpalais. «Les amateurs genevois se regroupent pour créer, avec beaucoup d’emprunts, une grande exposition d’art suisse ancien», poursuit Danielle Buyssens. C’est le choc. La révélation. «Pour une fois, Zurich salue Genève.» Les organisateurs se sont révélés très professionnels. Ils n’ont du coup pas l’intention d’en rester là. C’est ainsi que se crée, en 1897, une Société auxiliaire pour la création d’un nouveau musée. «Le procédé est le même que pour l’AMAM, qui voulait pour Genève un espace d’art contemporain, dans les années 1970.» L’AMAM accouchera ainsi, en 1994, du MAMCO.

Tout n’ira pas vite. Le mouvement d’opinion est lancé, certes. On s’est décidé sur ce qui devait entrer dans les salles. Oui à l’archéologie. Non à l’histoire naturelle. Il faudra cependant la mort de Charles Galland, à 85 ans, pour que l’affaire se débloque en 1901. Trois millions (or toujours) seront prélevés sur son legs. Un vrai concours, destinés aux architectes suisses, se voit lancé sur un site précis. «Il y aura 43 envois. C’est Marc Camoletti, à qui l’on doit déjà la Poste du Mont-Blanc (1890-1892) ou le Victoria Hall (1892-1894), qui l’emporte.» Il s’agit d’un projet monumental, de style «beaux arts», avec colonnes, statues et escalier à double révolution.

Titanesque (capacité: 106 000 mètres cubes!), le chantier dure de 1903 à 1910. Le budget ne sera dépassé que de 10 pour cent. On sait encore tenir des comptes à l’époque. «Le surplus provient du décor.» Camoletti avait prévu la contribution de grosses pointures internationales. On fera finalement appel à des sculpteurs locaux.

En 1910, l’inauguration peu enfin se faire. Le directeur coiffe les anciennes têtes des Musée Fol et autres. «La fusion n’apparaît pas encore complète.» Les échos sont favorables. Nul ne pense que le musée et ses filiales compteraient un jour plus d’un million d’objets…

Article d’Etienne Dumont paru dans la Tribune de Genève de ce jour 

17/01/2008

Salut Carlos

PARIS (AFP) - "Carlos est décédé ce matin à 09h45 à l'hôpital Beaujon", à Clichy (Hauts-de-Seine), a-t-elle précisé à l'AFP.

"Il a été très courageux", a souligné sa soeur. Mme Dolto-Tolitch a indiqué que les obsèques de Carlos auraient lieu "sans doute mardi", sans autre précision. Né Jean-Chrysostome Dolto le 20 février 1943, il était le fils de Françoise Dolto, la célèbre pédopsychiatre. Barbe fleurie, silhouette de bon vivant enveloppée dans des chemises à fleurs et des salopettes amples, il a enchaîné les tubes populaires et drôles dans les années 70/80, parmi lesquels "Tout nu, tout bronzé" (1973), "Rosalie" (1978), "Papayou" (1983), "T'as l'bonjour d'Albert" (1985) ou "Le tirelipimpon" (1989).

Carlos était une figure de la chanson française, qu'il a égayée avec son style rigolo et son apparence débonnaire. Barbe fleurie, silhouette de bon vivant enveloppée dans des chemises à fleurs et des salopettes amples, il a enchaîné les tubes populaires et rigolos dans les années 70/80, parmi lesquels "Tout nu, tout bronzé" (1973), "Rosalie" (1978), "Papayou" (1983), "T'as l'bonjour d'Albert" (1985) ou "Le tirelipimpon" (1989).

Né Jean-Chrysostome Dolto le 20 février 1943, de Françoise Dolto, la célèbre pédopsychiatre, et d'un père russe, Boris Dolto, il anime à l'adolescence les soirées de l'Ambiance dans le quartier de Notre-Dame où il rencontre les frères Drucker, Michel et Jean, en 1957. Deux ans plus tard, sa route croise au Caveau de la Montagne celle du couple Hallyday et Vartan qu'il accompagnera partout entre 1962 et 1972.

Diplômé de l'école de kinésithérapie fondée par son père, il opte définitivement pour le show-biz en 1962, en remplaçant au pied levé Lucien Morisse à Europe 1. Au début de la décennie 70, il troque les chemises et polos stricts des années "mods" pour des liquettes bariolées d'éternel campeur. Infatigable chanteur, il multiplie les galas-camping --pour ses débuts, pas moins de 95 avec la caravane du tour de France en 1972-- et pendant 18 étés, de 1988 à 2005, 580 podiums pour la radio de ses débuts, Europe 1. Il enchaîne aussi les disques d'or: "Y a des Indiens partout" en 1970, "La cantine" en 1972 et "Senor Météo" en 1975. Après le succès du "Big Bisou" (composé par son ami Joe Dassin) en 1977, sa carrière de chanteur s'essouffle.

Deux ans plus tard, longue parenthèse alimentaire --11 ans-- avec les tournages d'une série de spots publicitaires pour une boisson. Il se marie en 1978 mais il n'aura pas d'enfant. En 1988, la psychanalyse est en deuil: Carlos dit adieu à sa mère. Il parraine par ailleurs un parc d'attraction, Mirapolis, où il se produit pendant quatre mois. Sous toutes les latitudes, il se met aussi à la pêche au gros et au documentaire.

A la fin des années 80, il profite de l'explosion du paysage audiovisuel français pour y imposer sur les chaines câblées Odyssée et Voyage ses films tournés à Madagascar, Tahiti ou Saint-Martin. "Plus de la moitié est consacrée à la pêche proprement dite, le reste à la fête et au plaisir, qu'il s'agisse de la bouffe, de la musique ou de la danse", expliquait-il à l'AFP en 1999.

Ce gros garçon jovial et bon vivant a publié une autobiographie, "Je m'appelle Carlos" (1996), et deux recueils d'histoires drôles (1997). Carlos faisait partie des artistes qui avaient soutenu Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle.

Copyright © 2008, Agence France-Presse

14/01/2008

14. Mon journal des Alpilles

Pagnol n’avait pas prévu ça!

Près d’Avignon, ils vivent dans les

tranchées de l’avenue de Verdun

Publié le lundi 14 janvier 2008 à 05H53 dans la Provence

 

Les travaux du rond-point ont commencé autour d’un bâtiment

 

 

On dirait en effet une sorte de village gaulois version XXIe siècle assiégé non pas par les Romains mais par les voitures et autres engins de chantier !

 

On dirait en effet une sorte de village gaulois version XXIe siècle assiégé non pas par les Romains mais par les voitures et autres engins de chantier !

©Ange Esposito


Situation insolite : alors que les travaux du giratoire de Bellevue sont plus que jamais engagés, un bâtiment prend des airs de village gaulois résistant à l’envahisseur. En attendant que la situation se dénoue, une famille vit ici et deux commerces continueront pendant encore plus d’un an à exercer leur activité sur ce qui, d’ici la mi-mars, sera un rond-point fraîchement inauguré.

 

Pour l’instant, les voitures passent et roulent à 360° autour de l’îlot de vie. “Pour nous, c’est la galère, explique Dominique Stehesin, marchande de fruits et légumes chez crudi-vert. C’est tournez-manège! Avec tous ces engins, ce n’est pas facile d’accéder au lieu.” Contrairement à ce que l’on pourrait croire à priori, elle est bien la seule a penser cela.

 

“C’est bien mieux qu’avant, estime en revanche Vanessa Groult, du magasin Pin’ups. Depuis qu’ils ont fait le parking, les gens s’arrêtent plus facilement ici. C’est une bonne chose pour les petits commerçants”. Mais, tôt ou tard, ce bâtiment est voué à disparaître. Et le seul locataire le prend avec philosophie et s’adapte à toutes les situations. “J’en ai rien à foutre du bruit, lance-t-il. Le bruit, c’est la vie. Il y a les voitures qui passent, c’est bien. Il habite ici depuis 10 ans et se prépare à être relogé, à 80 ans. “Elle a 100 ans, cette baraque. On ne peut pas s’opposer au relogement, on ne peut pas se défendre”.