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Mon Journal des Alpilles - Page 4

  • « Marseille rouge sangs »

     

    Marseille 16h30. Deux heures à perdre avant mon rendez-vous. Pour ne pas subir le bouchon qui se forme à la sortie des bureaux sur cette passerelle d’autoroute suspendue entre ciel et mer. Le vide par en dessous est à la verticale de la gare maritime. A vous donner le vertige, à vous glacer le sang dans les jambes.

    C’est jour de défilé. Pas les éboueurs mais les paysans et leurs tracteurs bloquent le centre ville et déversent leur cargaison de fruits et légumes. Les petites mères s’enhardissent à remplir leur cabas. Paradoxe de notre temps, les producteurs ne savent que faire de leurs produits et les pécheurs rentrent au port les filets vides. La célèbre bouillabaisse est devenue un luxe des restos étoilés. Les marins du porte-avion US mitraillent à tout va l’événement.

    Je planque mon auto sur une placette en dessous du Prado. Une astuce colportée par un Marseillais pur sucre. Prière de serrer le frein à main au risque de trouver son véhicule amphibie immergé à l’entrée du Vieux-Port. Pas question d’actualiser l’histoire authentique de la sardine qui se voulait plus grosse que la baleine. Un coup de soleil timide dans le dos, un coup de mistral glacé dans le visage pour remonter le long du quai de Rive Neuve, ce rectangle de mer qui pénètre jusqu’au centre ville. Ou plus loin, vers la Canebière, si les Belges n’avaient pas mis leur holà.

    Deux heures à perdre… à flâner dans le vieux quartier de l`Opéra, ses rues de Rome, Sainte et Paradis, autrefois parcourues par des matelots en goguette avides de filles de joie. C’est la morosité, pas l’ombre d’une cagole à l’horizon, les trottoirs marseillais ne sont plus ce qu’ils étaient. Les banques ont fait place aux hôtels miteux. Désormais, le racolage se fait par Internet.

    Passant rue Molière, l’idée me vient de rejoindre la librairie «  Les Arcenaulx ». Horreur du temps perdu... un des derniers prix littéraire fera mon affaire. Fouinant comme à mon habitude, je déniche un petit livre : « Marseille rouge sangs » d’Eric Schulthess. Il ne s’agit pas d’un guide sur la cité phocéenne. Mais une suite de nouvelles mettant en scène de petites gens, des pauvres, des chômeurs, des paumés exclus de cette capitale qui perd son âme au profit des spéculateurs. Honteux d’être assis comme un nabab dans le salon de thé qui jouxte la librairie, je dévore ce bouquin à l’écriture ciselée par un orfèvre.

    J’ai failli manquer mon rendez-vous de 18h30, au deuxième étage, chez cette dame sensible au bouquet de roses que je luis tendais.

    (site de l’éditeur : www.editions-parole.net

     

     

     

     

  • La Toussaint n'est pas la fête des morts

     

     
    L'inscription de la fenêtre Post Tenebras Lux des Baux-de-Provence

    L'inscription de la fenêtre Post Tenebras Lux des Baux-de-Provence

    On a tendance à confondre le premier jour de novembre – la Toussaint - avec le deuxième  qui est la fête des morts. Donc les cathos honorent leurs saints et le lendemain leurs chers défunts qui ne sont pas tous des saints, même s’il y a de fortes probabilités qu’ils soient au Paradis.

    Il semble qu’au fil des ans cette fête – le mot est mal choisi - revêt de l’importance à voir les centaines de chrysanthèmes sur l’étalage des grandes surfaces. Tout est prétexte à faire du commerce pour ces marchands sans scrupules. Le business de la mortalité ne subit pas la crise, il est planifié au pourcent près par les pompes et leurs œuvres, en particulier le crématoire dernier cri ayant remplacé les églises et le cimetière.

    En matière de cercueils, la dernière nouveauté nous vient de Nîmes où un petit malin, bien nommé « Clapié », a innové ces boîtes en bois en les colorisant, en revêtant le couvercle de la photo du cher défunt, de son métier ou de son dada favori.

    Selon le désir du mort encore vivant, il peut prendre une option pour vivre éternellement sa mort en compagnie d’une star, d’une actrice ou d’un sportif célèbre. Ici, dans le pays des supporters de l’OM, un modèle de série aux couleurs du club marseillais va bientôt voir le jour. Ne reste plus qu’à sonoriser le cercueil pour suivre les matchs en direct ou écouter le requiem de Mozart en boucle.

  • Titus, mon cocker savant

     

     

     

    Titus, mon cocker savant


    Il est 17h00, mon cocker Titus vient  me réclamer sa pitance alors que durant l’horaire d’été, le repas du soir lui est servi à 18h00 !

    Comment sait-il que depuis Giscard on bascule la pendule dans un sens ou dans l’autre au printemps et en automne. Il ne possède pas de Rolex à la patte gauche et encore moins une breloque horaire au collier.

    Il doit en savoir des choses, me suis-je dit, même s’il ne lit pas la presse et n‘écoute que distraitement les infos à la radio. Cela m’a intrigué au point de tester son savoir en lui posant quelques questions sur l’actualité présente.

    Du tac au tac, il m’a répondu en secouant sa tête de bas en haut et ses oreilles de gauche à droite. De gauche à droite… mais plus rarement en sens inverse, un signe qui ne trompe pas. Quant à l’intensité de ses vocalises, du grave à l’aigu, elles collaient à un demi-ton près aux réponses que j’espérais entendre.

    Et de déduire que Titus est un chien savant, capable de jouer des tours à bien des humains. Les députés n’ont-ils pas modifié le statut des animaux approuvant qu’ils ne sont plus des biens meubles mais des êtres vivants doués de sensibilité. Ils auraient pu ajouter l’intelligence puisque chacun s’accorde à dire qu’il ne leur manque que la parole.

    Je ne pouvais en rester là, il était indispensable que je connaisse le fond de sa pensée. Moyennant quelques gâteries, j’ai réussi à lui poser des électrodes sur son cuir chevelu. A son écoute, j’en ai d’abord pris pour mon grade, me reprochant de ne pas le considérer comme un être du règne animal à part entière. Oui, c’est vrai mon vieux, mais que deviendrais-tu sans moi, qui d’héberge, te nourris, te soigne tes bobos ? Veux-tu que nous parlions de choses sérieuses, de la situation de la France, du monde ?

    Vous êtes tous dans le caca me répond-il, et nous avec malgré nos trente millions d’amis. On le remarque vers la fin du mois avec la diminution de nos rations alimentaires. Vos médias, vos politiques nous cassent les oreilles avec leurs coups de gueule, leurs débats, leurs promesses pour que tout change alors que rien ne change. Ils disent tout et son contraire. Votre chômage par exemple, une utopie d’imaginer pouvoir le résoudre en aboyant. C’est une crise de société, un mal endémique impossible à soigner comme la croissance. Et votre dette, ne comptez pas sur nous pour vous aider à la résoudre. Nous sommes interdits bancaires depuis toujours.

    Et me dire encore qu’il a pris langue avec son copain Orwell, lui seul capable d’organiser la Ferme des humains avec notre aide, les animaux, mais à la condition qu’il ne mette pas au pouvoir ses copains comme cochons !

  • Au secours ! le bateau coule

     

     

     

    La course au large est lancée pour secourir le rafiot de l’Union pour un Mouvement Populaire en détresse. Faute d’entretien, - l’armateur crie famine - la coque prend l’eau de toute part, dans la cale un forçat écope pour sauver les derniers biffetons, la voile se déchire, les cordages s’entremêlent. Sur le pont, c’est la gabegie totale, les matelots se mutinent, chacun ayant son mot à dire haut et fort sur la manière d’envoyer les chaloupes à la mer.

    Trois pitaines se disputent la barre et le cap à prendre. Il y a le vieux loup de mer, mis en quarantaine par le passé en terre canadienne, le requin blanc de blanc qui vire au jaune, les yeux rougis de rancœur et l’éternel dauphin qui tournoie autour de l’esquif, près à déglutir les restes de ce menu avarié. La présidence ou rien, disent-ils en cœur, mais laquelle ?

    L’itinéraire de ce bateau fantôme est immuable. A force de naviguer à bâbord toute, le trio fait des ronds dans l’eau et revient malgré lui à son point de départ. A quai, une foule de badauds surexcités s’égosillent de slogans mille fois ressassés. Une blonde fadasse s’empare du micro pour saluer le retour de l’enfant prodigue des terres orientales. Elle est interrompue par une ancienne marinière, chef de quart à ses heures creuses, qui prétend tout connaître de la navigation en eau trouble. Quelques jeunots s’opposent aux vieux croutons qui veulent reprendre la mer sans changer d’accastillage.

    Au soleil couchant, un raz de marée survient comme une lueur d’espoir, une bande de branquignols se sont emparés de la chambre haute, de quoi pousser une ronflette durant six ans, à l'abri du ressac !

  • Révoltons-nous contre le rascisme et la xénophobie

     

    Le livre « Pour les musulmans », Edwy Plenel, La Découverte, est sorti dans les librairies. A cette occasion, je publie l’article paru dans « Révoltons-nous… Bon sang », mars 2012

    « Le racisme en France a pris et peut prendre plusieurs facettes, allant de la simple xénophobie jusqu'au racisme d'État ».

    Cette définition est inscrite en première page d’un site d’information libre. Cette seule phrase résume ce qui s’est passé au cours des siècles, depuis l’époque de l’esclavagisme jusqu’à l’antisémitisme. Nous n’allons pas refaire la synthèse de ces siècles d’obscurantisme, à une exception près, cependant. Lors de l’Exposition universelle de 1889 à Paris, à l’occasion du centième anniversaire de la Révolution française et de l’inauguration de la Tour Eiffel, l’une des principales attractions était le village nègre ! Sur l’esplanade du Champ de Mars, on exhibait, comme des bêtes sauvages dans un zoo, des centaines d’Africains, ni plus, ni moins apparentés à des singes à qui l’on jetait des déchets de viande crue. Que l’Etat n’aurait-il pas fait afin de justifier la colonisation ! L’Exposition coloniale de 1931 en fut une confirmation… Pas étonnant que le racisme a la vie dure et qu’il se soit banalisé jusqu'à aujourd'hui.

    On utilise encore, à tort, le terme « race » pour différencier les trois grandes subdivisions de l’espèce humaine en Jaunes, Noirs et Blancs ! Comme si physiologiquement nous étions différents… Comme si le métissage n’existait pas ! Pour les esprits simples et incultes, la couleur de la peau humaine est encore le principal argument dont ils étayent leur idéologie raciste. Doit-on faire un cours sur l’évolution de l’espèce humaine depuis l’Homo sapiens… qui a peut-être copulé avec l’homme de Néanderthal ?

    L’usage du mot « race » doit être définitivement banni du vocabulaire pour désigner les humains de diverses provenances. Le seul vocable digne d’être utilisé pour désigner les particularités physiques et culturelles des populations est celui d’ethnie. Elles se sont constituées sur les continents au cours des millénaires, selon les climats, les régions, les modes de vie, les cultures, les idiomes et les religions. Au 20ème siècle, la non-acceptation de l’autre qui ne vit pas, ne pense pas et ne parle pas comme nous a pris l’expansion d’une xénophobie mondiale. Elle est omniprésente et particulièrement virulente envers les peuples du sud, ceux de couleur, les Arabes notamment. Elle s’est amplifiée dans la deuxième moitié du siècle passé avec l’abandon des colonies à des potentats, l’accueil des immigrés, des réfugiés, la facilité des transports, aériens en particulier, la libre circulation des personnes dans l’UE. La xénophobie se manifeste parfois par une peur irraisonnée, par un réflexe au coin de la rue, dans une file d’attente, au bistrot, lors de conversations privées. Hélas, aussi dans les urnes !

    On ne peut nier que la xénophobie aille de pair avec une immigration quasiment incontrôlable. Cette immigration est essentiellement d’ordre économique, causée par la misère, le déséquilibre nord sud, les conséquences des révolutions au Maghreb. Face aux exclus, aux clandestins, l’Etat agit avec une détermination féroce, fixe des quotas, affrète des charters, des trams… créant un climat délétère et xénophobe. Les tentatives de débats sur l’intégration, l’identité nationale, l’islam et la laïcité n’ont fait qu’exacerber les passions et les divisions à des fins purement électorales. Rebelote lorsque le président Sarkozy pète publiquement les plombs à Grenoble en fustigeant et en évacuant les Roms suivant une distinction inacceptable, dans des conditions discriminatoires. Au mépris de la Convention européenne des droits de l'homme !

    Ce chef fantoche d’une armée en déroute, otage d’une droite pure et dure, oublie-t-il qu’il est issu de l’immigration ? Son comportement égocentrique donne à penser que son intégration ne correspond pas aux valeurs républicaines ! Certes, le problème reste entier. « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part. (Michel Rocard)

  • Une majorité de béni oui-oui

     

     

     

    © Dessin de Faber

     

     

     

    Manuel Valls est satisfait par les 269 députés de son clan qui lui renouvellent sa confiance et par conséquent approuvent sa politique socialo-libérale.

    A part les frondeurs qui s’abstiennent sans prendre de risque, combien sont-ils réellement à soutenir le gouvernement contre vents et marées ?

    Faut bien sauver les apparences au risque de mettre en péril l’existence de l’Assemblée parlementaire actuelle. En cas de dissolution, provoquant de nouvelles législatives, les deux tiers de ces faux-culs seraient renvoyés à la maison, perdant une fonction très convoitée.

    On ose imaginer la cacade que cela provoquerait dans cette République déjà chancelante. Les partis sont actuellement en déliquescence et aucun d’eux ne serait capable de réunir une majorité sans l’appui du Front national ou d’une vraie gauche utopique, reconstituée par miracle. Au lieu de la sixième… ce serait un retour à la quatrième, vite fait !

    Sommes-nous en démocratie quand les citoyens ne se reconnaissent plus dans ceux qu’ils ont élus, hélas pour cinq ans ?

    Finalement, doit-on remercier cette majorité de béni oui-oui qui boit le calice jusqu’à la lie pour supporter les colonnes du temple élyséen ?

  • Ce n'est pas du Gruyère !

    La France, un gros fromage

     

     

     

    Combien sont-ils à vouloir y mordre à belles dents ? Faut-il encore en avoir ! La citation du Général est toujours d’actualité :

     « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe plus de 300 sortes de fromage ? »

    De fait, chacun a son idée sur la manière de s’approprier la plus grosse tranche. Tous les goûts et les « affinités » font partie du landernau français, impossible d’en faire une fondue helvétique au risque qu’elle soit insipide. Il y a des trous dans le fromage de la République et bien malin celui qui trouvera la recette pour y remédier. Ça eu payé, mais ça ne paie plus. On y va à coup de raclettes et de tartiflettes comme tout bon savoyard qui compte ses sous.

    Touche pas à mon cantal, toi l’écolo, bouffe du bleu ou plutôt du vers de gris. C’est la bagarre entre les durs et les mous, pour rien au monde les Provençaux braderaient leurs « chèvres » alors qu’à l’autre bout du pays le camembert « normand » est fabriqué à l’échelon industriel. Dans le massif central et le Jura, ce sont plutôt les durs, les rudes paysans qui font vivre les fruitières.

    Pour le fumet et le goût, rien ne vaut un époisses frotté au marc de Bourgogne. Plus haut, on découvre le crottin, puis en direction de la capitale, il y a même un politicien qui s’est brisé les os avec le brie de Meaux.

    On n’a pas attendu le leitmotiv : « fabriqué en France » pour faire les meilleurs fromages du monde. Encore que depuis quelques mois, on a introduit sur le marché une pâte sans goût, fadasse, enrobé de cire rouge… que l’on appelle : « hollande »... ça, le grand Charles ne l’avait pas prévu !

  • Les guignols au Palais

    Les guignols au Palais

     

    Venez, venez, approchez, mesdames et messieurs, assistez au Théâtre des guignols de l’Elysée.

    Ce spectacle a lieu tous les mercredis à dix heures sous le chapiteau dressé dans la cour du château. Un écran géant transmet ce qui se passe à l’intérieur.

    Victimes d’ex croissance, une trentaine de marionnettes s’activent, jouent des coudes, se tapent sur la tête, faisant allégeance au guignol en chef, une sorte de gendarme qui bastonne à tout va. Une réminiscence  de la « Commedia dell’arte » dont les acteurs improvisent des comédies marquées par la naïveté, la ruse, l'ingéniosité et la contradiction.

    L’entrée est gratuite, des cadeaux en bon argent sont offerts aux PDG repus et des piécettes aux artisans et commerçants. Le répertoire est immuable, on ne parle que de pognon par ci, de pognon par là et le peuple des manants se voit obligé de verser son obole à la sortie.

    Le grand conifère, celui qui, au fond de la scène plie sous le vent, envoie une bordée de pives :

    - A votre bon cœur, enfants de la patrie, le théâtre est en faillite et il est grand temps de changer le décor à vos dépens(es).

    Et d’un ton péremptoire, le grimé en chef à la tête de bois admoneste ses marionnettistes :

    - Vous prenez des libertés sur le scénario, chacun improvise et jacte son couplet personnel. Ce n’est plus l’époque de se prendre pour un « héros », je suis le chef, vous devez obéissance à mon subordonné, le fossoyeur, jusqu’à la mort prochaine de vos idéaux démagogiques.

    L’électricité est dans l’air, l’orage menace de s’abattre et de détruire ce théâtre de l’ombre. Sur scène, des protestations fusent de toute part, le public applaudit, se délecte jusqu’aux larmes. Puis, une bataille d’invectives s’empare de ce film fellinien, des corps blessés d’amour propre se jettent par-dessus bord, l’écran se brouille puis c’est rupture à l’émetteur.

  • Jaurès, la récup !

     

     

     

     

     

    Je ne suis pas allé comme d’habitude boire mon café à la taverne située à l’angle de la rue du Croissant et de Montmartre. Ce matin, il y avait un monde fou rassemblé, encadré par toutes sortes de casquettes, même celles de préfets et de gardes républicains.

     

    Que se passe-t-il, ai-je demandé à une journaliste endimanchée qui tentait de s’infiltrer dans ce groupe hétéroclite en tendant son micro vers un monsieur qui ne m’était pas inconnu. C’est la fête à Jaurès, le centenaire de son assassinat par un vilain freluquet, me dit-elle, on inaugure une plaque commémorative collée sur la façade du bistrot.

     

    Quelle bande de faux-culs, me suis-je dis, en apercevant des politiciens de tout bord, un ex-maire socialo, un député de droite, quelques gauchos et même un touriste teuton.qui se serraient la main, se congratulaient comme des potaches.

     

    Quel coup de pub pour la taverne, fini de consommer mon petit noir tranquille en lisant les dernières nouvelles de l’humanité en crise.

     

    Cet homme-là, Jaurès… préféré le rencontrer de son vivant, attablé au bistrot en dégustant un cassoulet bien de chez lui et une tarte aux fraises. J’en prends mon parti de gauche et décide de le rencontrer et de lui rendre hommage au Panthéon, cette nécropole laïque, anciennement une église, où l’on cimente les grands hommes pour l’éternité. Par la même occasion, je jetterai un clin d’œil à Voltaire et à Rousseau.

     

    Je prends langue avec lui, d’emblée il me dit que c’est bien trop d’honneur qu’on lui rend aujourd’hui. Mort ou pas, son combat contre la guerre de 1914 n’avait que peu de chance d’aboutir, tant les puissances en cause étaient résolues d’en découdre. Sincèrement, il aurait souffert le martyr de vivre de telles tueries, mais ce qui le chagrine le plus, c’est la haine entre les hommes, entre les religions qui se perpétuent et les conflits qui en découlent.

     

    Ce visionnaire a un jugement terrible sur les hommes politiques qui ont galvaudé, depuis sa mort, son idéal, ses idées humanistes, pacifiques et sociales.

     

    A quoi cela sert-il que des milliers de rues et de places publiques portent le nom de Jean Jaurès, sans que rien ne change ?

     

    A quoi cela sert-il que des dizaines d’historiens et d’écrivains aient trituré son message dans tous les sens ?

     

    A moins que ce centenaire fasse date et réveille les esprits...

     

    L’idée me traverse l’esprit que d’un moment à l’autre, ce géant relève la pierre tombale, surgit et adresse sa vindicte aux rares visiteurs présents, comme il l’a fait à la tribune de l’Assemblée, peu de temps avant sa mort, pour stopper en vain le déclenchement de la guerre.

     

    Ce soir, je passerai mon chemin, rue Montmartre, au Café de sinistre mémoire on refusera du monde à dîner…

    Paris, le 31 juillet 2014

  • Entre voisins...

     

     …Un chemin de terre serpente parmi les oliviers et sépare le mas de mon voisin, le confiturier, situé de l’autre côté ; nous nous saluons d’un signe, échangeons nos propos à haute voix sur notre labeur quotidien, parfois nous franchissons ce Rubicon à pieds secs pour déguster un vin de pays. A pieds secs… car lorsque l’orage survient, faute de caniveau, il se transforme en ruisseau…

    Par un jour de mai, un marcheur nous salue, tend sa gourde et nous raconte qu’il s’en va à Saint Jacques de Compostelle, à mille lieues d’ici.

    Il nous montre sur les poteaux électriques les signes distinctifs qui indiquent le chemin à suivre, le nôtre, le « camino » qui part de l’Italie, traverse la Provence pour rejoindre la frontière espagnole.

    L’idée nous vient de baptiser notre chemin et de soumettre à la mairie un panneau indicatif :

    « Chemin de Compostelle »

    Ni une ni deux, le maire souscrit à notre projet et fait aussitôt planter le panneau par ses services.

    Le temps s’est écoulé jusqu’à ce qu’il soit cadastré et figure sur le plan de la  commune.

    C’est chose faite aujourd’hui, prétexte à son inauguration lors de la traditionnelle fête de Saint Eloi, un collègue de Saint Jacques !

     

    Rendez-vous le 7 juin 2014 dès 16h30

    Au mas Bernadette

    Pour l’inauguration du Chemin de Compostelle

     

     

     

    A la Fête de la Saint Eloi, la « Carreto Ramado » partira du domaine du bayle André Camous, notre voisin. A cette occasion le chemin de Compostelle sera inauguré officiellement le 7 juin 2014 à 16h30 par

    Jack Sautel, Maire de Maussane-les-Alpilles.

    Chaque année en juin, on décore une charrette, la "carreto ramado", pour honorer Saint Eloi, protecteur des bêtes de labour et de trait.

    Une quarantaine de chevaux de trait, richement équipés d’harnais cuivrés et de colliers dits « sarrasins », décorés de fleurs et de rubans, tirent cette charrette ornée de branchages, de céréales et de légumes.

    La troupe défile dans les rues du village, le samedi à 18h30 et le dimanche à 11h00 où elle effectue plusieurs passages à des allures différentes sous les acclamations de la foule.

    Retour le samedi à 19h30 au chemin de Compostelle pour le verre de l’amitié avec les charretiers et les amis.

  • Politique fiction ...

     

     

     

    Hollande n’a plus rien à perdre, (il l’a dit) il est inamovible pour trois ans encore et comme il ne parviendra pas à stopper le chômage, il ne sera pas candidat en 2017, (il l’a dit aussi).

     

    Les Français ne l’aiment plus, (moi non plus) qu’à cela ne tienne, il va donc leur rendre la monnaie de leur pièce en introduisant derechef la proportionnelle intégrale aux législatives.

     

    Pas de temps à perdre, sur conseil de bleu Marine, il dissout l’Assemblée nationale d’ici l’automne, permettant ainsi au FN d’obtenir 25 à 30% des sièges aux législatives qui suivront, de l’ordre 150 députés au bas mot !

     

    Et vogue la galère avec le tripartisme ! Le peuple veut du changement, (il l’a promis) voici l’occasion de tenter l’aventure, de semer la cagade, d’assister à des rapprochements contre-nature, de changer de gouvernement comme de chemise, de raser gratis.

     

    Dans sa tour d’ivoire de l’Elysée, le monarque se gaussera de ce peuple ingrat et versatile. Il prendra le temps de faire le tour du monde en scooter.

  • L’opération « Turquoise » au Rwanda…

     

     

     

    À fin juin 1994, quand tout était consommé, ou presque, que l’on fit le compte de près de huit cent mille morts, pour la plupart des civils, la France procédait à l’opération « Turquoise ». Un bien joli nom, turquoise, du nom de cette pierre fine d’un bleu tirant sur le vert comme les reflets du lac Kivu qui sépare le Rwanda du Congo.

    Lac KivuLac Kivu

    Un bien joli nom, turquoise, pour une opération, qui devait être « uniquement humanitaire ». L’armée française s’empressait d’arriver à la fin du repas des buveurs de sang, alors qu’il ne restait que des ossements à ronger sur les charniers. Un bien joli nom, turquoise, pour une action soi-disant humanitaire qui comportait l’envoi d’une armada de soldats aguerris, dotés d’un arsenal de guerre : avions de chasse, hélicoptères de combats et batteries de mortiers lourds !

    En retard d’un génocide… l’opération « Turquoise » aura eu tout de même l’occasion de sauver des vies, mais pas n’importe lesquelles ! Celles de milliers de génocidaires hutus qui étaient pourchassés à l’intérieur du pays par les rebelles du FPR, avides de venger les exactions commises sur la population tutsie. Car en quelques semaines, le FPR était parvenu à contrôler les trois-quarts du pays, et ses combattants commettaient, à leur tour, des massacres de tueurs et d’innocents. Si tenace, quasi viscérale, étant la haine de part et d’autre, qu’elle se perpétuait depuis un demi-siècle au pays paradisiaque des mille collines. 

    « Le village de Kirambo abrite un camp de quelque trois cent mille réfugiés hutus ayant fui l’avancée des rebelles du FPR. Une foule en liesse accueille, au son des tam-tams et des vivats, les hommes du commando français qui rallient le bourg pavoisé aux couleurs de la France et du Rwanda. Les militaires reçoivent des fleurs de la population et serrent des mains qui sont peut-être celles des assassins ! L’un des rôles de l’armée française consiste à créer des zones humanitaires sûres (ZHS) pour endiguer le flot de plus d’un million de réfugiés.

    Contre toute attente, au bout de trois semaines, Paris met fin à l’opération « Turquoise ». Cette mission, soi-disant humanitaire, s’en va, laissant sur place un pays exsangue, des habitants traumatisés, en proie à des règlements de compte sanguinaires. La France s’en va comme elle l’avait fait au début du conflit, en avril, lors de l’assassinat de son protégé, le Président Habyarimana, non sans avoir exfiltré son épouse et ses sbires à Paris.

  • Du sang suisse dans les veines de Valls !

     

     

     

     

     

    De père Catalan et de mère Suisse, Valls n’a de français que la naturalisation obtenue il y a 30 ans, ce qui lui permet d’être fait Premier ministre de la France par la grâce d’un Hollandais. Cela n’a rien à voir avec les Pays-Bas… même si la France se traîne au bas de l’échelle !Ce n’est pas le première fois que l’on fait appel au  « Sang » Suisse » pour sauver la France…

     

    En 1496, le roi Charles VIII crée les Cent-Suisses, la Compagnie des Cent Gardes Suisses du corps du Roi1. Malgré leurs beaux habillements et leurs enseignes peintes à l’or fin, les Cent Suisses sont surtout là pour gagner les batailles. Ils sont hallebardiers, archers, arbalétriers, se servent de mousquetons et montent, protègent le roi et la famille royale. Cinq siècles plus tard, l’histoire se répète.

     

    Mais cette fois ci, le champ de bataille est d’un autre ordre, un peu à la manière d’un autre Suisse qui  fustige les étrangers de l’Helvétie alors que notre « demi-suisse français » a pris en chasse, de l’intérieur, les Roms, l’insécurité et l’immigration ! Même groupe sanguin ?

     

    D’autres batailles l’attendent sur tous les fronts, sans doute plus complexes et moins médiatiques.

     

    D’une main de fer, la mâchoire serrée, le visage tendu, il s’apprête à établir une feuille de route, à donner des ordres à un état major qui, de cas en cas, mettra les pieds au mur.

     

    Difficile de concilier l’économie et le social, de reconquérir un électorat en plein marasme, avec le risque de perdre son âme et une majorité précaire. Avec en point de mire, la seule chose qui compte pour ce mercenaire d’un roi aux abois, la victoire au bout du fusil en 2017 !

  • Kigali, 6 avril 1994...

     

     

     


    La France n’est pas à Kigali aujourd’hui pour le vingtième anniversaire du génocide… et pour cause :

    De nombreuses personnalités politiques et militaires françaises ont été mouillées dans ce génocide, dans l‘Enfer rwandais. Les verra-t-on comparaître un jour par-devant le tribunal d‘Arusha, pour complicité ? Ou faut-il attendre le Jugement Dernier…? »

     

    Voici des extraits du livre «www.paradis-ciel.info  Un journaliste au Paradis » Fred Oberson, aeo-éditeur, 2007. Chapitre 10, page 121 et suivantes.

     

    À la suite de la mort du président rwandais lors de l’explosion de son avion, de violents combats avaient éclaté au centre de la capitale. J’ai réussi à rejoindre Kigali dans les premières heures des massacres et j’ai communiqué à mon journal les horreurs que je découvrais, à peu près en ces termes :

    « Des miliciens, des civils, des militaires participent à la tuerie. J’ignore qui donne les ordres de ces massacres, mais il apparaît que les victimes sont du côté des Hutus aussi bien que des Tutsis. Les autorités rwandaises accusent le FPR, le Front patriotique rwandais, d’origine tutsie, d’avoir perpétré l’attentat contre leur président. Comme toujours en pareille circonstance, le premier souci des ambassades consiste à évacuer leurs ressortissants par la route et par les airs. Les secouristes de la Croix-Rouge interviennent tant bien que mal pour évacuer les blessés vers le centre hospitalier. L’organisation « Médecins sans frontières » a installé des tentes dans le jardin de l’hôpital pour donner les premiers soins. Le commandant des casques bleus de l‘ONU a offert sa médiation entre le gouvernement et le FPR en vue d’un cessez-le-feu. Il semble bien qu’il ne soit pas écouté car les combats se poursuivent à l’arme lourde. L’on assiste à des pillages de magasins et d’habitations abandonnés par des familles entières qui tentent de rejoindre par tous les moyens possibles le Burundi et la Tanzanie. Pour atteindre l’aéroport, il faut franchir des barrages tenus tantôt par des miliciens hutus tantôt par des rebelles du FPR.Il s’agit bien d’un conflit ethnique du même type que celui auquel j’ai assisté au Burundi. Tout le monde se méfie et espionne tout le monde dans un climat délétère de délation. De jour en jour, arrivent des nouvelles alarmantes provenant de villages disséminés dans le pays. Une psychose de peur s’est emparée des Rwandais, chacun craignant d’être abattu par son voisin. Ils se comportent comme des bêtes sauvages : tuer ou fuir avant d’être tué. Avec l’aide des milices hutues, de simples citoyens filtrent la population, pénètrent dans les demeures, poursuivent les fuyards dans les collines. Hommes, femmes, enfants, dont la carte d’identité mentionne leur appartenance à l’ethnie tutsie, sont systématiquement abattus à coup de machettes et de gourdins. Les Hutus modérés qui veulent s’interposer subissent le même sort. Celui qui tente de désobéir aux ordres de tuer est menacé de mort. Ce n’est plus une guerre civile, c’est un véritable génocide, certainement programmé et organisé de longue date ! »

    - Comment avez-vous réagi, Victor, face à ces atrocités ?

    - Devant les risques encourus et l’horreur que je découvrais de village en village, j’ai envisagé de rebrousser chemin, de rentrer au pays pour alerter l’opinion internationale. Ma rédaction m’a enjoint de poursuivre mes témoignages avec mes collègues reporters. Je priais, j’implorais bêtement Dieu de faire quelque chose, et je vous assure qu’à ce moment-là, j’ai douté de Lui comme jamais. Des centaines de cadavres gisaient sur les chemins et flottaient sur les cours d’eau, gonflés comme des baudruches. Aucune assistance ne pouvait être portée aux blessés qui mouraient après d’horribles souffrances. J’ai découvert des charniers où les corps s’entassaient les uns sur les autres, comme des sacs poubelles dans une déchetterie. Les maisons, les cases des victimes brûlaient pareilles à des fétus de paille. Une armée de gueux fouillait les restes, à la recherche d’un maigre butin. Les yeux rouges de sang, ils violaient les femmes avant de les abattre comme du menu bétail. Ils s’enivraient de bière pour se donner le courage de tuer et de tuer encore. Entre un disque et l’autre, la Radio des Mille Collines, aux mains des Hutus, exhortait ses auditeurs à écraser les « cancrelats » comme de la vermine ! Un rescapé m’a raconté que des bandes de tueurs, machette à la main, ont pénétré dans l’enceinte de l’église catholique de Nyarubuyé pour abattre les paroissiens qui s’y étaient réfugiés. Les prêtres qui s’interposaient ont été tués sans sommation. Parmi les assaillants, il a reconnu des fidèles qui, avant les événements, assistaient régulièrement aux offices religieux. Des amas de corps ensanglantés, de membres, de têtes, jonchaient la pelouse, à l’ombre de massifs floraux qui se confondaient avec le sang des victimes. Des femmes étaient mortes éventrées, leurs enfants sur les bras. Leurs visages, leurs yeux, ou ce qu’il en restait, étaient figés par la terreur qu’elles avaient vécue avant d’être abattues. Partout, c’était une vision d’apocalypse qui me faisait vomir toutes mes tripes. J’ai encore appris qu’un massacre similaire avait eu lieu à l’intérieur de l’église de Kibuye, lors de la messe du dimanche.

    Le bon Docteur Schweitzer, qui avait observé ces effroyables événements depuis le Paradis, ajouta :

    - Pendant la durée de cet enfer terrestre, l’opinion internationale est restée quasi muette, ne réagissant pas, malgré les multiples articles publiés dans la presse internationale par les nombreux confrères de Victor et par lui-même. Lors du génocide nazi, de la Shoah, des camps d’extermination, on a eu de bonnes ou de mauvaises raisons de dire que l’on ne savait pas… Comme au Cambodge avec Pol Pot. Mais au Rwanda, le monde entier savait !

    Kennedy ne s’expliquait pas pourquoi le Conseil de sécurité de l’ONU, par l’intermédiaire de son secrétaire général, un Africain de bonne souche, avait ordonné à la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda de battre en retraite, de retirer deux mille casques bleus, alors qu’il en aurait fallu dix mille pour tenter d’empêcher cette tuerie.

    Victor lui confirma que l’ONU était, certes, dépassée par les événements mais, n’ayant pu convaincre les belligérants de conclure un cessez-le feu, elle s’était retirée sur la pointe des rangers. Ne restaient en place que les organisations humanitaires aux moyens dérisoires par rapport à l’ampleur des massacres qui s’étaient étendus à tout le pays.

    - Que s‘est-il passé ensuite, demanda Kennedy, vivement choqué par son témoignage ?

    - Lors de mon retour à Paris, vers la fin mai, pour prendre quelques jours de repos et essayer d’évacuer ce cauchemar avec force calmants, j’ai été informé par mon Journal que le Président de la République souhaitait me voir. Je m’attendais aux pires reproches pour l’avoir égratigné dans mes articles sur le manque de réaction de la France lors du conflit rwandais. À ma grande surprise, Mitterrand se montra très aimable et parfaitement au courant de mon cursus journalistique depuis une bonne quinzaine d’années. Il me questionna longuement sur le génocide que je venais de vivre sur le terrain. J’en ai profité pour l’exhorter à agir avant qu’il ne soit irrémédiablement trop tard, avant qu’un peuple entier ne disparaisse de la planète. Il ne se livra guère, comme à son habitude, me laissant toutefois entendre que son état-major avait sous-estimé l’escalade du conflit et qu’il n’allait pas rester inactif…

    François Mitterrand, soi-disant humaniste… qui avait déclaré à l’un de ses proches : « Dans ces pays-là, un génocide, c’est pas trop important ».

     

    (Phrase rapportée par Patrick de Saint-Exupéry dans son livre :

    L’inavouable, La France au Rwanda, Editions des Arènes, 2004)

     

     L'intégralité du livre Un journaliste au Paradis :

    http://fr.calameo.com/read/00012051119b8788bd875

  • La potion magique de Lepenix !

     

     

     

     

    La corde du pendu a fait perdre 155 villes de plus de 9000 habitants à la gauche qui en avait pris 127 à la droite en 2008, sur le fil du rasoir. Sarkozy était au pouvoir, et d’en déduire, juste retour des choses, que les comptes s’équilibrent, Hollande l’ayant remplacé. 

    Un coup de barre à bâbord,  un coup de barre à tribord, les électeurs sont de piètres navigateurs pour changer de cap à l’approche du Pot au noir. 

    Il n’y a donc pas de quoi fouetter un chat, sauf que le FN, ce parti populiste qui promet monts et merveilles, est venu changer les règles du jeu en mettant de l’eau dans sa vinasse acide, en fricotant avec une droite marchande et financière. 

    On va voir ce qu’on va voir ces six prochaines années dans la quinzaine de mairies bleu Marine. Baisser les impôts locaux, faire du social, fliquer les quartiers, ça vaut bien un bulletin de vote des masses populaires. Mais avec quel argent au moment où les dotations du Conseil général et du Conseil régional sont remises en question ? 

    Ces municipalités « gauloises », Lepenix en tête, vont repousser les envahisseurs européens en établissant des barricades, le péage breton, le droit du sel et du sol, et les gabelous en embuscade. 

    Dans les souterrains du château de Montretout, le vieux druide a découvert la potion magique !

  • Mediapart, six ans, déjà...

    A l’occasion de ce sixième anniversaire, je souhaite adresser mes compliments et mes remerciements sincères aux auteurs de ce succès de presse unique en son genre. Sans eux, Mediapart ne serait jamais devenu ce site d’information par excellence, cité quotidiennement par de nombreux médias concurrents de la presse écrite et audiovisuelle.

    Je ne saurais citer tous les contributeurs et les intervenants de cette saga journalistique. Ils sont doués d’un talent unique en leur genre et se recrutent principalement dans les domaines spécifiques de la politique, de la finance et de la justice. Difficile de connaître avec exactitude leur ancrage partisan mais partons de la gauche pour aller vers la droite et le compte sera bon.

    Donc sans eux, Mediapart n’aurais jamais connu un tel succès, passant de quelques milliers d’abonnés pour atteindre sans doute prochainement le cap des cent mille. Mais encore faut-il avoir du blé à moudre pour attirer le lecteur : les scandales, les écoutes, le blanchiment d’argent, la fraude fiscale, la corruption, l’adultère, le mensonge et j’en passe !

    Les contributeurs qui viennent en tête sont sans conteste les protagonistes de l’affaire Karachi, des noms célèbres : Balladur, Léotard, Sarkozy, Takieddine, Guéant, Hortefeux, accompagnés d’une pléiade d’avocats dévoués et de petites mains discrètes, comptables ou porteurs de valises.

    Attirés par les effluves du parfum de madame Bettencourt, une cour de quémandeurs à la petite semaine, Sarko en tête, ont abusé de l’état de faiblesse de cette pauvre femme qui cachait ses économies en Suisse et dans les îles, de peur d’en manquer. Vingt mille abonnés de plus à Mediapart, de quoi offrir une gerbe à cette chère Liliane.

    Quand ce n’est pas Sarkozy à Paris, c’est encore Sarkozy qui refait surface en Lybie pour le meilleur et le pire avec sa garde rapprochée, encore Guéant et Hortefeux, Takieddine aussi, tous trois qui traînent leurs casseroles respectives pour ne pas être en reste.

    Je décerne le pompon de gauche au ministre menteur, Jérôme Cahuzac, avec un blâme au gouvernement qui a mis en doute les révélations de Mediapart, donnant à son corps défendant un sacré coup de pouce au site.

    Le pompon de droite est attribué sans hésitation à ce touche à tout de Copé, ce monsieur propre qui ferait bien de prendre une douche pour se rafraichir les idées quand il fustige Mediapart à propos de ses big millions.

    Combien sont-ils, en six ans, ceux ayant apporté, à l’insu de leur plein gré, du blé à moudre au moulin de Mediapart ? Une bonne centaine d’aigrefins font partie du palmarès établi par Mediapart, alors un petit geste, leur offrir un abonnement pour leur permettre de suivre les épisodes à venir !

    J’allais oublier de féliciter les enquêteurs de Mediapart qui, avec une patience infinie, se sont appliqués à dénouer les fils de ces affaires sordides, jusqu’à être trainés en justice.

    (J’ai découvert Mediapart le 18 mars 2008)

  • Paru dans Libération du 17 février 2014

    Chère petite Suisse, je suis ton Rom

    17 février 2014 à 17:06

     

    L'auteurLuc LE VAILLANTLuc LE VAILLANTCHRONIQUE

    Va-t-en ! Fous le camp ! Avec toi, ça ne va pas. Sans toi, ça ne peut qu’aller mieux. Tu es le problème, le seul, l’unique. Il ne te reste plus qu’à boucler ta valise. Allez ouste, du balai…

    Je suis la Suisse, la petite Suisse et je te fous dehors, étranger d’à côté, voisin ventru qui m’a engrossé de sa culture, de sa langue et de ses avoirs bancaires. Etranger qui, aujourd’hui, m’encombre, me submerge, monte dans mes trains, envahit mes villes, grimpe sur mes montagnes.

    Je mets du chewing-gum dans les serrures pour que tu ne passes plus partout, pour que tu ne prennes plus la clé de mes champs. Je cotise pour ton pot de départ, salarié frontalier, seule cause de mes maux imaginés, unique raison de mes inconséquences, de mes incapacités.

    Je n’ai plus besoin de toi. Je me sens mieux barricadée, à rétrécir dans mon identité menacée. Je suis composite, je l’ai toujours été, mais, d’hybridation, plus trop n’en faut.

    Monsieur l’étranger, nous ferons tranquillement le constat de carence de notre alliance, car ici, sur les alpages, nous avons l’art du consensus. Je suis la bonhomie incarnée, la neutralité négociée. Ce n’est pas moi qui te dirais haut et fort : «Casse-toi, pauvre appauvri, casse-toi riche du temps d’avant». Mais sache bien que je n’en pense pas moins.

    Je suis la Suisse, la petite Suisse, paisible et prospère. Je suis au centre des choses, au nombril de ce continent qui me nourrit et qui m’inquiète, que je parasite et dont je me méfie, que je regarde du haut du Cervin de ma réussite économique et de l’Eiger de ma démocratie participative.

    Je m’autogère et personne ne connaît le nom du conseiller fédéral en charge. Je ne cherche pas de maître sur qui régner. Je ne suis pas plus hystérique que je ne suis bonapartiste. Je n’ai pas besoin d’un homme fort entre les mains duquel remettre mon sort. Mais ne pense pas, pour autant, que je me laisserai ingérer par quelques appétits négligents.

    Je suis la Suisse et j’ai le cœur qui bat son arythmie en plein milieu de la poitrine des nations voisines, mes grandes cousines, avec lesquelles je copine, un peu, pas trop, avec secret bancaire garanti. Je suis tout contre l’Europe, cette grande mademoiselle qui me méprise et me néglige. Je suis duplice plus que complice. Je suis la petite Suisse et faut que tu te trisses, bouquetin émissaire, chamois dépositaire, représentant bêlant de mes angoisses…

    Je suis l’Europe, la vieille Europe. Je suis grosse des espoirs avortés, lourde des pesanteurs faisandées. Je suis la marraine d’après-guerre, la réconciliée dépressive, l’ouverte à tous les vents du libéralisme sans frontières.

    Je suis l’Europe et je me crois l’égale de l’Amérique et de la Chine. C’est à ces pays-monde que je me compare, que je m’affronte. C’est à eux que je n’arrive plus à en remontrer, tandis qu’ils me passent sur le corps social, allant et venant dans mon gros ventre un peu mou, un peu mort.

    Je suis la vieille Europe, fardée, fanée, flétrie. Vraiment, je ne comprends pas pourquoi on voudrait encore de moi. On me désire quand le plaisir me fuit, quand la fatigue me gagne.

    Au départ, ils se sont mis à 6 pour m’engendrer. Maintenant, ils seraient 27, 28, je ne sais plus, à vouloir tenir dans le creux de mes bras dessinés par Matisse. Et il y a même l’Ukraine qui squatterait bien la maison de tolérance où je loge mes défaillances et qu’il faudrait aussi que je berce de mes comptines, même les soirs où j’ai trop forcé sur le Stilnox.

    Je suis l’Europe. Qu’ai-je à faire du moustique alémanique, du moucheron romand, du puceron du Tessin ? Je croyais qu’avec la Suisse, on était entre gens de bonne compagnie, au clair sur nos égoïsmes respectifs. Faudrait pas que Berne, la tolérée, se la joue comme Londres, l’intolérable, à réclamer des subventions quand l’eau monte et à refuser de cotiser quand la crue est endiguée.

    Liberté de circulation, espace Schengen, j’ai pourtant été bonne pomme avec ces Guillaume Tell qui, en remerciement, me flèchent sans sommation. Faut dire que les mieux dotés de mes sujets trouvent dans les cantons d’à côté, quelques facilités.

    Je suis la grosse Europe et la mini-Suisse voudrait me traiter comme un vulgaire Rom, me mettre à l’écart, me montrer la porte. Elle dit vouloir combattre l’immigration de masse que moi aussi je verbalise, que moi aussi j’encage pour caresser dans le sens du poil la xénophobie ambiante.

    Je suis la grande Europe et voilà que la petite Suisse me considère comme l’un de ces migrants émergents, l’un de ces traîne-savates basanés débarqués à Lampedusa. Ça fait bizarre d’être ainsi traitée en mendiant en haillons, en SDF aux paumes tendues. C’est là que j’en suis rendue ? Oui ? Vraiment ?

    Luc LE VAILLANT
  • Le Pouvoir est dans la rue...

     

    Il en est ainsi depuis quelques mois. Pourquoi se soumettre au diktat d’un gouvernement qui décide à la va-vite des réformes sans se soucier de la vox populi ? Et de constater que les soi-disant représentants des citoyens, une fois élus, ne sont plus à l’écoute de leurs électeurs. Ça passe ou ça casse, se disent-ils. Et ça ne passe plus comme une lettre à la poste. Le peuple s’indigne, rechigne jusqu’à descendre dans la rue par milliers pour protester et parfois casser du CRS et des vitrines. D’ailleurs, le pouvoir est pervers, ça lui arrive d’aimer la rue, celle du Cirque à scooter, en particulier…

     

    Alors, le Pouvoir prend peur, il n’aime pas la chienlit, il tergiverse d’un ministre l’autre, et finit par se tirer une balle dans le pied. C’est la Berezina, il patauge, il bat en retraite et suspend le combat jusqu’aux jours meilleurs. Mais la tempête et les inondations perdurent. Après les municipales, les européennes, l’été s’annonce chaud, torride.

     

    De jour en jour, les bavures s’allongent en file indienne. Victoire, victoire, on a sauvé le mariage pour tous jusqu’en 2017 ! La Bretagne libre renaît de ses cendres à coup de bulldozer. Puis, c’est au tour des gueux de parader sur les boulevards avec leurs tracteurs enfumés. Foi de cathos, la PMA ne passera pas. La réforme pénale renvoyée aux Calendes grecques. Finalement, le seul moyen de se faire entendre, de tout bloquer, c’est la rue ou plutôt l’autoroute, à l’exemple des taxis qui bloquent Paris et Marseille pour dénoncer une discrimination flagrante avec les VTC !

     

    Pour éviter tous ces désagréments, donnons le pouvoir aux citoyens par le moyen du référendum ou de l’initiative, comme l’ont fait les Suisses ce dimanche. Avec le risque d’être foutu dehors de l’Europe sans y appartenir de plein pied ! Peu importe, les étrangers auront déjà quitté les blanches montagnes.

    (N.B. Certains lecteurs n'ont pas compris que mon dernier paragraphe était volontairement écrit au second degré !)

  • Une histoire « pagnolesque » à Fontvieille !

    Depuis plus de deux ans, le célèbre moulin de Daudet est fermé aux milliers de touristes qui viennent sur les lieux où le poète aurait écrit « Les Lettres de mon moulin ». A cause d’un conflit entre le propriétaire, la famille Bellon, et le locataire, la commune de Fontvieille, dont le bail est échu.

    Au 19ème siècle, une dizaine de moulins étaient disséminés dans les collines surmontant Fontvieille. Celui que l’on attribue à tort à Daudet est le moulin de Ribet acquis en 1923 par Hyacinthe Bellon. Il l’aménagea en musée et il fut inauguré en grande pompe en 1935,  par le ministre socialiste Edouard Herriot.

    Selon les historiens, Daudet a certes puisé son inspiration dans la région mais il aurait rédigé ses contes dans la banlieue parisienne avec son ami, l’écrivain Paul Arène. Ses contes qui ont fait le tour du monde et ont été traduits en plusieurs langues, dont le chinois.

    Daudet est un gardois, né à Nîmes. Il a passé ses jeunes années en pension dans une famille du village de Bezouce qui projette l’aménagement d’un musée et d’une médiathèque en son honneur. C’est suite à la rencontre avec le félibrige Mistral qu’il séjourna  parfois dans la région, notamment au domaine de  Montauban, à Fontvieille, chez les Ambroy.

    Cela ne va pas sans créer des dissensions de part et d’autre du Rhône où chacun revendique la notoriété du poète. Plus de cent ans après sa mort, Daudet sera l’arbitre des prochaines élections municipales face à l’intransigeance du maire sortant qui risque bien de perdre son écharpe.

     

  • Rendez-vous au JO de Sotchi

    L'envoyé de Mediapart témoigne ce qui s'est passé à Sotchi avec l'aval du Comité olympique siégeant ä Lausanne:


    http://www.mediapart.fr/journal/international/040214/jo-de-sotchi-l-ecologiste-russe-qui-defie-poutine