alpilles13 ALPILLES13

01/12/2011

L'homme qui parle à ses chiens...

Frère et sœur de lait, Titus et Dolly sont des chiens savants qui donnent vie à cette maison perdue dans la campagne. Pas étonnant puisque l’homme leur parle à journée faite, leur fait la leçon, leur explique les choses de sa vie. Il n’est pourtant point un érudit, un philosophe qui parade dans les médias. C’est un parfait inconnu, comme le sont des milliards d’individus sur la planète. Mais, comme tous ces gens-là, il a des choses à dire, des événements à commenter et à qui pourrait-il confier ses états d’âme si ce n’est à ses chiens. C’est sa tribune libre !

Ils l’écoutent d’une oreille attentive, de leurs grandes oreilles de cocker trainant jusqu’au sol quand ils reniflent, une piste, une odeur. L’homme est souvent jaloux de cette faculté propre à la race canine. Leur ouïe hyper développée réagit au moindre bruit. L’ouverture de la porte principale signifie la promenade, le grand air, la course à travers le verger, alors qu’ils n’osent franchir celle de la chambre à coucher ! Quel feeling ! La machine à café se met sous pression, c’est un biscuit assuré. La sonnette retentît et c’est l’aboiement avertisseur au portail. Différent s’il s’agit d’un inconnu ou d’un familier. Une veste endossée, une portière qui s’ouvre et c’est l’opportunité d’une balade, sagement assis sur les sièges arrières. Retour illico à la maison, tout penaud, quand l’homme-motard enjambe son gros cube ! N’est-elle pas belle cette vie de chien dans le sillage de leurs maîtres ? Car la pitance quotidienne, à cinq heure en hiver et six en été, c’est la femme de la maison, qui leur sert le plat du jour qu’ils engloutissent comme des avale-royaume ! Pas vraiment gastronomes les clébards…

Pourquoi Dolly, pourquoi Titus ? Pas le choix, c’est inscrit sur leur passeport avec un pedigree à rallonge. Des fois qu’ils aient de la descendance… Cruel dilemme au moment de leur puberté. Courir le risque d’un inceste ? Ah non, il n’en est pas question, dit la femme. Lequel des deux va-t-il passer au bistouri ? L’homme plaide pour que son « Titus » ne devienne pas un castra. La femme accepte que sa « Dolly » demeure vierge et vielle fille !

En fredonnant « Hello », Dolly se met à swinguer comme Barbara Streisand en exhibant sa fourrure tricolore. D’ailleurs, elle semble avoir des mœurs légères quand elle bécote son frère, lui démontrant l’art et la manière de copuler. Titus reste de marbre, le regard doux, impassible comme le buste de son homologue au musée du Louvre. Tout le contraire d’un libidineux.

Tous deux obéissent au doigt et à l’œil ou plutôt au ton de la voix, à un geste d’accueil ou de refus. Pas nécessaire de leur faire de grands salamalecs pour qu’ils comprennent sur le champ. A vrai dire, Dolly et Titus sont collés aux bottes de leurs hôtes. Ils sont en permanence aux aguets, observant leurs moindres déplacements. Rituel immuable, leur va et vient tantôt vers l’un ou l’autre selon leurs occupations.

Et la tendresse, bordel, que de caresses viennent-ils quémander tout au long de la journée, arborant une mine de chien battu. A donner des leçons au genre humain qui mésestime cette démarche affective. Faute de parole, c’est sans doute leur moyen d’expression, la reconnaissance envers l’homme pour le gite et le couvert !

Depuis qu’il a quitté la meute des loups, qu’il a été domestiqué, sélectionné à outrance, le chien est dépendant de l’homme. Il est devenu un animal de compagnie, parfois de labeur, qui se soumet, bon gré, mal gré, aux ordres de son maître. Plaisir partagé ?

14:59 Publié dans Mon journal | Tags : homme, chiens | Lien permanent | Commentaires (2)