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17/04/2008

"Le Monde" à l'envers...

Depuis quelques mois, nous assistons à la décrépitude du journal qui se voulait et était de référence : « Le Monde ».

 

Des « affairistes » en avaient pris le pouvoir et, durant une décennie, ils ont souhaité en faire une sorte de « conglomérat » de l’édition tous azimuts, prétextant que pour survivre il fallait être multiple. Ces « messieurs », Alain Minc et Jean-Marie Colombani se sont offerts des danseuses à crédit. Ils se sont pris pour des financiers de haute voltige avides de pouvoirs. Tout expert et conseiller en finances qu’il se prêtant être, Alain Minc, « une sorte de diable » en affaires de tout genre, traîne quelques ardoises à ses bottes qui se chiffrent par centaine de millions. Colombani a sauté à pieds joints dans son jeu de quilles mais ni l’un, ni l’autre ne les ramasse !

 

Sincèrement, était-il normal que le « Groupe Le Monde », qui se voulait laïc par excellence,  s’entiche d’un journal catholique : « La Vie » et ses librairies « La Procure » ? Etait-il réaliste qu’il acquiert une feuille de chou télévisuelle : « Télérama ». Et même des journaux gadgets pour enfants ? Passe encore pour « Le Midi libre », à condition qu’il élève le niveau rédactionnel de cette presse populaire de province.

 

Ces aventuriers de pacotille se sont pris pour des Lagardère, des Dassault, des Bolloré, des Bouygues et autres Arnault. Eux, quand ils investissent des millions, voire des milliards dans des OPA, ils le font sur les profits accumulés par leurs affaires juteuses. Ce qui n’était pas le cas du Monde qui a acheté toutes ces participations à crédit avec l’approbation de la « Société des Rédacteurs du Monde », majoritaires en voix lors des assemblées.

 

Aujourd’hui, c’est la faute à pas de chance, au prix du papier, au manque de publicité, à la concurrence de l’Internet, à la pléthore de personnel. C’est surtout la faute à des dirigeants irresponsables qui ont manipulé et embobiné des « rédacteurs », des béni-oui-oui  pas très clairvoyants, ceux-là même qui font « Le Monde » d’aujourd’hui et qui vont payer cher les pots cassés, ne leur en déplaise !   

17:13 Publié dans Culture | Tags : journal, presse, faillite | Lien permanent | Commentaires (0)

12/04/2008

Revue de paresse...

"Je ne peux rester sans rien faire. Je vais faire la sieste"

Yvan Audouard

 

En écoutant d’une oreille l’émission de Nicolas Stoufflet sur France-Inter à l’heure du laitier, j’apprenais de Paris qu’il pleuvait en Provence. Inutile donc  de mettre le nez à la fenêtre pour décider de faire grasse matinée, d’autant qu’un puissant coup de tonnerre d’avril m’a confirmé l’info. Nicolas, le lève-tôt, présentait, le dernier guide de Hachette sur le pays de Giono et de Mistral.  Dans mon demi sommeil, j’ai donc fait une promenade d’Avignon jusqu’au Ventoux, puis je suis redescendu par Sault jusqu’à Rustrel, le pays du Colorado provençal. J’ai contourné la vallée du Lubéron pour me retrouver aux abords d’Aix et de la Sainte Victoire immortalisée par Cézanne. J’ai rouvert un œil en Camargue dans l’attente des flamands roses qui s’en reviennent d’Afrique pour nidifier par milliers sur un ilot protégé des touristes rapaces.

La pluie du matin, ici, fait mentir les statistiques qui certifient que la région bénéficie de 300 jours de soleil et de 100 jours de mistral ! Pauvres gens du nord qui s’en vont ce matin au turbin dans la grisaille, la mouille et la neige fondue.

Il y avait du beau monde sur les ondes ce matin. L’écrivain-ambassadeur Rufin et l’écrivain-sociologue Jean Ziegler m’ont coupé l’appétit du petit déjeuner en dénonçant les milliers de morts quotidiens dus à la malnutrition. Mon voisin, le fondateur d’Actes Sud, Hubert Nyssen qui fête ses 83 ans, accueillait Vincent Josse  dans son vieux moulin pour nous parler de ses lectures favorites.

On a ses habitudes dont il est difficile d’en changer. Je lis au lit, le soir au coucher, ce qui a pour effet de me fermer les paupières… et le matin, avant le lever, de les ouvrir ! Le papivore que je suis, pareil à un goinfre, entasse une pile de victuailles journalistiques et livresques qu’il n’a pas le loisir de tout lire. Donc, je picore de ci, de là, je fourre au garde-manger tel ou tel article que je déglutirai demain, après-demain ou à la Saint glin-glin. Et bien souvent le menu n’est plus de première fraicheur. Tout juste un ramassis de vieilles salades à jeter à la poubelle, des nouvelles à vous donner la sinistrose lorsque l’on ouvre un journal, la télé ou la radio à l’heure des infos. Pour la plupart, ce ne sont que des événements tragiques, violents, injustes, malfaisants, tant au plan politique, économique, social et de société.

Même la littérature fait dans le morbide cette semaine. Trois écrivains américains, dont Don DeLillo en tête, racontent leurs 11 septembre, Littel rempile avec le nazisme et Nourissier sombre dans l’alcoolisme de son épouse. Et ce n’est pas les 640 pages du bestseller de Anna Gavalda, La Consolante, éditions Le Dilettante, qui va nous remonter le moral !

Tout cela m’incite à remiser ma paresse matinale et à sauter du lit pour courir dans le verger, loin de ce monde en folie, au moment où un soleil timide sèche les dernières gouttes de pluie.

18:21 Publié dans Culture | Tags : paresse, journal, france | Lien permanent | Commentaires (0)

09/04/2008

7. Ecrire...

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L’angoisse de l’écrivain ne se manifeste pas seulement devant la page blanche ou la veille de la publication de sa dernière livraison et de la flopée de critiques qui va s’abattre… si critiques il y a ! Il n’y a qu’à le voir sur un plateau de télévision où il peine à parler de son ouvrage, bafouillant un semblant de synthèse.

 

Lors des séances de signatures, il est emprunté, souvent sans voix, pour répondre aux lecteurs qui le couvrent de louanges. Et ses dédicaces sont parfois d’une platitude indigne du  bestseller qu’il vient de commettre. J’ai même connu un auteur fécond (sans jeux de mots) qui les écrivait à l’avance sur un papier dissimulé sur ses genoux. Selon quels critères les rédigeait-il ? Sans doute en fonction du sexe, de l’âge, de la sveltesse ou non de ses groupies… Ce qui démontre que l’écrit même le plus simple n’est pas forcément compatible avec l’improvisation. Cet écrivain avait au moins le mérite de ne pas uniformiser la sempiternelle phrase : « pour X avec mes meilleurs sentiments ! »

 

Pour ma part, je n’ai jamais eu à faire face, comme les célébrités, à un flot de badauds endigué à la queue leu-leu par un cordon de vigiles. Dans ces cas là, un tampon encreur et un simple paraphe ferait mieux l’affaire ! J’ai donc toujours pris la peine d’échanger quelques propos avec mes lecteurs, le temps de faire fonctionner mes cellules grises et de leur concocter une dédicace personnalisée.

 

20:11 Publié dans Culture | Tags : écrivain, livre, journal | Lien permanent | Commentaires (0)

08/04/2008

Lhassa à Paris...

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Il pleut sur les Alpilles et sans doute ailleurs. Juste de quoi éteindre la flamme psychologique qui s’est emparée des Parisiens en ce lundi d’avril. Ne serait-ce pas  un prélude à un remake de mai 68 ? A part la flicaille,  il ne manquait que les pavés mais le petit peuple de Paris est devenu sage et s’est montré capable de stopper le cirque olympo-médiatique avec pour seules armes : des oriflammes… Et pour une fois, ce sont les sbires de Pékin qui ont brandi le drapeau blanc en se réfugiant dans des bus plus blancs que blanc.

Le baron de Coubertin, le rénovateur des jeux, doit se retourner dans sa tombe de Lausanne et laisser la place au baron Bich, alias Bic, le rallumeur en chef !

Ce Coubertin n’était de loin pas un saint et a fait des émules jusqu’en Chine en déclarant notamment :

 « La théorie de l'égalité des droits pour toutes les races humaines conduit à une ligne politique contraire à tout progrès colonial »

« Il y a deux races distinctes : celles au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l'air vaincu. Hé bien ! C'est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n'est appréciable qu'aux forts. »

MERCI POUR LES HANDICAPES !

En mai 68, le « grand » général de Gaulle avait bondi sur le balcon de l’Elysée en dénonçant la chienlit. Le « nain » d’aujourd’hui est resté cloitré dans son antre, laissant sa police frapper jusqu’au sang de simples contestataires avec l’aide de la garde prétorienne chinoise, vêtue d’une combinaison bleu tendre !

Les scènes violentes auxquelles on a assisté en plein Paris n’ont rien à envier à celles de Lhassa ou de Tienanmen. Et de se demander pourquoi le maire de Paris, Bertrand Delanoë, toujours prêt à donner des leçons, n’a pas eu le courage de boycotter la venue dans sa ville de cette sarabande annoncée. Il est des mobiles et des ressentiments qui ont la vie dure… comme l’éviction de Paris en 2012 !